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mardi 5 mai 2020

Biographie : Pierre FRÉMEAU

Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ?


(source : Archives départementales du Cher - 3E 3494 - vue 289/326)
Pierre FRÉMEAU est né le 29 mai 1846 au bourg de Venesmes (Cher). Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine, mais les deux témoins de la naissance sont : 
  • Pierre PEQUIOT, journalier à La Bouloie à Venesmes (Cher), oncle maternel de l'enfant
  • Pierre BONDONNEAU, vigneron à Venesmes (Cher), grand-oncle maternel de l'enfant
Peut-être que l'un de ces deux Pierre a été son parrain et aurait influencé le choix du prénom de l'enfant. 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Il se marie le 16 septembre 1872 à 11h à la mairie de Châteauneuf-sur-Cher (Cher) avec Virginie MONORY. Le mariage est célébré par Charles Alexandre RIPART, le maire de la commune. 

Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales du Cher - 3E 3955 - vue 143/175)
Les témoins du mariage sont : 
  • Jean FRÉMEAU, propriétaire, frère de l'époux
  • Henri FRÉMEAU, propriétaire, frère de l'époux
  • Joseph GARDIEN, vétérinaire, oncle de l'épouse
  • Frédéric MONORY, meunier, frère de l'épouse
Les témoins de l'époux habitent à Venesmes (Cher) et les témoins de l'épouse à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). 

3. Comment s'est déroulé le mariage ? 

Le mariage se déroule en présence des deux familles et des parents des deux époux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Qui a déclaré ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 


(source : Archives municipales de Châteauneuf-sur-Cher - Décès 1923-1932)

Pierre FRÉMEAU meurt le 19 mai 1932 à 13h à Châteauneuf-sur-Cher à l'âge de 85 ans. C'est son fils, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, boulanger, qui déclare le décès au maire (son cousin) Gaston VANNIER.

(source : photo personnelle)
Il est inhumé au cimetière de Châteauneuf-sur-Cher (Cher) aux côtés de son épouse.

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ? 


(source : Archives départementales du Cher - 3E 3955 - vue 143/175)
Pierre a satisfait à la loi sur le recrutement de l'armée, mais a été exempté du service militaire par une large cicatrice à la jambe gauche comme il est indiqué dans son acte de mariage. En effet, il ne figure pas sur la liste des conscrits de l'an 1866.

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur lui dans la presse ? 

(source : La Dépêche du Berry, n°84. (24 juin 1909), p. 3)
Le 24 juin 1909, il est foudroyé lors d'un orage durant lequel il se met à l'abri avec sa famille. Cette histoire avait été transmise dans la famille jusqu'à ce jour. Il apparaît également dans d'autres articles de presse de 1891 relatés dans ce billet de blog au sujet de deux incendies dans des granges où il entreposait des bourrées (sûrement pour alimenter le four de la boulangerie).

7. Quels évènements historiques a-t-il connus ? 

Il naît sous la Monarchie de Juillet. Lorsqu'il est âgé de 2 ans, Louis-Philippe Ier abdique du trône. Il traversera la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale bien qu'il ne participe à aucun de ces deux conflits. Difficile de savoir l'importance qu'on pu avoir ces événements si loins du Berry. Son fils Pierre Louis sera néanmoins gravement mutilé lors de la Grande Guerre où il perdra ses deux jambes.

8. Quelle était son instruction ? 

Pierre appartient à la première génération de la famille FRÉMEAU à savoir écrire (avec ses frères). Le seul de ses ancêtres proches qui savait lire et écrire était son grand-père maternel André PEQUIOT qu'il n'a pas connu (il n'a pu connaître que ses deux grands-mères). Il n'a pas fait d'études supérieures. Quelques mois avant son mariage, il est ouvrier boulanger chez Henri BOUZIQUE à Châteauneuf-sur-Cher chez qui il faisait peut-être son apprentissage.

9. Dans quel environnement géographique évoluait-il ? 

(source : remonterletemps.ign.fr)
À ma connaissance il a évolué dans un milieu géographique très restreint allant de Venesmes (Cher) à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Néanmoins, à la fin de sa vie, il va vivre à Lignières (Cher) chez sa fille.

10. S'est-il beaucoup déplacé dans sa vie ? 

Il semble s'être peu déplacé dans sa vie. Il ne vient pas à Paris pour le mariage de son fils en 1905. À partir de 1921 il vit à Lignières chez sa fille Blanche, institutrice privée. Il se rendra également à Issoudun (Indre) pour le mariage de son frère Henri.

11. Comment se déplaçait-il ? 

À cheval, comme le montre l'article de presse ci-dessus, ou à pieds. J'ignore s'il avait une sorte de charrette ou bien s'il montait à cheval directement.

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-il ? 

En 1868, lors du mariage de son frère Gilbert, il est présenté comme journalier. Il travaillait probablement aux vignes de son père à Venesmes (Cher).

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-il ? 

Il est ensuite désigné comme "ouvrier boulanger" dans le recensement de 1872 où il vit chez Henri BOUZIQUE, puis comme "boulanger" tout au long de sa vie.

14. Comment apparaît-il dans les recensements ? 

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0109 - vue 28/48)
Il est toujours désigné comme boulanger dans les recensements et il y a toujours un mitron (ou ouvrier boulanger) dans le recensement qui vit au sein de la famille.

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0238 - vue 12/78)
À partir de 1921, il vit chez sa fille Blanche, institutrice privée, à Lignières (Cher) où vit également cette année là mon grand-père (son petit-fils) Pierre alors âgé de 6 ans ! D'ailleurs, mon grand-père l'écrit dans ses mémoires : "Pendant mes séjours à Lignières, dans les premières années "vingt", voici quelques souvenirs inscrits dans ma mémoire. Mon grand-père Pierre Frémeau y vivait avec sa fille. Il me paraissait très vieux à cette époque." (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940", p. 17).

15. Quel était le parler de sa région ? 

On y parlait le berrichon et probablement qu'il le parlait également, étant très ancré dans la région. Mon grand-père dit de lui : "Si l'on riait en famille en sa présence, il nous traitait facilement de "maugins", expression berrichonne pouvant se traduire par "imbéciles"." (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940").

16. Comment s'habillait-il ? 

Sur les deux photographies que nous avons de lui, il porte un chapeau melon ou un béret. Sinon, en costume, assez soigné il semblerait. C'était un commerçant dans un petit bourg.

17. Combien a-t-il eu d'enfants ? 

Il a eu trois enfants avec sa femme, Virginie MONORY :
  • Blanche Marie Louise, née le 3 août 1873 à Châteauneuf-sur-Cher
  • Pierre Marie Joseph, né le 18 juillet 1875 à Châteauneuf-sur-Cher
  • Pierre Louis né le 21 septembre 1883 à Châteauneuf-sur-Cher
18. A-t-il assisté au mariage de ses enfants ? 

Blanche Marie Louise est religieuse et ne s'est pas mariée. Il n'assiste pas au mariage de Pierre Marie Joseph à Paris en 1905 mais donne son consentement devant Maître MONTEREAU, notaire à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Il est présent au mariage de son fils Pierre Louis avec Marie Louise BRUNET à Châteauneuf-sur-Cher en 1910. 

Mariage de Pierre Louis FRÉMEAU et Marie Louise BRUNET
19. Que signifie son nom de famille ? 

Geneant indique que c'est un nom de personne d'origine germanique, sans doute Framaldus (fram = vaillant + waldan = gouverner).

L'orthographe a changé durant la période révolutionnaire où les officiers d'état-civil nouvellement nommés l'écrire Formeau ou Fromot, mais avant la Révolution et après, le nom s'orthographie comme actuellement (avec ou sens accent). Une branche de la famille ajoutera un "x" à la fin du nom au XIXe siècle. 

20. Qui était son père ? 

Son père était Jean FRÉMEAU, vigneron et propriétaire à Venesmes (Cher). 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Marie PÉQUIOT, domestique avant son mariage. Elle est la soeur du maire de Venesmes (Cher). 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Pierre est issu d'une famille de 5 enfants : 
  • Solange, qu'il n'a jamais connue car morte à un mois
  • Gilbert, vigneron à Venesmes (Cher)
  • Jean, caporal au 2e de ligne décédé à Limoges (Haute-Vienne) en 1873
  • Henri, marchand d'articles de chasse et armurier à Issoudun (Indre)
23. Avait-il des relations avec les autres membres de sa famille ? 

Il est témoin du mariage de son frère Gilbert à Venesmes (Cher) en 1868 et de son frère Henri à Issoudun (Indre) en 1881, ce qui montre qu'ils étaient en bons termes les uns avec les autres. Mon grand-père écrit à son sujet : "Je me plaisais beaucoup en compagnie de mon Grand-père bien qu'il fut d'un tempérament ni expressif ni chaleureux. Mais je ne me souviens pas qu'il ait fait preuve d'une grande sévérité à mon égard. C'était un homme toujours sérieux n'aimant pas beaucoup la plaisanterie."  (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940").

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ? 

(source : Heredis 2019)
Très implanté dans le Berry, tous ses ancêtres maternels viennent de Venesmes, ses ancêtres paternels viennent de Montlouis (Cher) pour le FRÉMEAU et de Corquoy (Cher) pour les LECLERC. Son grand-père André PEQUIOT est son seul ancêtre sur quatre génération qui sait écrire. 

25. Quelle était sa religion ? 

Il était catholique comme en atteste sa tombe. Sa fille était religieuse. 

26. Votre ancêtre chez le notaire. 

Il a passé un contrat de mariage le 16 septembre 1872 rue de Tivoli à Châteauneuf-sur-Cher (Cher) chez les sieurs et dame ROBERT-DOUARD, grand-parents de Virginie MONORY. 

Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales du Cher)
Il déclare être propriétaire de son fond de commerce (la Boulangerie Frémeau) d'une valeur de 2 000 F (500 F de ses économies, 1 500 F avancés par ses père et mère). 

Il apporte en dot : les 1 500 F avancés par ses parents et donnés à titre de dot. 

Sa future épouse apporte : un lit de plumes, six draps, six serviettes d'une valeur de 200 F. Sa mère lui fait don d'une somme de 1 000 F. 

Les parents et grand-parents de Virginie MONORY sont présents, ainsi que Théophile LIONNET, greffier, et Auguste DUBOIS, cordonnier, qui sont témoins de l'acte. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?

(source : Archives familiales)
Je ne possède que deux photographies de Pierre FRÉMEAU, sur la première, il est devant la Boulangerie Frémeau à Châteauneuf-sur-Cher probablement au moins âgé de 50 ans. 

(source : Archives familiales)

Sur la seconde photo, c'est un vieil homme, probablement déjà à Lignières chez sa fille car elle est en photo devant ce même décor qui devait être celui de sa maison. 

28. Quels étaient ses repas ? 

Je peux en deviner quelques éléments à nouveau grâce aux mémoires de mon propre grand-père où il parle de son propre grand-père : "Grand-père était très bon jardinier. Il m'emmenait souvent à son jardin qu'il cultivait avec soin et où il récoltait fruits et légumes en abondance : poiriers "Duchesse", pommiers, pêchers, donnaient de beaux fruits. Il produisait aussi de grandes quantités de fraises que je revois "énormes" et parfumées. En pleine saison nous en ramenions à Châteauneuf dans de grandes corbeilles d'osier. Maman faisait de la confiture et il lui arrivait même d'en donner et parfois même d'en vendre." (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940", p. 17). 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

La Boulangerie Frémeau en 1910 avec la belle-fille de Pierre FRÉMEAU, Berthe Louise Stéphanie GRELOT, dans l'encadrement de la porte
(source : Archives familiales)
C'est lui qui a fondé la Boulangerie Frémeau, probablement en 1872, au moment de son mariage. Cette anecdote est vraie puisque la boulangerie est restée dans la famille pendant très longtemps et que nous y passions toujours lorsque nous nous rendions à Châteauneuf y acheter un feuilleté aux pommes de terre. 

30. Comment a-t-il participé à la vie de la communauté (membre du Conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme, ...) ? 

Je n'ai pas beaucoup d'informations à ce sujet, mais étant un commerçant en plein centre-ville et à deux pas de la basilique, la boulangerie était bien connue dans le bourg. 



vendredi 27 janvier 2017

Les ancêtres de Perrine DELBROUCK

Perrine DELBROUCK
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Louis François GASNIER
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Marie dite Louise GAGNIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Il y a un an, je cherchais les ancêtres de Perrine DELBROUCK, ancêtre au patronyme étonnant, ayant vécu au Mans (Sarthe) et épouse de Jean François GASNIER, marchand ferblantier (j'en parle dans cet article). C'est alors que le 24 décembre, comme cadeau de Noël, je reçois un mail d'un membre de l'association de l’Inventaire du Patrimoine Cultuel du Calvados qui a retrouvé leur acte de mariage que je cherchais désespérément au Mans (Sarthe) dans la commune de Jort (Calvados). 

(source : Archives départementales du Calvados - BMS (1661-1792) - p. 157)
 "le neuf daoust mil Septs cents trente e tun nous desservant de la paroisse de jorz
  a[près] avoir publié au prône de notre messe paroissiale de jors, un ban
  et ayant vû la dispense des deux autres accordées par monseigneur
  […] et monseigneur levesque du mans en dapte du septs aoust, du mariage
  dentre jean françois ganier fils de jacque ganier et de julienne
  boisleau de la paroisse du crucifix de la vile du mans dune part
  et de petronille delbrouck fille dantoine delbrou[ck] escujer et de anne
  beaurepaire de Louvagny ses pere et mere dautre part, Leur a 
  ete donné la benediction nuptialle par maitre pierre chaûel
  prestre et curé de Louvagny assistees de plusieurs parents
  de part et dautre et pressence de jacque follie et n, filleul
  qui ont signe"

Cet acte est suivi de belles signatures et je reconnais celles de mes ancêtres Perrine DELBROUCK et Jean François GASNIER

(source : Archives départementales du Calvados - BMS (1661-1792) - p. 157)
D'Antoine Jérôme DELBROUCK, le père de Perrine, je sais qu'il était écuyer et peintre (d'après son acte de sépulture, ce qui ferait un nouvel artiste dans la famille). Il est enterré dans la chapelle de la Sainte-Vierge de l'Église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Jort (Calvados) et est dit originaire de la ville de Limoges (Haute-Vienne). 

Arcisse de CAUMONT, Statistique monumentale du Calvados, t. II, Paris, Derache et Dumoulin, Caen, Hardel, p. 362
(source : Gallica/BnF)
Je ne peux pour l'instant pas remonter d'avantage la famille DELBROUCK car les registres anciens de Limoges (Haute-Vienne) ne sont pas encore en ligne. En revanche, la mère de Perrine DELBROUCK, Marianne de BEAUREPAIRE de LOUVAGNY, fille d'Henry de BEAUREPAIRE, comte de Louvagny, est tout à fait originaire de Normandie et il m'a été très facile de retrouver ses ancêtres. 

(source : Heredis 2017)
L'occasion de découvrir de nouvelles familles normandes qui nous lient de ce côté de la famille aux MONTMORENCY, aux rois de France et à de nombreuses familles allemandes. Je remercie en tout cas chaleureusement la personne qui m'a apporté ces informations ainsi que celles des mariages des soeurs de Perrine DELBROUCK qui m'ont permis de débloquer partiellement une de mes branches sur laquelle j'étais coincé ! L'avantage des blogs et des arbres en lignes pour la généalogie ! 

(source : Heredis 2017)


samedi 21 janvier 2017

Biographie : Pierre FRÉMEAU

Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

(source : Archives départementales du Cher - 6 Fi Venesmes 2)
Pierre FRÉMEAU naît à Venesmes le 26 mai 1846 sous le règne de Louis-Philippe Ier. Son père, Jean FRÉMEAU est journalier vigneron et sa mère, Marie PÉQUIOT la fille d'un marchand épicier. Au moment de sa naissance, il a déjà un frère aîné nommé Gilbert. La famille s'agrandit avec la naissance de Jean alors que Pierre a 2 ans puis d'Henri lorsqu'il a 4 ans. 

(source : Heredis 2017)
Les deux parents vivent donc à Venesmes (Cher) avec leurs quatre enfants et Marie BONDONNEAU, la mère de Marie PÉQUIOT et la grand-mère de Pierre FRÉMEAU. Je ne possède pas son matricule militaire, mais je sais qu'il a été dispensé du service à cause d'une large cicatrice à la jambe gauche. 

Le 9 mars 1868, il est le premier témoin du mariage de son frère Gilbert, vigneron, avec Marguerite Rosalie PERRIOT, également fille de vignerons de Venesmes (Cher). Il est alors nommé Pierre FROMEAU et exerce la profession de journalier. Il semble également ne pas encore savoir écrire à l'époque puisque personne ne signe l'acte de mariage. 

(source : Archives départementales du Cher - 3E 3829 - p. 79)
En 1872, il apparaît sur le recensement de Châteauneuf-sur-Cher (Cher), commune limitrophe de Venesmes. Il est ouvrier boulanger chez Henri Nicolas BOUZIQUE, boulanger, et sa femme Hermance BOUZIQUE au 69 rue de la Chaussée. Il est nommé par erreur Pierre FROMET dans cet acte. 

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0065 - p. 18)
En 1872, il se marie avec Virginie MONORY, fille d'un riche meunier de Saint-Loup-des-Chaumes (Cher) qui vit chez ses grands-parents boulangers à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Le contrat de mariage est justement passé rue de Tivoli, chez les époux ROBERT-DOUARD (les grands-parents maternels de Virginie MONORY) le 16 septembre 1872, par-devant maître Paul Abel GIRARD, notaire. 

Virginie MONORY
(source : Archives personnelles)
Pierre FRÉMEAU a alors 26 ans et "déclare être propriétaire du fond de commerce de boulangerie qu'il exploite en y comprenant le matériel, les marchandises et les créances" d'une valeur de 2 000 F. Son père est alors propriétaire vigneron et lui apporte une dot de 1 500 F. 

Les parents de Virginie MONORY lui apportent en dot : 
  • "un lit de plumes"
  • "six draps et six serviettes" d'une valeur de 200 F
  • une somme de 1 000 F
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Cher)
Le mariage a lieu quelques heures plus tard le jour-même en présence des deux familles et avec pour témoin Jean et Henri FRÉMEAU, propriétaires, frères de l'époux, Joseph Pierre Marie GARDIEN, vétérinaire, oncle de l'épouse et Pierre Frédéric MONORY, meunier, frère de l'épouse. 

Pierre FRÉMEAU
(source : Archives personnelles)
Cet heureux événement est malheureusement rapidement du décès de Jean FRÉMEAU, le frère de Pierre, à l'hospice de Limoges (Haute-Vienne) où il était en garnison en tant que caporal. Le 3 août 1873 naît la première fille de Pierre FRÉMEAU et Virginie MONORY qui tiennent alors la Boulangerie Frémeau rue de la Halle : Blanche Marie Louise. Cette naissance est suivie deux ans plus tard par celle de Pierre Marie Joseph, mon arrière-grand-père. Leur dernier fils, Pierre Louis, naîtra quelques années plus tard en 1883. 

Pierre FRÉMEAU semble être un personnage central de la famille, très souvent sollicité pour être témoin de naissances, mariages et décès : 
  • en 1876 il déclare le décès du grand-père de sa femme, Pierre Claude ROBERT
  • en 1878 il est témoin du mariage de sa cousine Clémence BERNARD avec Charles ALLARD, marchand épicier
  • en 1881 il est témoin du mariage de son frère Henri FRÉMEAU avec Mathilde JUGAND, fille d'un armurier d'Issoudun (Indre)
  • en 1884 il déclare la mort de son père Jean FRÉMEAU 
  • en 1886 il est témoin du mariage d'une cousine de sa femme Marie Hortense Adrienne GARDIEN avec François Eugène MOREUX, percepteur
  • en 1888 il déclare la naissance de leur fille Marcelle Yvonne Alice Marie Joseph MOREUX
  • en 1891 il déclare le décès de Marie Célestine dite Maria MOREL épouse d'un cousin boulanger de sa femme
  • en 1901 il déclare le décès de Marie Victoire dite Louise ROBERT, la tante de sa femme
  • en 1915 il déclare la naissance de son petit-fils Pierre Louis FRÉMEAU
  • en 1921 il déclare le décès de son frère Gilbert FRÉMEAU
Boulangerie Frémeau pendant la Première guerre mondiale
(source : Archives personnelles)
La Boulangerie Frémeau était apparemment réputée pour ses brioches. D'après les recensements, il y a souvent eu un mitron employé par la famille. En 1891, c'est Jules MARÉCHAL et en 1906, Clément VERDIER. Sa fille, Blanche Marie Louise, que l'on appelle "la Tante Blanche" dans la famille, est devenue religieuse, puis institutrice libre à l'Asile Saint-Joseph de Lignières (Cher). 

Un mot de la main de Blanche FRÉMEAU
(source : Romain PERSONNAT)
Son fils aîné, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU habite alors Versailles (Yvelines) et est comptable dans les Grands Magasins Dufayel à Paris qui sont à l'époque les plus grand magasins du monde. 

Les grands magasins Dufayel en 1904
(source : domaine public, via Wikimedia Commons)
Il rencontre Berthe Louise Stéphanie GRELOT qui est alors femme de chambre à Paris. Le mariage a lieu en 1905 dans cette ville et Pierre FRÉMEAU, alors âgé de 58 ans, ne s'y rend pas. 

Au premier rang : Marie Hortense Adrienne GARDIEN, Eugène Isidore GRELOT, Joséphine GRELOT, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, Berthe Louise Stéphanie GRELOT, Étienne dit Henri GRELOT, Victorine Ernestine BOURSIER et ?
Au deuxième rang : ?, Marcelle Yvonne Alice Marie Joseph MOREUX, Pierre Louis FRÉMEAU, Marguerite Léa Joséphine GRELOT, Léa Ernestine GUILLEMET, ? et Reine Madeleine GRELOT
(source : Archives de Françoise H.)

Pierre FRÉMEAU est néanmoins présent en 1910 (ainsi que son fils aîné parisien qui est témoin) au mariage de son fils cadet Pierre Louis FRÉMEAU, gendarme à cheval, avec Marie Louise BRUNET, fille de vignerons de Châteauneuf-sur-Cher (Cher). 

Pierre Louis FRÉMEAU et Marie Louise BRUNET
(source : Archives personnelles)
Son épouse Virginie MONORY décède à Bourges (Cher) alors qu'il est âgé de 71 ans. Durant la Première guerre mondiale, son fils aîné sera boulanger pour les troupes à Nevers, tandis que son fils cadet, militaire de carrière, sera grièvement blessé au front (il perd ses deux jambes) et décoré de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille militaire, ainsi que des deux médailles commémoratives. Pierre FRÉMEAU meurt à Châteauneuf-sur-Cher le 19 mai 1932 à l'âge avancé de 85 ans. Il est enterré dans le cimetière de cette commune où il repose aux côtés de sa femme et de sa fille Blanche

Tombe Frémeau-Monory au cimetière de Châteauneuf-sur-Cher
(source : Archives personnelles)

samedi 7 janvier 2017

Biographie : Élie dit Édouard SUIVRE

Élie dit Édouard SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Élie SUIVRE naît le 21 février 1864 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), dans le faubourg de la Croix-Bancaux, probablement dans cette maison ancienne qui appartenait encore à la famille dans les années 1950 et où il a vécu toute sa vie. 

(source : Archives personnelles)
Il est le sixième enfant de Jean SUIVRE, maître cordonnier et marchand et d'Isabeau dite Élisabeth REBEYROL, marchande. Ses frères et soeurs aînés sont : 
  • Marie, décédée à 3 ans
  • Élie, âgée de 12 ans (prénommé comme lui, ce qui explique que notre Élie, arrivé deuxième, ait été appelé Édouard toute sa vie)
  • Marie, âgée de 9 ans
  • Marguerite, âgée de 6 ans
  • André, âgé de 3 ans et sourd muet de naissance
Son père a un ouvrier cordonnier âgé de 15 ans vivant à leur domicile, Joseph SAUZAT. Cinq ans après la naissance d'Élie naîtra un dernier enfant dans le foyer, une autre Marguerite, que l'on surnommera Suzanne. La tradition du surnom est tenace chez mes ancêtres de Dordogne. Dans ce cas précis, on voit bien que dans une famille qui a compté deux Marie, deux Élie et deux Marguerite, elle est indispensable pour séparer les enfants. Reste à savoir pourquoi on donnait le même prénom à plusieurs enfants à l'époque. Jusqu'à ses 4 ans, sa grand-mère paternelle, Marie POULINAS, veuve et infirme, vivra chez eux avant de décéder. Quels souvenirs a pu garder Élie de cette femme née en 1800 ?

(source : Heredis 2017)
En 1875, alors qu'il est âgé de 11 ans, son frère aîné Élie, cordonnier comme leur père, épouse Marie CHARCHOULIS, la fille d'un cercleur originaire de Vaunac (Dordogne). Le jeune couple vivra un temps avec eux avant de prendre leur indépendance. L'année précédente, sa soeur Marie alors âgée de 18 ans et servante chez la veuve CHABANNEAU accouche d'une petite fille qu'elle nomme Marie Élisabeth. L'enfant sera placé en nourrice à Sarrazac (Dordogne) chez Pierre LAGORCE et meurt à seulement 22 mois. 

En 1884, comme tous les jeunes gens de son époque, il est convoqué pour le service militaire. Les habitants de Jumilhac-le-Grand (Dordogne) partent faire leur recrutement militaire à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Le livret de matricule permet d'avoir une description physique de nos ancêtres masculins.

(source : Archives départementales de la Corrèze - R 1136 - p. 312)
Il est immédiatement dispensé de service militaire comme "soutien de famille". Il n'effectuera que deux périodes d'exercices en 1891 et 1895 dans la 12e section d'infirmier de Limoges (Haute-Vienne). 

Dix ans plus tard, le 5 mars 1894, il se rend au domicile de M. et Mme SAINT-YRIEIX pour dresser le contrat de mariage avec leur fille Françoise SAINT-YRIEIX qu'il a demandé en mariage. Les parents de sa future épouse tiennent un hôtel à Jumilhac-le-Grand (Dordogne). 

Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales de la Dordogne)
Élie SUIVRE apporte en dot : 
  • la maison des Croix-Bancaux (en photo plus haut) composée d'une cuisine et d'une chambre au rez-de-chaussée et de deux chambres au premier étage, ainsi que d'un jardin de l'autre côté de la rue pour une valeur totale de 2 000 F. 
  • "un fonds mobiliers comprenant les meubles, meubles-meublans, ustensiles de literie" d'une valeur de 1 000 F
  • "un fonds de boutique de cordonnier, ensemble le matériel & les ustensiles de profession" d'une valeur de 2 000 F
  • "une somme de deux mille francs qu'il a en espèces devers lui [...] lui provenant de ses gains & economies"
Françoise SAINT-YRIEIX apporte une dot modeste : 
  • "les draps de lit neuf" pour 60 F
  • "deux douzaines de serviettes" pour 26 F
  • "une couverture en laine" pour 20 F
  • "une somme de mille francs"
(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI12714_012 - p. 10)
Il est amusant de voir que le prénom de substitution d'Élie est même inscrit dans son acte de mariage : "appelé Edouard en famille". J'ai quelques photos de ce couple, dont une prise vers 1929 et très abimée, mais que je trouve néanmoins très belle. 

Françoise SAINT-YRIEIX et Élie dit Édouard SUIVRE vers 1929
(source : Archives personnelles)
Élie exerce donc la profession de maître bottier, à la suite de son père, de son arrière-grand-père, et de son arrière-arrière-grand-père. Les SUIVRE semblent avoir travaillé le cuir de toute éternité. Leur patronyme vient d'ailleurs de "suire", dérivé de "suor" qui veut dire : "travailleur du cuir". 

Ils auront trois filles : 
  • Marie Jeanne en 1895
  • Suzanne Alice en 1897
  • Yvonne Marguerite Marie (mon ancêtre) en 1900
La famille Suivre vers 1914
(source : Archives personnelles)
Élie semblait être un homme très sévère sur les photos. Mon grand-père m'a confirmé ce caractère très dur qu'il avait avec ses trois filles. Les trois filles SUIVRE ont un type très espagnol, très mates de peau avec des yeux noirs qui leur vient de leur père semble-t-il. 

Marie Jeanne SUIVRE vers 1915
(source : Archives personnelles)
L'aînée, Marie Jeanne, était institutrice. Je la trouve magnifique sur cette photo. Elle meurt très jeune, en 1918, âgée de seulement 23 ans, victime de la grippe espagnole qui aura fait tant de ravages en France au sortir de la Première Guerre mondiale. 

Marguerite dite Suzanne SUIVRE, l'âne Mimi, et Suzanne Alice SUIVRE (nièce de la première)
(source : Archives personnelles)
La deuxième fille, Suzanne Alice, a vécu bien plus longtemps, mais ne s'est jamais mariée. Elle est ici en photo avec sa tante Marguerite que l'on nommait Suzanne et je me demande si elle ne serait pas sa marraine ou si cela n'expliquerait pas ce prénom peu répandu dans la famille.

Yvonne Marguerite Marie SUIVRE vers 1918
(source : Archives personnelles)
Enfin, mon arrière-grand-mère, Yvonne Marguerite Marie, qui ressemble vraiment à une espagnole sur cette photo. Élie gardera des liens étroits avec sa seule descendance issue de sa dernière fille. C'est en effet lui qui déclarera la naissance de son petit-fils (mon grand-père), né à Étaules en Charente-Maritime.

Acte de naissance de mon grand-père
(source : Archives municipales d'Étaules)
Il sera également présent en 1950, un an avant son décès, au mariage de mes grands-parents au Mans (Sarthe) comme en atteste cette photo où il se tient à côté de sa fille Yvonne

Élie dit Édouard SUIVRE et Yvonne Marguerite Marie SUIVRE en 1950
(source : Archives personnelles)
Sa femme l'avait quitté 21 ans avant lui, en 1930. Le mois d'après, il recevait la mention honorable de la Médaille d'honneur de la Mutualité (Journal officiel de la République française, n°209, 5 septembre 1930, p. 10 249) en qualité d'ancien secrétaire de la société de secours mutuels Saint-Aubin. Élie s'éteint le 13 septembre 1951 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), à l'âge honorable de 87 ans. 

vendredi 17 juin 2016

Terrible incendie à Limoges le 13 novembre 1869

Marie DAUVERGNE + Bernard SAINT-YRIEIX + Marie BROCHET
|                                                            |
François SAINT-YRIEIX                       Louis SAINT-YRIEIX
   (époux Marie MIGNOT)                                         |                     
                                                             |
                                                       Françoise SAINT-YRIEIX
                                                             |
                                                     Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
                                                             |
                                                          Mon grand-père

Jusqu'à aujourd'hui, je savais peu de choses sur François SAINT-YRIEIX, le demi-frère de mon ancêtre Louis SAINT-YRIEIX, si ce n'est qu'il était rentier et habitait à Limoges (Haute-Vienne) lorsqu'il était témoin du mariage de sa nièce, mon ancêtre Françoise SAINT-YRIEIX avec Élie SUIVRE

(source : Heredis 2014)
François SAINT-YRIEIX est né du premier mariage de Bernard SAINT-YRIEIX, mon ancêtre, avec Marie DAUVERGNE. Comme il vivait apparemment à Limoges en 1894, je suis allé voir les tables décennales de cette grande ville dans l'espoir de retrouver ce nom de famille peu commun. J'ai assez rapidement retrouvé son mariage en 1870 (il a alors 37 ans) avec une jeune veuve de 23 ans, Marie MIGNOT. Elle est peintre, et veuve d'un peintre en porcelaine. Lui est à ce moment sous-brigadier d'octroi. 

(source : Heredis 2014)
Comme toujours dans les actes de mariage de cette époque, sont indiqués les date et lieu de naissance des futurs époux, ainsi que ceux de décès de leurs parents s'il y a lieu. Je ne me contente jamais de prendre ces informations (parfois erronées) pour argent comptant, mais je vais toujours vérifier dans les archives si je trouve les dits actes selon les renseignements indiqués (mêmes pour des collatéraux) afin d'avoir un arbre généalogique correctement sourcé et de ne pas véhiculer des informations généalogiques fausses sur internet. Et c'est en cherchant le décès de Marie CIBOT, la mère de la mariée, que je suis tombé sur un procès-verbal de police. 



(source : Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 85 / 256 - pp. 152-153)
Le 24 Novembre 1869. 
LIMOGES
COMMISSARIAT
DE POLICE
L’an mil huit cent soixante-neuf le Vingt-quatre Novembre.
Nous, Guillaume Redon, 
Commissaire de Police du 1er arrondissement de Limoges, 
Après avoir constaté les désastres occasionnés
par l’incendie de la rue Banc-léger le 13 de ce mois
qui a éclaté au domicile de la Veuve Mignot, née Marie
Cibot, agée de 64 ans, nous nous Sommes livré à une
enquête de laquelle il résulte que les Sieurs Junand
Mignot, agé de 23 ans, commis de commerce ; 2°
Dorat Jn Bte, Cordonnier ; 3° Cramer, Victor, agé de 
24 ans, artiste lyrique ; 4° Dubois, Joseph, restaurateur, 
agé de 54 ans, et 5° Cibot, Marie, Veuve Nicaud, tous
habitants la maison de Mme Veuve Mignot où le
feu a pris naissance, nous ont déclaré qu’ils avaient
échapés d’une manière toute providentielle de cet
affreux Sinistre ; mais qu’ils étaient convaincus que, 
Mme Veuve Mignot, née Marie Cibot ; amélie
Nicaud, agée de 5 ans et Mlle Juliette Joie, agée de 
54 ans, environ, locataire de Mme Veuve Mignot, étaient
restées dans les flammes et avaient infailliblement trouvé
la mort. 
Nous avons attendu Jusqu’à ce jour, c’est-à-dire, 
jusqu’à la fin de l’enlèvement des décombres ordonné
par la diligence de M. le Maire, pour constater SI 
on ne trouvait pas quelque reste provenant des trois
Victimes ; mais nous avons attendu en Vain. Il y a tout 
lieu de croire que les trois cadavres ont été entièrement
pulvérisés.
De tout quoi nous avons rédigé le présent procès-
Verbal pour être transmis à Monsieur le Maire, les
Jours, mois et an que dessus.
Le commissaire de police, 
P.S. Postérieurement à la rédaction de ce 
procès-Verbal, il a été trouvé dans les décombres des restes
humains qui ne laissent aucun doute Sur la mort des
Victimes de la catastrophe du treize novembre mil
huit cent Soixante-neuf.
Le commissaire de police, 
Redon

Un véritable drame s'est donc déroulé un an avant le remariage de Marie MIGNOT avec le frère de mon ancêtre. À trois heures du matin, la nuit du 13 novembre 1869, le domicile de la veuve MIGNOT situé au 6 rue Banc Léger, à Limoges, a pris feu ! Junand MIGNOT (probablement frère de Marie), Jean-Baptiste DORAT, Victor CRAMER (un artiste lyrique !), Joseph DUBOIS et Marie MIGNOT (nommée par erreur du nom de sa mère) ont réussi à s'échapper de cet incendie. Laissant une des locataires de Marie CIBOT et la propre fille de Marie MIGNOT, la petite Marie Amélie NICAUD âgée de 4 ans périr dans les flammes. Mais une femme orpheline (peut-être même avait-elle d'autres enfants avec son défunt premier mari) ne pouvait rester vivre seule très longtemps. C'est probablement la raison pour laquelle Marie MIGNOT épouse François SAINT-YRIEIX à peine quatre mois après cet horrible accident. Reste maintenant à chercher s'ils ont eu des enfants et si une branche de SAINT-YRIEIX a fait souche à Limoges.