jeudi 19 janvier 2017

L'inventaire d'Anne BERGER en 1784

Julien BOURCIER
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Julien LE BOURCIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Je me suis enfin décidé à analyser et transcrire une multitudes d'actes notariés du XVIIIe siècles pris en photo aux archives départementales de la Sarthe en août 2015. Nous sommes ici dans la Sarthe, dans le petit bourg de Marigné-Laillé où vivaient les ancêtres sarthois du côté de ma mère. Julien BOURCIER s'est marié à trois reprises. Premièrement avec Catherine LE CLERC, notre ancêtre, puis avec Anne FROMAGER et enfin avec Anne BERGER. Lors de ce troisième mariage, les deux époux sont respectivement âgés de 51 et 52 ans. Bien sûr, il est très rare que les professions des femmes soient indiquées à cette époque, mais à la lecture du présent acte, nous comprendrons qu'Anne BERGER était plus ou moins fileuse. Julien BOURCIER étant tailleur d'habits, on peut comprendre comment ils se sont connus, les deux professions étant très liées, le tailleur ayant régulièrement besoin de fil. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)
"Aujourd’huy vingt six juillet
mil Sept Cent quatre vingt quatre apres midy
Devant nous joseph augustin pasteau notaire
Royal au Chateau du loir demeurant a marigné
Soussigné
fut presente anne Berger veuve de deffunt
andré Brard demeurante au bourg dud. marigné
Laquelle nous a declaré quelle Etoit Sur Le point
de Convoller en Second noce avec julien Le bourcier
tailleur d’habit presentement Son fiancé ; Et
auparavant de Ce faire pour Scavoir Ce quelle
porteroit En Communauté, Elle auroit désiré
faire faire inventaire Estimatif de tous Ses
meubles Et Effets a Elle appartenant Ensembles
Ses dettes actives Et passives, en Conseuqence
de quoy elle auroit Requis notre transport a Sa
demeure Chez La ve Bougard ou Elle Se 
Retenoit, En Ce Bourg de marigné. Ce que nous
Luy avons octroyé Et ou Etant, Elle nous a fait
Comparoir du Consentement dud Le bourcier
Son dit fiancé Cy present Et acceptant
La personne de Réné pottier Marchand
demeurant aud. marigné Cy present Et 
acceptant quy a offert d apressier tous Lesd. 
Effets [#Suivant Sa Connoissance], Expert ordinaire, Et Etant majeur
nous avons de luy En tel Cas Requis pris, Et 
Reçu Le Serment de Se Bien et fidelement
Comporter a Lad. Estimation Et appressiation
desd. Effets mobiliers Ce qu’il nous a juré faire
En Son ame Et Consiance dont nous Lavons
jugé Et procedant aud. Inventaire En presence
Et assistance de pierre Berger Marchand.
demeurant au lieu de la Grandiniere au dit
marigné neveux de lad. ve Brard Comme
Suit" 

Afin d'abréger les sommes, je vais écrire Livres Tournois en LT, Sols en S et Deniers en D comme il est d'ailleurs abrégé dans l'acte notarié. Pour se rendre compte des sommes et de la différence énorme existant alors entre la Cour et le peuple en cette période précédant tout juste la Révolution (nous sommes en 1784), voici une petite citation d'un maître de l'hôtel du Roi à l'époque où celui-ci est ramené aux Tuileries à Paris : "il est constant que la dépense de la Bouche dépasse 6 000 livres par jour" (Charles-Éloi VIAL, Les derniers feux de la monarchie : La cour au siècle des révolutions 1789-1870, Paris, Perrin, 2016, p. 46).

André JORDAN,  Chenets et crémaillère, cheminée de Monsieur Gabriel à la Bate, 1908
(source : Images d'art)
  • une crémaillère, son crémellon, une marmite de fonte de peu de valeur et une cuillère de pot (2 LT 4 S)
Coffre au XVIIIe siècle
(source : Expertissim)
  • un coffre de bois de chêne fermant à clef (4 LT) à l'intérieur duquel se trouve : 
    • les hardes et linges à l'usage de la dite veuve Brard
    • une couette la taie de couetty remplie de plume mêlée pesant 35 livres (15 LT)
    • deux traversins les taies de toile remplies de plume d'oie (17 LT)
    • deux draps de chanvre, trois aunes de toile de commun et une couverture de laine blanche au trois quarts usée (10 LT)
    • un tour de lit de tourangelle verte usée (8 LT)
    • un bois de lit de peu de valeur (3 LT)
    • une écuelle à oreille et quatre cuillères le tout d'étain pesant le tout une livre et demie et un chandelier de potin jaune (2 LT)
  • une armoire de bois de chêne à deux battants fermant à clef (4 LT)
  • un rouet à filer garni de sa broche, un travoit et un petit coffre de peu de valeur (3 LT)
  • une chaise (8 S)
  • la somme de 78 livres en espèces
Du point de vue des dettes, BEUVIER, bordager, lui devait 30 sols pour filage de fil et Anne BERGER devait à la veuve BOUGARD qui l'hébergeait la somme de 4 livres 13 sols 4 deniers pour son loyer. Cela nous donne une idée de ce que pouvait posséder une veuve exerçant le métier de fileuse à la fin du XVIIIe siècle : un total fort modeste de 152 livres tournois. 

L'acte est signé par le notaire Joseph Augustin PASTEAU avec Julien BOURCIER et les deux témoins, François LE MERCIER, sacriste et Georges François LE MERCIER, tourneur. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)

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