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samedi 27 juin 2020

Biographie : Jean DESVEAUX

Jean DESVEAUX
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Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père


1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ? 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 455/4 - vue 152/215)
Jean DESVEAUX est né le 27 novembre 1819 à Vitrac-Saint-Vincent (Charente). Sa naissance est déclarée le lendemain à Jean Théodore de JAMET, maire de la commune, par son père, Pierre DESVEAUX, propriétaire au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente). Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine, mais les deux témoins de sa naissance sont : 
  • Jean SAULNIER
  • Jean DEVAUTOUR, garde-champêtre
2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Il se marie le 21 février 1843 à 10h à Massignac (Charente) avec Anne FOURGEAUD, fille de François FOURGEAUD, propriétaire, et d'Anne PAILLOT. Le mariage est célébré par Pierre BOULESTEIX, maire de la commune.

Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 227/8 - vue 15/419)
Les témoins du mariage sont :

  • Jean BAINEAUD, propriétaire au Village de la Pillenie à Nieuil (Charente), oncle de l'époux
  • Jacques BOULESTEIX, propriétaire à Labrousse à Lésignac-Durand (Charente), oncle de l'époux
  • Léonard FOURGEAUD, propriétaire à La Gouarandie à Massignac (Charente), frère de l'épouse
  • Jacques FOURGEAUD, propriétaire à Valette à Lésignac-Durand (Charente), oncle de l'épouse
3. Comment s'est déroulé le mariage ? 

Le mariage se déroule en présence des parents des deux époux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ?

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 242/13 - vue 107/289)
Il meurt le 16 mars 1896 à 21h à Beaussac à Montemboeuf (Charente). Le décès est déclaré le lendemain par son gendre Jean BROUSSAUDIER, propriétaire au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente), et par Jean RASSAT, propriétaire à Beaussac à Montemboeuf (Charente). Je ne sais pas où il a été inhumé. 

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ?

Les matricules militaires de son époque ne sont pas disponibles en ligne. 

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur lui dans la presse ? 

Il n'y a pas d'informations dans la presse le concernant. 

7. Quels événements historiques a-t-il connus ? 

Il naît sous la Restauration sous le règne de Louis XVIII, il se marie sous la Monarchie de Juillet et il meurt en pleine affaire Dreyfus. 

8. Quelle était son instruction ? 

(source : Archives départementales de la Charente)
Il a probablement reçu une bonne instruction primaire car il a une belle écriture et une signature élaborée. 

9. Dans quel environnement géographie évoluait-il ?

LANDRY, Carte topographique et routière du département de la Charente : réduite sur celle dressée d'après les ordres de Mr Larreguy préfet du département, Angoulême, Abel Cognasse Éditeur, 1842
(source : Gallica/BnF)
Il a évolué dans le même secteur géographique dans le département de la Charente au Nord-Est d'Angoulême. 

10. S'est-il beaucoup déplacé dans sa vie ?

Il naît à Vitrac-Saint-Vincent, où il vivra au Village du Petit Jauniat, avant d'aller à La Gouarandie à Massignac (1848), puis au Village de Chez Mourgout à Mouzon (1855), résidence qu'il alternera avec le Petit Jauniat à Vitrac avant d'aller vivre à Beaussac à Montemboeuf (1895). 

11. Comment se déplaçait-il ? 

À pieds ou probablement en charrette tirée par des boeufs, sa famille étant des éleveurs de boeufs. 

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-il ?

Son premier métier connu en 1843 est "propriétaire". Il vient en effet d'une famille de propriétaires terriens qui possédaient de nombreuses fermes en Charente. 

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-il ? 

Il est également mentionné comme cultivateur. À la fin de sa vie il est dit rentier. En 1870 et 1871, il est également maire de Mouzon. 

14. Comment apparaît-il dans les recensements ? 

(source : Archives départementales de la Charente - 6 M 95 - vue 22/51)
Après son mariage, il vit en 1846 en famille au Petit Jauniat avec ses parents, ses frères et soeurs, sa fille et un domestique. 

(source : Archives départementales de la Charente - 6 M 128 - vue 5/21)
En 1872, il vit au Village de Chez Mourgout à Mouzon (Charente) et il accueille à son tour son gendre, son petit-fils et ses parents. 

(source : Archives départementales de la Charente - 6 M 209 - vue 33/42)
En 1891, il retourne au Petit Jauniat où il vit avec sa double-belle-soeur (la veuve de son frère et la soeur de sa femme), sa femme et un domestique. 

15. Quel était le parler de sa région ?

On y parlait le limousin qui est un dialecte occitan. 

16. Comment s'habillait-il ?

Je n'ai pas de photographie de Jean DESVEAUX et j'ignore comment il pouvait s'habiller. 

17. Combien a-t-il eu d'enfants ?

Il a eut six enfants avec sa femme Anne FOURGEAUD : 
  • Anne DESVEAUX, cultivatrice, née le 15 mars 1844 au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
  • Anne DESVEAUX, cultivatrice, née le 16 avril 1847 au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
  • Pierre DESVEAUX, né le 25 novembre 1848 au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente) et mort à 10 mois
  • Pierre DESVEAUX (mon ancêtre), cultivateur et exploitant, né le 26 novembre 1850 au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
  • Anne DESVEAUX, boulangère, née le 20 mai 1855 à Chez Mourgout à Mouzon (Charente)
  • Catherine DESVEAUX, cultivatrice, née le 8 août 1861 au Petit Jauniat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
Je possède quelques photographies de Pierre DESVEAUX, mon ancêtre (leur quatrième enfant) : 

Pierre DESVEAUX en 1909
(source : Archives familiales)
Dans cette famille, on voit une insistance à appeler quasiment toutes les filles Anne (comme leur mère et leur grand-mère). 

18. A-t-il assisté au mariage de ses enfants ?

Il assiste au mariage de tous ses enfants : 
  • en 1863, sa fille Anne épouse Jean BROUSSAUDIER, cultivateur
  • en 1864, son autre fille Anne épouse un autre Jean BROUSSAUDIER, cultivateur
  • en 1872, son fils Pierre épouse Louise BESSE, cultivatrice
  • en 1873, sa troisième fille Anne épouse Pierre JEANNOT, boulanger
  • en 1881, sa fille Catherine épouse Jean DELAUGE, cultivateur
19. Que signifie son nom de famille ? 

Selon Filae, DESVEAUX est un sobriquet, c'est un dérivé de "val". L'origine de ce nom est latine son étymologie vient de valle/vallis : la vallée .

20. Qui était son père ? 

Son père était Pierre DESVEAUX, propriétaire cultivateur et agriculteur. 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Élisabeth BOULESTEIX, propriétaire et cultivatrice. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Il est issu d'une famille de cinq enfants dont il est le troisième : 
  • Marguerite, cultivatrice à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
  • Catherine, épouse d'un cultivateur à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
  • Pierre, propriétaire cultivateur à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
  • Jacques, propriétaire cultivateur à Vitrac-Saint-Vincent (Charente)
23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ?

En 1857, il est témoin du mariage de son frère Pierre avec Françoise DOGNON. En 1861, il est témoin du mariage de sa cousine Cathy dite Catherine VEYRET avec Françoise DERASSAT. En 1866, il est témoin du mariage de sa nièce Catherine VEYRET avec Jean SELLIER. Il assiste également aux mariages de certains de ses petits-enfants. De manière générale, cette famille se marie avec des familles dont ils sont cousins et ils vivent en vase clos et très proches de leur famille. 

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ?

(source : Heredis 2018)
Toute sa famille vient de Charente. Les archives en ligne de ce département s'arrêtant pour l'instant en 1737, je ne possède pas les actes de baptême de tous ses ancêtres. Certains viennent de familles notables, ce qui me permet néanmoins de remonter plus loin grâce aux publications écrites à leur sujet. 

Ses ancêtres paternels sont tous cultivateurs, ses ancêtres maternels sont tous marchands. Parmi eux, son arrière-grand-père Pierre VEYRET-CHEILLOT, bourgeois et Sieur de Cheliot. 

25. Quelle était sa religion ?

Il était probablement catholique. 

26. Votre ancêtre chez le notaire. 

Je le retrouve comme témoin des contrats de mariage de ses enfants, mais je n'ai pas d'acte notarié le concernant précisément. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ? 

Je n'ai pas de photographies de cet ancêtre. 

28. Quels étaient ses repas ? 

Je sais que son fils élevait des boeufs et avait également des ruches. Il est probable qu'il en ait été de même pour lui. J'imagine qu'il consommait des produits de ses terres. 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

Je n'ai pas d'histoire concernant cet ancêtre. 

30. Comment a-t-il participé à la vie de la communauté (membre du conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme ...) ? 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - vue 200/235)
Il a été maire de Mouzon (Charente) en 1870 et 1871, probablement à cause de la guerre. 

Jack ma, mairie de Mouzon, Charente, France, 2011
(source : licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons)

mercredi 21 février 2018

Les cahiers de doléances à Vitrac-Saint-Vincent

Le 24 janvier 1789, Louis XVI convoque les états généraux et demande donc aux représentants du Tiers-État de donner leur avis à travers des cahiers de doléances. L'exemple de Vitrac-Saint-Vincent (Charente) est parlant car il montre comment une petite paroisse du fin fond de la Charente s'est emparée de ce sujet. On voit aussi que les représentants du "peuple" sont surtout des représentants des notables. Aucun journalier illettré dans l'assemblée qui a lieu à Vitrac le 6 mars 1789, comme nous allons le voir. 

(source : Archives départementales de la Charente - AD 86 C 865 vue 2/2)
Sont assemblés au son des cloches de l'église Saint-Maixent de Vitrac auprès de Jean DEPRECIGOU, notaire royal et juge sénéchal de la châtellenie de Vitrac, de maître Isaac PELLETAN, notaire, procureur et receveur des domaines, de Léonard POUMEAU, greffier, et de sieur François DEPREVEUX, bourgeois, les habitants suivants (représentant une paroisse de 200 feux) selon l'orthographe de l'acte : 
  • Charles MENU, sieur de Latoune, avocat à la Cour
  • sieur Pierre BERNARD, bourgeois
  • Jean RIFAUD, sieur de la Jourdaine
  • Pierre VEYRET, sieur de Cheliot (mon ancêtre)
  • Jean DEPRECIGOU, huissier royal
  • Jacques MASSAT
  • Pierre CROUZY
  • Michel DEMANNE
  • Pierre MICHELLET, meunier
  • Jean MADIGOU, laboureur
  • Léonard de la BRUGIÈRE (beau-frère d'un ancêtre)
  • Jean SAULNIER (époux en seconde noces d'une ancêtre)
  • Jean DESFORGES
  • Léonard DEVAUD (mon ancêtre)
  • Pierre DESBORDE l'aîné
  • François CHARBAUX
  • Jean CHARBAUX
  • Pierre VEYRET, notaire royal (cousin)
  • Jean ANDRÉ
  • sieur Antoine GUERY, bourgeois
  • Jean ROBY, sergent

Tout d'abord, il est amusant de voir que cinq représentants de la paroisse sont de ma famille. Ils furent sélectionnés car "tous né françois et naturalisés agés de vingt Cinq ans Compris dans les Roles Des Impositions, Et habitans De la présenté paroisse De vitrac".

(source : Heredis 2018)
On voit dans cet arbre que Léonard DEVAUD et Léonard LABREGERE (de la BRUGIERE dans l'acte, comme nommé avant la Révolution) sont beaux-frères. 

(source : Heredis 2018)
Pierre VEYRET est le grand-père d'Élisabeth BOULESTEIX, elle-même femme de Léonard DEVAUD nommé plus haut. L'autre Pierre VEYRET, notaire royal, est probablement un de ses enfants (a priori ils sont la seule branche de VEYRET à vivre à Vitrac, mais je n'ai pas encore reconstitué toute cette famille). 

Jack ma. (2010, 22 mai). église de Vitrac-St-Vincent, Charente, France [photographie]. Repéré à https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vitracsv_eg1.JPG
(licence : CC BY-SA 3.0)
Toutes ces personnes assemblées au son des cloches de l'église Saint-Maixent de Vitrac ont pour mission d'élire leurs députés qui iront devant le lieutenant général de Civray (Vienne) pour porter les doléances de la paroisse. Ce sont Isaac PELLETAN et Pierre VEYRET, notaire royal, qui seront donc élus députés de Vitrac et ont "Tout pouvoir Requis Et necessaire a leffet De les Representer En laditte assemblée pour Toutes Les operations prescrites par L'ordonnance Susditte de Mondit Sieur Le Lieutenant général De Civray ; Comme aussy de Donner pouvoir generaux Et Se fesant De proposer Remontrer aviser Et Consanter Tout ce qui peu Conserver Les Besoins Doblat, La Reforme Des abûs L'établissement D'un ordre fixe et durable Dans Toutes Les parties De l'administration La properité général du Royaume Et le Bien de tous Et de Chacun Des sujets de sa majesté"... Vaste programme ! 

On voit bien qu'il s'agit plus d'une assemblée de notables qu'une assemblée du peuple, mais on peut imaginer l'agitation qu'un tel événement historique qui a touché toutes les paroisses de France a pu provoquer. 

(source : Archives départementales de la Charente - AD 86 C 865 vue 1/4)
"Très humble Supplique Et Remontrance de
La paroisse De vitrac aux êtats généraux ordonnés
par Sa majesté Le vingt Sept avril mil Sept
Cens quatre vingt neuf, Les habitants, ont
L'honneur D'observer quils ont Jouit De
L'exécution De la grande Taille jusque En l'année
mil Sept Cens quatre vingt Sept, qu'ils
furent Imposés ; Et Ils payoient ..."
On sent comme une crainte à adresser des remontrances et l'envie de montrer qu'ils sont des sujets exemplaires qui payent leur impôt. Ils rappellent le privilège accordé à la paroisse par le roi Jean en 1354, ce qui rappelle que chaque lieu de France vivait selon un droit coutumier particulier dans un véritable mille-feuille d'exceptions. Suit un portrait de la commune : "Celle qui est en Culture ne produit que très peu, En Ce que Chaque Boisseau De Semence ne donne que de Trois ; vu Et Encore que la nature qu'il produit n'est pas Des meilleure Il ce Ramasse quelques Chataignes", "les Devoirs Seigneuriaux Y Sont Très Chers y ayant Beaucoup De terrain Dont Le Revenu ne peu Sufire pour payer La Rente, Raison qui Les Engages a dire que Sils Sont Continués a être Imposés ; Comme Ils Le Lont été, En mil Sept Cens quatre vingt Sept Et mil Sept Cens quatre vingt huit, Ils Se trouvera parmis Leur Communaute qui Seront obligés D'abandonner Leurs possessions au profit Des Seigneurs, moyenant Leur Rente", "Ils observent quils ne Connaissent Rien De plus a propos pour Le Soulagement général que De Trouver un moyen pour que Chaque Individu aye une Taxe Egalle Et proportionnée Sans quil y aye aucun êgard aux privilege de la noblesse ou Du Clergé" (quelle modernité ! on voit que les idées des Lumières atteignent jusqu'aux villages de Charente). Voici donc les doléances des paroissiens de Vitrac (dans l'orthographe d'époque) : 

  1.  que Les Deputés Du tier Etat, aux Etats generaux Soient Choisis parmis cet ordre
  2. que Le Choix D'Iceux ne Soit fait que par Son ordre, pour que Les Sufrages Soient plus Libres
  3. que Lors De la Tenue des Etats generaux ils tiennent Leurs Deliberations à part ; pour que Les deux premiers ordre nayent aucunes influance, ce qu'ils Tentent Et Tenteronts Toûjour
  4. qu'il ne Soufrent point qu'on vôte, par ordre, mais Seulement par Têtée, Et qu'ils Concluent, à une Tenue Des Etats généraux, Tous Les Cinq ans
  5. qu'ils ne Socupent De la partie Des finances, qu'apres avoir absolument Terminé L'abolission De tous Les privileges De Messieurs Les gentilshommes, Et du Clergé, Et avoir faites Entrer ces Deux ordres Dans Letat De Citoyen pour Etre Interessés a la prosperité Et Soutient Commun de la liberté
  6. qu'ils Reforment Les Loix ou au moins Les Eclaircissent De maniere que le Commentateur En voulant Les Rendre facilles, ne Les Rende pas Contradictoire, Il Seroit même a Soûhaiter Sil Est possible qu'il ny En Eû qu'une Seule, Dans Toute Letendue Du Royaume
  7. qu'on Refonde En Entier Toutes La procedure, Et quon La Simplifie autant que faire ce poura
  8. quon Suprime Toutes Les Justices Subalternes
  9. qu'en Leur Lieu et place Les paroissiens ce nomment un Juge De paix Tribunal qui Sera Choisit Dans La Classe Des Sitoyens Les plus Eclairés Et Reconnus avoir plus De probité, qu'il Sera Cependant Libre de Renouveller ou Continuer Tous Les Trois ans ; 
  10. que Toutes Les vingt paroisses, il y aye De petites Senechaussées
  11. que Les officiers Du Baliage Soient même Choisis par Les Etats Du Baliage Tous Les Cinq ans ; Et Jugeronts Sur Toute Sorte De matiere, ne Seront Tenus De payer aucunes finance ny frais De Reception ; qu'au moyen De Cette Creation on Suprime Tous Les autres Sieges Et que Connetablie, maitrise, Ellection ; Bureau des finances, qu'en a la Cassation des Sentences, Des Baliages La Connoissance En Soit Seulement Reservée aux parlements
  12. qu'on Suprime En Entier Dans L'Interieur Du Royaume Tous Les Commis De gabelle, Doûanne, Trelle ; Et autres
  13. qu'il ny aye qu'un Seul Et même Impots Sur un même Rôle, 
  14. que dans Chaque paroisse, L'on y Etablisse D'eux Ellus ou un Commissaire qui Sera Chargé d veiller Tous Les mois a la perception De Cet Impots, qu'il fera passer Directement à un Receveur provincial Etably a Cet effet ; qui Le portera Dans Le Tresord De Sa majesté, 
  15. quil y aye un Tarif fixe Du Controlle Et de franc fief permanant Dont La Recepte Soit Confiée aux Receveurs des provinces, avec apointement fixe
  16. Le Reintegrement Du Tier êtat dans Toutes Les Charges honorables De lêtat
  17. qu'il Soit Seulement Reservé à L'intendant de mêtre Cette Execution Les ordres Et Reglement De Sa majesté 
  18. Le Renbourcement de toute Les Charges fiscalles
  19. que il ne Sera fait aucuns Enprunts ny àlienations Sans Le Consentement Des Etats généraux assemblés
  20. qu'il Seroit Interessant à Chaque Communauté De faire La Repartission De Ses Impositions ; Comme De trouver un moyen à faire Rentrer Les fonds Dans La forme La moin dispendieuse
On voit que la plupart des demandes concernent plus d'égalité entre les ordre, l'égal accès aux fonctions et charges, une simplification de l'organisation des provinces et moins d'impôts. Ce serait presque d'actualité ! 

vendredi 9 décembre 2016

Biographie : Pierre DESVEAUX

Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Pierre DESVEAUX naît le 26 novembre 1850 au Village du Petit Jaugnat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente). Au moment de sa naissance, son père est propriétaire. Il a déjà deux soeurs aînées dans la famille, Anne âgée de 6 ans, et Anne âgée de 3 ans. 

(source : Archives départementales de la Charente - 11 FI 416/001)
La naissance de Pierre succède à celle d'un autre Pierre décédé à l'âge de 10 mois à la Goirandie à Massignac, probablement quand la famille vivait alors chez leur grand-mère Anne FOURGEAUD. 
(source : Heredis 2017)
Comme on le voit, dans cette famille, il est habituel pour les hommes, tous propriétaires, de savoir signer. En revanche, on ne prend pas la peine d'apprendre à écrire aux femmes ... Les DESVEAUX habitent au lieu-dit du Petit Jauniat depuis des siècles (la première trace trouvée à ce jour date de 1781). C'est un lieu dit situé près de La Grange du Maître, domicile de la famille VEYRET avec laquelle les DESVEAUX ont de nombreuses alliances (on peut voir Catherine VEYRET dans l'arbre ci-dessus, arrière-grand-mère de Pierre DESVEAUX). 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 P)
Le corps de ferme qu'on peut voir sur le cadastre de 1839 existe toujours aujourd'hui. C'est une grosse exploitation agricole. Mon grand-père m'a dit qu'ils avaient des ruches, des boeufs, probablement aussi des cultures, mais je ne suis pas sur pour ce dernier point. L'élevage de boeufs serait lui confirmé par cette description de la commune dans un ouvrage du début du XXe siècle : "La commune de Vitrac-Saint-Vincent est une des plus importantes du canton ; elle tient le troisième rang comme superficie et le cinquième comme population. [...] L'agriculture est prospère ; l'élevage du bétail y tient le premier rang et la surface consacrée aux pâturages dépasse la moitié de la superficie totale de la commune." (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, p. 222)

(source : Google Maps)
Lorsque la dernière soeur de Pierre (encore une autre Anne, la troisième !) naît en 1855, il est alors âgé de 4 ans. Toute la famille est partie à Mouzon, au lieu dit de Chez Mourgoux. C'est une possession beaucoup plus récente de la famille plutôt associée à la famille FOURGEAUD (sa famille maternelle). Ils semblent faire des aller-et-retour entre Mouzon et Vitrac-Saint-Vincent (malheureusement les recensements sont incomplets), les deux villages n'étant séparés que par Montemboeuf. Lorsque Pierre a 10 ans, ils vivent à nouveau à Vitrac-Saint-Vincent, et lorsqu'il a 21 ans, ils sont de retour à Mouzon. En effet, en 1871, son père Jean DESVEAUX sera maire de cette commune et ajoutera un "m" pour "maire" à la suite de son nom depuis lors dans sa signature. 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - p. 206)
Lorsqu'il est âgé de 13 ans, sa soeur aînée Anne épouse Jean BROUSSAUDIER. L'année suivante, son autre soeur Anne épouse un autre Jean BROUSSAUDIER (frère du précédent). 

(source : Heredis 2017)
Le 23 avril 1872, les parents de Pierre, Jean DESVEAUX et Anne FOURGEAUD font venir leur notaire Maître HUGONNEAU de Massignac pour donner procuration à leur fils de passer un contrat de mariage. C'est Anne FOURGEAUD qui mène la barque, elle semblait être une forte femme et une forte personnalité (d'une part par la récurrence du prénom Anne dans la famille depuis qu'elle y est entrée, mais aussi parce qu'elle est présente partout et pour tous les actes). Traditionnellement, au XIXe siècle, les actes notariés se présentent dans la forme suivante : "Est comparu M. Untel, est comparue Mme Untel de son mari autorisée". Ici, nous avons la confirmation du caractère fort de "la Dame Desveaux" car la formulation de l'acte est assez particulière : 

(source : Archives départementales de la Haute-Vienne)
"a comparu : Mme Anne Fourgeaud sans profession, épouse de M. Jean Desveau propriétaire aussi sans profession avec lequel elle demeure au village de chez mourgoux commune de Mouzon. Laquelle assistée et autorisée de M. Desveau son mari, a ce présent, la fait et constitue pour son mandataire spécial, aux effets ci-après, et lui a donné pouvoir de pour elle et en son nom". C'est donc elle qui comparait, c'est elle qui gère l'argent dans la famille et son mari l'autorise à s'occuper de tout en toute indépendance. Dans cette procuration, elle autorise son fils Pierre à aller passer contrat de mariage à Rochechouart (Haute-Vienne) avec sa future épouse, et à y faire don dans ce contrat d'une "pension annuelle et viagère de trente francs", et "en outre pour deux cents francs d'objets mobilier qui lui seront livrés le jour et avant le mariage". 

Louise BESSE (à gauche) et Pierre DESVEAUX (à droite) vers 1909. Sur toutes les photos de lui, il semble porter de larges favoris
(source : Archives personnelles)

Le contrat de mariage entre Pierre DESVEAUX et Louise BESSE, une orpheline héritière d'une certaine fortune immobilière, a lieu le 26 avril 1872 à Rochechouart (Haute-Vienne). Pierre est âgé de 21 ans et sa future épouse de 17 ans. La formulation étonnante a lieu à nouveau, le père de Pierre, Jean, agi "en son nom personnel et, en outre, en qualité de mandataire de la dite Anne Fourgeaud son épouse". Elle ne s'est pas déplacée, mais elle autorise son mari ! L'oncle de Pierre, Jacques DESVEAUX est également présent car il va lui faire une donation. Louise BESSE, orpheline, est représentée par son tuteur Jean TIPHONNET. Au delà des dons que nous avons vu ci-dessus, Jacques DESVEAUX (probablement pour équilibrer les apports des deux époux), fait une donation de 6000 F à son neveu. Il faut dire qu'il n'a pas eu d'enfants de son mariage avec Anne FOURGEAUD (soeur de notre Anne FOURGEAUD qui est la mère de Pierre qui nous concerne ...).

La future épouse de Pierre apporte une dot assez considérable puisqu'elle est orpheline avec pourtant un frère et une soeur encore vivants. Elle apporte en dot "la propriété qu'elle possède au village du Breuil et dans ses dépendances sur le territoire de la commune de Rochechouart et par extension sur le territoire de la commune de Pressignac" d'une valeur de 17 937,90 F, 1 263,75 F d'objets mobiliers ainsi que 1 500 F que lui doit son précédent tuteur Léonard LÉONARD, soit une dot totale de vingt mille huit cent dix-neuf francs cinq centimes.

Pierre DESVEAUX et Louise BESSE se marient le 7 mai 1872 à Mouzon (Charente) avec pour témoins Pierre POURSAC et Jacques DESVEAUX, oncles de l'époux, Jean GIRY, cousin de l'épouse et Jean LÉGER, oncle de l'épouse. 

Signatures au bas de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - p. 221)

Un peu moins d'un an plus tard, naît une petite Marie Joséphine au village de Chez Mourgoux (le plus peuplé de la commune) à Mouzon. Les DESVEAUX y vivent à plusieurs familles puisque les parents Jean DESVEAUX et Anne FOURGEAUD sont accompagnés de deux de leur filles Anne, de leur gendre Jean BROUSSAUDIER, de leur petit-fils Jean BROUSSAUDIER, et du jeune couple Pierre DESVEAUX (leur fils) et Louise BESSE (leur belle-fille). 

Recensement de 1872
(source : Archives départementales de la Charente - 6 M 128 - p. 5)

Il est probable que la famille élevait toujours des boeufs à Mouzon car "le sol est peu fertile et les récoltes sont médiocres" (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, p. 226). Alors que les parents continuent à vivre à Mouzon, le couple DESVEAUX-BESSE et leur jeune fille repartent vivre à Vitrac-Saint-Vincent dans la ferme du Petit Jauniat. C'est là qu'ils vivent en 1876 avec leur fille Marie Joséphine leur fils Jacques et leur domestique de 15 ans Catherine RIVET. 

Jacques DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et Louise BESSE et parrain de mon grand-père (vers 1909)
(source : Archives personnelles)

Ils sont un autre fils, Jean, en 1878, avant de déménager pour la commune de Suris (Charente) dans le lieu de Chez Rassat qui semble être une nouvelle acquisition de la famille car je n'y ai trouvé aucun cousin y habitant précédemment. L'activité ne fait aucun doute : "La principale industrie de la commune consiste dans l'élevage du bétail, principalement des boeufs limousins et des porcs. Près de la moitié de la superficie de la commune (475 hectares sur 1108) est couverte de belles prairies ; le reste est consacré à la culture des céréales, qui y donne des résultats satisfaisants. [...] Les foires, qui s'y tiennnent le 16 de chaque mois, sont importantes pour le bétail." (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, pp. 115-116).

(source : Archives départementales de la Charente - 3 P)
C'est la que la famille de Pierre et Louise va s'établir jusqu'à leur décès. Leur fils Pierre y naît en 1881, puis Anne en 1883, puis une autre Anne dite Anne Mélina en 1887. 

Pierre DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et de Louise BESSE (vers 1909)
(source : Archives personnelles)

Le premier drame arrive en 1888, quand Anne, la soeur de Pierre meurt à Suris (Charente). Elle avait épousé Pierre JEANNOT, un boulanger, avec lequel elle avait eu 5 enfants. C'est Pierre qui vient déclarer le décès de sa soeur qui les quitte à l'âge de 33 ans.

Puis c'est au tour de sa mère, Anne FOURGEAUD, de les quitter en 1891, âgée de 69 ans. C'est alors que sa femme Louise BESSE tombe à nouveau enceinte. Grossesse peut-être surprise et en tout les cas tardive car elle est alors âgée de 39 ans. Ce sera leur dernier enfant et mon ancêtre, Baptiste DESVEAUX, qui verra le jour en 1893. 

Baptiste DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et de Louise BESSE
(source : Archives personnelles)
La famille continue tranquillement sa vie, rythmée des différents mariages et naissances auxquels Pierre sera invité à être témoin : 
  • le mariage de son neveu Jean BROUSSAUDIER avec Louise Rose DELAVALLADE
  • le mariage de sa fille Marie Joséphine DESVEAUX avec Jean MARSIQUET (son cousin au 3e degré)
  • le mariage de sa nièce Louise Françoise dite Marie JEANNOT avec Léonard FARGES
  • le mariage de son fils Jean DESVEAUX avec Anne dite Anna ROULON
  • la naissance de son petit-fils Jean Pierre Maurice DESVEAUX (fils des précédents)
  • le mariage de sa fille Anne dite Anne Mélina DESVEAUX avec Pierre BELLAMY
  • enfin, le mariage de son fils Baptiste DESVEAUX avec Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
Faire-part de mariage de Baptiste DESVEAUX et Yvonne SUIVRE
(source : Archives personnelles)
Bien sûr, la vie de Pierre est marquée par la guerre de 1870 et par la Première Guerre mondiale. La plupart de ses fils ne vont néanmoins pas partir à la guerre, pour problèmes de santé. L'aîné, Jacques, est exempté pour tuberculose pulmonaire, Jean, pour néphrite chronique (inflammation du rein), et Pierre pour palpitations et bacillose pulmonaire. 

Finalement, seul Baptiste part à la guerre suite à l'appel de mobilisation. Nous avons trois photos de lui en soldat. 

Baptiste DESVEAUX à l'armée
(source : Archives personnelles)
J'ai la copie de deux cartes postales émouvantes qu'il écrit à ses parents. La première est en date du 3 mai 1914, à Chaumont, jour exact où fut prise la seconde photo ci-dessus. Voici donc ce qu'apprit Pierre de son fils cadet, le seul parti à la guerre : "Chers parents Depuis que je suis rendu on ne nous laisse guerre moisir à Chaumont nous avons déjà découché une fois et la carte que je vous envoie est une photographie prise dans le chef-lieu du canton de Jusennecourt où j’ai passé la nuit. Je puis vous dire que la nuit il ne fait pas bien chaud dans les granges mais tout de même on est beaucoup plus tranquille qu’à la caserne. Mais il y a toujours ce soleil qui vous tape sur la coloquinte. Demain nous allons faire nos marches d’épreuves qui vont durer 4 jours. et on nous fait porter depuis 2 jours le chargement complet de campagne. Enfin on nous fait galoper du pays mais aussi on nous fait traverser de beaux champs de blé, je ne vous crois point que ça les arrange bien. Chez nous ils devraient s’allonger par ce temps doux mais ils voudraient peut-être de l’eau maintenant. Les pommes de terre devraient être belles aussi, mais là je n’en n’ai pas encore vu. Il paraît maintenant que nous n’irons pas au camp de Valdahon mais à un autre petit camp plus près Pour la seconde fois le vieux Babaud se fait mettre en Ballotage mais il réussira sûrement au 2e tour Marquet lui aura plus de mal. Bonne santé à vous tous et bonne reussite à la frairie de Suris. Desveaux soldat au 169e Régimt d’Inf 5e Compagnie". 

La seconde carte qu'il envoie est datée du 22 juin 1914 au Camp du Valdahon, ce qui signifie qu'en un mois seulement, il a traversé la France à pied pour aller sur la ligne de front : "Chers parents, Ainsi que je vous l’avais dit le 17 nous sommes partis pour le camp, le 17 au matin à 2 heures. Nous sommes allés par le train jusqu’à Champlitte (Hte Saône) Ensuite nous sommes allés cantonner à Dampierre-s-Salon à 17 Kilomètres. Le lendemain à Frasne-le Château à 28 Kilomètres le 19 à Moncey (Doubs) à 35 Kilomètres le 20 à Glandon à 35 Kilom. le 21 au Valdahon à 30 Kilomètres. Aujourd’hui il pleut toute la journée et on ne fait rien. Je peux vous dire que les étapes sont dures dans ce pays de montagnes. En arrivant à Besançon j’ai vu les plus hautes montagnes que j’aie jamais vues encore. Il y a des forts au dessus, on dirait qu’ils sont perchés sur la Tour-Eiffel. Mais contrairement à ce que je pensais le camp du Valdahon n’est pas montagneux mais il est très boisé. Le 21e Rt d’Infrie de Langres est arrivé le même jour que nous et il paraît que le 60e de Bosmon va venir dans quelques jours. Des detachements du 4e et du 5e artillerie ainsi que du 35e Rt Infrie y effectuent leurs tirs : Je ne me porte point mal pour le moment et j’espère bien que les gens ne se plaignent pas trop de la quantité de foin, il serait aussi à souhaiter que vous en disiez autant Chez-nous. Partout où nous avons passé nous avons été bien reçus par les habitants j’espère que nous serons aussi bien reçus aux manoeuvres à Epinal. Votre fils qui vous aime Desveaux Baptiste 109e Régit d’Infanterie au Camp du Valdahon (Doubs)". 

Il est émouvant de voir que leur fils est à chaque fois soucieux des problèmes agricoles qui doivent  les concerner. Le 31 mai 1915, Baptiste DESVEAUX fera partie des rare survivants de la terrible attaque de la Bataille de l'Artois où un grand nombre de ses compagnons d'armes est décimé : "A peine sorties des tranchées, elle sont en buttent à un feu violent de mousqueterie de mitrailleuses et de bombes lancées du bas du talus N4 pendant que les fusées illuminent sans arrêt la croupe du talus, et que l'artillerie allemande effectue sur les 1e et 2e lignes un tir de barrage avec des projectiles de tous calibres. [...] A droite, la 6e Cie est soumise à un bombardement continuel qui contusionne un grand nombre d'hommes. [...] 17 Tués - 50 Blessés" (source : Secrétariat général pour l'administration / Mémoire des hommes - 26 N 680/2 - pp. 40-41). Il perdra trois phalanges de la main droite, mais survivra au combat. 

Pierre DESVEAUX s'éteint le 10 mai 1937 à Suris, âgé de 86 ans, quelques mois après le décès de sa femme Louise BESSE. Il aura eu le temps de connaître son petit-fils, mon grand-père, que je peux voir ensemble sur une très belle photo commune. 

À gauche, Louise BESSE, au fond, Yvonne Marguerite Marie SUIVRE, puis Pierre DESVEAUX, à droite sûrement Jacques DESVEAUX (?), au premier plan, mon grand-père (en 1934).
(source : Archives personnelles)

mardi 14 juin 2016

Julien VEYRET fait le mur au service militaire

Pierre DESVEAUX + Élisabeth BOULESTEIX
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Marguerite DESVEAUX         Jean DESVEAUX
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Jacques VEYRET                Pierre DESVEAUX
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Julien VEYRET             Baptiste DESVEAUX    
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                                        Mon grand-père
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                                          Mon père
                                          |
                                           Moi

En recherchant le matricule militaire de mon cousin Julien VEYRET, je suis tombé sur une mention assez rarement rencontrée. 

(source : Archives départementales de la Charente - 1 RPROV 170 - p. 298)
Il est d'abord brigadier deux ans après son entrée dans le service militaire (il s'engage à 16 ans). Puis, l'année de ses vingt ans, en 1906, il est "cassé de son grade et remis 2e canonnier conducteur". Qu'avait donc pu faire Julien de si grave pour une telle sanction ? Voyant une petite note "(1)", je me suis rendu un peu plus bas sur sa fiche de matricule pour trouver le renseignement suivant. 

(source : Archives départementales de la Charente - 1 RPROV 170 - p. 298)
Le pauvre a été sanctionné simplement pour avoir fait le mur la nuit avec d'autres soldats, allé prendre un repas avec tous les autres hommes de sa pièce, et être rentré à 2h du matin. Autres temps, autres moeurs, un tel manquement à la discipline était durement sanctionné en 1906 !

vendredi 12 février 2016

Découvertes dans le cabinet des titres d'Hozier

Raymond de SAINT-CLAR
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Anne de SAINT-CLAR de PUYMARTIN
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Jean de LOSSE
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Jean de LOSSE
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Jean de LOSSE
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Charlotte de LOSSE
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Françoise de BAUDET
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Catherine d'ARLOT de FRUGIE
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Madeleine CHEVALIER
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Jean VEYRET
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Pierre VEYRET
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Catherine VEYRET
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Élisabeth BOULESTEIX
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Jean DESVEAUX
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Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Je me suis amusé à explorer les fonds généalogiques de Gallica, et je suis tombé sur le Recueil historique de l'Ordre de Saint-Michel, établi sur titres, actes et monumens autentiques et d'après les historiens les plus accrédités établie par Jean-François d'HOZIER, à l'époque où Louis XIV veut vérifier la noblesse de sa cour. Et je suis tombé sur un petit encart concernant mon ancêtre Raymond de SAINT-CLAR, nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Michel en 1570. 

Jean-François d'Hozier, Recueil historique de l'Ordre de Saint-Michel, établi sur titres, actes et monumens autentiques et d'après les historiens les plus accrédités, 1701, p. 1115
C'est un document intéressant, on voit qu'il est seigneur de Puymartin (d'où l'ajout du nom de la terre au nom de famille chez sa fille, comme cela se faisait fréquemment. On y voit la mention de ses parents, Geoffroy de SAINT-CLAR et Gabrielle COTHET, et la description de son blason.

J'y ai également retrouvé François de LA JUGIE du PUY du VAL, l'un de mes rares ancêtres très anciens dont j'ai un portrait. 


François de LA JUGIE du PUY du VAL
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Philiberte de LA JUGIE
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Françoise de VABRES
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Jean de LOSSE
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Charlotte de LOSSE
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tous ceux du dessus


Jean-François d'Hozier, Recueil historique de l'Ordre de Saint-Michel, établi sur titres, actes et monumens autentiques et d'après les historiens les plus accrédités, 1701, p. 1146
On voit que c'est un personnage plus important et qui bénéficie d'une notice plus grande. Il était conseiller du roi en son conseil privé, il a refusé de massacré des huguenots (ce qui l'a fait suspecter de protestantisme. On y retrouve bien la mention de ses parents tels que j'ai pu les retrouver dans d'autres ouvrages. 

(source : Geneanet)
Il y en a sûrement de nombreux autres, car j'ai beaucoup de chevaliers de cet ordre dans mes ancêtres. Un document à fouiller assurément, écrit sous la cour de Louis XIV par les généalogistes du roi.