Affichage des articles dont le libellé est Mayet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mayet. Afficher tous les articles

dimanche 21 juin 2020

Biographie : Henri Clément DEBANNE

Henri Clément DEBANNE
|
Henri dit Eugène DEBANNE
|
Ma grand-mère

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ? 

(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/264 vue 95/107)
Henri Clément DEBANNE est né le 21 décembre 1839 à 22h au lieu-dit de La Greletterie au sud d'Issoudun (Indre). 

(source : Remonter Le Temps)
Sa naissance a été déclarée le surlendemain à Étienne LEBON, adjoint au maire d'Issoudun par Marie Anne SARAZIN, sage-femme. Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine, mais les deux témoins sont : 
  • Étienne NIVET
  • Jean DEBANNE, oncle de l'enfant
Ils sont tous deux vignerons à Issoudun (Indre). 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Il se marie le 6 janvier 1862 à Issoudun (Indre) avec Louise CHUAT, lingère, fille de François CHUAT, vigneron, et de Jeanne COURTAULT. Le mariage est célébré par Étienne MAYET, adjoint au maire d'Issoudun. 

Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/339 - vue 3/134)
Les témoins du mariage sont : 
  • Pierre CHAMPEAUX, parcheminier à Issoudun (Indre), beau-frère de l'époux
  • Yvan MARGUERITAT, vigneron à Issoudun (Indre), beau-frère de l'époux
  • Pierre CHUAT, vigneron à Issoudun (Indre) frère de l'épouse
  • Claude CHUAT, vigneron à Issoudun (Indre), frère de l'épouse
3. Comment s'est déroulé le mariage ? 

Le mariage se déroule en présence des parents des deux époux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 


(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 231/15 - vue 262/330)
Il meurt le 24 avril 1885 à 4h au lieu-dit de La Madrolle à Velles (Indre) âgé de 45 ans. Le décès est déclaré le soir même par François dit Étienne BOITREAU, vigneron à Issoudun (Indre), son gendre et par Sylvain MERLOUD, journalier à La Madrolle à Velles (Indre). Je ne sais pas où il a été inhumé. 

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ?

Les archives militaires de son époque ne sont pas disponibles en ligne. 

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur lui dans la presse ? 

Il n'y a pas d'informations dans la presse le concernant. 

7. Quels événements historiques a-t-il connus ? 

Il naît sous la monarchie de Juillet. Lorsqu'il est âgé de 9 ans, c'est le début de la Deuxième République. Il a 30 ans pendant la Guerre de 1870 à laquelle il ne participe pas à ma connaissance. 

8. Quelle était son instruction ? 

(source : Archives départementales de l'Indre)
Il savait lire et écrire, il avait probablement reçu une instruction primaire. Il appartient à la première génération lettrée de sa famille. 

9. Dans quel environnement géographie évoluait-il ? 

Dans son enfance et le début de la vie adulte, il vit à La Greletterie à Issoudun (Indre), puis Rue du Moulin Saint-Paterne dans la même ville, près de la rivière la Théols. 

10. S'est-il beaucoup déplacé dans sa vie ? 

À partir de son mariage, il vit à Saint-Denis au nord d'Issoudun (Indre) d'où était originaire sa femme.  En 1875, il vit à Argenton-sur-Creuse (Indre), en 1878 il vit à Eyzerac (Dordogne), en 1880 à Saint-Marcel (Indre), en 1883 à Tendu (Indre) et en 1884 à Velles (Indre). Il est donc globalement beaucoup resté dans l'Indre, même s'il a voyagé avec sa famille jusqu'en Dordogne. 

11. Comment se déplaçait-il ? 

Il était camionneur et roulier, ce qui signifie qu'il se déplaçait en charrette (probablement tirée par des chevaux) pour y transporter des marchandises qu'il vendait. 

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-il ?

Le premier que je lui connais, au moment de son mariage, est celui de vigneron. Il vient d'une dynastie de vignerons (qui cultivaient les vignes et faisaient du vin), tous ses ancêtres étaient vignerons. 

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-elle ? 

En 1875, alors qu'il quitte Issoudun (Indre) pour Argenton-sur-Creuse (Indre), il est camionneur (il ne conduit évidemment pas un camion à l'époque mais plutôt une charrette). Ensuite, pendant plus de 10 ans, il est journalier ce qui laisse supposer qu'il vivait très modestement. En 1878, il est roulier et en 1882, peu de temps avant sa mort, il est domestique à Saint-Marcel (Indre). 

14. Comment apparaît-il dans les recensements ? 

(source : Archives départementales de l'Indre - M 4750 - vue 116/276)
Il est toujours nommé Clément dans les recensements ce qui laisse penser que c'était son prénom usuel et qu'il n'utilisait pas celui d'Henri. Ce prénom de Clément (Clémence ou Clémentine pour les filles) reste très présent ensuite dans sa famille. 

15. Quel était le parler de sa région ? 

On parlait le berrichon dans l'Indre et étant tout à fait originaire de la région, il est probable qu'il parlait lui-même berrichon. 

16. Comment s'habillait-il ?

Voici un extrait intéressant issu de Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, t. II, Paris, L. Curmer, 1841, p. 329 : 

Le vigneron du Berry serait incomplet si je passais sous silence le vigneron, villageois civilisé,  citadin de faubourg, métis du paysan et du bourgeois, qui ne porte ni grand chapeau comme les gens de la campagne, ni chapeau rond comme les gens de la ville, mais le chapeau à cornes ; qui ne porte ni l'habit à la française comme les uns, ni le frac comme les autres, mais une veste à la carmagnole ; qui sait lire et écrire au besoin, qui comprend même la politique, au moins en ce qui touche spécialement ses intérêts. Concernant les vignerons d'Issoudun, ils se sont insurgés après 1830, à cause de l'impôt des droits réunis. Ils ont battu les employés et brûlé les registres de l'administration.

17. Combien a-t-il eu d'enfants ? 

Il a eu douze enfants avec sa femme Louise CHUAT : 
  • Jeanne Clémence dite Clémentine DEBANNE, couturière, domestique et jardinière, née le 24 décembre 1862 à Issoudun (Indre)
  • Catherine Claire dite Octavie DEBANNE, couturière, domestique et festonneuse, née le 18 avril 1864 à Issoudun (Indre)
  • Marie DEBANNE, née le 29 octobre 1866 à Issoudun (Indre) et morte à un an
  • Clément DEBANNE, né le 20 mars 1869 à Issoudun (Indre) et mort à 16 mois
  • Charles DEBANNE, né le 19 juin 1870 à Issoudun (Indre) et mort à 3 mois
  • Clément DEBANNE, boulanger, né le 6 septembre 1871 à Issoudun (Indre)
  • Charles dit Louis DEBANNE, adjudant, Mort pour la France, Médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, Chevalier de l'Ordre du Dragon d'Annam, né le 10 novembre 1875 à Argenton-sur-Creuse (Indre)
  • Clémence DEBANNE, festonneuse, née le 22 août 1878 à Eyzerac (Dordogne)
  • Henri dit Joseph DEBANNE, mégissier et débitant de tabac, né le 21 octobre 1880 à Saint-Marcel (Indre)
  • Marie dite Marie Louise DEBANNE, née le 19 mars 1882 à Saint-Marcel (Indre)
  • Henri dit Eugène DEBANNE (mon ancêtre), mégissier, négociant, né le 26 juin 1883 à Tendu (Indre)
  • Jules Yvan DEBANNE, né le 4 décembre 1884 à Velles (Indre) et mort à 8 mois
Beaucoup de ses enfants ont des surnoms, j'ai des photos uniquement de Charles dit Louis DEBANNE qui était militaire de carrière et qui a vécu près de 10 ans au Tonkin. 

Charles dit Louis DEBANNE à gauche sur la photo (il aura deux enfants au Tonkin dont nous ignorons le nom)
(source : Archives familiales)
Et évidemment mon ancêtre Henri dit Eugène DEBANNE qui était marchand de tissus. 

(source : Archives familiales)
18. A-t-il assisté au mariage de ses enfants ? 

Il n'assiste pas au mariage de sa fille Jeanne Clémence avec François BOITREAU, vigneron en 1882 à Issoudun (Indre) car il habite alors Saint-Marcel (Indre) mais il donne son consentement devant notaire. Il est mort avant de pouvoir assister au mariage de ses autres enfants. 

19. Que signifie son nom de famille ? 

Selon Filae, DEBANNE est un nom de famille désignant l'originaire de "banne", nom de localité. Cela expliquerait pourquoi au début du XVIIIe siècle il était parfois orthographié "de BANNE". 

20. Qui était son père ? 

Son père était Jean Étienne DEBANNE, vigneron. 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Catherine LAMOUREUX. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Il avait sept frères et soeurs mais il ne les a pas tous connus, certains étant morts avant lui (il est l'avant-dernier de sa famille) : 
  • Étienne, décédé à 10 jours
  • Marie Julitte, décédée à 16 mois
  • Henriette, femme d'un parcheminier d'Issoudun (Indre)
  • Gilbert, décédé à 12 jours
  • Catherine dite Clémentine, femme d'un vigneron d'Issoudun (Indre)
  • Étienne Clément, décédé à 2 ans
  • Eugénie, femme d'un vigneron d'Issoudun (Indre)
23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ? 

Il avait des liens avec ses beau-frères (tous ses frères étant décédés). Pierre CHAMPEAUX, son beau-frère, est témoin à son mariage. Evan dit Yvan MARGUERITAT, son autre beau-frère est également témoin à son mariage et inspire probablement le prénom de son dernier fils. Il n'est lui même pas témoin des actes de sa famille proche car il voyageait beaucoup. 

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ?

(source : Heredis 2018)
Tous ses ancêtres sur quatre générations sont illettrés et sont vignerons dans l'Indre. Ils sont tous originaires d'Issoudun (Indre) à trois exceptions près : 
  • son arrière-grand-mère Marie CADOUX vient d'Ardentes (Indre)
  • son arrière-grand-père Jean ROUET vient de Châteauroux (Indre)
  • son arrière-grand-mère Marie FERRÉ vient de Déols (Indre)
25. Quelle était sa religion ?

Il était probablement catholique comme ses ancêtres, mais je n'en ai pas de preuve. 

26. Votre ancêtre chez le notaire. 

Il passe son contrat de mariage le 6 janvier 1862 à Saint-Denis à Issoudun (Indre), chez ses beaux-parents CHUAT-COURTAULT devant Maître SANGLIER. 

Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre - 2 E 5138)
Le futur époux apporte en dot : 
  • la terre de La Greletterie (valeur de 800 F)
  • la vigne des Batailles (valeur de 300 F)
  • la vigne de Pied Plat (valeur de 400 F)
De ces vignes on estime pouvoir tirer un profit de 45 F par an. 

La future épouse apporte en dot : 
  • 6 draps de lit estimés 24 F
  • une terre aux Batailles  (valeur de 700 F)
  • une vigne au Clos des Barmondes (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 200 F)
  • une moitié de vigne au Clos de Volget (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 100 F)
  • une vigne à Bascon (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 200 F)
  • le tiers d'une vigne aux Clos des Fontenelles (Migny, Indre) (valeur de 300 F)
  • le tiers d'une terre aux mêmes lieux (valeur de 300 F)
De ces vignes on estime pouvoir tirer un profit de 45 F par an. 

Aussitôt après le mariage, les futurs époux s'obligent à aller vivre chez les père et mère CHUAT qui devront les "loger, nourrir, chauffer, éclairer, blanchir, raccommoder, vêtir, soigner et médicamenter en cas de maladie" en échange de quoi les époux s'emploieront à la culture et l'exploitation des terres. Le vin récolté leur appartiendra et sera enfuté à leur frais mais logé chez les père et mère CHUAT. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ? 

Je ne possède pas de photographie d'Henri Clément DEBANNE mais voici la tenue habituelle d'un vigneron berrichon au XIXe siècle. 

Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, t. II, Paris, L. Curmer, 1841, p. 330
28. Quels étaient ses repas ? 

Il devait manger assez modestement et probablement boire du vin puisqu'il en produisait. 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

Il n'y a pas d'histoire particulière au sujet de cet ancêtre qui s'est transmise dans la famille. 

30. Comment a-t-il participé à la vie de la communauté (membre du conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme ...) ? 

Il n'a pas, à ma connaissance, participé de manière particulière à la vie de la communauté. 

mercredi 27 février 2019

Le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER enfin retrouvé !

Modeste Anne Madeleine BOURCIER
|
Victorine Ernestine BOURSIER
|
Berthe Louise Stéphanie GRELOT
|
Mon grand-père

Il y a quelques jours, une personne me contacte sur Geneanet pour m'informer que sur les relevés de l'Association Généalogique de l'Anjou se trouve le décès d'une Modeste Anne BOURCIER, veuve GUILMET, à Baugé (Maine-et-Loire). Après avoir contacté les archives départementales du Maine-et-Loire et celles de la commune de Baugé-en-Anjou, j'ai reçu aujourd'hui l'acte de décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER que je n'avais jamais trouvé jusqu'à présent et il s'agit bien de mon ancêtre. 

(source : Archives municipales de Baugé-en-Anjou)
Ce sont Lézin PROTERNAC et Auguste BERTRON, ses voisins, qui déclarent le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER, sans profession, âgée de 79 ans, à la Communauté du Sacré-Coeur de Marie où elle demeurait. 

(source : Le blog de quercus49)
Ce lieu, qui était à l'époque l'hospice des incurables, existe toujours et est une maison de retraite. Un petit article y est consacré sur ce blog. Ce lieu fut fondé dans les années 1780 par Anne de LA GIROUARDIÈRE et semble avoir toujours la même vocation en 2019. 

Modeste Anne Madeleine BOURCIER était née au lieu dit de L'Hommeau à Marigné-Laillé (Sarthe), fille de Marie Madeleine BOURCIER et d'un père inconnu. Elle a eu deux filles, Victorine Ernestine BOURSIER (selon l'histoire familiale, son père était un médecin de Mayet), et Léa Ernestine GUILMET, de son mariage avec Charles Hippolyte GUILMET. Elle vivra à Mayet (Sarthe), et décède donc à Baugé (Maine-et-Loire), qui n'est pas si éloigné lorsqu'on regarde sur une carte.

(source : Heredis 2018)
Ses deux filles vivront en Île-de-France : l'aînée à Versailles (Yvelines), et la cadette à Paris. En tout cas, voici un mystère de plus de résolu pour cette ancêtre peu éloignée de la sixième génération. 

lundi 11 février 2019

Le mystérieux compagnon de la tante Léa

Lien entre Léa Ernestine GUILLEMET et mon grand-père
(source : Heredis 2018)

Celle qu'on appelle en famille "La Tante Léa" a toujours été pour moi un personnage mystérieux dans notre généalogie. Sa mère, Modeste Anne Madeleine BOURCIER, a eu mon arrière-arrière-grand-mère, Victorine Ernestine BOURSIER avec un médecin (probablement Joseph CHOTARD), puis s'est mariée avec Charles Hippolyte GUILMET, un tailleur d'habits de Mayet (Sarthe) avec lequel elle a eu Léa Ernestine GUILLEMET seize ans après la naissance de sa première fille. 

La Tante Léa
(source : Archives familiales)
La tante Léa a toujours été décrite dans la famille comme une personne aux moeurs libres, qui vivait "à la colle" avec un homme sans jamais s'être mariée. Elle est témoin du mariage de mes arrières-grand-parents en 1905 à Paris et elle habite alors 29 rue Boissière à Paris. En 1913, lors du mariage de sa nièce Reine Madeleine GRELOT, elle habite au 11 cité Popincourt à Paris et est dite par erreur épouse PARREAU. Je connais donc le nom de son compagnon de l'époque. Lors de son décès, en 1953, elle réside au 35 avenue de Wagram, toujours à Paris. 

J'ai donc tenté de trouver les recensements de Léa à ces adresses car ils ont été récemment mis en ligne sur le site des Archives de Paris. Je l'ai finalement retrouvée à cette adresse du 35 avenue de Wagram en 1926, 1931 et 1936, toujours vivant avec un Lucien ou Augustin GILLY. 

(source : Archives de Paris - D2M8 434 vue 449/466)
Sur chacun des recensement, cet "ami" est déclaré être né en 1874 dans les Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence). Grâce à Filae, je trouve un seul Augustin Lucien GILLY né en 1874 à Méolans-Revel. C'est le seul portant ce prénom né dans cette décennie, et les deux prénoms mentionnés alternativement dans les recensements prouvent qu'il s'agit bien de lui. 

Je suis d'abord content d'avoir retrouvé le compagnon de vie (pendant au moins 10 ans) de mon arrière-arrière-grand-tante, mais le nombre important de mentions marginales autour de son acte de naissance pousse ma curiosité. Par ailleurs, je voulais connaître ses professions successives, car il est dit "boursier" dans le recensement de 1936 et dans les autres, aucune profession n'est mentionnée. 

(source : Heredis 2018)
Et je découvre un homme qui a eu une vie relativement libre. Fils d'un garde forestier et d'une cultivatrice, Augustin Lucien GILLY épouse d'abord une suissesse originaire de Genève à Lyon : Eugénie KURZ, fille d'un couple de fourreurs. Je ne sais pas s'il en divorce ou si elle décède car son acte de mariage en 1901 à Barcelonnette avec Louise Appolonie PONS n'est pas disponible en ligne. De cette deuxième femme, il divorce pour épouser en 1911 à Lyon, Joséphine Claire PHARISIEN, fille naturelle originaire de Saint-Étienne (Loire). Il exerce alors la profession de banquier, ce qui est cohérent avec celle de boursier indiquée dans les recensements. 

Il divorce à nouveau pour épouser en 1928 Irma Vilhelmine Elise SCHUBE ALIAS SCHUBIT, fille d'un couple de commerçant vivant à Riga (Lettonie) où elle réside elle-même. Dans l'acte de mariage, il est précisé qu'il habite au 22 rue de l'Arcade à Paris (8e arrondissement). Pourtant, dans le recensement de 1926 et celui de 1931, il habite au 35 avenue de Wagram à Paris (17e arrondissement) et je ne le trouve pas à l'adresse déclarée lors de son mariage. Il divorce de cette quatrième femme en 1937 et pendant tout le temps de son mariage, il vit avec Léa Ernestine GUILLEMET. 

Plusieurs questions et hypothèses émergent : 
  • a-t-il payé l'appartement de l'avenue de Wagram pour sa maîtresse avec laquelle il réside ?
  • pourquoi se marie-t-il avec une lettonne alors qu'il vit déjà (non-maritalement) avec une autre femme ?
  • mène-t-il une double vie avec deux femmes en même temps et sont-elles au courant ?
  • pourquoi épouser une femme de 30 ans et avoir une maîtresse de 50 ans ?
  • s'agit-il d'un mariage blanc ?
Si La Tante Léa était décrite comme une personne assez ouverte au niveau des moeurs, il semble que son compagnon de la deuxième partie de sa vie l'ait été également ! Et moi qui m'attendait à trouver ce monsieur PARREAU, j'ai finalement trouvé un second compagnon dont nous ignorions tout. 

mercredi 1 juin 2016

À la recherche des GRELOT partout en France

Louis Noël GRÉLOT + Cécile Joséphine MÉTRAU
|
Étienne dit Henri GRELOT
|
Berthe Louise Stéphanie GRELOT
|
Mon grand-père
|
Ma mère
|
Moi

Régulièrement, je pars en quête de la famille GRELOT qui décida de parcourir la France au rythme du chemin de fer dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Ainsi, en regardant la fiche de mon trisaïeul, Étienne dit Henri GRELOT, j'ai remarqué que je n'avais jamais trouvé son matricule militaire. Étant né à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) en 1855, son matricule devait logiquement se trouver dans le même département en 1875. Sauf qu'il est parti, avec toute sa famille et qu'en 1880, je trouve son mariage à Mayet (Sarthe). Son service militaire n'étant pas très éloigné, je suis alors parti consulter les matricules militaires de la Sarthe pour trouver les fameux renseignements. 


(source : Archives départementales de la Sarthe - 1 R 893 - p. 301)
J'apprends ainsi qu'il habite en 1875, ainsi que ses parents, à La Flèche (Sarthe), qu'il a un strabisme de l'oeil droit, qu'il est châtain aux yeux marrons et qu'il mesure 1 m 63. Je pars donc en quête du matricule de son frère aîné Émile, en 1873. À l'époque, les parents habitent à Aubigné-Racan (Sarthe) et lui-même est domestique à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Cette famille a décidément l'art d'être dans tous les départements à la fois ! Je me rappelle alors qu'en 1880, les parents GRELOT-MÉTRAU sont dits habiter à Clisson (Loire-Atlantique). 

Les archives départementales de Loire-Atlantique proposent une recherchent par nom. Je tombe alors sur un nouveau fils GRELOT que je n'avais jamais trouvé auparavant, Gustave GRELOT ! Il a fait l'école de pyrotechnie de Bourges (Cher) et sera réformé en 1901 pour "aliénation mentale". Il habitait 65 rue Pigalle, à Paris. 

(source : Archives départementales de Loire-Atlantique - 1R805)
Un gros problème apparaît sur son matricule militaire. Il est dit être né à Mouzey-sur-Loire dans le Maine-et-Loire. Seulement, cette commune n'existe pas. En réalité, il naît à Meung-sur-Loire dans le Loiret, où je retrouve son acte de naissance et la signature de son père. Deux ans plus tôt, dans la même ville, je découvre la naissance d'une Joséphine GRELOT. 

(source : Archives départementales du Loiret - EC 4161 - p. 82)
Les cultivateurs qui bougent peu sont beaucoup plus faciles à retrouver qu'une famille entière d'employés aux chemins de fer. Les GRELOT se retrouvent en Loir-et-Cher, Loiret, Cher, Sarthe, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique, Indre-et-Loire, Vienne, Paris, Essonne, Seine-Saint-Denis ... et sûrement encore d'autres départements ! Une enquête continuelle, car je n'ai aucune idée du lieu où sont décédés Louis Noël GRÉLOT et Cécile Joséphine MÉTRAU. Sûrement au domicile d'un de leurs enfants, que j'ai quasiment tous perdus de vue. En tout cas, à chaque fois que je tombe sur un GRELOT, quel que soit le département français, il s'agit presque toujours d'un membre de ma famille. Alors, n'hésitez pas à me signaler toute personne portant ce nom que vous croisez dans les registres. Aujourd'hui, la recherche par matricule militaire aura portée quelques fruits. 

samedi 19 avril 2014

La découverte de l'identité d'un père inconnu

Dans notre arbre généalogique se trouve une situation bien connue dans la famille, d'autant qu'elle est relativement proche de nous : le cas des filles BOURCIER.

(source : Arbre familial, via Geneanet)
Deux filles nées de père inconnu sur deux générations, ou comment transformer l'arbre généalogique de mon arrière-grand-mère en véritable gruyère. Un autre mystère plane sur cette dernière, Victorine Ernestine BOURSIER. Née en 1859, elle n'est reconnue par sa mère que le 20 novembre 1903. Pourquoi si tard ? Ça ne correspond même pas à son mariage en 1880. Peut-être que ma cousine pourra m'en dire plus après avoir visité les archives de Mayet ou de la Sarthe. Ou peut-être que le Fil d'Ariane pourra m'en dire plus s'ils répondent à ma demande d'acte ...

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 116)
À force de discussions avec la famille, j'ai appris par cinq sources différentes (descendant directement de Victorine) que le père de Victorine Ernestine BOURSIER aurait été médecin, ce qui en fait une information valide. C'est du moins ce qu'auraient dit ses filles, témoins de première main s'il en est. C'était sans compter son mon obstination à découvrir la vérité. Près d'un siècle plus tard et grâce à internet, nous allons peut-être avoir la réponse. Mais d'abord, situons le contexte.

Mayet sur la carte de Cassini
Modeste Anne Madeleine BOURCIER est née en 1834 à Marigné-Laillé (Sarthe), juste au dessus du bourg de Mayet (Sarthe). C'est sa tante Anne PÉAN, sage-femme, qui déclare la naissance : elle est née de père inconnu. Elle sera domestique à gages à Mayet chez la veuve GARNIER à La Grande Métairie. C'est là qu'elle donne naissance en 1859, à Victorine Ernestine, née de père inconnu.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 116)
C'est précisément cette petite Victorine Ernestine dont le père serait médecin. Revenons un peu en arrière dans les registres de Mayet. J'ai exploré de long en large les registres et le seul médecin à avoir vécu à cette époque à Mayet a un nom : Joseph CHOTARD. C'est en effet un petit bourg qui compte principalement des cultivateurs et des journaliers, un ou deux négociants, et un seul médecin.

La première fois où je vois une mention de Joseph CHOTARD, c'est en 1856, lors de son mariage. Il est originaire du Mans et épouse la fille d'un greffier de Mayet.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_19 - p. 430)
Souvenons-nous, Modeste Anne Madeleine BOURCIER travaillait chez la veuve GARNIER à cette époque. Or voici que la veuve GARNIER vient à mourir.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 120)
On peut penser que l'unique médecin du village aurait rendu visite à une vieille veuve malade et aurait fait la rencontre de sa domestique. Ou qu'à l'occasion de son mariage, il aurait fait appel aux domestiques voisins pour aider à la noce. Car non seulement Joseph CHOTARD est l'unique médecin de Mayet, arrivant tout juste trois ans avant la naissance de mon ancêtre Victorine, mais il habite extrêmement près de la veuve GARNIER.

(source : Google Maps)
Le point rouge désigne le lieu de La Caille où vivait le docteur CHOTARD. Le point gris en bas à droite La Grande Métairie où était employée Modeste Anne Madeleine BOURCIER.

Enfin, dernier indice, les prénoms des enfants CHOTARD. Car il ne faut pas oublier que ce pauvre docteur a une femme. Ils ont un premier enfant en 1857 nommé Joseph Alphonse. Et comment s'appelle son deuxième fils né en novembre 1859 soit dix mois après son enfant illégitime nommé Victorine ?

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 168)
Il le nomme précisément Victor Émile ! J'émets l'hypothèse que si Modeste Anne Madeleine n'a jamais reconnu son enfant, c'est parce que le père vivait dans le bourg et qu'on ne sait jamais ... il aurait pu le reconnaître. Car après la naissance de son dernier fils en 1864, Joseph CHOTARD et sa famille quittent Mayet. C'est après ce départ que Modeste Anne Madeleine épouse Charles Hippolyte GUILLEMET.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_23 - p. 224)
Ils seront les parents de celle que nous appellerons la Tante Léa. Dans cet acte de mariage ne figure pas de reconnaissance de Victorine comme fille de Monsieur GUILLEMET (comme cela arrivait autrefois), prouvant bien que ce n'est pas le père de cet enfant.

Cette succession de coïncidences de lieux, de dates et de faits me font croire que Joseph CHOTARD est véritablement le père de Victorine. 

Si on tient pour vraie l'information que le père de Victorine était médecin, nous avons : 
  1. Un médecin qui vient vivre à Mayet 3 ans avant sa naissance et qui est le seul médecin de Mayet
  2. L'employeur de la mère de Victorine qui décède en 1859
  3. Le médecin habite tout près que l'employeur de Victorine
  4. Victorine nait en 1859 d'un père inconnu
  5. Le fils du médecin né en 1859 s'appelle Victor
  6. Le médecin quitte le bourg puis la mère de Victorine se marie
  7. Victorine n'est pas déclarée fille de ce mari dans l'acte de mariage
  8. Victorine est reconnu très tardivement par sa mère (pourquoi ?)
Tout semble concorder à vérifier que ce père inconnu est bien Joseph CHOTARD, ce qui dévoile un nouveau pan de notre généalogie. Il y a tellement d'indices (particulièrement le fait que ce soit le seul médecin de Mayet) que je ne vois pas d'autre solution.

Joseph CHOTARD
|
Victorine Ernestine BOURSIER
|
Mon arrière-grand-mère
|
Mon grand-père
|
Ma mère
|
Moi

samedi 4 janvier 2014

Un GRELOT retrouvé par hasard !

La curiosité est un bon défaut ! Et mon nouveau projet de retrouver tous les ancêtres de ma nièce ainsi que leur descendance vient de me permettre de faire une nouvelle découverte. J'étais en effet dans la commune de Cholet (Maine-et-Loire), en train de rechercher la descendance de la famille HUMEAU quand je suis par hasard tombé sur le nom de GRELOT. 

Les GRELOT sont une famille travaillant dans les chemins de fer depuis leur invention au milieu du XIXème siècle. Ce nom peu commun et le fait qu'ils changent fréquemment de ville de par leur métier m'a poussé à vérifier s'il s'agissait des miens. Et je suis tombé sur Émile GRELOT et Eugénie GENETAY dont j'avais retrouvé le mariage à Mayet (Sarthe) il y a peu !

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - Naissances 1876-1890 Communale - p. 377)
Émile GRELOT est toujours employé au chemin de fer d'Orléans et son épouse Eugénie GENETAY est toujours lingère. Il semble que sa route l'ait menée de Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) où il est né à Mayet (Sarthe) où il s'est marié, puis à Cholet (Maine-et-Loire) où il a eu au moins cet enfant : Édouard Olivier Célestin.

La gare de Cholet
(source : Archives départementales du Maine-et-Loire)
Dernier détail amusant, d'après la mention marginale, Édouard Olivier Célestin GRELOT a épousé à Saint-Amand-Montrond (Cher), ville d'où proviennent d'autres de mes ancêtres berrichons, une nommée Eliza Marie CHAROLAIS.

Si je ne m'étais intéressé qu'à mes ancêtres au lieu de ceux de ma nièce, je n'aurais jamais retrouvé ce petit GRELOT en plus dans cette famille qui reste difficile à suivre au XIXe siècle pour moi. Je vais regarder par la suite s'ils ont eu d'autres enfants dans cette ville. Et vous, êtes-vous déjà tombé sur un acte absolument par hasard ?

mardi 10 décembre 2013

Reconstituer les migrations GRELOT et DEBANNE

Il y a quelques mois, je vous parlais de la réorganisation de mon travail généalogique, notamment du fait de systématiquement noter les lieux de vie de membres de mon arbre dès que j'en avais une occurrence dans un acte. Cette technique m'a permis de faire de nombreuses découvertes.

Famille GRELOT

Tout d'abord, une découverte sur la famille Grelot. Je descends d'Étienne GRELOT, fils de Louis Noël GRÉLOT et de Cécile Joséphine MÉTRAU.

Louis Noël GRÉLOT + Cécile Joséphine MÉTRAU
|                                                  |
Émile GRÉLOT                             Étienne GRELOT
+                                                 +
Eugénie Florentine GENNETAY                 Victorine Ernestine BOURSIER
                                                   |
                                                               Berthe Louise Stéphanie GRELOT
                                                   |
                                                   Mon grand-père
                                                   |
                                                     Ma mère
                                                   |
                                                  Moi

Louis Noël GRÉLOT est un homme de son siècle (le XIXe), puisqu'il va se faire employer à la compagnie des chemins de fer d'Orléans. Il participe à cette nouvelle aventure du siècle, ce nouveau moyen de locomotion récemment inventé : le train.

Locomotive de 1855 circulant sur la compagnie des chemins de fer d'Orléans
(source : Bruno Corpet, domaine public, via Wikimedia Commons)
Ce nouveau type de métiers, pour une famille précédemment aubergistes à Nouan-le-Fuzelier (dans le Loir-et-Cher), ne m'aide pas à retrouver ses membres les plus récents qui ont de fait beaucoup voyagé au fur et à mesure de la construction du chemin de fer. 

Je savais qu'Étienne GRELOT était employé du chemin de fer à la gare d'Aubigné-Racan (dans la Sarthe) et que c'est là qu'il a rencontré Victorine Ernestine BOURSIER. Le couple se marie à Mayet en 1880 avant de se déplacer, de Château-la-Vallière à Versailles.

Ce que je ne savais pas, c'est que c'est probablement grâce à son frère aîné, Émile GRÉLOT, qu'Étienne est venu vivre dans les environs de Mayet. En effet, en cherchant dans les actes de cette ville, j'ai trouvé le mariage d'Émile avec la fille des cafetiers de la gare de Mayet : Eugénie Florentine GENNETAY en 1877.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_25-26 - p. 316)
Le plus intéressant dans cet acte (mis à part qu'Émile a été le "pionnier" des Grelot à venir vivre à Mayet et qu'ils avaient donc déjà une attache dans cette ville avant mes arrière-arrière-grands-parents), c'est que les parents Grelot-Métrau vivent déjà à La Flèche en 1877 et que je découvre un troisième frère, Henri GRELOT, qui vit à Clisson au moment du mariage. C'est intéressant, car en 1880, je retrouve les parents Grelot-Métrau comme vivant à Clisson. Ils seraient partis dans leurs vieux jours vivre en Bretagne avec leur fils ? 

Je n'ai malheureusement pas retrouvé trace de Grelot à Clisson, et nous ne savons toujours pas où sont décédés Louis Noël GRÉLOT et Cécile Joséphine MÉTRAU, mais la trame se resserre grâce à ce recensement des lieux de vie.



Famille DEBANNE

Pour la famille Debanne, également, les déplacements ont été très tardifs, mais grâce à ma méthode, j'ai pu retrouver leurs 12 enfants que ma grand-mère pouvait citer de mémoire. Les Debanne vivent à Issoudun (dans l'Indre) depuis 1704, quand François DEBANNE a épousé Jeanne DAUBOURG. Cinq générations plus tard, Henri Clément DEBANNE épouse Louise CHUAT. 

Henri Clément DEBANNE + Louise CHUAT
|
Henri dit Eugène DEBANNE
|
Ma grand-mère
|
Ma mère
|
Moi

Le contrat de mariage de ce couple contient une clause intéressante car les deux familles exercent la profession de vigneron.

(source : Archives départementales de l'Indre - 2 E 5138)
"Aussitôt après le Mariage, les futurs époux iront habiter avec les père et mère Chuat, qui s'obligent envers eux et leurs enfants à les loger, nourrir, Chauffer, éclairer, blanchir, raccommoder, vêtir, soigner et Médicamenter en cas de Maladie, le tout aux frais des époux Chuat père et mère et tel qu'ils le font pour eux-mêmes.
Pendant le temps de cette habitation Commune, les époux Chuat jouiront des terres et vignes par eux données ci-dessus à la future épouse.

Le futur époux emploiera son temps et ses travaux à la Culture et à l'exploitation Conjointement avec le père Chuat de leurs immeubles.
Le vin que les futurs récolteront sur les vignes du futur leur appartiendra ; il sera enfuté à leur frais mais logé par les père et mère Chuat.
Les Contributions des terres et vignes de la future seront acquittées par les père et mère Chuat ; quant à celles des biens donnés au futur elles seront acquittées par les dits futurs."
Les deux époux ont en effet hérité de nombreuses terres de vignes de leurs parents en avancement d'hoirie, mais devront payer des droits de succession s'élevant à plusieurs milliers de francs alors que les vignes ne sont déclarées rapporter qu'une cinquantaine de francs par an. En attendant, ils sont logés chez les parents de la mariée et tout va bien dans le meilleur des mondes. Il y a donc une période où Henri Clément DEBANNE est vigneron à Issoudun, au village de Saint-Denis.

Migrations d'Henri Clément DEBANNE
(source : Arbre Heredis Online)
Durant cette période à Issoudun, il va être le père de : 
  • Jeanne Clémence (1862)
  • Catherine Claire (1864)
  • Marie (1866)
  • Clément (1869)
  • Charles (1870)
  • Clément (1871)
En 1869, puis en 1872, la mère puis le père Chuat décèdent. Il y a alors de forts droits de successions à payer et je soupçonne nos deux époux, qui ont déjà de nombreux enfants et de faibles revenus de leurs vignes, de ne pouvoir les acquitter. C'est en tout cas à cette période qu'Henri Clément DEBANNE change de profession pour devenir camionneur ou roulier, selon les actes. Il sera même parfois nommé domestique ou journalier. En tout cas, commence une vie d'errance qui n'a pas simplifié mes recherches. Mais en recoupant tous les renseignements que j'avais par ma grand-mère qui se souvenait de la plupart de ces enfants (même si elle n'avait pas les lieux de naissance) et par les indications sur les différents actes de la famille, j'ai réussi à reconstituer la suite de la fratrie.

En 1875, le couple vit à Argenton-sur-Creuse où naît :
  • Charles dit Louis 
C'est le fameux militaire colonial dont je parlais dans cet article.

En 1878, et grâce aux recherches de ma mère, c'est à Eyzerac, en Dordogne, que je retrouve notre couple pour la naissance de leur fille : 
  • Clémence 
En 1880, ils sont à Saint-Marcel, dans l'Indre, où leur naîtront deux enfants : 
  • Henri dit Joseph (1880)
  • Marie (1882)
En 1883, c'est à Tendu, dans l'Indre, qu'ils sont domiciliés et où naît mon arrière-grand-père : 
  • Henri dit Eugène 
Enfin, en 1884, c'est au lieu-dit de La Madrolle, à Velles, dans l'Indre, que naît le dernier de la fratrie : 
  • Jules Yvan
C'est là que décède Henri Clément DEBANNE en 1885. Louise CHUAT revient alors immédiatement vivre à Issoudun chez ses frères qui sont toujours vignerons au village de Saint-Denis et où décède le petit Jules Yvan à l'âge de 8 mois.

Lignée descendante d'Henri Clément DEBANNE
(source : Heredis 2014)
Dans une fratrie qui compte deux Marie, deux Clément, deux Charles et deux Henri, on comprend la nécessaire utilisation de surnoms. C'est la raison pour laquelle mon arrière-grand-père se faisait appeler Eugène, quand son frère, vivant dans la même ville de Châteauneuf-sur-Cher, se faisait appeler Joseph.

Ci dessous, numérotée de A à F, une carte montre les déplacements reconstitués de cette nombreuse famille.



Sans une notation systématique de leurs lieux de vie, je n'aurais jamais pu reconstituer leur parcours migratoire, ni retrouver tous leurs enfants. Pour l'anecdote, un hasard amusant veut que cette branche maternelle de mes ancêtres soit allée momentanément vivre en Dordogne, tout près du lieu d'où proviennent mes ancêtres paternels. Une des multiples coïncidences amusantes de ma généalogie.

mardi 13 août 2013

Jean Martin DEBANNE, mort à l'hospice civil d'Issoudun

De retour de mon voyage dans le Berry, je me suis replongé dans la généalogie des familles Debanne et Chuat et les photos que j'ai prises durant mon voyage s'avèrent être plus utiles que jamais. En effet, je suis tombé sur l'acte de décès de Jean Martin DEBANNE, mon oncle au cinquième degré, décédé à Issoudun en 1858.

Parenté entre Jean Martin Debanne et mon arrière-grand-père.
(source : Arbre familial, via Geneanet)
(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/305-307 - p. 286)
"L'AN mil huit cent cinquante un le Jeudi, dix septième jour du mois de Juillet à une heure du soir par-devant Nous Etienne Mayet, adjoint au Maire de la ville d'Issoudun, département de l'Indre, Officier de l'Etat civil, soussigné, sont comparus Jacques Auprince, âgé de soixante trois ans, portier, et antoine Mitaty, âgé de soixante neuf ans, Jardinier, tous les deux domiciliés à l'hospice civil de cette ville, Lesquels nous ont déclaré que Jean-Martin Debanne, âgé de quarante cinq ans, journalier, époux de Marie Madeleine Grimault, auparavant veuf de Marie Gablin natif de cette ville où il est domicilié, fils de feu Etienne Debanne, et de vivante Julitte Chertier, était mort, cejourd'hui, à dix heures du matin audit hospice où il était entré le sept février dernier ; 
D'après cette déclaration et nous être assuré du décès, nous avons rédigé le présent acte, que nous avons signé, les témoins susnommés ayant déclaré ne le savoir Lecture faite./."
Issoudun compte en effet depuis le XIIème siècle un hospice, nommé l'Hospice Saint-Roch et apparemment renommé hospice civil après la Révolution. Jean Martin DEBANNE, qui meurt relativement tôt (45 ans), avait été admis dans cet hospice cinq mois auparavant. J'ai eu la chance de visiter ce bâtiment la semaine dernier et de voir les outils des médecins ainsi que les pièces où on entreposait les malades. Le lieu est magnifique avec un gros corps de bâtiment à gauche datant du XVIIIème siècle si l'on en croit la date gravée à même la pierre.

Hospice Saint-Roch d'Issoudun
(source : photo personnelle)
Le fait d'avoir vu et visité ce lieu est vraiment différent du fait d'avoir trouvé une photo sur internet. A vrai dire, j'ai visité cet hospice par hasard, pensant qu'il s'agissait de l'Église Saint-Cyr que je cherchais précédemment. Le hasard a voulu qu'un membre de ma famille y décède. C'est toujours touchant de voir les mêmes lieux qu'ont côtoyé nos ancêtres et je vous encourage à vous rendre dans ces villages de France où pas une église ne se ressemble et où on trouve parfois des bâtiments témoins de l'Histoire.