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samedi 20 juin 2020

Biographie : Victorine Ernestine dite Victoire Ernestine BOURSIER

Victorine Ernestine dite Victoire Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ? 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - vue 116/176)
Victorine Ernestine BOURSIER est née le 16 janvier 1859 à La Grande Métairie à Mayet (Sarthe), fille naturelle de Marie Madeleine BOURCIER. C'est Rose EMERY, sage-femme, qui déclare la naissance le lendemain. Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine, mais les deux témoins de la naissance sont : 
  • Louis Basile LEROY, aubergiste à Mayet (Sarthe)
  • Louis ROUILLARD, aubergiste à Mayet (Sarthe)
Ses filles ont toujours transmis l'histoire que son père était médecin. En 2014, j'ai découvert (dans cet article) que si son père était bien médecin, il ne pouvait s'agir que de Joseph CHOTARD. 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Elle se marie le 14 octobre 1880 à 9h à la mairie de Mayet (Sarthe) avec Étienne dit Henri GRELOT, employé au chemin de fer d'Orléans, fils de Louis Noël GRÉLOT, employé au chemin de fer, et de Cécile Joséphine MÉTRAU. Le mariage est célébré par Jacques GASSE, adjoint au maire de la commune.

Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_25-26 - vue 399/453)

Les témoins du mariage sont : 
  • Narcisse GUILLEMET, tailleurs d'habits à Saint-Mars-d'Outillé (Sarthe), fils du beau-père de l'épouse
  • Charles Hippolyte GUILMET, tailleurs d'habits à Mayet (Sarthe), beau-père de l'épouse
  • Almire Louis François COSSOMEAU, marchand de nouveautés à Mayet (Sarthe), ami des époux
  • Julien SOUCHU, serrurier à Vaas (Sarthe) ami des époux
3. Comment s'est déroulé le mariage ? 

Le mariage s'est déroulé en présence de la mère de l'épouse. Les parents de l'époux habitent alors à Clisson (Loire-Atlantique) et ne sont pas présents. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 

(source : Archives municipales de Versailles)
Elle est décédée le 30 avril 1933 à 4h du matin au 29 rue Albert Joly à Versailles (Yvelines) âgée de 74 ans. Le décès est déclaré par André Marcel AUMONT, employé de commerce à Versailles (Yvelines). 

(source : photo personnelle)
Elle est inhumée au cimetière Notre-Dame à Versailles (Yvelines) avec sa fille Reine et son gendre Albert MARÉCHAL.

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ? 

Les femmes ne rejoignaient pas l'armée à cette époque. 

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur elle dans la presse ? 

Il n'y a pas d'informations dans la presse la concernant. 

7. Quels événements historiques a-t-elle connus ? 

Elle a connu la Guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale. 

8. Quelle était son instruction ? 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_25-26 - vue 399/453)
Elle a probablement reçue une instruction primaire car elle savait écrire. 

9. Dans quel environnement géographie évoluait-elle ? 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi01466)
Elle a passé les 21 premières années de sa vie à Mayet (Sarthe). 

10. S'est-elle beaucoup déplacée dans sa vie ? 

Après son mariage, elle suit son mari qui travaille aux chemins de fer et voyage donc beaucoup. Voici les différentes localités où on la retrouve : 
  • 1866 : Aubigné-Racan, Sarthe
  • 1884 : Neuillé-Pont-Pierre, Indre-et-Loire
  • 1886 : Couesmes, Indre-et-Loire
  • 1896 : Tours, Indre-et-Loire
  • 1905 : Mayet, Sarthe
  • 1911 : Versailles, Yvelines
  • 1931 : Châteauneuf-sur-Cher, Cher
11. Comment se déplaçait-elle ? 

Elle se déplace probablement en chemin de fer avec son mari qui travaillait pour la Compagnie Paris-Orléans. 

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-elle ? 

Au moment de son mariage, puis à plusieurs reprises dans sa vie, elle est couturière.  Elle devait gagner quelques sous en reprisant les vêtements pour les gens. 

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-elle ? 

Lorsqu'elle vit à Tours (Indre-et-Loire), elle est dite giletière dans les recensements (c'est-à-dire qu'elle fabrique des gilets). 

(source : Google Maps)
À partir des années 1910, elle est concierge de la Villa des Roses au 12 rue Albert Joly à Versailles (Yvelines). 

14. Comment apparaît-elle dans les recensements ? 

Je n'ai pas de trace de son enfance dans les recensements car ces archives concernant Mayet (Sarthe) ont disparu pour ce qui précède le 20e siècle. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2 Mi 198_48 - vue 17/370)
En 1906, elle retourne vivre à Mayet (Sarthe) où elle vit avec sa mère, âgée de 71 ans, son mari et sa fille Reine. 

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0292 - vue 19/34)
En 1931, alors elle-même âgée de 71 ans, elle vit momentanément à Châteauneuf-sur-Cher (Cher) sans son mari pourtant toujours vivant. Elle vit avec sa fille Berthe, son gendre Joseph FRÉMEAU, ses petits-fils Pierre (mon grand-père) et Georges FRÉMEAU. 

15. Quel était le parler de sa région ? 

Dans sa région d'origine on parlait le sarthois. 

16. Comment s'habillait-elle ? 

D'après les photos que je possède d'elle, elle portait toujours des robes. 

17. Combien a-t-elle eu d'enfants ? 

Elle a eu cinq enfants : 
  • Berthe Louise Stéphanie, née le 7 avril 1882 à Aubigné-Racan (Sarthe), mon arrière-grand-mère
  • Marguerite Léa Joséphine, née le 3 janvier 1884 à Neuillé-Pont-Pierre (Indre-et-Loire)
  • Jeanne Victorine Henriette, née le 29 mai 1887 à Couesmes (Indre-et-Loire) et décédée à 2 ans
  • Reine Madeleine, née le 29 août 1890 à Couesmes (Indre-et-Loire)
  • Georges Henri Victor, né le 14 avril 1899 à Tours (Indre-et-Loire)

18. A-t-elle assisté au mariage de ses enfants ? 

Elle est présente aux mariages de tous ses enfants. 

Le 27 avril 1905, elle est présente au mariage de sa fille Berthe Louise Stéphanie avec Pierre Marie Joseph FRÉMEAU à Paris (17e arrondissement). 

Le 4 janvier 1912, elle est présente au mariage de sa fille Marguerite Léa Joséphine avec Laurent Eugène ABRIL à Versailles (Yvelines). 

Le 26 mars 1913, elle est présente au mariage de sa fille Reine Marguerite avec Albert Jules MARÉCHAL à Versailles (Yvelines). 

Le 23 septembre 1919, elle est présente au mariage de son fils Georges Henri Victor avec Lucie Gabrielle LETISSIER à Versailles (Yvelines). 

19. Que signifie son nom de famille ? 

Selon Geneanet, BOURSIER est un nom originaire du Centre (18), qui désigne un fabricant ou un marchand de bourses.

20. Qui était son père ? 

D'après ce que nous ont transmis ses filles, il s'agissait d'un médecin. Le seul médecin ayant vécu à Mayet (Sarthe) et étant arrivé au bourg deux ans avant sa naissance est Joseph CHOTARD qui est probablement son père. 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Modeste Anne Madeleine BOURCIER, gagiste et couturière. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Si on considère qu'elle est la fille de Joseph CHOTARD, elle aurait eu trois demi-frères de l'union légitime de ce dernier avec Émilia BOUTTEVIN :
  • Joseph Alphonse CHOTARD, né le 29 septembre 1857 à Mayet (Sarthe) et mort à 6 ans
  • Victor Émile CHOTARD, né le 12 novembre 1859 à Mayet (Sarthe) et mort à 18 ans
  • Georges Marie CHOTARD, né le 12 décembre 1864 à Mayet (Sarthe), propriétaire au Mans (Sarthe) dont j'ignore la destinée
Par ailleurs, sa mère s'est mariée en 1867 avec Charles Hippolyte GUILMET dont elle eut une fille qui était donc sa demi-soeur de 16 ans sa cadette : 
  • Léa Ernestine GUILLEMET, cuisinière et femme de ménage à Paris (17e arrondissement) qui vécut en concubinage mais ne s'est pas mariée. 
Léa Ernestine GUILLEMET
(source : Archives familiales)
23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ? 

Elle avait des relations avec sa soeur Léa, cette dernière étant témoin des mariages de sa nièce Berthe Louise Stéphanie GRELOT avec Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, et de sa nièce Reine Madeleine GRELOT avec Albert Jules MARÉCHAL. 

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ? 

(source : Heredis 2018)
Son ascendance comporte un grand-nombre de trous. J'ai pu déduire l'identité de son père ce qui permet de combler certains manques, mais j'ignore le nom de son grand-père. C'est une famille totalement sarthoise. Du côté paternel, il s'agit de marchands et tailleurs de pierre, du côté maternel, de tailleurs d'habits et de domestiques pour les femmes. 

25. Quelle était sa religion ? 

Elle était catholique, elle est inhumée dans une tombe portant une croix. 

26. Votre ancêtre chez le notaire.

Elle est d'origine modeste et je ne possède pas d'acte notarié la concernant. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?

(source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940")
J'ai une photo d'elle dans sa jeunesse contenue dans les mémoires de mon grand-père. C'était une jolie jeune femme bien habillée sur la photographie (son beau-père était tailleur d'habits). 

(source : Archives familiales)
J'ai également une photo d'elle âgée que j'ai colorisée. Elle ne semble pas très grande et un peu ronde. 

28. Quels étaient ses repas ? 

Dans son enfance, elle a probablement mangé des rillettes ou de la potée sarthoise. 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

Ses filles Berthe et Marguerite ont transmis le fait que son père était médecin. Nous n'aurons jamais moyen de le vérifier, mais tous ses descendants racontaient la même histoire, je considère donc son ascendance paternelle comme hautement probable. 

30. Comment a-t-elle participé à la vie de la communauté (membre du conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme ...) ? 

Elle était concierge de son immeuble pendant près de 20 ans à Versailles (Yvelines). 

mercredi 27 février 2019

Le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER enfin retrouvé !

Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père

Il y a quelques jours, une personne me contacte sur Geneanet pour m'informer que sur les relevés de l'Association Généalogique de l'Anjou se trouve le décès d'une Modeste Anne BOURCIER, veuve GUILMET, à Baugé (Maine-et-Loire). Après avoir contacté les archives départementales du Maine-et-Loire et celles de la commune de Baugé-en-Anjou, j'ai reçu aujourd'hui l'acte de décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER que je n'avais jamais trouvé jusqu'à présent et il s'agit bien de mon ancêtre. 

(source : Archives municipales de Baugé-en-Anjou)
Ce sont Lézin PROTERNAC et Auguste BERTRON, ses voisins, qui déclarent le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER, sans profession, âgée de 79 ans, à la Communauté du Sacré-Coeur de Marie où elle demeurait. 

(source : Le blog de quercus49)
Ce lieu, qui était à l'époque l'hospice des incurables, existe toujours et est une maison de retraite. Un petit article y est consacré sur ce blog. Ce lieu fut fondé dans les années 1780 par Anne de LA GIROUARDIÈRE et semble avoir toujours la même vocation en 2019. 

Modeste Anne Madeleine BOURCIER était née au lieu dit de L'Hommeau à Marigné-Laillé (Sarthe), fille de Marie Madeleine BOURCIER et d'un père inconnu. Elle a eu deux filles, Victorine Ernestine BOURSIER (selon l'histoire familiale, son père était un médecin de Mayet), et Léa Ernestine GUILMET, de son mariage avec Charles Hippolyte GUILMET. Elle vivra à Mayet (Sarthe), et décède donc à Baugé (Maine-et-Loire), qui n'est pas si éloigné lorsqu'on regarde sur une carte.

(source : Heredis 2018)
Ses deux filles vivront en Île-de-France : l'aînée à Versailles (Yvelines), et la cadette à Paris. En tout cas, voici un mystère de plus de résolu pour cette ancêtre peu éloignée de la sixième génération. 

jeudi 19 janvier 2017

L'inventaire d'Anne BERGER en 1784

Julien BOURCIER
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Julien LE BOURCIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Je me suis enfin décidé à analyser et transcrire une multitudes d'actes notariés du XVIIIe siècles pris en photo aux archives départementales de la Sarthe en août 2015. Nous sommes ici dans la Sarthe, dans le petit bourg de Marigné-Laillé où vivaient les ancêtres sarthois du côté de ma mère. Julien BOURCIER s'est marié à trois reprises. Premièrement avec Catherine LE CLERC, notre ancêtre, puis avec Anne FROMAGER et enfin avec Anne BERGER. Lors de ce troisième mariage, les deux époux sont respectivement âgés de 51 et 52 ans. Bien sûr, il est très rare que les professions des femmes soient indiquées à cette époque, mais à la lecture du présent acte, nous comprendrons qu'Anne BERGER était plus ou moins fileuse. Julien BOURCIER étant tailleur d'habits, on peut comprendre comment ils se sont connus, les deux professions étant très liées, le tailleur ayant régulièrement besoin de fil. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)
"Aujourd’huy vingt six juillet
mil Sept Cent quatre vingt quatre apres midy
Devant nous joseph augustin pasteau notaire
Royal au Chateau du loir demeurant a marigné
Soussigné
fut presente anne Berger veuve de deffunt
andré Brard demeurante au bourg dud. marigné
Laquelle nous a declaré quelle Etoit Sur Le point
de Convoller en Second noce avec julien Le bourcier
tailleur d’habit presentement Son fiancé ; Et
auparavant de Ce faire pour Scavoir Ce quelle
porteroit En Communauté, Elle auroit désiré
faire faire inventaire Estimatif de tous Ses
meubles Et Effets a Elle appartenant Ensembles
Ses dettes actives Et passives, en Conseuqence
de quoy elle auroit Requis notre transport a Sa
demeure Chez La ve Bougard ou Elle Se 
Retenoit, En Ce Bourg de marigné. Ce que nous
Luy avons octroyé Et ou Etant, Elle nous a fait
Comparoir du Consentement dud Le bourcier
Son dit fiancé Cy present Et acceptant
La personne de Réné pottier Marchand
demeurant aud. marigné Cy present Et 
acceptant quy a offert d apressier tous Lesd. 
Effets [#Suivant Sa Connoissance], Expert ordinaire, Et Etant majeur
nous avons de luy En tel Cas Requis pris, Et 
Reçu Le Serment de Se Bien et fidelement
Comporter a Lad. Estimation Et appressiation
desd. Effets mobiliers Ce qu’il nous a juré faire
En Son ame Et Consiance dont nous Lavons
jugé Et procedant aud. Inventaire En presence
Et assistance de pierre Berger Marchand.
demeurant au lieu de la Grandiniere au dit
marigné neveux de lad. ve Brard Comme
Suit" 

Afin d'abréger les sommes, je vais écrire Livres Tournois en LT, Sols en S et Deniers en D comme il est d'ailleurs abrégé dans l'acte notarié. Pour se rendre compte des sommes et de la différence énorme existant alors entre la Cour et le peuple en cette période précédant tout juste la Révolution (nous sommes en 1784), voici une petite citation d'un maître de l'hôtel du Roi à l'époque où celui-ci est ramené aux Tuileries à Paris : "il est constant que la dépense de la Bouche dépasse 6 000 livres par jour" (Charles-Éloi VIAL, Les derniers feux de la monarchie : La cour au siècle des révolutions 1789-1870, Paris, Perrin, 2016, p. 46).

André JORDAN,  Chenets et crémaillère, cheminée de Monsieur Gabriel à la Bate, 1908
(source : Images d'art)
  • une crémaillère, son crémellon, une marmite de fonte de peu de valeur et une cuillère de pot (2 LT 4 S)
Coffre au XVIIIe siècle
(source : Expertissim)
  • un coffre de bois de chêne fermant à clef (4 LT) à l'intérieur duquel se trouve : 
    • les hardes et linges à l'usage de la dite veuve Brard
    • une couette la taie de couetty remplie de plume mêlée pesant 35 livres (15 LT)
    • deux traversins les taies de toile remplies de plume d'oie (17 LT)
    • deux draps de chanvre, trois aunes de toile de commun et une couverture de laine blanche au trois quarts usée (10 LT)
    • un tour de lit de tourangelle verte usée (8 LT)
    • un bois de lit de peu de valeur (3 LT)
    • une écuelle à oreille et quatre cuillères le tout d'étain pesant le tout une livre et demie et un chandelier de potin jaune (2 LT)
  • une armoire de bois de chêne à deux battants fermant à clef (4 LT)
  • un rouet à filer garni de sa broche, un travoit et un petit coffre de peu de valeur (3 LT)
  • une chaise (8 S)
  • la somme de 78 livres en espèces
Du point de vue des dettes, BEUVIER, bordager, lui devait 30 sols pour filage de fil et Anne BERGER devait à la veuve BOUGARD qui l'hébergeait la somme de 4 livres 13 sols 4 deniers pour son loyer. Cela nous donne une idée de ce que pouvait posséder une veuve exerçant le métier de fileuse à la fin du XVIIIe siècle : un total fort modeste de 152 livres tournois. 

L'acte est signé par le notaire Joseph Augustin PASTEAU avec Julien BOURCIER et les deux témoins, François LE MERCIER, sacriste et Georges François LE MERCIER, tourneur. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)

vendredi 26 février 2016

L'émancipation de Marie Madeleine BOURCIER

Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Lors de la vente des biens de son défunt père en 1827, j'ai découvert la mention de l'émancipation de Marie Madeleine BOURCIER devant le juge de paix d'Écommoy. L'occasion pour moi de découvrir ces archives de justice de paix (qu'on doit moins demander aux archives que les archives notariales vu leur parfait état de conservation). 


(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 U 9/92)
Aujourd’hui
cinq juin, mil huit cent vingt sept, 
par-devant nous pierre Lavayssière, 
juge de paix du canton d’Ecommoy, département
de la Sarthe, assisté du sieur jean Brice Avranche, 
notre Greffier, soussignés, 
Sont volontairement comparus les parens
ci-après dénommés, composant le conseil de 
famille de Marie Magdelaine Lebourcier, agée
de vingt ans, issue du légitime Mariage de feu
julien Lebourcier décédé à Marigné il y a six
semaines, en son vivant cultivateur, avec Marie
Gasnier décédée il y a cinq ans : savoir au côté
paternel, 1° Louis Lebourcier, cultivateur au dit
Marigné, oncle de la mineure ; 
2° françois Lebourcier, journalier demeurant même
commune, aussi oncle de la Mineure ; 
3° pierre fouineau, cultivateur demeurant même
commune de Marigné, oncle allié de la Mineure ; 
4° au côté Maternel, julien Lebourcier, jour-
nalier au dit Marigné frère consanguin ; 
5° Toussaint hirbet, scieur au long, demeurant
a Marigné Beau frère de la Mineure.
6° Et jean Bellanger, journalier à Marigné, 
ami pris a défaut de parens sur les lieux.
Les quels parens constitués En conseil de famille
sous notre présidence aux termes de l’article quatre
cent seize
du code civil, nous ont dit après une 
mûre déliberation, que la Mineure Marie
Magdeleine Lebourcier avoit toutes les qualités
necessaires pour jouir des avantages de l’émanci-
parion, qu’en consequence ils nous réqueroient
de la déclarer Émancipée aux termes de l’arti-
cle quatre cent Soixante dix huit du dit code, 
En conséquence et conformément au sus-
dit article, nous juge de paix, obtempérant au 
desir du dit conseil de famille, avons declaré
et déclarons que la Mineure Marie Magdeleine
Lebourcier, agée de vingt ans, est Emancipée, 
la quelle a accepté avec reconnoissance, l’Eman-
cipation qui vient de lui être accordée.
procédant Ensuite au choix et nomination
du curateur pour la dite Mineure, conformément
à l’article quatre cent quatre vingt du code précité, 
Ce choix est tombé à l’unanimité Sur la personne
de Louis Lebourcier, oncle paternel de la dite
Mineure, qui a accepté cette charge, et a En mê-
me temps prêté Serment de la remplir fidè-
lement.
De tout ce que dessus nous avons
Dressé le présent procès verbal dont a été don-
né lecture aux comparants qui ont déclaré
ne savoir signer de ce enquis.
fait et arrèté en notre demeure au
dit Ecommoy, assisté comme dit est, les jour, 
mois et an que dessus./.
Enrégistré à Ecommoy les Treize juin 1827 J. 183
N° 69 reçu Cinq francs, Cinquante Centimes nr
Compris.

(source : Heredis 2014)
Si je reconnais bien tous les membres du conseil de famille, oncles, frère et beau-frère, je suis moins familier avec les articles de loi invoqués. Il est d'abord dit qu'ils sont constitués en conseil de famille au titre de l'article 416 du code civil. 

s.a., Code civil des Français, 1805, Parme, Imprimerie impériale, p. 87
(source : Gallica/BnF)
Il est ensuite dit que Marie Madeleine BOURCIER est émancipée au titre de l'article 478 du code civil.

s.a., Code civil des Français, 1805, Parme, Imprimerie impériale, p. 100
(source : Gallica/BnF)

Il est ensuite procédé à la nomination d'un curateur (son oncle Louis LE BOURCIER) en vertu de l'article 480 du code civil. 

s.a., Code civil des Français, 1805, Parme, Imprimerie impériale, p. 100
(source : Gallica/BnF)

samedi 19 avril 2014

La découverte de l'identité d'un père inconnu

Dans notre arbre généalogique se trouve une situation bien connue dans la famille, d'autant qu'elle est relativement proche de nous : le cas des filles BOURCIER.

(source : Arbre familial, via Geneanet)
Deux filles nées de père inconnu sur deux générations, ou comment transformer l'arbre généalogique de mon arrière-grand-mère en véritable gruyère. Un autre mystère plane sur cette dernière, Victorine Ernestine BOURSIER. Née en 1859, elle n'est reconnue par sa mère que le 20 novembre 1903. Pourquoi si tard ? Ça ne correspond même pas à son mariage en 1880. Peut-être que ma cousine pourra m'en dire plus après avoir visité les archives de Mayet ou de la Sarthe. Ou peut-être que le Fil d'Ariane pourra m'en dire plus s'ils répondent à ma demande d'acte ...

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 116)
À force de discussions avec la famille, j'ai appris par cinq sources différentes (descendant directement de Victorine) que le père de Victorine Ernestine BOURSIER aurait été médecin, ce qui en fait une information valide. C'est du moins ce qu'auraient dit ses filles, témoins de première main s'il en est. C'était sans compter son mon obstination à découvrir la vérité. Près d'un siècle plus tard et grâce à internet, nous allons peut-être avoir la réponse. Mais d'abord, situons le contexte.

Mayet sur la carte de Cassini
Modeste Anne Madeleine BOURCIER est née en 1834 à Marigné-Laillé (Sarthe), juste au dessus du bourg de Mayet (Sarthe). C'est sa tante Anne PÉAN, sage-femme, qui déclare la naissance : elle est née de père inconnu. Elle sera domestique à gages à Mayet chez la veuve GARNIER à La Grande Métairie. C'est là qu'elle donne naissance en 1859, à Victorine Ernestine, née de père inconnu.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 116)
C'est précisément cette petite Victorine Ernestine dont le père serait médecin. Revenons un peu en arrière dans les registres de Mayet. J'ai exploré de long en large les registres et le seul médecin à avoir vécu à cette époque à Mayet a un nom : Joseph CHOTARD. C'est en effet un petit bourg qui compte principalement des cultivateurs et des journaliers, un ou deux négociants, et un seul médecin.

La première fois où je vois une mention de Joseph CHOTARD, c'est en 1856, lors de son mariage. Il est originaire du Mans et épouse la fille d'un greffier de Mayet.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_19 - p. 430)
Souvenons-nous, Modeste Anne Madeleine BOURCIER travaillait chez la veuve GARNIER à cette époque. Or voici que la veuve GARNIER vient à mourir.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 120)
On peut penser que l'unique médecin du village aurait rendu visite à une vieille veuve malade et aurait fait la rencontre de sa domestique. Ou qu'à l'occasion de son mariage, il aurait fait appel aux domestiques voisins pour aider à la noce. Car non seulement Joseph CHOTARD est l'unique médecin de Mayet, arrivant tout juste trois ans avant la naissance de mon ancêtre Victorine, mais il habite extrêmement près de la veuve GARNIER.

(source : Google Maps)
Le point rouge désigne le lieu de La Caille où vivait le docteur CHOTARD. Le point gris en bas à droite La Grande Métairie où était employée Modeste Anne Madeleine BOURCIER.

Enfin, dernier indice, les prénoms des enfants CHOTARD. Car il ne faut pas oublier que ce pauvre docteur a une femme. Ils ont un premier enfant en 1857 nommé Joseph Alphonse. Et comment s'appelle son deuxième fils né en novembre 1859 soit dix mois après son enfant illégitime nommé Victorine ?

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_21 - p. 168)
Il le nomme précisément Victor Émile ! J'émets l'hypothèse que si Modeste Anne Madeleine n'a jamais reconnu son enfant, c'est parce que le père vivait dans le bourg et qu'on ne sait jamais ... il aurait pu le reconnaître. Car après la naissance de son dernier fils en 1864, Joseph CHOTARD et sa famille quittent Mayet. C'est après ce départ que Modeste Anne Madeleine épouse Charles Hippolyte GUILLEMET.

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 201_23 - p. 224)
Ils seront les parents de celle que nous appellerons la Tante Léa. Dans cet acte de mariage ne figure pas de reconnaissance de Victorine comme fille de Monsieur GUILLEMET (comme cela arrivait autrefois), prouvant bien que ce n'est pas le père de cet enfant.

Cette succession de coïncidences de lieux, de dates et de faits me font croire que Joseph CHOTARD est véritablement le père de Victorine. 

Si on tient pour vraie l'information que le père de Victorine était médecin, nous avons : 
  1. Un médecin qui vient vivre à Mayet 3 ans avant sa naissance et qui est le seul médecin de Mayet
  2. L'employeur de la mère de Victorine qui décède en 1859
  3. Le médecin habite tout près que l'employeur de Victorine
  4. Victorine nait en 1859 d'un père inconnu
  5. Le fils du médecin né en 1859 s'appelle Victor
  6. Le médecin quitte le bourg puis la mère de Victorine se marie
  7. Victorine n'est pas déclarée fille de ce mari dans l'acte de mariage
  8. Victorine est reconnu très tardivement par sa mère (pourquoi ?)
Tout semble concorder à vérifier que ce père inconnu est bien Joseph CHOTARD, ce qui dévoile un nouveau pan de notre généalogie. Il y a tellement d'indices (particulièrement le fait que ce soit le seul médecin de Mayet) que je ne vois pas d'autre solution.

Joseph CHOTARD
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Moi

lundi 23 décembre 2013

Sujets du Roi en 1839

Louis CLEMOT + Louise Henriette BOURCIER
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Ludovic Raoul Joseph CLÉMOT
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Renée Clémentine Marcelle CLÉMOT
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 La grand-mère de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère

Le Maine-et-Loire, avec la Vendée, est connu pour être une région où les chouans sont restés fidèles au roi. Nous sommes en 1839, dans la commune de Vihiers (Maine-et-Loire). C'est la Monarchie de Juillet et Louis-Philippe Ier est Roi des Français.

(source : Cgb, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)

Aussi, lors du mariage des ancêtres de ma future nièce, Louis CLEMOT, fabricant, et Louise Henriette BOURCIER, lingère et fille de cordonnier, j'ai trouvé cette formulation originale concernant les témoins.

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1833-1842 Départementale - p. 122)
"... demeurant Egalement tous les deux a vihiers, tous les quatre français Et majeurs ; Sujets du roi ...
Avez-vous déjà rencontré la mention de sujets du roi dans un acte du XIXème siècle ?

mardi 5 mars 2013

Les trois mariages de Julien Le Bourcier


Tout à l'heure, après avoir réalisé la fiche de Julien Le Bourcier, je me suis donné comme objectif de retrouver l'acte de décès de sa femme, Marie Gasnier. La pauvre n'allait pas avoir une fiche incomplète ! J'ai donc recherché son nom sur les tables décennales tout en relevant au passage les Bourcier et Lebourcier que je pourrais trouver, au cas où.

(source : photo personnelle, licence CC BY-SA 3.0 FR)

Et j'ai bien fait, car j'ai ainsi découvert des informations sur Julien Le Bourcier, père de celui dont je vous parlais précédemment.

Je sais qu'on commence à se perdre dans tous ces Julien Le Bourcier. Je vais vous parler précisément de celui qui est mort en Indre-et-Loire. J'avais jusqu'à présent peu d'informations sur ce Julien, mis à part qu'il avait épousé Catherine Le Clerc et que cette dernière était morte en 1763. 

J'avais cherché en vain un autre mariage (sachant qu'on se mariait souvent dans la commune d'origine de l'épouse) à Marigné-Laillé, mais rien ne fut trouvé. Je savais juste qu'un Julien Le Bourcier qui avait les mêmes parents que l'époux de Catherine Le Clerc avait épousé Anne Berger, étant veuf d'Anne Fromager. Je le soupçonnais frère du Julien époux de Catherine Le Clerc. Vous suivez toujours ?

Mes recherches ont dont débutées par Pierre Joseph Bourcier, que je découvris fils de Joseph Bourcier et de Françoise Arrouard. La patience étant la clef, en généalogie, et ayant dans ma liste un mariage Lebourcier/Arrouard, je suis allé directement voir si, grâce à l'acte de mariage, je pouvais relier Joseph Bourcier à mes Le Bourcier.

Sur l'acte de mariage de Joseph Bourcier et Françoise Marie Arrouard, voici ce que je lis au croisement de deux pages :

(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 197_14 - p. 281-282)

"... fils de deffunt julien Le Bourcier en sonvivant tailleur d'habit decedé commune de Saint Antoine Departement d'indre et Loire Le neuf frimaire an treize, et de deffunte anne fromager décédée en Cette Commune de Marigne Le cinq aoust mil sept cent quatre vingt deux..."
Afin de chercher à comprendre, je suis allé voir dans mon arbre mon Julien époux d'Anne Fromager pour le comparer au Julien époux de Catherine Le Clerc qui, lui, était bien décédé à Saint-Antoine l'an XIII. S'agissait-t-il d'une erreur dans la mention de l'acte de décès ? Le premier Julien était né vers 1732 d'après mes calculs, le second Julien était né en 1732. Il s'agit donc bien de la même personne. Grâce à cette superbe fonctionnalité de mon logiciel Heredis, j'ai pu fusionner les deux Julien et leurs enfants (il y a sûrement des doublons maintenant, il va falloir que je trouve les actes de naissance de chacun de ces enfants).

Julien Le Bourcier qui est mort en Indre-et-Loire a donc eu trois épouses :

  1. Catherine Le Clerc
  2. Anne Fromager
  3. Anne Berger
Comme quoi, dans la généalogie, les recherches ne sont pas forcément linéaires et on peut toujours avoir des surprises !