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jeudi 28 septembre 2017

Mon trisaïeul juré d'assises en 1918

Élie dit Édouard SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Mon trisaïeul se nommait Élie SUIVRE, mais dans la famille, tout le monde l'appelait Édouard (vous pouvez lire sa biographie ici). Et je n'avais jamais pensé à taper le prénom d'Édouard associé à son nom dans la bibliothèque généalogique de Geneanet. Puisque c'est ainsi qu'il se faisait connaître, c'est ainsi qu'il s'est présenté aux journalistes du Populaire du Centre en 1918 lorsqu'ils ont dressé la liste des jurés d'assises au tribunal de Périgueux. 



Dordogne : Périgueux. Cour d'assises. Le Populaire du Centre. (1918, 4 août). Repéré à http://www.geneanet.org/archives/livres/6956792/3
Encore une nouvelle information concernant un ancêtre proche. Il a été juré pour un attentat aux moeurs, un vol et trois assassinats ! Deux mois plus tôt, sa fille aînée était morte de la grippe espagnole.

jeudi 23 mars 2017

Les VILLOTTE épousent les voisines

Léonard SUIVRE + Marie POULINAS
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Marguerite SUIVRE             Jean SUIVRE
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Jean dit Antoine VILLOTTE       Élie dit Édouard SUIVRE
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                                               Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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                                      Mon grand-père
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                                           Mon père
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                                         Moi

Les recensements sont toujours de précieux documents qui nous apprennent beaucoup de détails qui pourraient nous avoir échappé. Par exemple, on retrouve un enfant d'un couple né hors de la commune (chez ses grands-parents par exemple) et qui nous avait échappé, ou des professions que nous ne connaissions pas, etc. En cherchant les recensements des collatéraux SUIVRE, j'ai donc recherché la descendance de Marguerite SUIVRE, la soeur de mon ancêtre Jean SUIVRE

(source : Heredis 2017)


Marguerite a épousé Joseph VILLOTTE, un scieur de long et ils vivent à la Croix-Bancaux à Jumilhac-le-Grand (Dordogne) avec leurs deux enfants Jean dit Antoine et Marie. Marguerite SUIVRE meurt en 1871 et son époux Joseph VILLOTTE va se remarier en 1872 avec Françoise BOST, veuve de Guillaume ANDRIEUX, tailleur d'habits. Son fils, Jean dit Antoine VILLOTTE, se marie quelques années plus tard en 1880 avec Jeanne PAUILHAC

(source : Archives départementales de la Dordogne - FRAD024_6MI102_0314 - p. 324)
C'est là que le recensement de 1872 est amusant. En effet, François BOST, veuve ANDRIEUX, vit seule avec sa nièce Jeanne PAUILHAC (qui est la même citée ci-dessus). Joseph VILLOTTE est son voisin et vit seul avec ses deux enfants. Il n'est pas aisé pour un homme à l'époque d'élever seul deux enfants et notre scieur de long se marie donc logiquement avec la voisine veuve. La nièce de sa voisine, orpheline depuis 1868, épousera le fils de Joseph quelques années plus tard. On peut imaginer qu'ils auront grandi ensemble depuis qu'il avait 17 ans et elle 8 ans. Le père et le fils ont donc épousé leurs voisines. Au XIXe siècle, on n'allait parfois pas très loin pour chercher ses épouses !

mardi 10 janvier 2017

Biographie : Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX

Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

(source : Delcampe.fr)
Françoise SAINT-YRIEIX naît le 26 juin 1876 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), dans l'hôtel ou auberge que tiennent ses parents, avenue de Saint-Yrieix. Ses deux frères aînés survivants sont Henri, âgé de 5 ans, et Jean Bernard âgé de 2 ans. Antoinette, née avant elle, et Zélia, née après elle, n'auront toutes deux pas la chance d'arriver jusqu'à l'âge de un an. Très tôt dans les recensements, la petite Françoise est surnommée Lucie par sa famille. Ses parents préféraient-ils ce nom à celui de Françoise ?

Lorsqu'elle a deux ans, ses parents déménagent place de la Halle à Jumilhac-le-Grand, et sa mère donne le jour à François qu'on appelle Léon en famille. Parlons justement de ses parents : son père, Louis SAINT-YRIEIX était domestique, prisonnier en Prusse pendant la guerre de 1870 et devint ensuite aubergiste à son retour ; sa mère Catherine MAZAUE (qu'on appelait Marie ou Marguerite) tenait l'hôtel avec lui. 

Françoise a 5 ans quand naît sa soeur Marie, dite Henriette, 7 ans quand naît sa soeur Marguerite et 11 ans quand naît sa soeur Maria. Voici l'état de sa famille lors du recensement de 1891 (elle a alors 14 ans et est surnommée Lucie).

(source : Archives départementales de la Dordogne - FRAD024_6MI146_0153 - p. 161)
Elle passe un contrat de mariage le 5 mars 1894 dans la maison de ses parents avec Élie dit Édouard SUIVRE, cordonnier, qu'elle s'apprête à épouser. La dot offerte par sa famille est fort modeste : "les draps de lit neuf" pour 60 F, "deux douzaines de serviettes" pour 26 F, "une couverture en laine" pour 20 F et "une somme de mille francs"

Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX et Élie dit Édouard SUIVRE vers 1920
(source : Archives personnelles)
Elle donne alors naissance à trois filles : Marie Jeanne à 18 ans, Suzanne Alice à 20 ans et Yvonne Marguerite Marie à 24 ans. Son père la quitte en 1904 alors qu'elle n'a que 27 ans. Le prochain décès qu'elle verra sera celui de sa fille Marie Jeanne, morte de la grippe espagnole en 1918. 

Ces événements tragiques seront suivis de l'heureuse nouvelle du mariage de sa fille Yvonne Marguerite Marie en 1925 avec Baptiste DESVEAUX, un employé des chemins de fer originaire de la Charente. Françoise est alors âgée de 49 ans. Elle mourra cinq ans plus tard à Jumilhac-le-Grand, le 14 août 1930, âgée de 54 ans. 

Élie dit Édouard SUIVRE, Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX et leurs trois filles vers 1914
(source : Archives personnelles)

samedi 7 janvier 2017

Biographie : Élie dit Édouard SUIVRE

Élie dit Édouard SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Élie SUIVRE naît le 21 février 1864 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), dans le faubourg de la Croix-Bancaux, probablement dans cette maison ancienne qui appartenait encore à la famille dans les années 1950 et où il a vécu toute sa vie. 

(source : Archives personnelles)
Il est le sixième enfant de Jean SUIVRE, maître cordonnier et marchand et d'Isabeau dite Élisabeth REBEYROL, marchande. Ses frères et soeurs aînés sont : 
  • Marie, décédée à 3 ans
  • Élie, âgée de 12 ans (prénommé comme lui, ce qui explique que notre Élie, arrivé deuxième, ait été appelé Édouard toute sa vie)
  • Marie, âgée de 9 ans
  • Marguerite, âgée de 6 ans
  • André, âgé de 3 ans et sourd muet de naissance
Son père a un ouvrier cordonnier âgé de 15 ans vivant à leur domicile, Joseph SAUZAT. Cinq ans après la naissance d'Élie naîtra un dernier enfant dans le foyer, une autre Marguerite, que l'on surnommera Suzanne. La tradition du surnom est tenace chez mes ancêtres de Dordogne. Dans ce cas précis, on voit bien que dans une famille qui a compté deux Marie, deux Élie et deux Marguerite, elle est indispensable pour séparer les enfants. Reste à savoir pourquoi on donnait le même prénom à plusieurs enfants à l'époque. Jusqu'à ses 4 ans, sa grand-mère paternelle, Marie POULINAS, veuve et infirme, vivra chez eux avant de décéder. Quels souvenirs a pu garder Élie de cette femme née en 1800 ?

(source : Heredis 2017)
En 1875, alors qu'il est âgé de 11 ans, son frère aîné Élie, cordonnier comme leur père, épouse Marie CHARCHOULIS, la fille d'un cercleur originaire de Vaunac (Dordogne). Le jeune couple vivra un temps avec eux avant de prendre leur indépendance. L'année précédente, sa soeur Marie alors âgée de 18 ans et servante chez la veuve CHABANNEAU accouche d'une petite fille qu'elle nomme Marie Élisabeth. L'enfant sera placé en nourrice à Sarrazac (Dordogne) chez Pierre LAGORCE et meurt à seulement 22 mois. 

En 1884, comme tous les jeunes gens de son époque, il est convoqué pour le service militaire. Les habitants de Jumilhac-le-Grand (Dordogne) partent faire leur recrutement militaire à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Le livret de matricule permet d'avoir une description physique de nos ancêtres masculins.

(source : Archives départementales de la Corrèze - R 1136 - p. 312)
Il est immédiatement dispensé de service militaire comme "soutien de famille". Il n'effectuera que deux périodes d'exercices en 1891 et 1895 dans la 12e section d'infirmier de Limoges (Haute-Vienne). 

Dix ans plus tard, le 5 mars 1894, il se rend au domicile de M. et Mme SAINT-YRIEIX pour dresser le contrat de mariage avec leur fille Françoise SAINT-YRIEIX qu'il a demandé en mariage. Les parents de sa future épouse tiennent un hôtel à Jumilhac-le-Grand (Dordogne). 

Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales de la Dordogne)
Élie SUIVRE apporte en dot : 
  • la maison des Croix-Bancaux (en photo plus haut) composée d'une cuisine et d'une chambre au rez-de-chaussée et de deux chambres au premier étage, ainsi que d'un jardin de l'autre côté de la rue pour une valeur totale de 2 000 F. 
  • "un fonds mobiliers comprenant les meubles, meubles-meublans, ustensiles de literie" d'une valeur de 1 000 F
  • "un fonds de boutique de cordonnier, ensemble le matériel & les ustensiles de profession" d'une valeur de 2 000 F
  • "une somme de deux mille francs qu'il a en espèces devers lui [...] lui provenant de ses gains & economies"
Françoise SAINT-YRIEIX apporte une dot modeste : 
  • "les draps de lit neuf" pour 60 F
  • "deux douzaines de serviettes" pour 26 F
  • "une couverture en laine" pour 20 F
  • "une somme de mille francs"
(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI12714_012 - p. 10)
Il est amusant de voir que le prénom de substitution d'Élie est même inscrit dans son acte de mariage : "appelé Edouard en famille". J'ai quelques photos de ce couple, dont une prise vers 1929 et très abimée, mais que je trouve néanmoins très belle. 

Françoise SAINT-YRIEIX et Élie dit Édouard SUIVRE vers 1929
(source : Archives personnelles)
Élie exerce donc la profession de maître bottier, à la suite de son père, de son arrière-grand-père, et de son arrière-arrière-grand-père. Les SUIVRE semblent avoir travaillé le cuir de toute éternité. Leur patronyme vient d'ailleurs de "suire", dérivé de "suor" qui veut dire : "travailleur du cuir". 

Ils auront trois filles : 
  • Marie Jeanne en 1895
  • Suzanne Alice en 1897
  • Yvonne Marguerite Marie (mon ancêtre) en 1900
La famille Suivre vers 1914
(source : Archives personnelles)
Élie semblait être un homme très sévère sur les photos. Mon grand-père m'a confirmé ce caractère très dur qu'il avait avec ses trois filles. Les trois filles SUIVRE ont un type très espagnol, très mates de peau avec des yeux noirs qui leur vient de leur père semble-t-il. 

Marie Jeanne SUIVRE vers 1915
(source : Archives personnelles)
L'aînée, Marie Jeanne, était institutrice. Je la trouve magnifique sur cette photo. Elle meurt très jeune, en 1918, âgée de seulement 23 ans, victime de la grippe espagnole qui aura fait tant de ravages en France au sortir de la Première Guerre mondiale. 

Marguerite dite Suzanne SUIVRE, l'âne Mimi, et Suzanne Alice SUIVRE (nièce de la première)
(source : Archives personnelles)
La deuxième fille, Suzanne Alice, a vécu bien plus longtemps, mais ne s'est jamais mariée. Elle est ici en photo avec sa tante Marguerite que l'on nommait Suzanne et je me demande si elle ne serait pas sa marraine ou si cela n'expliquerait pas ce prénom peu répandu dans la famille.

Yvonne Marguerite Marie SUIVRE vers 1918
(source : Archives personnelles)
Enfin, mon arrière-grand-mère, Yvonne Marguerite Marie, qui ressemble vraiment à une espagnole sur cette photo. Élie gardera des liens étroits avec sa seule descendance issue de sa dernière fille. C'est en effet lui qui déclarera la naissance de son petit-fils (mon grand-père), né à Étaules en Charente-Maritime.

Acte de naissance de mon grand-père
(source : Archives municipales d'Étaules)
Il sera également présent en 1950, un an avant son décès, au mariage de mes grands-parents au Mans (Sarthe) comme en atteste cette photo où il se tient à côté de sa fille Yvonne

Élie dit Édouard SUIVRE et Yvonne Marguerite Marie SUIVRE en 1950
(source : Archives personnelles)
Sa femme l'avait quitté 21 ans avant lui, en 1930. Le mois d'après, il recevait la mention honorable de la Médaille d'honneur de la Mutualité (Journal officiel de la République française, n°209, 5 septembre 1930, p. 10 249) en qualité d'ancien secrétaire de la société de secours mutuels Saint-Aubin. Élie s'éteint le 13 septembre 1951 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), à l'âge honorable de 87 ans. 

vendredi 9 décembre 2016

Biographie : Pierre DESVEAUX

Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Pierre DESVEAUX naît le 26 novembre 1850 au Village du Petit Jaugnat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente). Au moment de sa naissance, son père est propriétaire. Il a déjà deux soeurs aînées dans la famille, Anne âgée de 6 ans, et Anne âgée de 3 ans. 

(source : Archives départementales de la Charente - 11 FI 416/001)
La naissance de Pierre succède à celle d'un autre Pierre décédé à l'âge de 10 mois à la Goirandie à Massignac, probablement quand la famille vivait alors chez leur grand-mère Anne FOURGEAUD. 
(source : Heredis 2017)
Comme on le voit, dans cette famille, il est habituel pour les hommes, tous propriétaires, de savoir signer. En revanche, on ne prend pas la peine d'apprendre à écrire aux femmes ... Les DESVEAUX habitent au lieu-dit du Petit Jauniat depuis des siècles (la première trace trouvée à ce jour date de 1781). C'est un lieu dit situé près de La Grange du Maître, domicile de la famille VEYRET avec laquelle les DESVEAUX ont de nombreuses alliances (on peut voir Catherine VEYRET dans l'arbre ci-dessus, arrière-grand-mère de Pierre DESVEAUX). 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 P)
Le corps de ferme qu'on peut voir sur le cadastre de 1839 existe toujours aujourd'hui. C'est une grosse exploitation agricole. Mon grand-père m'a dit qu'ils avaient des ruches, des boeufs, probablement aussi des cultures, mais je ne suis pas sur pour ce dernier point. L'élevage de boeufs serait lui confirmé par cette description de la commune dans un ouvrage du début du XXe siècle : "La commune de Vitrac-Saint-Vincent est une des plus importantes du canton ; elle tient le troisième rang comme superficie et le cinquième comme population. [...] L'agriculture est prospère ; l'élevage du bétail y tient le premier rang et la surface consacrée aux pâturages dépasse la moitié de la superficie totale de la commune." (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, p. 222)

(source : Google Maps)
Lorsque la dernière soeur de Pierre (encore une autre Anne, la troisième !) naît en 1855, il est alors âgé de 4 ans. Toute la famille est partie à Mouzon, au lieu dit de Chez Mourgoux. C'est une possession beaucoup plus récente de la famille plutôt associée à la famille FOURGEAUD (sa famille maternelle). Ils semblent faire des aller-et-retour entre Mouzon et Vitrac-Saint-Vincent (malheureusement les recensements sont incomplets), les deux villages n'étant séparés que par Montemboeuf. Lorsque Pierre a 10 ans, ils vivent à nouveau à Vitrac-Saint-Vincent, et lorsqu'il a 21 ans, ils sont de retour à Mouzon. En effet, en 1871, son père Jean DESVEAUX sera maire de cette commune et ajoutera un "m" pour "maire" à la suite de son nom depuis lors dans sa signature. 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - p. 206)
Lorsqu'il est âgé de 13 ans, sa soeur aînée Anne épouse Jean BROUSSAUDIER. L'année suivante, son autre soeur Anne épouse un autre Jean BROUSSAUDIER (frère du précédent). 

(source : Heredis 2017)
Le 23 avril 1872, les parents de Pierre, Jean DESVEAUX et Anne FOURGEAUD font venir leur notaire Maître HUGONNEAU de Massignac pour donner procuration à leur fils de passer un contrat de mariage. C'est Anne FOURGEAUD qui mène la barque, elle semblait être une forte femme et une forte personnalité (d'une part par la récurrence du prénom Anne dans la famille depuis qu'elle y est entrée, mais aussi parce qu'elle est présente partout et pour tous les actes). Traditionnellement, au XIXe siècle, les actes notariés se présentent dans la forme suivante : "Est comparu M. Untel, est comparue Mme Untel de son mari autorisée". Ici, nous avons la confirmation du caractère fort de "la Dame Desveaux" car la formulation de l'acte est assez particulière : 

(source : Archives départementales de la Haute-Vienne)
"a comparu : Mme Anne Fourgeaud sans profession, épouse de M. Jean Desveau propriétaire aussi sans profession avec lequel elle demeure au village de chez mourgoux commune de Mouzon. Laquelle assistée et autorisée de M. Desveau son mari, a ce présent, la fait et constitue pour son mandataire spécial, aux effets ci-après, et lui a donné pouvoir de pour elle et en son nom". C'est donc elle qui comparait, c'est elle qui gère l'argent dans la famille et son mari l'autorise à s'occuper de tout en toute indépendance. Dans cette procuration, elle autorise son fils Pierre à aller passer contrat de mariage à Rochechouart (Haute-Vienne) avec sa future épouse, et à y faire don dans ce contrat d'une "pension annuelle et viagère de trente francs", et "en outre pour deux cents francs d'objets mobilier qui lui seront livrés le jour et avant le mariage"

Louise BESSE (à gauche) et Pierre DESVEAUX (à droite) vers 1909. Sur toutes les photos de lui, il semble porter de larges favoris
(source : Archives personnelles)

Le contrat de mariage entre Pierre DESVEAUX et Louise BESSE, une orpheline héritière d'une certaine fortune immobilière, a lieu le 26 avril 1872 à Rochechouart (Haute-Vienne). Pierre est âgé de 21 ans et sa future épouse de 17 ans. La formulation étonnante a lieu à nouveau, le père de Pierre, Jean, agi "en son nom personnel et, en outre, en qualité de mandataire de la dite Anne Fourgeaud son épouse". Elle ne s'est pas déplacée, mais elle autorise son mari ! L'oncle de Pierre, Jacques DESVEAUX est également présent car il va lui faire une donation. Louise BESSE, orpheline, est représentée par son tuteur Jean TIPHONNET. Au delà des dons que nous avons vu ci-dessus, Jacques DESVEAUX (probablement pour équilibrer les apports des deux époux), fait une donation de 6000 F à son neveu. Il faut dire qu'il n'a pas eu d'enfants de son mariage avec Anne FOURGEAUD (soeur de notre Anne FOURGEAUD qui est la mère de Pierre qui nous concerne ...).

La future épouse de Pierre apporte une dot assez considérable puisqu'elle est orpheline avec pourtant un frère et une soeur encore vivants. Elle apporte en dot "la propriété qu'elle possède au village du Breuil et dans ses dépendances sur le territoire de la commune de Rochechouart et par extension sur le territoire de la commune de Pressignac" d'une valeur de 17 937,90 F, 1 263,75 F d'objets mobiliers ainsi que 1 500 F que lui doit son précédent tuteur Léonard LÉONARD, soit une dot totale de vingt mille huit cent dix-neuf francs cinq centimes.

Pierre DESVEAUX et Louise BESSE se marient le 7 mai 1872 à Mouzon (Charente) avec pour témoins Pierre POURSAC et Jacques DESVEAUX, oncles de l'époux, Jean GIRY, cousin de l'épouse et Jean LÉGER, oncle de l'épouse. 

Signatures au bas de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - p. 221)

Un peu moins d'un an plus tard, naît une petite Marie Joséphine au village de Chez Mourgoux (le plus peuplé de la commune) à Mouzon. Les DESVEAUX y vivent à plusieurs familles puisque les parents Jean DESVEAUX et Anne FOURGEAUD sont accompagnés de deux de leur filles Anne, de leur gendre Jean BROUSSAUDIER, de leur petit-fils Jean BROUSSAUDIER, et du jeune couple Pierre DESVEAUX (leur fils) et Louise BESSE (leur belle-fille). 

Recensement de 1872
(source : Archives départementales de la Charente - 6 M 128 - p. 5)

Il est probable que la famille élevait toujours des boeufs à Mouzon car "le sol est peu fertile et les récoltes sont médiocres" (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, p. 226). Alors que les parents continuent à vivre à Mouzon, le couple DESVEAUX-BESSE et leur jeune fille repartent vivre à Vitrac-Saint-Vincent dans la ferme du Petit Jauniat. C'est là qu'ils vivent en 1876 avec leur fille Marie Joséphine leur fils Jacques et leur domestique de 15 ans Catherine RIVET

Jacques DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et Louise BESSE et parrain de mon grand-père (vers 1909)
(source : Archives personnelles)

Ils sont un autre fils, Jean, en 1878, avant de déménager pour la commune de Suris (Charente) dans le lieu de Chez Rassat qui semble être une nouvelle acquisition de la famille car je n'y ai trouvé aucun cousin y habitant précédemment. L'activité ne fait aucun doute : "La principale industrie de la commune consiste dans l'élevage du bétail, principalement des boeufs limousins et des porcs. Près de la moitié de la superficie de la commune (475 hectares sur 1108) est couverte de belles prairies ; le reste est consacré à la culture des céréales, qui y donne des résultats satisfaisants. [...] Les foires, qui s'y tiennnent le 16 de chaque mois, sont importantes pour le bétail." (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, pp. 115-116).

(source : Archives départementales de la Charente - 3 P)
C'est la que la famille de Pierre et Louise va s'établir jusqu'à leur décès. Leur fils Pierre y naît en 1881, puis Anne en 1883, puis une autre Anne dite Anne Mélina en 1887. 

Pierre DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et de Louise BESSE (vers 1909)
(source : Archives personnelles)

Le premier drame arrive en 1888, quand Anne, la soeur de Pierre meurt à Suris (Charente). Elle avait épousé Pierre JEANNOT, un boulanger, avec lequel elle avait eu 5 enfants. C'est Pierre qui vient déclarer le décès de sa soeur qui les quitte à l'âge de 33 ans.

Puis c'est au tour de sa mère, Anne FOURGEAUD, de les quitter en 1891, âgée de 69 ans. C'est alors que sa femme Louise BESSE tombe à nouveau enceinte. Grossesse peut-être surprise et en tout les cas tardive car elle est alors âgée de 39 ans. Ce sera leur dernier enfant et mon ancêtre, Baptiste DESVEAUX, qui verra le jour en 1893. 

Baptiste DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et de Louise BESSE
(source : Archives personnelles)
La famille continue tranquillement sa vie, rythmée des différents mariages et naissances auxquels Pierre sera invité à être témoin : 
  • le mariage de son neveu Jean BROUSSAUDIER avec Louise Rose DELAVALLADE
  • le mariage de sa fille Marie Joséphine DESVEAUX avec Jean MARSIQUET (son cousin au 3e degré)
  • le mariage de sa nièce Louise Françoise dite Marie JEANNOT avec Léonard FARGES
  • le mariage de son fils Jean DESVEAUX avec Anne dite Anna ROULON
  • la naissance de son petit-fils Jean Pierre Maurice DESVEAUX (fils des précédents)
  • le mariage de sa fille Anne dite Anne Mélina DESVEAUX avec Pierre BELLAMY
  • enfin, le mariage de son fils Baptiste DESVEAUX avec Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
Faire-part de mariage de Baptiste DESVEAUX et Yvonne SUIVRE
(source : Archives personnelles)
Bien sûr, la vie de Pierre est marquée par la guerre de 1870 et par la Première Guerre mondiale. La plupart de ses fils ne vont néanmoins pas partir à la guerre, pour problèmes de santé. L'aîné, Jacques, est exempté pour tuberculose pulmonaire, Jean, pour néphrite chronique (inflammation du rein), et Pierre pour palpitations et bacillose pulmonaire. 

Finalement, seul Baptiste part à la guerre suite à l'appel de mobilisation. Nous avons trois photos de lui en soldat. 

Baptiste DESVEAUX à l'armée
(source : Archives personnelles)
J'ai la copie de deux cartes postales émouvantes qu'il écrit à ses parents. La première est en date du 3 mai 1914, à Chaumont, jour exact où fut prise la seconde photo ci-dessus. Voici donc ce qu'apprit Pierre de son fils cadet, le seul parti à la guerre : "Chers parents Depuis que je suis rendu on ne nous laisse guerre moisir à Chaumont nous avons déjà découché une fois et la carte que je vous envoie est une photographie prise dans le chef-lieu du canton de Jusennecourt où j’ai passé la nuit. Je puis vous dire que la nuit il ne fait pas bien chaud dans les granges mais tout de même on est beaucoup plus tranquille qu’à la caserne. Mais il y a toujours ce soleil qui vous tape sur la coloquinte. Demain nous allons faire nos marches d’épreuves qui vont durer 4 jours. et on nous fait porter depuis 2 jours le chargement complet de campagne. Enfin on nous fait galoper du pays mais aussi on nous fait traverser de beaux champs de blé, je ne vous crois point que ça les arrange bien. Chez nous ils devraient s’allonger par ce temps doux mais ils voudraient peut-être de l’eau maintenant. Les pommes de terre devraient être belles aussi, mais là je n’en n’ai pas encore vu. Il paraît maintenant que nous n’irons pas au camp de Valdahon mais à un autre petit camp plus près Pour la seconde fois le vieux Babaud se fait mettre en Ballotage mais il réussira sûrement au 2e tour Marquet lui aura plus de mal. Bonne santé à vous tous et bonne reussite à la frairie de Suris. Desveaux soldat au 169e Régimt d’Inf 5e Compagnie"

La seconde carte qu'il envoie est datée du 22 juin 1914 au Camp du Valdahon, ce qui signifie qu'en un mois seulement, il a traversé la France à pied pour aller sur la ligne de front : "Chers parents, Ainsi que je vous l’avais dit le 17 nous sommes partis pour le camp, le 17 au matin à 2 heures. Nous sommes allés par le train jusqu’à Champlitte (Hte Saône) Ensuite nous sommes allés cantonner à Dampierre-s-Salon à 17 Kilomètres. Le lendemain à Frasne-le Château à 28 Kilomètres le 19 à Moncey (Doubs) à 35 Kilomètres le 20 à Glandon à 35 Kilom. le 21 au Valdahon à 30 Kilomètres. Aujourd’hui il pleut toute la journée et on ne fait rien. Je peux vous dire que les étapes sont dures dans ce pays de montagnes. En arrivant à Besançon j’ai vu les plus hautes montagnes que j’aie jamais vues encore. Il y a des forts au dessus, on dirait qu’ils sont perchés sur la Tour-Eiffel. Mais contrairement à ce que je pensais le camp du Valdahon n’est pas montagneux mais il est très boisé. Le 21e Rt d’Infrie de Langres est arrivé le même jour que nous et il paraît que le 60e de Bosmon va venir dans quelques jours. Des detachements du 4e et du 5e artillerie ainsi que du 35e Rt Infrie y effectuent leurs tirs : Je ne me porte point mal pour le moment et j’espère bien que les gens ne se plaignent pas trop de la quantité de foin, il serait aussi à souhaiter que vous en disiez autant Chez-nous. Partout où nous avons passé nous avons été bien reçus par les habitants j’espère que nous serons aussi bien reçus aux manoeuvres à Epinal. Votre fils qui vous aime Desveaux Baptiste 109e Régit d’Infanterie au Camp du Valdahon (Doubs)"

Il est émouvant de voir que leur fils est à chaque fois soucieux des problèmes agricoles qui doivent  les concerner. Le 31 mai 1915, Baptiste DESVEAUX fera partie des rare survivants de la terrible attaque de la Bataille de l'Artois où un grand nombre de ses compagnons d'armes est décimé : "A peine sorties des tranchées, elle sont en buttent à un feu violent de mousqueterie de mitrailleuses et de bombes lancées du bas du talus N4 pendant que les fusées illuminent sans arrêt la croupe du talus, et que l'artillerie allemande effectue sur les 1e et 2e lignes un tir de barrage avec des projectiles de tous calibres. [...] A droite, la 6e Cie est soumise à un bombardement continuel qui contusionne un grand nombre d'hommes. [...] 17 Tués - 50 Blessés" (source : Secrétariat général pour l'administration / Mémoire des hommes - 26 N 680/2 - pp. 40-41). Il perdra trois phalanges de la main droite, mais survivra au combat. 

Pierre DESVEAUX s'éteint le 10 mai 1937 à Suris, âgé de 86 ans, quelques mois après le décès de sa femme Louise BESSE. Il aura eu le temps de connaître son petit-fils, mon grand-père, que je peux voir ensemble sur une très belle photo commune. 

À gauche, Louise BESSE, au fond, Yvonne Marguerite Marie SUIVRE, puis Pierre DESVEAUX, à droite sûrement Jacques DESVEAUX (?), au premier plan, mon grand-père (en 1934).
(source : Archives personnelles)

vendredi 17 juin 2016

Terrible incendie à Limoges le 13 novembre 1869

Marie DAUVERGNE + Bernard SAINT-YRIEIX + Marie BROCHET
|                                                            |
François SAINT-YRIEIX                       Louis SAINT-YRIEIX
   (époux Marie MIGNOT)                                         |                     
                                                             |
                                                       Françoise SAINT-YRIEIX
                                                             |
                                                     Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
                                                             |
                                                          Mon grand-père

Jusqu'à aujourd'hui, je savais peu de choses sur François SAINT-YRIEIX, le demi-frère de mon ancêtre Louis SAINT-YRIEIX, si ce n'est qu'il était rentier et habitait à Limoges (Haute-Vienne) lorsqu'il était témoin du mariage de sa nièce, mon ancêtre Françoise SAINT-YRIEIX avec Élie SUIVRE

(source : Heredis 2014)
François SAINT-YRIEIX est né du premier mariage de Bernard SAINT-YRIEIX, mon ancêtre, avec Marie DAUVERGNE. Comme il vivait apparemment à Limoges en 1894, je suis allé voir les tables décennales de cette grande ville dans l'espoir de retrouver ce nom de famille peu commun. J'ai assez rapidement retrouvé son mariage en 1870 (il a alors 37 ans) avec une jeune veuve de 23 ans, Marie MIGNOT. Elle est peintre, et veuve d'un peintre en porcelaine. Lui est à ce moment sous-brigadier d'octroi. 

(source : Heredis 2014)
Comme toujours dans les actes de mariage de cette époque, sont indiqués les date et lieu de naissance des futurs époux, ainsi que ceux de décès de leurs parents s'il y a lieu. Je ne me contente jamais de prendre ces informations (parfois erronées) pour argent comptant, mais je vais toujours vérifier dans les archives si je trouve les dits actes selon les renseignements indiqués (mêmes pour des collatéraux) afin d'avoir un arbre généalogique correctement sourcé et de ne pas véhiculer des informations généalogiques fausses sur internet. Et c'est en cherchant le décès de Marie CIBOT, la mère de la mariée, que je suis tombé sur un procès-verbal de police. 



(source : Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 85 / 256 - pp. 152-153)
Le 24 Novembre 1869. 
LIMOGES
COMMISSARIAT
DE POLICE
L’an mil huit cent soixante-neuf le Vingt-quatre Novembre.
Nous, Guillaume Redon, 
Commissaire de Police du 1er arrondissement de Limoges, 
Après avoir constaté les désastres occasionnés
par l’incendie de la rue Banc-léger le 13 de ce mois
qui a éclaté au domicile de la Veuve Mignot, née Marie
Cibot, agée de 64 ans, nous nous Sommes livré à une
enquête de laquelle il résulte que les Sieurs Junand
Mignot, agé de 23 ans, commis de commerce ; 2°
Dorat Jn Bte, Cordonnier ; 3° Cramer, Victor, agé de 
24 ans, artiste lyrique ; 4° Dubois, Joseph, restaurateur, 
agé de 54 ans, et 5° Cibot, Marie, Veuve Nicaud, tous
habitants la maison de Mme Veuve Mignot où le
feu a pris naissance, nous ont déclaré qu’ils avaient
échapés d’une manière toute providentielle de cet
affreux Sinistre ; mais qu’ils étaient convaincus que, 
Mme Veuve Mignot, née Marie Cibot ; amélie
Nicaud, agée de 5 ans et Mlle Juliette Joie, agée de 
54 ans, environ, locataire de Mme Veuve Mignot, étaient
restées dans les flammes et avaient infailliblement trouvé
la mort. 
Nous avons attendu Jusqu’à ce jour, c’est-à-dire, 
jusqu’à la fin de l’enlèvement des décombres ordonné
par la diligence de M. le Maire, pour constater SI 
on ne trouvait pas quelque reste provenant des trois
Victimes ; mais nous avons attendu en Vain. Il y a tout 
lieu de croire que les trois cadavres ont été entièrement
pulvérisés.
De tout quoi nous avons rédigé le présent procès-
Verbal pour être transmis à Monsieur le Maire, les
Jours, mois et an que dessus.
Le commissaire de police, 
P.S. Postérieurement à la rédaction de ce 
procès-Verbal, il a été trouvé dans les décombres des restes
humains qui ne laissent aucun doute Sur la mort des
Victimes de la catastrophe du treize novembre mil
huit cent Soixante-neuf.
Le commissaire de police, 
Redon

Un véritable drame s'est donc déroulé un an avant le remariage de Marie MIGNOT avec le frère de mon ancêtre. À trois heures du matin, la nuit du 13 novembre 1869, le domicile de la veuve MIGNOT situé au 6 rue Banc Léger, à Limoges, a pris feu ! Junand MIGNOT (probablement frère de Marie), Jean-Baptiste DORAT, Victor CRAMER (un artiste lyrique !), Joseph DUBOIS et Marie MIGNOT (nommée par erreur du nom de sa mère) ont réussi à s'échapper de cet incendie. Laissant une des locataires de Marie CIBOT et la propre fille de Marie MIGNOT, la petite Marie Amélie NICAUD âgée de 4 ans périr dans les flammes. Mais une femme orpheline (peut-être même avait-elle d'autres enfants avec son défunt premier mari) ne pouvait rester vivre seule très longtemps. C'est probablement la raison pour laquelle Marie MIGNOT épouse François SAINT-YRIEIX à peine quatre mois après cet horrible accident. Reste maintenant à chercher s'ils ont eu des enfants et si une branche de SAINT-YRIEIX a fait souche à Limoges.

lundi 26 octobre 2015

Raymond CHAPELLE dit Monsieur de Masvaleix

Raymond CHAPELLE
"Monsieur de Masvaleix"
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Guillaume CHAPELLE
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Marguerite CHAPELLE
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Anne MICHELEIN
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Guillaume REBEYROL
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Isabeau REBEYROL
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Élie SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Nous descendons deux fois des CHAPELLE de JUMILHAC, par la branche principale jusqu'à ce que Madeleine CHAPELLE de JUMILHAC épouse Jacques ARLOT, Seigneur de Frugie, et par cette branche "de Masvaleix". Raymond CHAPELLE est souvent appelé dans les actes "Monsieur de Masvaleix" dont il est aussi parfois dit lieutenant. Gallica vient de m'offrir cette merveilleuse trouvaille sur la forge et le château de Masvaleix (les CHAPELLE sont maîtres de forges à leurs origines). 

Ministère de l'instruction publique, des cultes et des beaux arts, Revue des sociétés savantes, t. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1877, pp. 500-551
Raymond CHAPELLE vit au début du XVIIIe siècle et apparemment, le château de Masvaleix appartenait à sa famille dès le XVIe siècle. Par le jeu des alliances, il est possible dont qu'il y ait vécu pour une raison ou pour une autre. Je n'ai pas encore réussi à le relié à mon autre branche. La femme de Guillaume CHAPELLE, Marie SEGUY, se faisait nommer "Demoiselle de Chapelle". Malheureusement, il a dérogé à sa noblesse en exerçant la profession infamante (pour les nobles) de greffier et c'est ainsi que cette branche des CHAPELLE devint roturière. La marraine de mon ancêtre Marguerite CHAPELLE est néanmoins Marguerite PASSARIEUX, Demoiselle du Montet et Guillaume et Aubin MONTET, Seigneurs de Latrade sont parrains de ses frères et soeurs cadets. 


jeudi 22 octobre 2015

Un horloger en trop et des POULINAT en moins

Pierre POULINAT
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Marie POULINAS
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Jean SUIVRE
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Élie SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Je suis actuellement à la recherche de la descendance de Pierre POULINAT et d'Antoinette COUSTY/COURTY/COURTEIX (le nom de famille n'est pas encore clairement établi). Cette famille est originaire de la Haute-Vienne et grâce aux archives nouvellement en ligne, j'ai pu remonter de deux générations l'ascendance POULINAT. 

(source : Heredis 2014)
J'ai retrouvé tous les enfants de ce couple : 
  • Pierre POULINAT, mort jeune
  • Michel POULINAT, marié à Jeanne JARRY, dont quatre enfants
  • François POULINAT, marié à Élisabeth DESON, dont deux enfants et à Louise BALAND dont un enfant
  • Marie POULINAS, mon ancêtre, mariée à Léonard SUIVRE, dont 6 enfants.
La famille a émigré du Chalard (Haute-Vienne) à la commune limitrophe de Jumilhac-le-Grand (Dordogne) entre l'an IV et l'an IX. En voulant redescendre les branches des frères de mon ancêtre Marie, j'ai trouvé les mariages, quelques enfants, puis ... plus rien. Ils semblent avoir quitté la commune vers les années 1820-1825 et je ne les retrouve ni dans les communes limitrophes de Dordogne, ni de Haute-Vienne.


(source : Heredis 2014)
Qu'il s'agisse de Michel, le cultivateur, ou de François, le charpentier, ils ont décidé tous deux de quitter Jumilhac. Seulement, ils ont quitté le bourg avec leur mère Antoinette dont je ne peux donc pas trouver l'acte de décès. C'est en cherchant les POULINAT dans le premier recensement de Jumilhac-le-Grand en 1836, que j'ai réalisé que la veuve Antoinette ne vivait pas avec sa fille mais avec ses fils. 

(source : Archives départementales de la Dordogne - FRAD024_6MI9_0181 - p. 190)
Sur ce recensement, la seule POULINAT de tout le bourg est mon ancêtre Marie, elle a déjà ses trois premiers enfants, Jean (mon ancêtre), Marie et Marguerite (dont les prénoms sont inversés dans le recensement) et ... un horloger. Pierre VACHER, 28 ans vit également avec cette famille. Pourquoi ? Probablement une chambre en trop à louer par la famille SUIVRE pour arrondir les fins de mois. Léonard SUIVRE était alors marchand mercier. 

Toujours est-il que je lance une petite bouteille à la mer aux généalogistes cherchant autour de ces communes de Dordogne et Haute-Vienne. Si jamais vous trouvez des POULINAT (nom pas très commun), faites-moi signe !