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mardi 5 mai 2020

Biographie : Pierre FRÉMEAU

Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ?


(source : Archives départementales du Cher - 3E 3494 - vue 289/326)
Pierre FRÉMEAU est né le 29 mai 1846 au bourg de Venesmes (Cher). Je ne sais pas qui sont ses parrain et marraine, mais les deux témoins de la naissance sont : 
  • Pierre PEQUIOT, journalier à La Bouloie à Venesmes (Cher), oncle maternel de l'enfant
  • Pierre BONDONNEAU, vigneron à Venesmes (Cher), grand-oncle maternel de l'enfant
Peut-être que l'un de ces deux Pierre a été son parrain et aurait influencé le choix du prénom de l'enfant. 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Il se marie le 16 septembre 1872 à 11h à la mairie de Châteauneuf-sur-Cher (Cher) avec Virginie MONORY. Le mariage est célébré par Charles Alexandre RIPART, le maire de la commune. 

Signatures de l'acte de mariage
(source : Archives départementales du Cher - 3E 3955 - vue 143/175)
Les témoins du mariage sont : 
  • Jean FRÉMEAU, propriétaire, frère de l'époux
  • Henri FRÉMEAU, propriétaire, frère de l'époux
  • Joseph GARDIEN, vétérinaire, oncle de l'épouse
  • Frédéric MONORY, meunier, frère de l'épouse
Les témoins de l'époux habitent à Venesmes (Cher) et les témoins de l'épouse à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). 

3. Comment s'est déroulé le mariage ? 

Le mariage se déroule en présence des deux familles et des parents des deux époux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Qui a déclaré ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 


(source : Archives municipales de Châteauneuf-sur-Cher - Décès 1923-1932)

Pierre FRÉMEAU meurt le 19 mai 1932 à 13h à Châteauneuf-sur-Cher à l'âge de 85 ans. C'est son fils, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, boulanger, qui déclare le décès au maire (son cousin) Gaston VANNIER.

(source : photo personnelle)
Il est inhumé au cimetière de Châteauneuf-sur-Cher (Cher) aux côtés de son épouse.

5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ? 


(source : Archives départementales du Cher - 3E 3955 - vue 143/175)
Pierre a satisfait à la loi sur le recrutement de l'armée, mais a été exempté du service militaire par une large cicatrice à la jambe gauche comme il est indiqué dans son acte de mariage. En effet, il ne figure pas sur la liste des conscrits de l'an 1866.

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur lui dans la presse ? 

(source : La Dépêche du Berry, n°84. (24 juin 1909), p. 3)
Le 24 juin 1909, il est foudroyé lors d'un orage durant lequel il se met à l'abri avec sa famille. Cette histoire avait été transmise dans la famille jusqu'à ce jour. Il apparaît également dans d'autres articles de presse de 1891 relatés dans ce billet de blog au sujet de deux incendies dans des granges où il entreposait des bourrées (sûrement pour alimenter le four de la boulangerie).

7. Quels évènements historiques a-t-il connus ? 

Il naît sous la Monarchie de Juillet. Lorsqu'il est âgé de 2 ans, Louis-Philippe Ier abdique du trône. Il traversera la guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale bien qu'il ne participe à aucun de ces deux conflits. Difficile de savoir l'importance qu'on pu avoir ces événements si loins du Berry. Son fils Pierre Louis sera néanmoins gravement mutilé lors de la Grande Guerre où il perdra ses deux jambes.

8. Quelle était son instruction ? 

Pierre appartient à la première génération de la famille FRÉMEAU à savoir écrire (avec ses frères). Le seul de ses ancêtres proches qui savait lire et écrire était son grand-père maternel André PEQUIOT qu'il n'a pas connu (il n'a pu connaître que ses deux grands-mères). Il n'a pas fait d'études supérieures. Quelques mois avant son mariage, il est ouvrier boulanger chez Henri BOUZIQUE à Châteauneuf-sur-Cher chez qui il faisait peut-être son apprentissage.

9. Dans quel environnement géographique évoluait-il ? 

(source : remonterletemps.ign.fr)
À ma connaissance il a évolué dans un milieu géographique très restreint allant de Venesmes (Cher) à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Néanmoins, à la fin de sa vie, il va vivre à Lignières (Cher) chez sa fille.

10. S'est-il beaucoup déplacé dans sa vie ? 

Il semble s'être peu déplacé dans sa vie. Il ne vient pas à Paris pour le mariage de son fils en 1905. À partir de 1921 il vit à Lignières chez sa fille Blanche, institutrice privée. Il se rendra également à Issoudun (Indre) pour le mariage de son frère Henri.

11. Comment se déplaçait-il ? 

À cheval, comme le montre l'article de presse ci-dessus, ou à pieds. J'ignore s'il avait une sorte de charrette ou bien s'il montait à cheval directement.

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-il ? 

En 1868, lors du mariage de son frère Gilbert, il est présenté comme journalier. Il travaillait probablement aux vignes de son père à Venesmes (Cher).

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-il ? 

Il est ensuite désigné comme "ouvrier boulanger" dans le recensement de 1872 où il vit chez Henri BOUZIQUE, puis comme "boulanger" tout au long de sa vie.

14. Comment apparaît-il dans les recensements ? 

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0109 - vue 28/48)
Il est toujours désigné comme boulanger dans les recensements et il y a toujours un mitron (ou ouvrier boulanger) dans le recensement qui vit au sein de la famille.

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0238 - vue 12/78)
À partir de 1921, il vit chez sa fille Blanche, institutrice privée, à Lignières (Cher) où vit également cette année là mon grand-père (son petit-fils) Pierre alors âgé de 6 ans ! D'ailleurs, mon grand-père l'écrit dans ses mémoires : "Pendant mes séjours à Lignières, dans les premières années "vingt", voici quelques souvenirs inscrits dans ma mémoire. Mon grand-père Pierre Frémeau y vivait avec sa fille. Il me paraissait très vieux à cette époque." (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940", p. 17).

15. Quel était le parler de sa région ? 

On y parlait le berrichon et probablement qu'il le parlait également, étant très ancré dans la région. Mon grand-père dit de lui : "Si l'on riait en famille en sa présence, il nous traitait facilement de "maugins", expression berrichonne pouvant se traduire par "imbéciles"." (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940").

16. Comment s'habillait-il ? 

Sur les deux photographies que nous avons de lui, il porte un chapeau melon ou un béret. Sinon, en costume, assez soigné il semblerait. C'était un commerçant dans un petit bourg.

17. Combien a-t-il eu d'enfants ? 

Il a eu trois enfants avec sa femme, Virginie MONORY :
  • Blanche Marie Louise, née le 3 août 1873 à Châteauneuf-sur-Cher
  • Pierre Marie Joseph, né le 18 juillet 1875 à Châteauneuf-sur-Cher
  • Pierre Louis né le 21 septembre 1883 à Châteauneuf-sur-Cher
18. A-t-il assisté au mariage de ses enfants ? 

Blanche Marie Louise est religieuse et ne s'est pas mariée. Il n'assiste pas au mariage de Pierre Marie Joseph à Paris en 1905 mais donne son consentement devant Maître MONTEREAU, notaire à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Il est présent au mariage de son fils Pierre Louis avec Marie Louise BRUNET à Châteauneuf-sur-Cher en 1910. 

Mariage de Pierre Louis FRÉMEAU et Marie Louise BRUNET
19. Que signifie son nom de famille ? 

Geneant indique que c'est un nom de personne d'origine germanique, sans doute Framaldus (fram = vaillant + waldan = gouverner).

L'orthographe a changé durant la période révolutionnaire où les officiers d'état-civil nouvellement nommés l'écrire Formeau ou Fromot, mais avant la Révolution et après, le nom s'orthographie comme actuellement (avec ou sens accent). Une branche de la famille ajoutera un "x" à la fin du nom au XIXe siècle. 

20. Qui était son père ? 

Son père était Jean FRÉMEAU, vigneron et propriétaire à Venesmes (Cher). 

21. Qui était sa mère ? 

Sa mère était Marie PÉQUIOT, domestique avant son mariage. Elle est la soeur du maire de Venesmes (Cher). 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Pierre est issu d'une famille de 5 enfants : 
  • Solange, qu'il n'a jamais connue car morte à un mois
  • Gilbert, vigneron à Venesmes (Cher)
  • Jean, caporal au 2e de ligne décédé à Limoges (Haute-Vienne) en 1873
  • Henri, marchand d'articles de chasse et armurier à Issoudun (Indre)
23. Avait-il des relations avec les autres membres de sa famille ? 

Il est témoin du mariage de son frère Gilbert à Venesmes (Cher) en 1868 et de son frère Henri à Issoudun (Indre) en 1881, ce qui montre qu'ils étaient en bons termes les uns avec les autres. Mon grand-père écrit à son sujet : "Je me plaisais beaucoup en compagnie de mon Grand-père bien qu'il fut d'un tempérament ni expressif ni chaleureux. Mais je ne me souviens pas qu'il ait fait preuve d'une grande sévérité à mon égard. C'était un homme toujours sérieux n'aimant pas beaucoup la plaisanterie."  (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940").

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ? 

(source : Heredis 2019)
Très implanté dans le Berry, tous ses ancêtres maternels viennent de Venesmes, ses ancêtres paternels viennent de Montlouis (Cher) pour le FRÉMEAU et de Corquoy (Cher) pour les LECLERC. Son grand-père André PEQUIOT est son seul ancêtre sur quatre génération qui sait écrire. 

25. Quelle était sa religion ? 

Il était catholique comme en atteste sa tombe. Sa fille était religieuse. 

26. Votre ancêtre chez le notaire. 

Il a passé un contrat de mariage le 16 septembre 1872 rue de Tivoli à Châteauneuf-sur-Cher (Cher) chez les sieurs et dame ROBERT-DOUARD, grand-parents de Virginie MONORY. 

Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales du Cher)
Il déclare être propriétaire de son fond de commerce (la Boulangerie Frémeau) d'une valeur de 2 000 F (500 F de ses économies, 1 500 F avancés par ses père et mère). 

Il apporte en dot : les 1 500 F avancés par ses parents et donnés à titre de dot. 

Sa future épouse apporte : un lit de plumes, six draps, six serviettes d'une valeur de 200 F. Sa mère lui fait don d'une somme de 1 000 F. 

Les parents et grand-parents de Virginie MONORY sont présents, ainsi que Théophile LIONNET, greffier, et Auguste DUBOIS, cordonnier, qui sont témoins de l'acte. 

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?

(source : Archives familiales)
Je ne possède que deux photographies de Pierre FRÉMEAU, sur la première, il est devant la Boulangerie Frémeau à Châteauneuf-sur-Cher probablement au moins âgé de 50 ans. 

(source : Archives familiales)

Sur la seconde photo, c'est un vieil homme, probablement déjà à Lignières chez sa fille car elle est en photo devant ce même décor qui devait être celui de sa maison. 

28. Quels étaient ses repas ? 

Je peux en deviner quelques éléments à nouveau grâce aux mémoires de mon propre grand-père où il parle de son propre grand-père : "Grand-père était très bon jardinier. Il m'emmenait souvent à son jardin qu'il cultivait avec soin et où il récoltait fruits et légumes en abondance : poiriers "Duchesse", pommiers, pêchers, donnaient de beaux fruits. Il produisait aussi de grandes quantités de fraises que je revois "énormes" et parfumées. En pleine saison nous en ramenions à Châteauneuf dans de grandes corbeilles d'osier. Maman faisait de la confiture et il lui arrivait même d'en donner et parfois même d'en vendre." (source : Pierre FRÉMEAU, Enfance et jeunesse : "Souvenirs de 1914 à 1940", p. 17). 

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ? 

La Boulangerie Frémeau en 1910 avec la belle-fille de Pierre FRÉMEAU, Berthe Louise Stéphanie GRELOT, dans l'encadrement de la porte
(source : Archives familiales)
C'est lui qui a fondé la Boulangerie Frémeau, probablement en 1872, au moment de son mariage. Cette anecdote est vraie puisque la boulangerie est restée dans la famille pendant très longtemps et que nous y passions toujours lorsque nous nous rendions à Châteauneuf y acheter un feuilleté aux pommes de terre. 

30. Comment a-t-il participé à la vie de la communauté (membre du Conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme, ...) ? 

Je n'ai pas beaucoup d'informations à ce sujet, mais étant un commerçant en plein centre-ville et à deux pas de la basilique, la boulangerie était bien connue dans le bourg. 



samedi 21 janvier 2017

Biographie : Pierre FRÉMEAU

Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
|
Moi

(source : Archives départementales du Cher - 6 Fi Venesmes 2)
Pierre FRÉMEAU naît à Venesmes le 26 mai 1846 sous le règne de Louis-Philippe Ier. Son père, Jean FRÉMEAU est journalier vigneron et sa mère, Marie PÉQUIOT la fille d'un marchand épicier. Au moment de sa naissance, il a déjà un frère aîné nommé Gilbert. La famille s'agrandit avec la naissance de Jean alors que Pierre a 2 ans puis d'Henri lorsqu'il a 4 ans. 

(source : Heredis 2017)
Les deux parents vivent donc à Venesmes (Cher) avec leurs quatre enfants et Marie BONDONNEAU, la mère de Marie PÉQUIOT et la grand-mère de Pierre FRÉMEAU. Je ne possède pas son matricule militaire, mais je sais qu'il a été dispensé du service à cause d'une large cicatrice à la jambe gauche. 

Le 9 mars 1868, il est le premier témoin du mariage de son frère Gilbert, vigneron, avec Marguerite Rosalie PERRIOT, également fille de vignerons de Venesmes (Cher). Il est alors nommé Pierre FROMEAU et exerce la profession de journalier. Il semble également ne pas encore savoir écrire à l'époque puisque personne ne signe l'acte de mariage. 

(source : Archives départementales du Cher - 3E 3829 - p. 79)
En 1872, il apparaît sur le recensement de Châteauneuf-sur-Cher (Cher), commune limitrophe de Venesmes. Il est ouvrier boulanger chez Henri Nicolas BOUZIQUE, boulanger, et sa femme Hermance BOUZIQUE au 69 rue de la Chaussée. Il est nommé par erreur Pierre FROMET dans cet acte. 

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0065 - p. 18)
En 1872, il se marie avec Virginie MONORY, fille d'un riche meunier de Saint-Loup-des-Chaumes (Cher) qui vit chez ses grands-parents boulangers à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Le contrat de mariage est justement passé rue de Tivoli, chez les époux ROBERT-DOUARD (les grands-parents maternels de Virginie MONORY) le 16 septembre 1872, par-devant maître Paul Abel GIRARD, notaire. 

Virginie MONORY
(source : Archives personnelles)
Pierre FRÉMEAU a alors 26 ans et "déclare être propriétaire du fond de commerce de boulangerie qu'il exploite en y comprenant le matériel, les marchandises et les créances" d'une valeur de 2 000 F. Son père est alors propriétaire vigneron et lui apporte une dot de 1 500 F. 

Les parents de Virginie MONORY lui apportent en dot : 
  • "un lit de plumes"
  • "six draps et six serviettes" d'une valeur de 200 F
  • une somme de 1 000 F
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Cher)
Le mariage a lieu quelques heures plus tard le jour-même en présence des deux familles et avec pour témoin Jean et Henri FRÉMEAU, propriétaires, frères de l'époux, Joseph Pierre Marie GARDIEN, vétérinaire, oncle de l'épouse et Pierre Frédéric MONORY, meunier, frère de l'épouse. 

Pierre FRÉMEAU
(source : Archives personnelles)
Cet heureux événement est malheureusement rapidement du décès de Jean FRÉMEAU, le frère de Pierre, à l'hospice de Limoges (Haute-Vienne) où il était en garnison en tant que caporal. Le 3 août 1873 naît la première fille de Pierre FRÉMEAU et Virginie MONORY qui tiennent alors la Boulangerie Frémeau rue de la Halle : Blanche Marie Louise. Cette naissance est suivie deux ans plus tard par celle de Pierre Marie Joseph, mon arrière-grand-père. Leur dernier fils, Pierre Louis, naîtra quelques années plus tard en 1883. 

Pierre FRÉMEAU semble être un personnage central de la famille, très souvent sollicité pour être témoin de naissances, mariages et décès : 
  • en 1876 il déclare le décès du grand-père de sa femme, Pierre Claude ROBERT
  • en 1878 il est témoin du mariage de sa cousine Clémence BERNARD avec Charles ALLARD, marchand épicier
  • en 1881 il est témoin du mariage de son frère Henri FRÉMEAU avec Mathilde JUGAND, fille d'un armurier d'Issoudun (Indre)
  • en 1884 il déclare la mort de son père Jean FRÉMEAU 
  • en 1886 il est témoin du mariage d'une cousine de sa femme Marie Hortense Adrienne GARDIEN avec François Eugène MOREUX, percepteur
  • en 1888 il déclare la naissance de leur fille Marcelle Yvonne Alice Marie Joseph MOREUX
  • en 1891 il déclare le décès de Marie Célestine dite Maria MOREL épouse d'un cousin boulanger de sa femme
  • en 1901 il déclare le décès de Marie Victoire dite Louise ROBERT, la tante de sa femme
  • en 1915 il déclare la naissance de son petit-fils Pierre Louis FRÉMEAU
  • en 1921 il déclare le décès de son frère Gilbert FRÉMEAU
Boulangerie Frémeau pendant la Première guerre mondiale
(source : Archives personnelles)
La Boulangerie Frémeau était apparemment réputée pour ses brioches. D'après les recensements, il y a souvent eu un mitron employé par la famille. En 1891, c'est Jules MARÉCHAL et en 1906, Clément VERDIER. Sa fille, Blanche Marie Louise, que l'on appelle "la Tante Blanche" dans la famille, est devenue religieuse, puis institutrice libre à l'Asile Saint-Joseph de Lignières (Cher). 

Un mot de la main de Blanche FRÉMEAU
(source : Romain PERSONNAT)
Son fils aîné, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU habite alors Versailles (Yvelines) et est comptable dans les Grands Magasins Dufayel à Paris qui sont à l'époque les plus grand magasins du monde. 

Les grands magasins Dufayel en 1904
(source : domaine public, via Wikimedia Commons)
Il rencontre Berthe Louise Stéphanie GRELOT qui est alors femme de chambre à Paris. Le mariage a lieu en 1905 dans cette ville et Pierre FRÉMEAU, alors âgé de 58 ans, ne s'y rend pas. 

Au premier rang : Marie Hortense Adrienne GARDIEN, Eugène Isidore GRELOT, Joséphine GRELOT, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, Berthe Louise Stéphanie GRELOT, Étienne dit Henri GRELOT, Victorine Ernestine BOURSIER et ?
Au deuxième rang : ?, Marcelle Yvonne Alice Marie Joseph MOREUX, Pierre Louis FRÉMEAU, Marguerite Léa Joséphine GRELOT, Léa Ernestine GUILLEMET, ? et Reine Madeleine GRELOT
(source : Archives de Françoise H.)

Pierre FRÉMEAU est néanmoins présent en 1910 (ainsi que son fils aîné parisien qui est témoin) au mariage de son fils cadet Pierre Louis FRÉMEAU, gendarme à cheval, avec Marie Louise BRUNET, fille de vignerons de Châteauneuf-sur-Cher (Cher). 

Pierre Louis FRÉMEAU et Marie Louise BRUNET
(source : Archives personnelles)
Son épouse Virginie MONORY décède à Bourges (Cher) alors qu'il est âgé de 71 ans. Durant la Première guerre mondiale, son fils aîné sera boulanger pour les troupes à Nevers, tandis que son fils cadet, militaire de carrière, sera grièvement blessé au front (il perd ses deux jambes) et décoré de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille militaire, ainsi que des deux médailles commémoratives. Pierre FRÉMEAU meurt à Châteauneuf-sur-Cher le 19 mai 1932 à l'âge avancé de 85 ans. Il est enterré dans le cimetière de cette commune où il repose aux côtés de sa femme et de sa fille Blanche

Tombe Frémeau-Monory au cimetière de Châteauneuf-sur-Cher
(source : Archives personnelles)

vendredi 29 avril 2016

La dispense de consanguinité entre Jean BONDONNEAU et Madeleine GUIGNARD

Jean BONDONNEAU + Madeleine GUIGNARD
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Jean BONDONNEAU
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Marie BONDONNEAU
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Marie PÉQUIOT
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Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Jean BONDONNEAU et Madeleine GUIGNARD sont respectivement mes sosa 396 et 397, ancêtres à la neuvième génération. Dans leur acte de mariage passé le 16 février 1740 à Venesmes (Cher) se trouve la mention d'une dispense bien connue des généalogistes : la dispense de consanguinité. 

(source : Archives départementales du Cher - 3E 838 - p. 79)
"... vu le congé de mr le curé de St
Symphorien, et la dispense de l'empeschement du troisieme degré
de consanguinité donnée a bourges le cinq fevrier mil sept cent
quarante signé de monsieur gautier vicaire general ... "

L'Église ayant a l'époque une stricte règle concernant le mariage, il y avait trois types de cas qui appelait des dispenses : 
  • dispense de bans (la plus fréquente, quand il faut se marier vite, comme quand la mariée est sur le point d'accoucher)
  • dispense d'affinité (quand il y a un lien type parrain/filleule qui, pour l'Église, est l'équivalent d'un lien de parenté)
  • dispense de consanguinité
Pour cette dernière dans tous les cas, il faut une bulle papale (j'ai déjà rencontré le cas de marchands angevins ayant obtenu une dispense du Pape) ou une dispense de l'évêque local si on n'a pas beaucoup d'argent. Pour le Cher, un superbe site reprend une partie des dispenses classées par commune et j'ai donc pu retrouver très facilement ce document, le premier de ce type que j'ai la chance de consulter. Il se compose de trois parties. 

(source : Archives départementales du Cher - 2 G 100)
Tout d'abord, une lettre de nos deux fiancés écrite à l'aide d'un écrivain public dans un style emprunt de XVIIIe siècle. 


A Monseigneur
Monseigneur L’illustrissime
Et réverendissime patriarche
archeveque de Bourges primat
des aquitaines Conseiler du Roy
En tous Ses Conseils ou a un
de Messieurs Les grand vicaires. 
Suplient humblement Jean Bondoneau
Et Magdelaine Guinard pauvres habitans des
parroisses de venesmes Et de Saint Cimphorien
En vostre Diocese
Disans quils Se Sont Reciproquement
promis La foy du Mariage du mariage quils
Desirent accomplir dans toutes Les formes, Ce
quils ne peuvent faire au Sujet de 
L’empeschement du troisieme degré de consanguinité
qui est entre eux, Et comme Ils Sont pauvres
Et miserables ne vivant que de Leur travail
Et Industrie Et nonts Le Moyen de se fournir
aux pieces Necessaires pour obtenir de Nostres
Saint pere Le Pape une bulle de Dispense
Du dit Empeschement Ils ont Recourir a vostre
authorité Et vous Donnent La presente requeste
Ce Consideré Monseigneur ou Monsr.
ayant Egard a la pauvreté des Suplians Il
vous plaise Les Dispenser de L’Empeschement
du troisieme Degré de Consanguinité qui Est
Entre Eux : Ce faisant Leur permettre de contracter
Mariage Ensemble En face de L Eglise Les
Cérémonies aux Cas requise […] Et observés
Les Suplians redoubleront Leur priere pour
vostre santé

(source : cgb.fr)
L'archevêque de Bourges, Frédéric-Jérôme de LA ROCHEFOUCAULD de ROYE transmet à son vicaire-général J. GAULTIER le soin de s'occuper de cette affaire. Ce dernier veut s'assurer du degré de parenté des époux et vérifier que la mariée n'est pas forcée à contracter ce mariage. Il charge donc l'archiprêtre de Châteauneuf, le sieur Simon COUSIN

Avant faire Droit Sur La presente
Requeste nous ordonnons que Les Suplians
Informeront Et feront preuves des faits
par Eux es dessus Exposé Ce et par devant
le Sieur Cousin archiprestre Et Curé de 
Chasteau Neuf que nous Commetons au 
Effet pour ouir Les tesmoins Et Recevoir des
Suplians Les Serments Declarations Et
affirmations Sur ce necessaires, Et En
particulier de La Supliante Sy elle na
Point Esté Contrainte Ravie forcé ou violenté
pour Consentir au dit futur mariage
Et S[…] de son bon gré […] Libre
volonté quelle Sy Est Engagé Et […] desirent
Lun Et Lautre Laccomplir pour Lenqueste
faite raporté en minutte avec La presente
requeste Et Le tout Communiqué au promoteur
ordonner Ce quil appartiendra Donné
a Bourges ce premier fevrier Mil Sept Cent
quarente 

Signature du vicaire-général
La missive est contre-signée du procureur MOUZAY (n'oublions pas que l'Église n'est alors pas séparée de l'État) qui mande donc "Le Sieur Cousin curé Et archiprestre de chasteau Neuf" de mener ladite enquête. 

(source : Archives départementales du Cher - 2 G 100)
Et voici la passionnante et touchante enquête de Simon COUSIN,  curé de Châteauneuf. On imagine le jeune marié de 16 ans venir, le chapeau de paille dans ses mains, dans le bureau du curé du bourg voisin pour répondre à ses question, le greffier notant tout sur son bureau à l'aide d'une grande plume d'oie. 

Aujourdhuy trois fevrier L’année mil sept cent quarante Sont comparus pardevant
nous Simon cousin curé et archiprestre de chateauneuf jean bondonneau et magdelaine
Guinard habitants des paroisses de Venesmes et saint symphorien
du diocese de bourges, qui nous ont exposé que 
s’etant Reciproquement promis la foy de 
mariage, du consentement de leurs parents et amis
communs, il ne peuvent Iceluy accomplir au 
sujet de l’empeschement du troisiesme degré de 
consanguinité qui est entre Eux, pour duquel Estre
dspensez ils auroient presenté leur humble Requeste a
monseigneur lillustrissime et Reverendissime patriarche archevesque
de bourges, […] des promesses mutuelles de mariage par Eux contractées
de l’empeschement qui est Entre Eux, Et de leur pauvreté Et misere qui les met
dans l’impuissance de Le pourvoir en cour de Rome pour obtenir dispense
du dit Empeschement, suppliants tres humblement sa Grandeur de 
Vouloir bien les en dispenser : au bas de laquelle Requeste mondit seigneur
auroit ordonné qu’avant d’i faire droit, Enqueste seroit faite pour prouver les 
faits y contenus, que le Sermet Seroit pris des partyes, S’ils veullent s’en 
aider Et Servir, Et notamment de ladite magdelaine guinard si elle n’a poin
Esté Revie, forcée, contrainte et Violentée pour consentir audit mariage ; 
Si c’est de son bon gré, franche Et libre Volonté qu’elle s’i est Engagée, Et s’ils
desirent l’un et l’autre l’Effectueur : Et que nous avons Esté commis pour la 
confection de la dite Enqueste, nous Requerons de vouloir accepter ladite
commission, Reçevoir leurs serment, declaration et affirmation, Et ouir les
tesmoins qui nous seront produits ; a cet Effet nous ont Exibé la Requeste par
eux presentée : au bas de laquelle Est l’ordonnance de monseigneur l’illustrissime
Et Reverendissime patriarche archevesque de bourges, portant nostre commission
En datte du premier fevrier mil sept cent quarente que onus avons Reçüe Et
acceptée avec tout l’honneur Et Respect deus a mondit seigneur nostre legitime
superieur ; Et avons pris la personne de Jean couppé procureur en la justice de 
chateauneuf pour greffier En cette partye duquel nous avons pris et Recu le sermen
au cas Requis

les dits Jean bondonneau Et magdelaine Guinard ont declare ne scavoir 
signer de ce enquis. 

Ce fait avons oui a part Et Separement ledit jean bondonneau, lequel par serment
que de luy avons prit En tel cas Requis, apres que nous luy avons fait faire lecture
de la Requeste par luy presentée a dit avoir nom Jean bondonneau Journallier
Estre de la paroisse de Venesmes ou il demeure, agé de seize ans, que les faits
conservés en la Requeste dont lecture Vient de luy Estre faite, sont veritables, 
Et qu’il desire Effectuer les promesses de mariage qu’il a faites a magdelaine guinard
s’il plaist a sa grandeur de les dispenser de l’empeschement qui Est
Entre eux, Et a declaré ne sçavoir signer de ce enquis. 

le dit Jean bondonneau s’étant Retiré, nous avons oui a part Et
Separement ladite magdelaine guinard laquelle par serment qu[…]
d’elle pris En tel cas, Requis, Et apres que nous luy avons fait faire lecture de la 
Requeste presentée par Elle Et jean Bondonneau, Nous a dit avoir nom
Magdelaine guinard, Estre de la paroisse de St Symphorien ou Elle demeure
agée de quinze ans, que les faits contenus dans la Requeste dont lecture avons
de luy Estre faite sont veritables, Esquelle desire Effectuer les promesses de
mariage Respectivement faites Entre Elle Et le dit jean bondonneau, qu’elle
n’a point esté Ravie, contrainte, forcée Et violentée pour consentir audit
mariage, mais que cest de son bon gré, franche et libre volonté qu’elle
s’i Est Engagée, Et desire Effectuer les dites promesses, Et a declaré ne 
sçavoir signer de ce Enquise. 

Ce fait avons vacqué a l’audition des temoins
Claude billon premier tesmoin a nous produit de la part des dits
Jean bondonneau et magdelaine Guinard, nous a dit par serment que de luy 
avons pris en tel cas Requis, avoir nom claude billon Journallier agé
d’Environ quarente ans de la paroisse de Venesmes ou il demeure, bien 
connoistre les dits Jean bondonneau Et magdelaine Guinard, desquels il n’est
parent, allié, serviteur, domestique, ny Redevable, Et scavoir du contenu
En la Requeste dont lecture Vient de luy Estre faite, qu’il y a promesse de mariage
Entre ledit jean bondonneau Et ladite magdleaine Guinard, lequel
mariage il ne peuvent accomplir au sujet de l’empeschement du troisieme
degré de consanguinité qui Est Entre Eux procedant de ce que le dit Jean 
bondonneau Est issu d’Estienne bondonneau issu de jean bondonneau. 
Et ladite magdelaine Guinard Est issue de marie bondonneau issue de Jean 
bondonneau frere de jean bondonneau l’ainé. Scait en outre que le idt Jean 
bondonneau Et magdelaine Guinard sont pauvres Et miserables, Ne vivants
que de leur travail et industrie, Et n’ont aucunement le moyen d’Envoyer En cour de 
Rome, pour obtenir la dispense qui leur Est necessaire du Susdit
Empeschement qui Est Entre Eux. ajoutte qu’il n’a point ouy dire que la dite
magdelaine Guinard ayt Esté Revié, contrainte, forcée Et Violentée pour 
consentir audit mariage, mais que le tout se fait de son consentement, de
ses parens Et amis. qui Est tout ce qu’il dit scavoir. lecture a luy faite de 
sa deposition, a dit qu’il y persiste comme Veritable, sans y vouloir
ajouter ny Diminuer. Et a signé

Nicollas plasson second temoins a nous produit de la part des dits Jean 
bondonneau et magdelaine Guinard, nous a dit par serment que de luy 
avons pris en tel cas Requis avoir nom nicollas plasson laboureur
agé d’Environ trente trois ans, de la paroisse de Venesmes ou il demeure, 
bien connoistre les dits Jean bondonneau Et magdelaine Guinard, des quels
Il n’est parens, allié, serviteur, domestique ny Redevable, Et scavoir
Du contenu En la Requeste dont lecture Vient de luy Estre faite qu’il y a 
promesse de mariage Entre le dit jean bondonneau Et ladite magdelaine
Guinard, lequel mariage ils ne peuvent accomplir au sujet de l’empeschement
du troisiesme degré de consanguinité qui Est Entre Eux, procedant de ce que 
ledit jean bondonneau Est issu D’Estienne bondonneau issu de jean 
bondonneau ; Et la dite magdelaine Guinard Est issue de marie bondonneau
Issue de jean bondonneau frere de jean bondonneau l’ainé. scait En 
outre que le dit jean bondonneau Et magdelaine Guinard sont pauvres Et
miserables ne Vivants que de leur travail Et industrie, Et n’ont
aucunement le moyen d’Envoyer En cour de Rome, pour obtenir la 
dispense qui leur Est necessaire du sudit Empeschement qui Est Entre
Eux. ajoutte qu’il n’a poit oui dire que la dite magdelaine Guinard
ayt Esté Ravie, contrainte, forcée Et Violentée pour consentir audit
mariage, mais que le tout se fait de son consentement Et de celuy de 
Ses parens Et amis. qui est tout ce qu’il dit sçavoir, lecture a luy fait de sa
deposition, a dit qu’il y persiste comme Veritable, sans y vouloir ajoutter
ny diminuer. Et a declaré ne sçavoir signer de ce Enquis. approuvé le mot, 
d’estienne Entre ligne au lieu de celuy de jean Raturé

En foy de quoy, Et pour approbation de ce que dessus, nous avons signé et fait
signer a nostre Greffier

On remarque tout d'abord que les mariés sont très jeunes (16 et 15 ans). Que ce genre de document est un bon moyen de remonter quelques générations d'un coup puisque toute leur ascendance commune est nommée. Enfin, c'est l'occasion trop rare d'avoir des documents concernant des ancêtres journaliers qui ne sont peut-être jamais passés chez le notaire et de qui on ne sait pas grand chose à part leur vie maritale et leurs enfants. Que le premier témoin, Claude BILLON, est mon sosa 788 (ancêtre à la dixième génération). 

Signature de Claude BILLON

Claude BILLON
|
Simon BILLON
|
Marie BILLON
|
André PEQUIOT
|
Marie PÉQUIOT
|
Pierre FRÉMEAU
|
Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
|
Mon grand-père
|
Ma mère
|
Moi

(source : Heredis 2014)
Grâce à ce document, je peux remonter de deux générations ces ancêtres et comprendre qu'ils ont donc un couple d'arrière-grand-parents BONDONNEAU communs, descendant chacun d'un Jean BONDONNEAU différent. 

dimanche 5 octobre 2014

Le premier mariage d'André PEQUIOT

André PEQUIOT
|
Marie PÉQUIOT
|
Pierre FRÉMEAU
|
Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
|
Mon grand-père
|
Ma mère
|
Moi

Aujourd'hui, en saisissant à nouveau dans mon logiciel Heredis 2014 l'acte de mariage de mes ancêtres André PEQUIOT et Marie BONDONNEAU mariés à Venesmes (Cher) le 27 janvier 1807, je suis tombé sur un détail qui ne m'avais jamais marqué auparavant.

(source : Archives départementales du Cher - 3E 1923 - p. 206)
"vu les actes de naissance des futurs les actes de décès
des pere et mere de la future L'acte de décès de
la premiere épouse du futur le tout extrait de nos
registres ..."
Comme André PEQUIOT n'est pas déclaré comme veuf au début de l'acte, je n'avais jamais remarqué que parmi les actes cités se trouvait l'acte de décès de sa première épouse. Un petit tour dans les tables décennales de Venesmes m'a permis de rapidement trouver un mariage entre André PETIOT et Jeanne AUDAT. Comme cette famille se fait nommer au fur et à mesure des générations PETIOT ou PEQUIOT, je vais jeter un oeil à cet acte. La date de naissance et les noms des parents correspondent, il s'agit bien du premier mariage de mon ancêtre avec Jeanne AUDAT, fille d'un laboureur de Saint-Symphorien (Cher), le 2 pluviôse an XIII.

Comme il est coutume à cette époque, l'année suivant le mariage naît un petit Jean PEQUIOT, le 2 mars 1806.

(source : Archives départementales du Cher - 3E 1923 - p. 191)
L'accouchement à dû se dérouler difficilement, car quatre jours après la naissance, le 6 mars 1806, Jeanne AUDAT décède.

(source : Archives départementales du Cher - 3E 1923 - p. 191)
Son fils ne vivra pas beaucoup plus longtemps, puisqu'il meurt le 10 mars 1806, âgé de 8 jours.

(source : Archives départementales du Cher - 3E 1923 - p. 191)
André PEQUIOT se remarie donc avec mon ancêtre Marie BONDONNEAU avec laquelle il aura une nombreuse descendance, dont Marie PEQUIOT qui épouse mon ancêtre Jean FRÉMEAU, ou Gilbert PÉQUIOT qui sera maire de Venesmes. 

(source : Archives départementales du Cher - 6 Fi Venesmes 5)
Ainsi, si le destin avait voulu que Jeanne AUDAT survive à son accouchement, André PEQUIOT ne se serait pas remarié et je ne serais pas là aujourd'hui. J'aime beaucoup constater à combien de petits hasards notre existence est due.

lundi 11 février 2013

Venesmes : la recherche continue


Il y a quelques jours, je laissais exprimer mon désarroi sur Twitter :


En effet, le très beau site des Archives Départementales du Cher fait mon bonheur et j'ai pu y retrouver de nombreux ancêtres de mon ascendance maternelle. J'ai notamment retrouvé prudent homme maître Paul Davril, lieutenant de la justice d'Hauterive, procureur et notaire au bailliage du marquisat de Châteauneuf-sur-Cher, prouvant la présence de notre famille dans ce village depuis près de 400 ans puisqu'il y a été baptisé en 1630 !

(source : Armorial Général de France - Tome 5 - Bourges - p. 53)
Son blason a même été dessiné par le juge d'armes de Louis XIV, Charles d'Hozier, qu'il a donc rencontré lorsque celui-ci faisait sa tournée dans toute la France pour recenser (et taxer) tous les blasons du royaume.

Mais si certaines branches de ma famille viennent initialement de Châteauneuf, d'autres y ont émigré au début du XIXème siècle et sont originaires du village mitoyen : Venesmes. Or, les archives de Venesmes n'ont été mises en ligne que jusqu'en 1771.

Il y a quelques mois, Benoît Petit, généalogiste ayant également des ancêtres dans le Berry m'avait fait découvrir les nombreux registres publiés sur le site Geneanet et accessibles à tous sans abonnement ni inscription. Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai réalisé qu'il pouvait peut-être y avoir les registres de Venesmes : ils y sont, jusqu'en 1628 ! Je vais donc enfin pouvoir remonter toutes ces branches qui ont vécu de ce village, dont la famille Pequiot/Petiot.

Jean Petiot, mon ancêtre, simple journalier, dont le petit-fils Gilbert Pequiot sera maire de Venesmes de 1870 à 1876, s'était marié en premières noces en 1768. J'ai donc, grâce à Geneanet, pu retrouver cet acte de mariage pris en photo, ce qui est encore plus émouvant que le noir et blanc des archives car on voit vraiment le papier sur lequel fut écrit l'acte. Quand on pense que ce document date de Louis XV ! En voici la transcription :

(source ; Archives Municipales de Venesmes - Registres paroissiaux et d'état civil 1751-1770 p. 359)
"Le troïs fevrier mil sept cens soixante huit après la publication des trois bans du futur mariage entre jean petiot journalier agé de vingt deux ans fils mineur de laurent petiot manoeuvre agé de soixante ans et catherine contant agée de cinquante ans ses pere et mere d'une part de cette paroisse. et anne bondoneau agée de vingt quatre ans fille mineure des defunts claude bondoneau vivant journalier, et de marie loury ses pere et mere de la paroisse de corquoy de fait et de celle cy de droit, procedant sous lauthorité de louis begasa son tuteur faitte tant en cette église que celle de corquoy par trois jours de dimanches : savoir le dix, dix sept et vingt quatre janvier sans qu'il se soit trouvé aucun empêchement où opossition et après les fiançailles celebrées en l eglise de corquoy le trente janvier. vu le certificat de monsieur le curé de corquoy en datte du premier du présent mois. je soussigné curé de cette paroisse, ai reçu le mutuel consentement de mariage des susdittes parties et leur ai donné la benediction nuptiale avec les ceremonies prescrittes par léglise presens et consentans, laurent petiot pere de lépoux, jean petiot journalier frere de l'epoux. louis begasa journalier tuteur de l'epouse, jean loury journalier cousin de l'epouse et autres tous de cette paroisse lesquels ont dit ne savoir signer de ce enquis.
Gaudin curé de venèmes"
Voilà pourquoi il est important qu'il y ait des bénévoles. Je reçois régulièrement des actes demandés à l'association Le Fil d'Ariane, et ceux qui photographient les registres paroissiaux ou les minutes de notaires pour Geneanet font avancer grandement mes recherches. Ma petite contribution c'est que je participe à l'indexation des Archives Départementales du Cher en rentrant les noms, prénoms et dates de mes ancêtres lorsque je trouve leurs actes dans les registres. Mon arbre en ligne et ce blog pourront également aider d'autres personnes dans leurs recherches, comme certains arbres ont pu m'aider à avancer.

Maintenant que la porte s'ouvre à nouveau pour de nombreuses branches de mon ascendance maternelle, je n'ai plus qu'à me lancer dans les pages marrons des registres du XVIIIème siècle de ce village, à la recherche de ces tisserands et laboureurs qui y ont vécu. J'ai même retrouvé une petite bénédiction de cloche dont j'ai agrémenté l'article Wikipédia de Venesmes.