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mercredi 27 février 2019

Le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER enfin retrouvé !

Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père

Il y a quelques jours, une personne me contacte sur Geneanet pour m'informer que sur les relevés de l'Association Généalogique de l'Anjou se trouve le décès d'une Modeste Anne BOURCIER, veuve GUILMET, à Baugé (Maine-et-Loire). Après avoir contacté les archives départementales du Maine-et-Loire et celles de la commune de Baugé-en-Anjou, j'ai reçu aujourd'hui l'acte de décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER que je n'avais jamais trouvé jusqu'à présent et il s'agit bien de mon ancêtre. 

(source : Archives municipales de Baugé-en-Anjou)
Ce sont Lézin PROTERNAC et Auguste BERTRON, ses voisins, qui déclarent le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER, sans profession, âgée de 79 ans, à la Communauté du Sacré-Coeur de Marie où elle demeurait. 

(source : Le blog de quercus49)
Ce lieu, qui était à l'époque l'hospice des incurables, existe toujours et est une maison de retraite. Un petit article y est consacré sur ce blog. Ce lieu fut fondé dans les années 1780 par Anne de LA GIROUARDIÈRE et semble avoir toujours la même vocation en 2019. 

Modeste Anne Madeleine BOURCIER était née au lieu dit de L'Hommeau à Marigné-Laillé (Sarthe), fille de Marie Madeleine BOURCIER et d'un père inconnu. Elle a eu deux filles, Victorine Ernestine BOURSIER (selon l'histoire familiale, son père était un médecin de Mayet), et Léa Ernestine GUILMET, de son mariage avec Charles Hippolyte GUILMET. Elle vivra à Mayet (Sarthe), et décède donc à Baugé (Maine-et-Loire), qui n'est pas si éloigné lorsqu'on regarde sur une carte.

(source : Heredis 2018)
Ses deux filles vivront en Île-de-France : l'aînée à Versailles (Yvelines), et la cadette à Paris. En tout cas, voici un mystère de plus de résolu pour cette ancêtre peu éloignée de la sixième génération. 

jeudi 19 janvier 2017

L'inventaire d'Anne BERGER en 1784

Julien BOURCIER
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Julien LE BOURCIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Je me suis enfin décidé à analyser et transcrire une multitudes d'actes notariés du XVIIIe siècles pris en photo aux archives départementales de la Sarthe en août 2015. Nous sommes ici dans la Sarthe, dans le petit bourg de Marigné-Laillé où vivaient les ancêtres sarthois du côté de ma mère. Julien BOURCIER s'est marié à trois reprises. Premièrement avec Catherine LE CLERC, notre ancêtre, puis avec Anne FROMAGER et enfin avec Anne BERGER. Lors de ce troisième mariage, les deux époux sont respectivement âgés de 51 et 52 ans. Bien sûr, il est très rare que les professions des femmes soient indiquées à cette époque, mais à la lecture du présent acte, nous comprendrons qu'Anne BERGER était plus ou moins fileuse. Julien BOURCIER étant tailleur d'habits, on peut comprendre comment ils se sont connus, les deux professions étant très liées, le tailleur ayant régulièrement besoin de fil. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)
"Aujourd’huy vingt six juillet
mil Sept Cent quatre vingt quatre apres midy
Devant nous joseph augustin pasteau notaire
Royal au Chateau du loir demeurant a marigné
Soussigné
fut presente anne Berger veuve de deffunt
andré Brard demeurante au bourg dud. marigné
Laquelle nous a declaré quelle Etoit Sur Le point
de Convoller en Second noce avec julien Le bourcier
tailleur d’habit presentement Son fiancé ; Et
auparavant de Ce faire pour Scavoir Ce quelle
porteroit En Communauté, Elle auroit désiré
faire faire inventaire Estimatif de tous Ses
meubles Et Effets a Elle appartenant Ensembles
Ses dettes actives Et passives, en Conseuqence
de quoy elle auroit Requis notre transport a Sa
demeure Chez La ve Bougard ou Elle Se 
Retenoit, En Ce Bourg de marigné. Ce que nous
Luy avons octroyé Et ou Etant, Elle nous a fait
Comparoir du Consentement dud Le bourcier
Son dit fiancé Cy present Et acceptant
La personne de Réné pottier Marchand
demeurant aud. marigné Cy present Et 
acceptant quy a offert d apressier tous Lesd. 
Effets [#Suivant Sa Connoissance], Expert ordinaire, Et Etant majeur
nous avons de luy En tel Cas Requis pris, Et 
Reçu Le Serment de Se Bien et fidelement
Comporter a Lad. Estimation Et appressiation
desd. Effets mobiliers Ce qu’il nous a juré faire
En Son ame Et Consiance dont nous Lavons
jugé Et procedant aud. Inventaire En presence
Et assistance de pierre Berger Marchand.
demeurant au lieu de la Grandiniere au dit
marigné neveux de lad. ve Brard Comme
Suit" 

Afin d'abréger les sommes, je vais écrire Livres Tournois en LT, Sols en S et Deniers en D comme il est d'ailleurs abrégé dans l'acte notarié. Pour se rendre compte des sommes et de la différence énorme existant alors entre la Cour et le peuple en cette période précédant tout juste la Révolution (nous sommes en 1784), voici une petite citation d'un maître de l'hôtel du Roi à l'époque où celui-ci est ramené aux Tuileries à Paris : "il est constant que la dépense de la Bouche dépasse 6 000 livres par jour" (Charles-Éloi VIAL, Les derniers feux de la monarchie : La cour au siècle des révolutions 1789-1870, Paris, Perrin, 2016, p. 46).

André JORDAN,  Chenets et crémaillère, cheminée de Monsieur Gabriel à la Bate, 1908
(source : Images d'art)
  • une crémaillère, son crémellon, une marmite de fonte de peu de valeur et une cuillère de pot (2 LT 4 S)
Coffre au XVIIIe siècle
(source : Expertissim)
  • un coffre de bois de chêne fermant à clef (4 LT) à l'intérieur duquel se trouve : 
    • les hardes et linges à l'usage de la dite veuve Brard
    • une couette la taie de couetty remplie de plume mêlée pesant 35 livres (15 LT)
    • deux traversins les taies de toile remplies de plume d'oie (17 LT)
    • deux draps de chanvre, trois aunes de toile de commun et une couverture de laine blanche au trois quarts usée (10 LT)
    • un tour de lit de tourangelle verte usée (8 LT)
    • un bois de lit de peu de valeur (3 LT)
    • une écuelle à oreille et quatre cuillères le tout d'étain pesant le tout une livre et demie et un chandelier de potin jaune (2 LT)
  • une armoire de bois de chêne à deux battants fermant à clef (4 LT)
  • un rouet à filer garni de sa broche, un travoit et un petit coffre de peu de valeur (3 LT)
  • une chaise (8 S)
  • la somme de 78 livres en espèces
Du point de vue des dettes, BEUVIER, bordager, lui devait 30 sols pour filage de fil et Anne BERGER devait à la veuve BOUGARD qui l'hébergeait la somme de 4 livres 13 sols 4 deniers pour son loyer. Cela nous donne une idée de ce que pouvait posséder une veuve exerçant le métier de fileuse à la fin du XVIIIe siècle : un total fort modeste de 152 livres tournois. 

L'acte est signé par le notaire Joseph Augustin PASTEAU avec Julien BOURCIER et les deux témoins, François LE MERCIER, sacriste et Georges François LE MERCIER, tourneur. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)

mercredi 24 février 2016

Vente publique des meubles et effets de Julien LE BOURCIER

Julien LE BOURCIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Bernard-Jean-Hyacinthe JAILLOT et Jean-Baptiste DELAHAYE, Le Gouvernement Genéral d'Orléans qui comprend l'Orleanois, le Blaisois, la Touraine, l'Anjou, le Maine, le Perche, la Beauce, le Vendosmois, le Gastinois, le Nivernois, le Berry, l'Angoumois, l'Aunis & le Haut et Bas Poitou / Dédié à S.A.R. Monseigneur le Duc d'Orléans Régent du Royaume, 1721, Paris, Chez le Sr. Jaillot (source : Gallica/BnF)
Nous sommes dans la commune de Marigné (Sarthe) le 14 juin 1827. Julien LE BOURCIER, tailleur d'habits, vient de mourir, et ses enfants sont allés chez Edmé-Julien GARNIER, le notaire, afin de procéder à une vente de ses  biens en guise d'inventaire après décès. La vente a lieu à la requête des héritiers suivants : 

  • sieur Julien LE BOURCIER, maçon
  • sieur Toussaint HIRBEC, scieur de long et Anne LE BOURCIER son épouse
  • Joséphine LE BOURCIER
Les trois sont nés du premier mariage entre Julien LE BOURCIER et Anne HAUDOIN.  Est également présente la fille issue de son second mariage avec Marie GAGNIER (appelée Louise dans l'acte) : 
  • Marie Madeleine LE BOURCIER (notre ancêtre) qui est dite mineure de 19 ans et émancipée (voilà un autre acte à aller chercher) et qui comparaît sous l'autorisation de son curateur sieur Louis LE BOURCIER, cultivateur. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105 art. 222)
"Lesquels Comparants ès dits noms ont dit avoir fait 
annoncer à la manière accoutumée, en cette Commune de Marigné, qu'il
Serait Cejourd'huy procédé au bourg de marigné, à la vente publique
au plus offrant & Dernier encherisseur de tous les meubles et effets
dépendant de la Communauté qui a existé entre le dit défunt sieur
Julien Le Bourcier et Anne haudoin sa première femme et 
a Continué avec Laditte Louise Gagnier Sa Seconde épouse, ainsi
que de ceux dépendans de la Succession du dit feu Sieur Julien
Le Bourcier ..."

Ils font donc comparaître volontairement le sieur Louis JOUBERT, marchand et crieur ordinaire pour procéder aux enchères. Je pense que la vente a été décidée car les deux fils n'ont pas repris l'activité de tailleur d'habits (l'un est maçon, l'autre scieur de long) et les filles n'en ont pas épousé non plus. Ils n'avaient donc plus d'intérêt de posséder le tissu et le matériel de tailleur de leur père. 

Voici donc les acquéreurs de cette vente du 27 juin 1827 : 
  • Joséphine LE BOURCIER (héritière) : une crémaillère et son crémaillon (1,05 F), une pelle à four et une pince (2,60 F)
  • Sieur Jean BOURMAULT : deux marmites de fonte dont une garnie de son couvercle et une cuiller à pot (1,70 F), quatre clayes (1,45 F)
  • Marie Madeleine LE BOURCIER (héritière) : une marmite de fonte et une soupière avec son couvercle (1,10 F), un plat, trois pots et un huilier de différentes terres (0,60 F)
  • Sieur Joseph FOUGERY : quatre plats creux et une terrine de différentes terres (0,65 F)
  • Sieur Julien LE BOURCIER (héritier) : un plat et onze assiettes de différentes terres (0,75 F), deux râteaux à dents de fer et une briole (1,90 F)
  • Sieur Julien FREULON, cultivateur : un gris, un chandelier à oribour (?), une broche à percer et une barre de fer (1,40 F), une bouteille à huile (1,30 F), trois verres et trois bouteilles de verre (1,10 F), un moulin pour moudre des pommes de terre et deux broyes (6,70 F), un cuvier, et une selle à lessive (6,05 F)
  • Sieur François HIRBET : une poisse et un chandelier de fer blanc (2 F), six paillons (1,20 F)
  • Toussaint HIRBEC (héritier) : une échelle et un morceau de bois (0,50 F), une pelle, une fourche et une bêche (4,45 F)
Puis, le notaire conclut l'acte de la façon suivante : 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105 art. 222)
Qui Sont tous les meubles & effets que les
Comparants ont déclaré Vouloir Vendre cejourd'huy
attendu Le peu de personnes qui se sont présentées
pour acquérir. En conséquence nous nous Sommes
retirés & avons remis la Continuation De la présente
Vente sur L'invitation des comparans, au huit juillet

Nous retrouvons donc les mêmes protagonistes lors de la vente publique qui a lieu à Marigné le 8 juillet 1827 et où furent vendus les objets suivants (dont beaucoup à celui qui a mené les enchères) : 

  • Sieur Louis JOUBERT : deux futs de quart et un fut de laine (?) vides (8,90 F), une guinde, six cercles et une corbeille (0,60 F), une cage et un cuillardier de bois (1,95 F)
  • Sieur François BOURCIER, journalier : un cuvier et un fut de boisseau (1,80 F), un gilet de velours et un autre d'étoffe (3,40 F), un pantalon de toile barrée et un gilet d'étoffe (0,80 F)
  • Sieur Julien LE BOURCIER (héritier) : une scie garnie de son arc, trois vilebrequins et un mauvais panier (1,30 F), quatre chaises enfoncées de jong (1,60 F), un drap de toile commune et une couverture de toile teinte en noir (5,40 F), deux pantalons d'étoffe grise (2,30 F), une culotte, un canneçon et un gilet le tout de toile (0,65 F), un habit de serge de seigneur (3,40 F), une veste d'étoffe grise (2,25 F), 
  • Sieur Jacques JOUANNEAUX : quatre paniers (1,10 F), une huche en bois de chêne garnie de son couvercle (2,80 F), trois mouchoirs et une cravate (3,15 F), deux selles, une table et un tabouret (0,75 F)
  • Sieur Toussaint HIRBEC (héritier) : une petite charrette garnie de ses roues (8 F)
  • Sieur Pierre OLLIVIER, marchand : un paillon avec plusieurs ferrailles (0,55 F), quatre pots et un réchaud de différente terre (0,95 F)
  • Sieur Julien FREULON : une pelle de four et un mât (0,50 F), quatre mouchoirs et un bonnet de coton (1,90 F) 
  • Sieur Jean MEUNIER : deux fers à repasser, différents boutons de bois et deux passes carreaux (3,25 F) 
  • Sieur Julien PROUST, scieur de long : une armoire à deux battants, garnie d'un tiroir non fermant à clef, le tout de sapin (28,30 F), un chaudron en fonte garni de son anse et un tamis (5 F), une table de chêne et de guignier garnie d'un tiroir non fermant à clef (3,30 F)
  • Sieur François HIRBET, scieur de long : deux chapeaux (1,10 F), un pantalon et un gilet de coton (2,15 F) 
  • Françoise MOLIÈRE, domestique chez M. Dubois : une couette et un traversin à taie de toile remplis de plume mêlée (21,10 F) , deux oreillers de toile commune remplis de plume d'oie (5,15 F), un bois de lit de guignier et un tour de lit avec une paillasse et une carrie (8,10 F)
  • Joséphine LE BOURCIER (héritière) : une couverture de laine verte (6,90 F)
  • Sieur Jacques BOUCHER : cinq paires de ciseaux propres à tailler des habits (1,75 F)
  • Sieur CLOCHET dit Martin, marchand : deux kilogrammes de fil (6 F), deux draps de toile commune (6,95 F)
  • Sieur Joseph FOUGERY : deux mètres trois cent quatre vingt un millimètres deux aulnes de toile commune (3,60 F)
  • Jeanne RENAUDE : une poche et une nappe de toile (1,70 F)
On remarque de Julien LE BOURCIER fils (qui a fait les campagnes de Napoléon jusqu'en Russie et est revenu vivant dans la Sarthe) achète un grand nombre d'objets également. Notre ancêtre Marie Madeleine n'achète rien à cette deuxième vente. C'est en tout cas une manière d'avoir une idée des possessions d'un tailleur d'habits né dans les années 1750 et décédé en 1827, qui a donc traversé les troubles révolutionnaires le long de sa vie. 

jeudi 20 juin 2013

Du bon et du mauvais généalogiste

Il y a quelques jours, j'ai reçu ce très agréable mail de la part d'un monsieur dont je tairais le nom :

Bonjour, J'ai relevé une erreur dans votre armorial : en effet les armes de la famille "du Maine" sont celles de la famille Chevrel (maconnais), prouvées dès 1328.
Les armes en question sont les suivantes :

(source : dessin personnel, licence CC BY-SA 3.0)
Le blasonnement est : de gueules, à une fleur de lys d'or. J'imagine que la personne qui m'a envoyé ce mail est elle-même un généalogiste. Aussi, je suis surpris du peu de rigueur intellectuelle dont il fait cas. Etant surpris par ce mail, j'ai en quelques clics pu vérifier que la famille CHEVREL porte bien "de gueules, à une fleur de lys d'or". Ce cher monsieur aurait également pu vérifier lui-même en quelques clics sur internet que la famille du MAINE porte les mêmes armes.

Et au lieu de m'envoyer un mail assez sec pour revendiquer des armes comme appartenant uniquement à sa famille et m'accuser de faire erreur, il aurait pu constater que je disais vrai pour avoir trouvé ces armes dans divers armoriaux et nobiliaires. Des armes aussi simples sont souvent partagées entre plusieurs familles de France. C'est étonnant comme souvent en généalogie, certains tirent des conclusions avant même d'avoir enquêté et recherché la réponse, avant d'accuser les autres, sans preuve, de faire erreur.

Heureusement, la même semaine, j'ai eu l'exemple inverse d'une généalogiste fort sympathique, Valérie Letellier, qui non seulement a pris de son temps pour rechercher l'acte de naissance de mon arrière-grand-père, Pierre Joseph Emile Ernest PERLY aux archives de Tours, mais encore a effectué de nombreuses recherches bénévolement pour savoir si on pouvait trouver le procès verbal dressé lors de la découverte du corps de mon ancêtre Julien LE BOURCIER, décédé en Indre-et-Loire et trouvé près d'une ferme. Les recherches ont été infructueuses, mais je la remercie d'avoir si généreusement donné de son temps.

Voici donc, pour conclure, des photos de La Maillotière (commune de Saint-Antoine-du-Rocher dans l'Indre-et-Loire), où fut retrouvé le corps de Julien LE BOURCIER, tisserand habitant à Marigné-Laillé, dans la Sarthe et âgé alors de 72 ans.

(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)
(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)

mardi 7 mai 2013

Les lieux de vie de Julien Le Bourcier


Revenant d'un week-end dans la Sarthe, je m'étais organisé un petit planning afin de mettre un peu de couleurs aux pages en noir et blanc des registres d'autrefois. Je m'intéresse de plus en plus aux habitations où ont vécu nos ancêtres. Une fois qu'on a dégrossi les recherches et qu'on connaît les personnes, que faire pour en savoir plus à leur sujet ? Se rendre sur les lieux où ils ont vécu avec l'espoir de retrouver quelque chose du passé.

(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)
J'ai donc fait une liste des lieux où mes ancêtres maternels et Sarthois (c'est-à-dire la famille Le Bourcier et leurs alliés) ont vécu et j'ai organisé une expédition dans l'espoir de découvrir des vieilles demeures.

Pour ceux qui se souviennent de Julien Le Bourcier, mort loin de chez lui près de Saint-Antoine-du-Rocher, je me suis rendu à la ferme de la Maillotière, devant laquelle on a retrouvé son corps.

La Maillotière, Saint-Antoine-du-Rocher, Indre-et-Loire
(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)
Voici donc le bâtiment qu'a vu Julien Le Bourcier l'an XIII (1804) lorsqu'il est décédé. Un paysage assez plat, une forêt au loin, des champs tout autour de la ferme. C'est idiot, mais voir cette ferme en vrai rend cet ancêtre plus réel. Il n'y a pas vécu, il venait peut-être livrer des habits qu'il avait confectionnés dans une maison alentour ou au bourg de Saint-Antoine-du-Rocher lui-même. En tout cas, c'est ici qu'il décéda à l'âge (avancé pour l'époque) de 72 ans.

Ce même Julien Le Bourcier était né et avait vécu dans un lieu-dit nommé La Martinière, à Marigné-Laillé. Grâce à mon iPhone, j'ai trouvé très facilement le lieu-dit, et la ferme que j'y ai trouvé semble bien dater de la même époque. Quelques photos plus tard, j'ai pu me rendre compte du lieu concret de vie d'un aïeul tailleur d'habit au XVIIIème siècle. Une grande maison, mais avec une dizaine d'enfants et peut-être les grands parents qui vivaient là aussi, il fallait au moins ça. En voici quelques photos :

La Martinière, Marigné-Laillé, Sarthe
(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)
La Martinière, Marigné-Laillé, Sarthe
(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)
La Martinière, Marigné-Laillé, Sarthe
(source : photo personnelle, licence CC BY-NC-SA 3.0 FR)
J'ai également pris de nombreuses photos d'églises dans les villages où vécurent mes ancêtres. Certaines ont été rénovées au XIXème siècle, d'autres sont celles qu'ont vu les Le Bourcier, celles où ils se sont mariés, ont fait baptiser leurs enfants, etc. J'ai également de nombreux autres lieux-dits en stock, de quoi illustrer de nombreux billets de blog à l'avenir.

Si vous souhaitez-voir les églises de la plupart des lieux cités dans la première photo, elles sont sur les pages Wikipedia concernées que j'ai actualisées ce matin avec mes clichés. Et vous, avez-vous retrouvé la maison d'un ancêtre ?

jeudi 2 mai 2013

Revoir les lieux de nos ancêtres


Lors de mon dernier séjour en Mayenne, je suis passé par Vimarcé et j'ai pu faire quelques photos de l'église du village où vécurent un couple de mes ancêtres au XVIIIème siècle. A mon retour, j'ai créé une page Wikipedia concernant cette église afin que d'autres généalogistes puissent en profiter et voir cette église depuis leur ordinateur.

Lorsque j'ai commencé ma généalogie, je m'intéressais à remonter le plus vite possible, sans vraiment faire attention aux détails. Depuis, je fais des recherches sur internet concernant les lieux où ont vécu mes ancêtres et les métiers qu'ils ont exercés. Certains bâtiments existent encore aujourd'hui. Prenons l'exemple d'un de mes ancêtres de la Dordogne : Jean de Saint-Astier.

Les renseignements que je possède à son sujet sont tirés du Nobiliaire universel de France (Tome 17) par Nicolas Viton de Saint-Allais. En voici un extrait :

"Jean de Saint-Astier, damoiseau, seigneur du Lieudieu et de Verzinas, en Périgord, et de Ligne en Auvergne, maître d'hôtel de Jeanne de Bretagne, était le troisième fils de Forton de Saint-Astier, seigneur des Bories, et de Jacquette Cotet, sa troisième femme. [...] Enfin, il mourut au château du Lieudieu, le 22 avril 1518, et fut enterré à Boulazac."
Jean possède donc trois seigneuries, dont celle du Lieudieu où il semble vivre principalement puisque c'est l'endroit où il décède. Quelques recherches sur Wikipedia m'indiquent que le château du Lieu-Dieu est situé dans cette commune de Boulazac dont il est ici question.

(source : Père Igor, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Ce magnifique château de contes de fées se nommait originellement la Baconnie. Le nom du Lieu-Dieu lui aurait été donné après que les saint-sacrements des églises alentours furent mis au tabernacle de sa chapelle pour éviter toute profanation des hosties par les mercenaires anglais qui ravageaient le pays durant la guerre de Cent Ans.

Continuons la lecture du nobiliaire :

"Il avait épousé, par contrat passé au château de Hautefort, le dernier jour d'août 1488, demoiselle Gabrielle de Hautefort (Gontaut), fille de feu noble homme Antoine de Hautefort, seigneur des châteaux et châtellenies de Hautefort et de Thenon, et de dame Marguerite d'Abzac ; elle était alors sous la tutelle de sa mère, et de Jean de Royère, chevalier, seigneur de Lons, et fut assistée de nobles Jean d'Abzac, seigneur de la Douze, Jean de Saint-Astier, seigneur des Bories, Jean d'Abzac, seigneur de Bellegarde, etc., ses proches parents : sa dot fut réglée à quinze cents livres tournois."
Comme souvent en ces temps anciens, la future épouse est bien plus riche et d'une plus grande famille que le marié. Il suffit de voir la différence entre le petit château du Lieu-Dieu avec l'énorme château de Hautefort pour en juger.

(source : MOSSOT, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Je vais dans quelques jours repartir pour la Sarthe. J'espère prendre plusieurs photos de Marigné-Laillé et de Mayet où vécurent mes ancêtres Le Bourcier afin de reconstituer une partie de leur quotidien et de voir les bâtiments qu'ils ont vu, les églises où ils ont fait baptiser leurs enfants, etc.

Pour conclure, une belle histoire concernant le blason des Saint-Astier. Le blasonnement est le suivant : d'argent à trois aigles de sable posées en chef 2 & 1, et en pointe trois cloches du même émail, bataillées d'or, posées également 2 & 1.

(source : dessin personnel, licence CC BY-SA 3.0)
Les armes se contentaient autrefois de trois aigles. Mais, le 8 juillet 1275, les cloches de toutes les églises de Limoges se mirent à sonner miraculeusement à la mort de Pierre de Saint-Astier, évêque de Périgueux. Depuis, en mémoire de ce miracle, les trois cloches ont été ajoutées au blason de la famille.

mardi 5 mars 2013

Les trois mariages de Julien Le Bourcier


Tout à l'heure, après avoir réalisé la fiche de Julien Le Bourcier, je me suis donné comme objectif de retrouver l'acte de décès de sa femme, Marie Gasnier. La pauvre n'allait pas avoir une fiche incomplète ! J'ai donc recherché son nom sur les tables décennales tout en relevant au passage les Bourcier et Lebourcier que je pourrais trouver, au cas où.

(source : photo personnelle, licence CC BY-SA 3.0 FR)

Et j'ai bien fait, car j'ai ainsi découvert des informations sur Julien Le Bourcier, père de celui dont je vous parlais précédemment.

Je sais qu'on commence à se perdre dans tous ces Julien Le Bourcier. Je vais vous parler précisément de celui qui est mort en Indre-et-Loire. J'avais jusqu'à présent peu d'informations sur ce Julien, mis à part qu'il avait épousé Catherine Le Clerc et que cette dernière était morte en 1763. 

J'avais cherché en vain un autre mariage (sachant qu'on se mariait souvent dans la commune d'origine de l'épouse) à Marigné-Laillé, mais rien ne fut trouvé. Je savais juste qu'un Julien Le Bourcier qui avait les mêmes parents que l'époux de Catherine Le Clerc avait épousé Anne Berger, étant veuf d'Anne Fromager. Je le soupçonnais frère du Julien époux de Catherine Le Clerc. Vous suivez toujours ?

Mes recherches ont dont débutées par Pierre Joseph Bourcier, que je découvris fils de Joseph Bourcier et de Françoise Arrouard. La patience étant la clef, en généalogie, et ayant dans ma liste un mariage Lebourcier/Arrouard, je suis allé directement voir si, grâce à l'acte de mariage, je pouvais relier Joseph Bourcier à mes Le Bourcier.

Sur l'acte de mariage de Joseph Bourcier et Françoise Marie Arrouard, voici ce que je lis au croisement de deux pages :

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 197_14 - p. 281-282)

"... fils de deffunt julien Le Bourcier en sonvivant tailleur d'habit decedé commune de Saint Antoine Departement d'indre et Loire Le neuf frimaire an treize, et de deffunte anne fromager décédée en Cette Commune de Marigne Le cinq aoust mil sept cent quatre vingt deux..."
Afin de chercher à comprendre, je suis allé voir dans mon arbre mon Julien époux d'Anne Fromager pour le comparer au Julien époux de Catherine Le Clerc qui, lui, était bien décédé à Saint-Antoine l'an XIII. S'agissait-t-il d'une erreur dans la mention de l'acte de décès ? Le premier Julien était né vers 1732 d'après mes calculs, le second Julien était né en 1732. Il s'agit donc bien de la même personne. Grâce à cette superbe fonctionnalité de mon logiciel Heredis, j'ai pu fusionner les deux Julien et leurs enfants (il y a sûrement des doublons maintenant, il va falloir que je trouve les actes de naissance de chacun de ces enfants).

Julien Le Bourcier qui est mort en Indre-et-Loire a donc eu trois épouses :

  1. Catherine Le Clerc
  2. Anne Fromager
  3. Anne Berger
Comme quoi, dans la généalogie, les recherches ne sont pas forcément linéaires et on peut toujours avoir des surprises !

jeudi 21 février 2013

Julien le Bourcier, mort loin de chez lui.


Il est de tradition chez les le Bourcier d'être tailleur d'habits et de s'appeler Julien. Julien le Bourcier ne fait pas exception. Celui dont nous allons parler est d'ailleurs le premier à exercer ce métier puisque son père (Julien) est sabotier.

(source : Armorial Général de France - Volume 34 - Tours 2ème partie - p. 1156)
Je savais donc que ce Julien, tailleur d'habits, était décédé à Saint-Antoine-du-Rocher, dans l'Indre-et-Loire, alors qu'il avait vécu toute sa vie à Marigné-Laillé, dans la Sarthe. C'était du moins ce qui était indiqué sur l'acte de mariage de son fils, Julien, tailleur d'habits, lui aussi. Vous suivez encore ?

J'ai donc demandé l'acte à l'association Le Fil d'Ariane. Je viens de le recevoir aujourd'hui, et il est pour le moins surprenant.

(source : Archives Départementales de l'Indre-et-Loire)
"Aujourd'huy neuf frimaire an treize, Par devant nous Maire de cette Commune officier public de l'état Civil, S'est presenté Monsieur Cezar Barré, juge de paix de ce canton de Neuillé-Pont pierre, qui nous a declaré que le jour d'hier, il a dans cette Commune, Auprès Du lieu de la Maillotiere, Constaté l'état d'un cadavre trouvé mort, et à luy inconnu, suivant l'extrait du procès Verbal qu'il en a dressé ; et dont l'original a été remis au Magistrat De Sureté Du tribunal du premier arrondissement de ce departement, et qu'il nous a representé, pour demeurer cy joint, et lequel Cadavre Suivant les renseignements qu'il a trouvé Sur luy, il croit être celuy du nommé julien le Boursier pere, De la Commune de Marigné, canton D'écomoy, Departement de la Sarthe, lequel a été inhumé ce jourd'huy par le ministre du Culte de cette commune, sur l'avertissement qu'il en a donné au dit ministre ; laquelle declaration avons reçuë pour servir et valoir ce que de raison.
Barré       Le Maire de St Antoine off. Le Roux ./."
Julien le Bourcier est déjà âgé de 72 ans l'an XIII. Son petit-fils, Julien, tailleur d'habits lui aussi, sera tiré au sort quelques mois plus tard pour partir dans la Grande Armée (où il recevra la médaille de Sainte-Hélène à la suite des campagnes). Pourquoi avoir parcouru une distance de neuf heures de route environ (pour l'époque) à son âge ?

A : Marigné-Laillé / B : Saint-Antoine-du-Rocher (source : Google Maps)
Etait-il parti vendre un costume ou du tissu jusque là-bas ou rendre visite à une connaissance ? Est-il mort d'une crise cardiaque, de vieillesse, de fatigue ou attaqué par un bandit de grand chemin ? La Maillotière, d'après Google Maps, est une ferme isolée au beau milieu des champs. Il serait donc mort sur le bord d'un chemin ou d'un champ, où César Barré aurait trouvé son "cadavre trouvé mort". A l'occasion, il faudra que je consulte les archives judiciaires de l'Indre-et-Loire pour avoir le procès verbal de ce décès. J'aurais sans doute plus de renseignements sur la façon dont le pauvre Julien le Bourcier fut trouvé mort, loin de chez lui.