samedi 7 janvier 2017

Biographie : Élie dit Édouard SUIVRE

Élie dit Édouard SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Élie SUIVRE naît le 21 février 1864 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), dans le faubourg de la Croix-Bancaux, probablement dans cette maison ancienne qui appartenait encore à la famille dans les années 1950 et où il a vécu toute sa vie. 

(source : Archives personnelles)
Il est le sixième enfant de Jean SUIVRE, maître cordonnier et marchand et d'Isabeau dite Élisabeth REBEYROL, marchande. Ses frères et soeurs aînés sont : 
  • Marie, décédée à 3 ans
  • Élie, âgée de 12 ans (prénommé comme lui, ce qui explique que notre Élie, arrivé deuxième, ait été appelé Édouard toute sa vie)
  • Marie, âgée de 9 ans
  • Marguerite, âgée de 6 ans
  • André, âgé de 3 ans et sourd muet de naissance
Son père a un ouvrier cordonnier âgé de 15 ans vivant à leur domicile, Joseph SAUZAT. Cinq ans après la naissance d'Élie naîtra un dernier enfant dans le foyer, une autre Marguerite, que l'on surnommera Suzanne. La tradition du surnom est tenace chez mes ancêtres de Dordogne. Dans ce cas précis, on voit bien que dans une famille qui a compté deux Marie, deux Élie et deux Marguerite, elle est indispensable pour séparer les enfants. Reste à savoir pourquoi on donnait le même prénom à plusieurs enfants à l'époque. Jusqu'à ses 4 ans, sa grand-mère paternelle, Marie POULINAS, veuve et infirme, vivra chez eux avant de décéder. Quels souvenirs a pu garder Élie de cette femme née en 1800 ?

(source : Heredis 2017)
En 1875, alors qu'il est âgé de 11 ans, son frère aîné Élie, cordonnier comme leur père, épouse Marie CHARCHOULIS, la fille d'un cercleur originaire de Vaunac (Dordogne). Le jeune couple vivra un temps avec eux avant de prendre leur indépendance. L'année précédente, sa soeur Marie alors âgée de 18 ans et servante chez la veuve CHABANNEAU accouche d'une petite fille qu'elle nomme Marie Élisabeth. L'enfant sera placé en nourrice à Sarrazac (Dordogne) chez Pierre LAGORCE et meurt à seulement 22 mois. 

En 1884, comme tous les jeunes gens de son époque, il est convoqué pour le service militaire. Les habitants de Jumilhac-le-Grand (Dordogne) partent faire leur recrutement militaire à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Le livret de matricule permet d'avoir une description physique de nos ancêtres masculins.

(source : Archives départementales de la Corrèze - R 1136 - p. 312)
Il est immédiatement dispensé de service militaire comme "soutien de famille". Il n'effectuera que deux périodes d'exercices en 1891 et 1895 dans la 12e section d'infirmier de Limoges (Haute-Vienne). 

Dix ans plus tard, le 5 mars 1894, il se rend au domicile de M. et Mme SAINT-YRIEIX pour dresser le contrat de mariage avec leur fille Françoise SAINT-YRIEIX qu'il a demandé en mariage. Les parents de sa future épouse tiennent un hôtel à Jumilhac-le-Grand (Dordogne). 

Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales de la Dordogne)
Élie SUIVRE apporte en dot : 
  • la maison des Croix-Bancaux (en photo plus haut) composée d'une cuisine et d'une chambre au rez-de-chaussée et de deux chambres au premier étage, ainsi que d'un jardin de l'autre côté de la rue pour une valeur totale de 2 000 F. 
  • "un fonds mobiliers comprenant les meubles, meubles-meublans, ustensiles de literie" d'une valeur de 1 000 F
  • "un fonds de boutique de cordonnier, ensemble le matériel & les ustensiles de profession" d'une valeur de 2 000 F
  • "une somme de deux mille francs qu'il a en espèces devers lui [...] lui provenant de ses gains & economies"
Françoise SAINT-YRIEIX apporte une dot modeste : 
  • "les draps de lit neuf" pour 60 F
  • "deux douzaines de serviettes" pour 26 F
  • "une couverture en laine" pour 20 F
  • "une somme de mille francs"
(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI12714_012 - p. 10)
Il est amusant de voir que le prénom de substitution d'Élie est même inscrit dans son acte de mariage : "appelé Edouard en famille". J'ai quelques photos de ce couple, dont une prise vers 1929 et très abimée, mais que je trouve néanmoins très belle. 

Françoise SAINT-YRIEIX et Élie dit Édouard SUIVRE vers 1929
(source : Archives personnelles)
Élie exerce donc la profession de maître bottier, à la suite de son père, de son arrière-grand-père, et de son arrière-arrière-grand-père. Les SUIVRE semblent avoir travaillé le cuir de toute éternité. Leur patronyme vient d'ailleurs de "suire", dérivé de "suor" qui veut dire : "travailleur du cuir". 

Ils auront trois filles : 
  • Marie Jeanne en 1895
  • Suzanne Alice en 1897
  • Yvonne Marguerite Marie (mon ancêtre) en 1900
La famille Suivre vers 1914
(source : Archives personnelles)
Élie semblait être un homme très sévère sur les photos. Mon grand-père m'a confirmé ce caractère très dur qu'il avait avec ses trois filles. Les trois filles SUIVRE ont un type très espagnol, très mates de peau avec des yeux noirs qui leur vient de leur père semble-t-il. 

Marie Jeanne SUIVRE vers 1915
(source : Archives personnelles)
L'aînée, Marie Jeanne, était institutrice. Je la trouve magnifique sur cette photo. Elle meurt très jeune, en 1918, âgée de seulement 23 ans, victime de la grippe espagnole qui aura fait tant de ravages en France au sortir de la Première Guerre mondiale. 

Marguerite dite Suzanne SUIVRE, l'âne Mimi, et Suzanne Alice SUIVRE (nièce de la première)
(source : Archives personnelles)
La deuxième fille, Suzanne Alice, a vécu bien plus longtemps, mais ne s'est jamais mariée. Elle est ici en photo avec sa tante Marguerite que l'on nommait Suzanne et je me demande si elle ne serait pas sa marraine ou si cela n'expliquerait pas ce prénom peu répandu dans la famille.

Yvonne Marguerite Marie SUIVRE vers 1918
(source : Archives personnelles)
Enfin, mon arrière-grand-mère, Yvonne Marguerite Marie, qui ressemble vraiment à une espagnole sur cette photo. Élie gardera des liens étroits avec sa seule descendance issue de sa dernière fille. C'est en effet lui qui déclarera la naissance de son petit-fils (mon grand-père), né à Étaules en Charente-Maritime.

Acte de naissance de mon grand-père
(source : Archives municipales d'Étaules)
Il sera également présent en 1950, un an avant son décès, au mariage de mes grands-parents au Mans (Sarthe) comme en atteste cette photo où il se tient à côté de sa fille Yvonne

Élie dit Édouard SUIVRE et Yvonne Marguerite Marie SUIVRE en 1950
(source : Archives personnelles)
Sa femme l'avait quitté 21 ans avant lui, en 1930. Le mois d'après, il recevait la mention honorable de la Médaille d'honneur de la Mutualité (Journal officiel de la République française, n°209, 5 septembre 1930, p. 10 249) en qualité d'ancien secrétaire de la société de secours mutuels Saint-Aubin. Élie s'éteint le 13 septembre 1951 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), à l'âge honorable de 87 ans. 

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