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lundi 22 juin 2020

Biographie : Louise CHUAT

Louise CHUAT
|
Henri dit Eugène DEBANNE
|
Ma grand-mère

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ? 


(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/280 - vue 76/141)
Louise CHUAT est née le 6 août 1843 à 3h du matin au Village de Saint-Denis au nord d'Issoudun (Indre). Sa naissance est déclarée le lendemain à François Frédéric MARTINET, adjoint au maire d'Issoudun, par Marie Anne SARAZIN, sage-femme. Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine mais les deux témoins de sa naissance sont : 
  • Philippe HERVIER, vigneron à Issoudun (Indre)
  • Sylvain BERNARD, tisserand à Issoudun (Indre)


2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ?

Elle se marie le 6 janvier 1862 à 12h à Issoudun (Indre) avec Henri Clément DEBANNE, vigneron, fils de Jean Étienne DEBANNE, vigneron et de Catherine LAMOUREUX. 


Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/339 - vue 3/134)
Les témoins du mariage sont : 
  • Pierre CHAMPEAUX, parcheminier à Issoudun (Indre), beau-frère de l'époux
  • Yvan MARGUERITAT, vigneron à Issoudun (Indre), beau-frère de l'époux
  • Pierre CHUAT, vigneron à Issoudun (Indre) frère de l'épouse
  • Claude CHUAT, vigneron à Issoudun (Indre), frère de l'épouse
3. Comment s'est déroulé le mariage ?

Le mariage se déroule en présence des parents des deux époux. 


4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 


(source : Archives municipales d'Issoudun)
Elle meurt le 21 avril 1904 à 18h30 au Faubourg de Saint-Denis à Issoudun (Indre) âgée de 60 ans. Le décès est déclaré le lendemain par ses deux gendres :

  • Gabriel Auguste BARRAULT, mégissier à Issoudun (Indre)
  • François dit Étienne BOITREAU, jardinier à Issoudun (Indre)
Elle a probablement été inhumée à Issoudun (Indre) mais je n'ai pas de photographie de sa tombe.

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ? 

Les femmes de cette époque ne participaient pas à l'armée.

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur elle dans la presse ? 

Il n'y a pas d'informations dans la presse la concernant.

7. Quels événements historiques a-t-elle connus ? 

Elle naît l'année de l'inauguration des lignes de chemin de fer Paris-Orléans et Paris-Rouen sous la monarchie de Juillet. Elle traverse la Deuxième République et le Second Empire. Elle meurt l'année de la parution du premier numéro de L'Humanité sous la direction de Jean JAURÈS. 

8. Quelle était son instruction ? 

Elle ne sait pas écrire et est probablement illettrée.

9. Dans quel environnement géographie évoluait-elle ? 

Elle a grandi dans le village ou faubourg de Saint-Denis au nord d'Issoudun (Indre). Voici ce qui est écrit sur ces faubourgs dans Armand PÉRÉMÉ, Recherches historiques et archéologiques sur la ville d'Issoudun, Paris, Chez B. Duprat, 1847, pp. 238-239 : 

Si vous voulez y trouver encore quelque mouvement il faut aller dans ses faubourgs, car la vie y semble s'être retirée du coeur vers les extrémités. Là est la vraie ville, là est la population actuelle ; population moitié urbaine, moitié rustique, composée d'agriculteurs journaliers, de jardiniers et surtout e vignerons ; classe qui tient du citadin par la morgue, du paysan par la rudesse, race fière et narquoise, toujours aigrie et toujours mécontente, constamment irritée contre les colidons [sobriquet par lequel les vignerons d'Issoudun désignent les bourgeois, les citadins, les gens portant un frac], et toujours disposée à les rendre responsables de la cherté du pain, et du bas prix des vins, mais au demeurant plus criarde que méchante, excepté quand il s'agit de l'exercice des contributions indirectes, opération financière qu'elle n'a jamais pu ni comprendre ni admettre. 

10. S'est-elle beaucoup déplacée dans sa vie ? 

Elle a suivi son mari qui était roulier et camionneur après avoir été vigneron et on la retrouve en 1875 à Argenton-sur-Creuse (Indre), en 1878 à Eyzerac (Dordogne), en 1880 à Saint-Marcel (Indre), en 1883 à Tendu (Indre), en 1884 à Velles (Indre) puis elle revient à Saint-Denis d'Issoudun (Indre) en 1885 après la mort de son mari. 

11. Comment se déplaçait-elle ? 

Elle se déplaçait probablement en charrette vu le métier de son mari. 


Roland BONAPARTE, Rouliers devant l'auberge de la Foce de Vizzavona, 1887


12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-elle ? 

Son premier métier est lingère. Voici ce qui en est dit sur le site Parole et Patrimoine : 

Au début du XIXe siècle, les lingères entretiennent le linge, surtout le blanc. Elles lavent, repassent, amidonnent jupons, bonnets, chemises, les mettent en forme. Mais ce métier va exploser au cours du siècle avec le développement des coiffes. Les lingères qui jusque là travaillaient dans les maisons nobles et bourgeoises vont se voir solliciter par les paysannes qui ont désormais accès aux dentelles et à la soie, matérieux qu'elles ne savent pas entretenir. 

En effet on ne s'improvise pas lingère. On accède à ce statut après un apprentissage de trois ans. Une condition pour devenir apprentie, c'est d'avoir les ongles longs pour réaliser le fameux plissé à l'ongle.

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-elle ?

À partir de 1881, elle est également mentionnée comme journalière et ménagère. Elle vit probablement de petits travaux agricoles après le décès de son mari, peut-être dans les vignes de ses frères.

14. Comment apparaît-elle dans les recensements ? 


(source : Archives départementales de l'Indre - M 4887 vue 337/353)
Elle est toujours nommée Louise CHUAT sauf dans le recensement de 1891 où elle est nommée par erreur Marie. Après la mort de son mari, c'est elle la chef de famille, comme dans ce recensement de 1901 à Issoudun (Indre).

15. Quel était le parler de sa région ? 

On parlait le berrichon dans l'Indre.

16. Comment s'habillait-elle ?

Elle portait probablement des tissus colorés, un jupon et une coiffe blanche traditionnelle du Berry comme sur cette photo de costumes berrichons du 19e siècle.

(source : "Le deuxième volet de l'exposition sur le costume en Berry au château du Plaix" in Le Berry Républicain, 23 août 2012, photo : Valérie Mazerolle)

17. Combien a-t-elle eu d'enfants ? 


Elle a eu douze enfants avec son mari Henri Clément DEBANNE : 
  • Jeanne Clémence dite Clémentine DEBANNE, couturière, domestique et jardinière, née le 24 décembre 1862 à Issoudun (Indre)
  • Catherine Claire dite Octavie DEBANNE, couturière, domestique et festonneuse, née le 18 avril 1864 à Issoudun (Indre)
  • Marie DEBANNE, née le 29 octobre 1866 à Issoudun (Indre) et morte à un an
  • Clément DEBANNE, né le 20 mars 1869 à Issoudun (Indre) et mort à 16 mois
  • Charles DEBANNE, né le 19 juin 1870 à Issoudun (Indre) et mort à 3 mois
  • Clément DEBANNE, boulanger, né le 6 septembre 1871 à Issoudun (Indre)
  • Charles dit Louis DEBANNE, adjudant, Mort pour la France, Médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, Chevalier de l'Ordre du Dragon d'Annam, né le 10 novembre 1875 à Argenton-sur-Creuse (Indre)
  • Clémence DEBANNE, festonneuse, née le 22 août 1878 à Eyzerac (Dordogne)
  • Henri dit Joseph DEBANNE, mégissier et débitant de tabac, né le 21 octobre 1880 à Saint-Marcel (Indre)
  • Marie dite Marie Louise DEBANNE, née le 19 mars 1882 à Saint-Marcel (Indre)
  • Henri dit Eugène DEBANNE (mon ancêtre), mégissier, négociant, né le 26 juin 1883 à Tendu (Indre)
  • Jules Yvan DEBANNE, né le 4 décembre 1884 à Velles (Indre) et mort à 8 mois
18. A-t-elle assisté au mariage de ses enfants ? 

Elle n'assiste qu'aux mariages de deux de ses filles, ses autres enfants s'étant mariés trop loin de son domicile ou après son décès. 

En 1886 à Issoudun (Indre), elle assiste au mariage de sa fille Catherine Claire DEBANNE avec Léon FOURNIER, cocher.

En 1899 à Issoudun (Indre), elle assiste au mariage de sa fille Clémence DEBANNE avec Gabriel Auguste BARRAULT, mégissier.

19. Que signifie son nom de famille ? 

Voici l'explication qu'en donne Geneanet : Nom porté dans l'Indre et les départements voisins. Sens obscur. Peut-être un terme régional désignant la chouette, le chat-huant.

20. Qui était son père ? 

Son père était François CHUAT, vigneron, puis charcutier. 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Jeanne COURTAULT. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Elle est issue d'une famille assez resserrée, n'ayant que deux frères aînés : 

  • Pierre, vigneron à Issoudun (Indre)
  • Claude dit Louis, vigneron à Issoudun (Indre)

23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ? 

Elle semble assez proche de ses deux frères qui sont tous les deux témoins à son mariage ainsi qu'aux naissances, mariages ou décès de ses enfants. 

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ? 


(source : Heredis 2018)
Tous ses ancêtres sont originaires d'Issoudun à l'exception de son arrière-grand-mère Marie DESCOLAS qui est originaire de Ségry (Indre). Tous les hommes sans exception sont vignerons et les femmes n'ont pas de travail renseigné. Cinq de ses ancêtres savent écrire. 

25. Quelle était sa religion ? 

Elle était probablement catholique, mais je n'en ai pas de preuve. 

26. Votre ancêtre chez le notaire.

Il passe son contrat de mariage le 6 janvier 1862 à Saint-Denis à Issoudun (Indre), chez ses parents, devant Maître SANGLIER. 


Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre - 2 E 5138)
Le futur époux apporte en dot : 

  • la terre de La Greletterie (valeur de 800 F)
  • la vigne des Batailles (valeur de 300 F)
  • la vigne de Pied Plat (valeur de 400 F)
De ces vignes on estime pouvoir tirer un profit de 45 F par an. 

La future épouse apporte en dot : 
  • 6 draps de lit estimés 24 F
  • une terre aux Batailles  (valeur de 700 F)
  • une vigne au Clos des Barmondes (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 200 F)
  • une moitié de vigne au Clos de Volget (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 100 F)
  • une vigne à Bascon (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 200 F)
  • le tiers d'une vigne aux Clos des Fontenelles (Migny, Indre) (valeur de 300 F)
  • le tiers d'une terre aux mêmes lieux (valeur de 300 F)
De ces vignes on estime pouvoir tirer un profit de 45 F par an. 

Aussitôt après le mariage, les futurs époux s'obligent à aller vivre chez les père et mère CHUAT qui devront les "loger, nourrir, chauffer, éclairer, blanchir, raccommoder, vêtir, soigner et médicamenter en cas de maladie" en échange de quoi les époux s'emploieront à la culture et l'exploitation des terres. Le vin récolté leur appartiendra et sera enfuté à leur frais mais logé chez les père et mère CHUAT. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?

Je ne possède pas de photographie de Louise CHUAT. 

28. Quels étaient ses repas ? 

Elle devait consommer du vin puisqu'elle était issue d'une famille de vigneron et que son mari et ses deux frères étaient également vignerons. 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

Il n'y a pas d'histoire particulière au sujet de cette ancêtre qui s'est transmise dans la famille, mais ma grand-mère connaissait son nom bien qu'elle ne l'ait jamais connue. 

30. Comment a-t-elle participé à la vie de la communauté (membre du conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme ...) ? 

Elle n'a pas, à ma connaissance, participé de manière particulière à la vie de la communauté. 

dimanche 21 juin 2020

Biographie : Henri Clément DEBANNE

Henri Clément DEBANNE
|
Henri dit Eugène DEBANNE
|
Ma grand-mère

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ? 

(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/264 vue 95/107)
Henri Clément DEBANNE est né le 21 décembre 1839 à 22h au lieu-dit de La Greletterie au sud d'Issoudun (Indre). 

(source : Remonter Le Temps)
Sa naissance a été déclarée le surlendemain à Étienne LEBON, adjoint au maire d'Issoudun par Marie Anne SARAZIN, sage-femme. Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine, mais les deux témoins sont : 
  • Étienne NIVET
  • Jean DEBANNE, oncle de l'enfant
Ils sont tous deux vignerons à Issoudun (Indre). 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Il se marie le 6 janvier 1862 à Issoudun (Indre) avec Louise CHUAT, lingère, fille de François CHUAT, vigneron, et de Jeanne COURTAULT. Le mariage est célébré par Étienne MAYET, adjoint au maire d'Issoudun. 

Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/339 - vue 3/134)
Les témoins du mariage sont : 
  • Pierre CHAMPEAUX, parcheminier à Issoudun (Indre), beau-frère de l'époux
  • Yvan MARGUERITAT, vigneron à Issoudun (Indre), beau-frère de l'époux
  • Pierre CHUAT, vigneron à Issoudun (Indre) frère de l'épouse
  • Claude CHUAT, vigneron à Issoudun (Indre), frère de l'épouse
3. Comment s'est déroulé le mariage ? 

Le mariage se déroule en présence des parents des deux époux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 


(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 231/15 - vue 262/330)
Il meurt le 24 avril 1885 à 4h au lieu-dit de La Madrolle à Velles (Indre) âgé de 45 ans. Le décès est déclaré le soir même par François dit Étienne BOITREAU, vigneron à Issoudun (Indre), son gendre et par Sylvain MERLOUD, journalier à La Madrolle à Velles (Indre). Je ne sais pas où il a été inhumé. 

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ?

Les archives militaires de son époque ne sont pas disponibles en ligne. 

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur lui dans la presse ? 

Il n'y a pas d'informations dans la presse le concernant. 

7. Quels événements historiques a-t-il connus ? 

Il naît sous la monarchie de Juillet. Lorsqu'il est âgé de 9 ans, c'est le début de la Deuxième République. Il a 30 ans pendant la Guerre de 1870 à laquelle il ne participe pas à ma connaissance. 

8. Quelle était son instruction ? 

(source : Archives départementales de l'Indre)
Il savait lire et écrire, il avait probablement reçu une instruction primaire. Il appartient à la première génération lettrée de sa famille. 

9. Dans quel environnement géographie évoluait-il ? 

Dans son enfance et le début de la vie adulte, il vit à La Greletterie à Issoudun (Indre), puis Rue du Moulin Saint-Paterne dans la même ville, près de la rivière la Théols. 

10. S'est-il beaucoup déplacé dans sa vie ? 

À partir de son mariage, il vit à Saint-Denis au nord d'Issoudun (Indre) d'où était originaire sa femme.  En 1875, il vit à Argenton-sur-Creuse (Indre), en 1878 il vit à Eyzerac (Dordogne), en 1880 à Saint-Marcel (Indre), en 1883 à Tendu (Indre) et en 1884 à Velles (Indre). Il est donc globalement beaucoup resté dans l'Indre, même s'il a voyagé avec sa famille jusqu'en Dordogne. 

11. Comment se déplaçait-il ? 

Il était camionneur et roulier, ce qui signifie qu'il se déplaçait en charrette (probablement tirée par des chevaux) pour y transporter des marchandises qu'il vendait. 

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-il ?

Le premier que je lui connais, au moment de son mariage, est celui de vigneron. Il vient d'une dynastie de vignerons (qui cultivaient les vignes et faisaient du vin), tous ses ancêtres étaient vignerons. 

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-elle ? 

En 1875, alors qu'il quitte Issoudun (Indre) pour Argenton-sur-Creuse (Indre), il est camionneur (il ne conduit évidemment pas un camion à l'époque mais plutôt une charrette). Ensuite, pendant plus de 10 ans, il est journalier ce qui laisse supposer qu'il vivait très modestement. En 1878, il est roulier et en 1882, peu de temps avant sa mort, il est domestique à Saint-Marcel (Indre). 

14. Comment apparaît-il dans les recensements ? 

(source : Archives départementales de l'Indre - M 4750 - vue 116/276)
Il est toujours nommé Clément dans les recensements ce qui laisse penser que c'était son prénom usuel et qu'il n'utilisait pas celui d'Henri. Ce prénom de Clément (Clémence ou Clémentine pour les filles) reste très présent ensuite dans sa famille. 

15. Quel était le parler de sa région ? 

On parlait le berrichon dans l'Indre et étant tout à fait originaire de la région, il est probable qu'il parlait lui-même berrichon. 

16. Comment s'habillait-il ?

Voici un extrait intéressant issu de Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, t. II, Paris, L. Curmer, 1841, p. 329 : 

Le vigneron du Berry serait incomplet si je passais sous silence le vigneron, villageois civilisé,  citadin de faubourg, métis du paysan et du bourgeois, qui ne porte ni grand chapeau comme les gens de la campagne, ni chapeau rond comme les gens de la ville, mais le chapeau à cornes ; qui ne porte ni l'habit à la française comme les uns, ni le frac comme les autres, mais une veste à la carmagnole ; qui sait lire et écrire au besoin, qui comprend même la politique, au moins en ce qui touche spécialement ses intérêts. Concernant les vignerons d'Issoudun, ils se sont insurgés après 1830, à cause de l'impôt des droits réunis. Ils ont battu les employés et brûlé les registres de l'administration.

17. Combien a-t-il eu d'enfants ? 

Il a eu douze enfants avec sa femme Louise CHUAT : 
  • Jeanne Clémence dite Clémentine DEBANNE, couturière, domestique et jardinière, née le 24 décembre 1862 à Issoudun (Indre)
  • Catherine Claire dite Octavie DEBANNE, couturière, domestique et festonneuse, née le 18 avril 1864 à Issoudun (Indre)
  • Marie DEBANNE, née le 29 octobre 1866 à Issoudun (Indre) et morte à un an
  • Clément DEBANNE, né le 20 mars 1869 à Issoudun (Indre) et mort à 16 mois
  • Charles DEBANNE, né le 19 juin 1870 à Issoudun (Indre) et mort à 3 mois
  • Clément DEBANNE, boulanger, né le 6 septembre 1871 à Issoudun (Indre)
  • Charles dit Louis DEBANNE, adjudant, Mort pour la France, Médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, Chevalier de l'Ordre du Dragon d'Annam, né le 10 novembre 1875 à Argenton-sur-Creuse (Indre)
  • Clémence DEBANNE, festonneuse, née le 22 août 1878 à Eyzerac (Dordogne)
  • Henri dit Joseph DEBANNE, mégissier et débitant de tabac, né le 21 octobre 1880 à Saint-Marcel (Indre)
  • Marie dite Marie Louise DEBANNE, née le 19 mars 1882 à Saint-Marcel (Indre)
  • Henri dit Eugène DEBANNE (mon ancêtre), mégissier, négociant, né le 26 juin 1883 à Tendu (Indre)
  • Jules Yvan DEBANNE, né le 4 décembre 1884 à Velles (Indre) et mort à 8 mois
Beaucoup de ses enfants ont des surnoms, j'ai des photos uniquement de Charles dit Louis DEBANNE qui était militaire de carrière et qui a vécu près de 10 ans au Tonkin. 

Charles dit Louis DEBANNE à gauche sur la photo (il aura deux enfants au Tonkin dont nous ignorons le nom)
(source : Archives familiales)
Et évidemment mon ancêtre Henri dit Eugène DEBANNE qui était marchand de tissus. 

(source : Archives familiales)
18. A-t-il assisté au mariage de ses enfants ? 

Il n'assiste pas au mariage de sa fille Jeanne Clémence avec François BOITREAU, vigneron en 1882 à Issoudun (Indre) car il habite alors Saint-Marcel (Indre) mais il donne son consentement devant notaire. Il est mort avant de pouvoir assister au mariage de ses autres enfants. 

19. Que signifie son nom de famille ? 

Selon Filae, DEBANNE est un nom de famille désignant l'originaire de "banne", nom de localité. Cela expliquerait pourquoi au début du XVIIIe siècle il était parfois orthographié "de BANNE". 

20. Qui était son père ? 

Son père était Jean Étienne DEBANNE, vigneron. 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Catherine LAMOUREUX. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Il avait sept frères et soeurs mais il ne les a pas tous connus, certains étant morts avant lui (il est l'avant-dernier de sa famille) : 
  • Étienne, décédé à 10 jours
  • Marie Julitte, décédée à 16 mois
  • Henriette, femme d'un parcheminier d'Issoudun (Indre)
  • Gilbert, décédé à 12 jours
  • Catherine dite Clémentine, femme d'un vigneron d'Issoudun (Indre)
  • Étienne Clément, décédé à 2 ans
  • Eugénie, femme d'un vigneron d'Issoudun (Indre)
23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ? 

Il avait des liens avec ses beau-frères (tous ses frères étant décédés). Pierre CHAMPEAUX, son beau-frère, est témoin à son mariage. Evan dit Yvan MARGUERITAT, son autre beau-frère est également témoin à son mariage et inspire probablement le prénom de son dernier fils. Il n'est lui même pas témoin des actes de sa famille proche car il voyageait beaucoup. 

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ?

(source : Heredis 2018)
Tous ses ancêtres sur quatre générations sont illettrés et sont vignerons dans l'Indre. Ils sont tous originaires d'Issoudun (Indre) à trois exceptions près : 
  • son arrière-grand-mère Marie CADOUX vient d'Ardentes (Indre)
  • son arrière-grand-père Jean ROUET vient de Châteauroux (Indre)
  • son arrière-grand-mère Marie FERRÉ vient de Déols (Indre)
25. Quelle était sa religion ?

Il était probablement catholique comme ses ancêtres, mais je n'en ai pas de preuve. 

26. Votre ancêtre chez le notaire. 

Il passe son contrat de mariage le 6 janvier 1862 à Saint-Denis à Issoudun (Indre), chez ses beaux-parents CHUAT-COURTAULT devant Maître SANGLIER. 

Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre - 2 E 5138)
Le futur époux apporte en dot : 
  • la terre de La Greletterie (valeur de 800 F)
  • la vigne des Batailles (valeur de 300 F)
  • la vigne de Pied Plat (valeur de 400 F)
De ces vignes on estime pouvoir tirer un profit de 45 F par an. 

La future épouse apporte en dot : 
  • 6 draps de lit estimés 24 F
  • une terre aux Batailles  (valeur de 700 F)
  • une vigne au Clos des Barmondes (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 200 F)
  • une moitié de vigne au Clos de Volget (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 100 F)
  • une vigne à Bascon (Sainte-Lizaigne, Indre) (valeur de 200 F)
  • le tiers d'une vigne aux Clos des Fontenelles (Migny, Indre) (valeur de 300 F)
  • le tiers d'une terre aux mêmes lieux (valeur de 300 F)
De ces vignes on estime pouvoir tirer un profit de 45 F par an. 

Aussitôt après le mariage, les futurs époux s'obligent à aller vivre chez les père et mère CHUAT qui devront les "loger, nourrir, chauffer, éclairer, blanchir, raccommoder, vêtir, soigner et médicamenter en cas de maladie" en échange de quoi les époux s'emploieront à la culture et l'exploitation des terres. Le vin récolté leur appartiendra et sera enfuté à leur frais mais logé chez les père et mère CHUAT. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ? 

Je ne possède pas de photographie d'Henri Clément DEBANNE mais voici la tenue habituelle d'un vigneron berrichon au XIXe siècle. 

Les Français peints par eux-mêmes, encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, t. II, Paris, L. Curmer, 1841, p. 330
28. Quels étaient ses repas ? 

Il devait manger assez modestement et probablement boire du vin puisqu'il en produisait. 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

Il n'y a pas d'histoire particulière au sujet de cet ancêtre qui s'est transmise dans la famille. 

30. Comment a-t-il participé à la vie de la communauté (membre du conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme ...) ? 

Il n'a pas, à ma connaissance, participé de manière particulière à la vie de la communauté. 

vendredi 10 juin 2016

François CHUAT était aussi charcutier

François CHUAT
|
Louise CHUAT
|
Henri dit Eugène DEBANNE
|
Ma grand-mère
|
Ma mère
|
Moi

Encore une nouvelle découverte liée aux recensements sur un ancêtre pourtant pas si lointain de moi que ça. François CHUAT est vigneron lors de son mariage, comme son père Jean, son grand-père Silvain et son arrière-grand-père François. Cela fait donc quatre générations que les CHUAT sont dans la vigne. Il épouse Jeanne COURTAULT, dont le père Charles, le grand-père Pierre et l'arrière-grand-père François sont également vignerons. Toute cette branche de ma famille a longtemps travaillé la vigne aux alentours d'Issoudun. Il vit donc avec sa femme, sa belle-mère (qui décède deux ans plus tard) et ses trois enfants Pierre, Claude dit Louis et mon ancêtre Louise, au village de Saint-Denis, à côté d'Issoudun. 

Alexis-Hubert JAILLOT, La Province de Berry. La Généralité de Bourges, ou sont les Eslections de Bourges d'Yssoudun de Chau-roux, du Blanc, de La Chastre, de St. Amand et de la Charité / Dédiée A Messire Nicolas Estienne Roujault, Chevalier Conseiller du Roy en ses Conseils, Maistre des Requestes ordinaire de Son hôtel Intendant de Justice Police et Finance en la Généralité de Bourges, Paris, Chez le Sieur Jaillot, 1707
(source : Gallica/BnF)
Nous sommes dans une famille lettrée de propriétaires qui ont su modérer le nombre d'enfants de leur foyer. 
(source : Heredis 2014)
Lors du recensement de 1866, les trois enfants sont mariés et vivent avec leur conjoint et enfants chacun de son côté. Restent nos deux cinquantenaires François CHUAT et Jeanne COURTAULT. C'est alors que j'ai aperçu une profession totalement nouvelle pour François CHUAT : charcutier. 

(source : Archives départementales de l'Indre- M 4750 - p. 116)
Il faut dire que comme à leur grand-âge ils n'étaient plus témoins de naissances ni de mariages, je n'avais pas pu voir ce changement de profession arrivé sur le tard. Qu'est-ce qui a poussé François à devenir charcutier ? Était-ce ponctuel autour des années 1866 ou a-t-il exercé longtemps cette profession ? Voici en tout cas une nouvelle trouvaille à l'aide des recensements et un nouveau métier pour l'un de mes ancêtres. 

Jacques CALLOT, Les mois, Décembre, Rome ?, 1607-1609
(source : Gallica/BnF)

lundi 18 mai 2015

Le consentement de mariage de Charles COURTAULT

Charles COURTAULT
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Jeanne COURTAULT
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Louise CHUAT
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Henri DEBANNE
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Ma grand-mère
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Ma mère
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Moi

(source : Archives départementales de l'Indre)
Il est des ancêtres dont on sait moins de choses que d'autres. C'est le cas de Charles COURTAULT, vigneron domicilié à Issoudun (Indre). Il n'a en effet eu que deux enfants avec mon ancêtre Catherine DURAND, dont seule mon ancêtre Jeanne COURTAULT, a survécu. 

(source : Heredis 2014)
À part ses actes de baptême, mariage, décès, ainsi que ceux de ses enfants, je n'avais donc que peu de renseignements à son sujet. Mais avant ce mariage avec Catherine DURAND, notre vigneron avait épousé Catherine PLOQUIN (probablement une cousine éloignée étant donné que les mères des deux époux ont pour nom de famille GUILLAUME et qu'un témoin est cousin des deux époux). Elle meurt un an après le mariage sans avoir eu d'enfants. 

Pourtant, au moment de ce mariage, Charles DURAND est "mineur" selon la loi de l'époque (il est âgé de 20 ans) et orphelin de père, mère et aïeuls paternels et maternels. 

(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/139-141 - p. 89)
"Charles Courtault, âgé de vingt ans, vigneron domicilié
en cette ville sur la section du couchant, fils mineur de deffunt
Pierre Courtault, vivant vigneron et de deffunte Catherine
Guillaume, n'aïant plus aussi ni aïeuls ni aïeules, et 
procédant sous l'autorité de son tuteur et d'un conseil de 
famille. conformément à la loi,"

J'ai donc la chance d'avoir cet acte de mariage extrêmement long pour l'époque (nous sommes en 1808) dans lequel sont indiqués les lieux et dates du décès des parents et des quatre grands-parents de Charles COURTAULT (une belle avancée généalogique en un seul acte) afin de prouver qu'il est vraiment orphelin. Mais également un acte de consentement de son conseil de famille qui a nommé un tuteur pour l'occasion en la personne de Pierre PASQUET, le frère de Charles COURTAULT (sa mère, Catherine GUILLAUME ayant au deux mariages au long de sa vie). 

(source : Heredis 2014)
Il y a donc un acte passé devant le juge de paix d'Issoudun, François JOUSLIN de NORAY, où les membres les plus lettrés d'une famille où peu de gens savent écrire sont présents pour former le conseil de famille.

Signatures du consentement de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre)
C'est la première fois que je lis un acte notarié aussi ancien et il est amusant d'y lire un langage mi-officiel mi-courant. 

(source : Archives départementales de l'Indre)
"Pardevant nous francois
Jouslin De Noray, juge de paix du canton nord est Dissoudun
assisté de Notre Greffier, est comparu Paul Paquet, Vigneron, 
Demeurant au Village de Chinault, Commune D'issoudun, assisté
de charles Courtault son Pupil, lequel a Dit que le Dit Courtault
mineur etant au Soir de se marier avec Catherine Ploquin
fille de Pierre Ploquin, propriétaire, Vigneron, Demeurant
au dit Village de Chinault et de Cathrine Guillaume, son épouse, 
Il a Requis l'assemblée de famille des parents et amis Cy
après nommés a l'effet de Consentir au futur mariage"

Sont donc rassemblés pour représenter la famille de Charles COURTAULT : 
  • Paul PASQUET, vigneron, frère de l'époux
  • Louis COURTAULT, vigneron, cousin de l'époux
  • Louis CHARLOT, vigneron, cousin de l'époux
  • Jean FEUILLET, vigneron, beau-frère de l'époux
  • Jean Baptiste GUILLAUME, vigneron, cousin de l'époux
  • François BORDAT, vigneron, allié de l'époux
  • Pierre BAZIN, tonnelier, allié de l'époux
Il y a donc sept personnes, conformément à la loi, pour consentir à ce mariage. Et voici l'étonnant terme choisi par le juge de paix pour désigner la future épouse.

(source : Archives départementales de l'Indre)
"Tous lesquels Parents et amis Réunis Sous notre
Présidence, après en avoir Confére avec nous, nous ont
Dit et declaré que Trouvant le Mariage Projetté ledit
Charles Courtault et la Ditte Catherine Ploquin, bru
sortable, ils font Desir et aprouvent unanimement le dit
mariage et autorise a cet éffet le Dit Paul paquet a y 
Consentir en Leur nom."


La pauvre Catherine PLOQUIN, à une époque où se marier est la même chose qu'acheter un terrain ou une vache, est qualifiée de "bru sortable" !!! Autres temps, autres moeurs ... En tout cas, cet acte me permet d'en savoir un peu plus sur la famille de Charles COURTAULT, d'apprendre qu'au décès de ses parents il a été élevé par son frère aîné, que certains membres de sa famille étaient quand même lettrés, et que les femmes n'étaient pas bien considérées au début du XIXe siècle, malgré la Révolution passée. 

mardi 23 juillet 2013

Contrat de mariage d'Henri Clément DEBANNE et Louise CHUAT

Dès mon retour à Paris, me voilà avec une découverte faite par une bénévole de l'association Le Fil d'Ariane concernant les grands-parents de ma grand-mère maternelle : Henri Clément DEBANNE et Louise CHUAT. Il s'agit de leur contrat de mariage passé à Issoudun (Indre) le 8 janvier 1862.

(source : Arbre familial, via Geneanet)

Il en manque apparemment quelques pages, mais j'y apprends qu'étant vignerons, les deux parties possèdent des terres à Issoudun et alentour. Les dots sont constituées de vignes et de terres attribuées à chacun des époux et d'une valeur apparemment égale. L'époux s'engage à travailler aux vignes de ses beaux parents pendant deux ans et ces derniers devront l'héberger avec sa femme et leurs enfants en retour.

(source : Archives départementales de l'Indre - 2 E 5138)
"Pardevant Me Sanglier et Son Collègue notaire à Issoudun Indre soussigné.
Ont Comparu, 
Le Sr Clément henri Debanne, vigneron demeurant à Issoudun, chez ses père et mère.
Fils majeure agé de vingt deux ans révolus du vingt un Décembre dernier, de Etienne Débanne, propriétaire jardinier et de dame Catherine Lamoureux sa femme demeurant à Issoudun rue du Moulin de Saint Paterne numéro 10.
Stipulant en son nom personnel 
D'une part.
Les sieur et Dame Debanne-Lamoureux père et mère, ci-dessus dénommés, qualifiés et domiciliés. 
Stipulant à cause de la dot qu'ils vont constituer au futur époux leur fils. D'autre part.
Demoiselle Louise Chuat sans profession demeurant Chez ses père et mère.
Fille mineure agée de dix huit ans, révolus du quatre août dernier du Sr françois Chuat vigneron et dame Dame Courtault sa femme demeurant à Saint Denis Commune d'Issoudun.
Stipulant en son nom personnel sous l'assistance et l'autorisation de ses père et mère.
D'autre part.
Et les sieur et dame Chuat-Courtault père et mère ci-dessus dénommés, qualifiés et domiciliés.
Stipulant pour assister et autoriser la future épouse leur fille et à cause de la dot qu'ils vont lui constituter.
Encore Dautre part.
Lesquels ont, par ces présentes arrêté ainsi qu'il suit les Clauses et Conditions Civiles du mariage projeté entre le sieur Debanne et la demoiselle Chuat et dont la Célébration aura lieu cejourd'hui même a la mairie d'Issoudun devant l'officier de l'état civil.
[...]
Ainsi au surplus que ces immeubles s'étendent poursuivent et comportent sans exception ni réserve ; comme aussi sans garantie de Contenance indiquée, la différence en plus en moins qu'elle qu'en soit l'importance devant faire le profit ou la perte du donataire.
Ces Immeubles appartiennent au donateur Savoir : 
La terre de la Greletterie numéro premier, au moyen de l'acquisition qu'ils en ont faite ; Partie à Mad. Victoire Emilie Trumeau Baudry épouse de M Vincent Armand Pierre Daussigny propriétaire demeurant à Charost ; suivant acte reçu par Me Bujon qui en a gardé minute et son collègue notaire à Issoudun les douze septembre et trente Octobre mil huit cnet quarante six, moyennant un prix payé depuis.
Et l'autre parti qui dépendait d'une pièce de plus grande étendue a été acquise, de dame Ursule Dureau épouse de M Louis Métayer tanneur demeurant à Vatan, dame Marie Dureau épouse de M Joseph adrien Vazelles cafetier, demeurant à Issoudun et M françois Dureau cuisinier, demeurant alors à Paris suivant Contrat passé devant Me Sanglier l'un des notaires soussignés le dix neuf décembre mil huit cent cinquante deux.
Cettte acquisition a eu lieu moyennant un prix payé, aux Termes d'une quittance reçue par le même notaire, les quatorze et vingt un août mil huit cent cinquante trois.
La vigne des batailles numéro deux est propre au Sieur Debanne, comme lui étant échue aux termes du partage anticipé, fait entre lui et ses frères et soeurs, par Etienne Debanne vigneron et dame Juliette Chertier sa femme, leurs père et mère, demeurant à Issoudun, par acte passé devant Me Mercier l'un des prédécesseurs de Me Sanglier l'un des notaires soussignés, le trente un décembre mil huit cent trente-trois.
Les sieur et dame Debanne-Chertier sont décédés depuis.
La vigne de pied plat numéro trois ne formant qu'une partie d'une pièce de plus grande étendue a été acquise de M Jacques Imbert propriétaire demeurant à Ivoy-le-Pré (Cher), ayant agi au nom et Comme mandataire de dame Anne Ursule félicité Messaut son épouse demeurant avec lui, aux termes d'un Contrat passé devant Me Delorme notaire à Issoudun, le dix-neuf septembre mil huit cent quarante-quatre, moyennant un prix payé depuis.
A la réquisition des parties la propriété ne sera pas autrement établie.
Le futur époux aura a compter d'aujourd'hui la toute propriété, possessions et jouissance des biens à lui donnés.
Il en souffrira les servitudes passives, apparentes ou occultées continues ou discontinues, sauf à s'en défendre et à Jouir de Celles actives, le tout s'il en existe à ses risques et périls.
Il en acquittera les impots aussi à compter d'aujourd'hui.
Il ne sera pas tenu d'en faire le rapport en nature aux successions de ses père et mère, mais il sera tenu d'y rapporter, pour en représenter la valeur, une somme de quinze cent francs applicable pour huit cents francs à la terre de la greletterie numéro premier ; trois cents francs à la vigne des batailles numéro deux et quatre cents francs à la vigne de pied plat numéro trois.
Pour la perception de l'enregistrement, les parties déclarent que les immeubles dont s'agit sont susceptibles d'un revenu brut annuel de quarante cinq francs.
Article six
La future épouse n'apporte personnellement que les habits, linges, bagues, bijoux et joyaux à son usage et auxquels il n'est pas donné d'estimation en raison de l'article huit ci-après.
Article sept
En considération du Mariage, les sieur et dame Chuat Courtault père et mère, donnent et constituent en dot chacun pour moitié, par imputation sur leurs successions à venir à la future épouse leur fille qui accepte : 
En mobilier
Six draps de lit, estimés vingt quatre francs
En Immeubles
1° Une Terre située aux batailles Commune d'Issoudun contenant environ soixante ares soixante dix centiares, joignant du levant le chemin des Gennetries ; du Midi Lamoureux, du Couchant le chemin de condé et du nord Vigex.
2° Une vigne située au Clos des Barmandes Commune de Sainte-Lizaigne contenant environ douze ares, en deux morceaux de croix et quartier, le premier moceau, joignant du levant Lagarde, du Midi un Poirier du Couchant Bigot et du Nord le même ; et le Second Morceau du levant Bigot du Midi le même, du Couchant Cousin et du Nord Bigot.
3° Moitié d'une vigne située au clos de Volget, même Commune prendre coté du Nord contenant en totalité environ vingt cinq ares, de Manière à Joutes de Levant Courtault ; du Midi l'autre moitié de ladite vigne réservée d'une aisance et du couchant un sentier.
4° Une vigne située à Bascon Commune de Sainte-Lizaigne Contenant environ vingt cinq are, joignant du levant M Solin Midi Courtault, du Couchant Petrin et du Nord Régibier.
5° Le tiers à prendre rive Couchant près le sentier, d'une vigne située au clos des fontenelles Commune de Migny, contenant environ quarante-cinq ares cinquante huit centiares, de manière que la portion donnée joutera du levant l'autre portion réservée par les époux Chuat, du Midi Bocage, du Couchant le sentier et du Nord les vignes du domaine de Saint Soin, 
6° Et le tiers à prendre au long rive Nord près Bocage, les père et mère Chuat, Mayet et le chemin d'exploitation ; d'une terre située aux mêmes lieu et commune contenant environ trente-trois ares quarante deux centiares de manière que la portion donnée joutera du levant la vallée au loup, du Midi l'autre portion réservée par les époux Chuat dontareurs, du Couchant le sentier, et du Nord Bocage, les dits époux Chuat, Mayet et le chemin d'exploitation.
Il est observé ici qu'il existe dans la terre ci-dessus et dans la portion donnée à la future en carroir commun avec les père et mère Chuat et les époux Bocage.
Ces Immeubles appartiennent aux donateurs savoir : 
La terre des batailles numéro premier est propre au Sieur Chuat, comme lui étant échue aux termes du partage anticipé fait entre lui et ses frères et soeurs par Jean Chuat vigneron et Jeanne Bellenfant sa femme leurs père et mère, demeurant à Fontaine, Commune d'Issoudun, suivant acte passé devant Me Bujon notaire à Issoudun, vers mil huit cent quarante six. Ce partage anticipé a eu lieu sous réserve de l'usufruit par les donateurs, mais ceux-ci ont depuis renoncé à cet usufruit moyennant une pension viagère, qui n'existe plus par suite des décès des père et mère Chuat, arrivés, celui du Mari le dix mai dernier et la femme dans le courant du mois de février mil huit cent Cinquante neuf.
La vigne des barmondes numéro deux, la vigne entière de volget numéro trois et la vigne numéro quatre, sont propres à la dame Chuat, comme lui étant provenues des successions de Charles Courtault et Catherine Durand sa femme ses père et mère décédés, le mari en mil huit cent vingt-neuf et la femme il y a dix-sept ans, seule héritière.
Les portions de vigne et terre comprises sous les numéros cinq et six font partie d'une vigne et d'une terre de plus grande étendue, acquise en commun avec le Sr Gabriel Bocage tonnelier à Issoudun savoir la vigne de M Etienne Bordat propriétaire et de Marie Bonneau sa femme d'Issoudun et la terre de M Paul Aristide Plessis ancien notaire et le souterraine ayant agi au nom et comme mandataire de Mad. Madelaine Adélaïde Torchon son épouse avec laquelle il s'était séparé de biens ; suivant contrat reçu par Me Moreau ex son collègue notaire à Issoudun le vingt-trois septembre mil huit cent cinquante-trois. Transcrit au bureau des hypothèques d'Issoudun le vingt-huit même mois volume 163 numéro 23 et moyennant un prix payé comptant aux termes du contrat qui en porte quittance.
Aux termes du dit contrat de vente les acquéreurs ont partagé entre eux la vigne seulement, quant à la terre, les époux chuat déclarent en avoir opéré le partage verbal avec le sr Bocage ; le tout a été fait sans soulte ni retour.
Et les portions présentes ou données font partie de celles échues aux époux Chuat, tant par l'acte de vente que suivant le dit partage verbal.
A la requisition des parties la propriété ne sera pas plus amplement établie.
La future épouse aura à compter d'aujourd'hui la toute propriété possessions et jouissance des biens à elle présentement donnés.
Elle en souffrira les servitudes passives, apparentes ou occultes, continues ou discontinues, sauf à s'en défendre et à Jouir de celles actives, le tout s'il en existe à ses risques et périls.
Elle en acquittera les Contributions de toute nature à compter d'aujourd'hui.
Elle ne sera pas tenue d'en faire le rapport en nature aux successions de ses père et mère, Mais elle devra y rapporter pour en représenter la valeur une somme de quinze cents francs, applicable pour sept cent francs à la terre numéro premier, deux cents francs à la vigne numéro deux, cent francs à la vigne numéro trois, deux cents francs à la vigne numéro quatre et trois cents francs aux numéros cinq et six.
Pour la perception de l'enregistrement les parties évaluent le revenu brut annuel de ces immeubles dont s'agit à quarante-cinq francs.
Article huit
Le survivant des futurs époux prendra par préciput et hors part, ayant tout partage, sans aucune estimation et de quelque valeur qu'ils soient, non seulement les habits, linges, bijoux, bagues et joyaux à son usage mais encore tous les objets de même nature à l'usage du prédécédé.
Article neuf
Lors de la dissolution de la communauté, la future épouse, ses héritiers ou ayant cause, en y renonçant, reprendront non seulement son apport ci-dessus constaté mais encore tout ce qui lui sera échu pendant le mariage, tant en meubles qu'en Immeubles, par successions donations, legs ou autrement et si c'est la future qui exerce elle même ce droit, elle reprendra en outre le préciput ci-dessus stipulé, Ces reprises seront franches et quittes des dettes et charges de la Communauté, quand même la future s'y serait obligée ou y aurait été condamnée, auxquels cas elle sera garantie et inemnisée par le futur et sur ses biens.
Article dix
Les futurs époux se sont par ces présentes donations entrevues, mutuelle et irrévocable, au profit du survivant d'eux, ce qu'ils acceptent respectivement.
De l'usufruit et jouissance de tous les biens meubles et immeubles qui appartiendront au prémourant au jour de son décès et qui Composeront sa successions, en quoique ces biens puissent consister et en quelque lieux et endroits qu'ils soient dus et situés, sans réserve.
Pour le survivant, faire et disposer de cet usufruit sa vie durant, comme bon lui semblera ; à compter du décès de son conjoints, sans être tenu de fournir caution ni de faire emploi, mais à la charge de remplir les autres obligations que la loi impose aux usufruitiers.
Cette donation deviendra nulle sans enfants.
Article onze
Aussitôt après le Mariage, les futurs époux iront habiter avec les père et mère Chuat, qui s'obligent envers eux et leurs enfants à les loger, nourrir, chauffer, éclairer, blanchir, raccommoder, vêtir, soigner et Médicamenter en cas de Maladie le tout aux frais des époux Chuat père et mère et tel qu'ils le font pour eux-mêmes.
Pendant le temps de cette habitation Commune, les époux Chuat jouiront des terres et vignes par eux données ci-dessus à la future épouse.
Le futur époux emploiera son temps et ses travaux à la Culture et à l'exploitation conjointement avec le père Chuat de leur immeuble.
Le vin que les futurs récolteront sur les vignes du futur leur appartiendra ; il sera ensuite à leur frais mais logé par les père et mère Chuat.
Les Contributions des terres et vignes de la future seront acquittées par les père et mère Chuat ; quant à celles des biens donnés au futur elles seront acquittées par les dits futurs.
Ce traité est ainsi fait pour deux ans et son importance est évaluée à vingt francs par an ; mais il pourra être rompu avant l'expiration de ces deux ans et dans ce cas les futurs époux enteraient en Jouissance de Suite, des vignes données à la future et après la récolte pour la terre des batailles.
Article Douze
Le présent Contrat ne sera pas Transcrit à la réquisition des parties.
Telles sont les conventions des parties arrêtées en présence de leurs parents et amis.
Dont Acte : 
Fait et passé à Saint Denis Commune d'Issoudun en la demeure des père et mère Chuat Courtault sus-nommés. 
L'an mil huit cent Soixante deux.
Le Six Janvier avant La Célébration du Mariage.
Avant de clore et conformément à la loi Me Sanglier a donné lecture aux parties des articles 1391 et 1394 du code Napoléon et il leur a délivré le certificat prescrit par ce dernier article pour le remettre à l'officier de l'état-civil avant la célébration du mariage.
Et après lecture, le futur époux les époux Chuat père et mère de la future épouse ont signé avec les notaires et quelques parents et amis des dits futurs, quant à la delle future épouse et aux père et mère du futur ils ont déclaré ne savoir signer de ce Interpellés par les dits notaires."

(source : Archives départementales de l'Indre - 2 E 5138)