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vendredi 13 janvier 2017

Biographie : Joseph PERLY

Joseph PERLY
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : remonterletemps.ign.fr)
Joseph PERLY voit le jour le 17 mai 1863 aux Étangs dans la commune de Lanthenay (Loir-et-Cher) située dans la banlieue nord de Romorantin. C'est le fils aîné de Louis Benjamin PERLY, vigneron, et d'Agathe Adélaïde PINON, vigneronne. La famille va demeurer aux Étangs jusqu'à ses 5 ans environ. C'est là que naîtront ses frères Armand en 1865 et Ernest en 1868. 

Lorsqu'il a 8 ans, il est placé dans la maison de ses grands-parents, Benjamin PERLY et Étiennette THEILLAY aux Arches à Lanthenay. Il y vit avec son oncle Alexis PERLY et Silvine FRAUDET, leur domestique, qui finira par épouser Alexis PERLY. Pour quelle raison a-t-il été mis chez ses grand-parents alors que ses parents vivaient avec leurs deux autres fils et leur fille Ernestine née en 1873 ? J'ai remarqué une légère fréquence dans ces régions du centre de la France à placer les aînés chez les grands-parents. Peut-être servait-il d'aide à la vigne, mais ses grands-parents avaient toujours leur fils cadet Alexis qui vivait avec eux ...

(source : Heredis 2017)

Toujours est-il qu'à ses douze ans, il vit toujours chez ses grands-parents avec son oncle et sa tante Alexis PERLY et Silvine FRAUDET qui, n'ayant pas eu d'enfants, l'élèveront peut-être comme s'il était leur enfant. Joseph PERLY n'a donc pas grandi avec ses véritables parents et frères et soeur.

En 1881, alors âgé de 17 ans, il retourne vivre chez ses parents, avec ses frères et soeur à la Malicorne, lieu-dit situé juste sous Les Étangs, toujours à Lanthenay (Loir-et-Cher). Son livret militaire, établi deux ans plus tard, ne nous apprend pas grand chose, si ce n'est que Joseph PERLY n'est pas très grand (1m61) et qu'il est blond aux yeux gris. 

Joseph PERLY
(source : Archives personnelles)
Voici une des rares photographies que je possède où on peut le voir, probablement vers la cinquantaine, poser chez un photographe. Il avait les cheveux courts et une grande moustache, il est de petite taille, mais assez fin. 

Lorsqu'il envisage de se marier, en 1890, c'est la fille d'un boulanger de Romorantin (Loir-et-Cher) qui rencontre ses faveurs : Eugénie Camille PÉROLAT. C'est chez les parents de la future épouse qu'est passé le contrat de mariage la veille du mariage, le 18 avril 1890 devant maître Georges Gustave Clovis GABILLON

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Alors qu'il était précédemment journalier ou vigneron, il est dit ouvrier boulanger dans son contrat de mariage. Il est fort probable qu'il avait été recruté comme mitron à la boulangerie des PÉROLAT et que c'est là qu'il a rencontré la fille du boulanger dont il est tombé amoureux. Les PÉROLAT tenaient une boulangerie située rue de Beauvais à Romorantin (Loir-et-Cher), peut-être cette boutique où il est écrit "Pâtisserie" sur cette photographie. Dans tous les cas, il a déjà consommé ce mariage car Eugénie Camille PÉROLAT est enceinte de trois mois au moment de passer le contrat de mariage, ce qui peut avoir précipité l'engagement. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/168)
Joseph PERLY apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes bijoux et objets à son usage personnelle et composant sa garde robe" :
  • "un livret de la Caisse d'Epargne de Romorantin" pourvu de 415, 25 francs
  • une somme de 151,90 francs "a lui due par les époux Ernest Pineau et dame Irène Lemoine sa femme"
Eugénie Camille PÉROLAT apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes, bijoux, joyeux et objets à son usage personnel composant sa garde robe"
  • "un lit complet et garni, une commode, une table en guéridon et quatre chaises, le tout en noyer et huit draps" estimés à 1 000 francs
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Le mariage a lieu le lendemain. La mariée étant déjà enceinte, six mois plus tard naît à Romorantin (Loir-et-Cher) sa fille aînée Madeleine Eugénie PERLY

En 1893, le couple a décidé de déménager à Tours (Indre-et-Loire) où naît leur deuxième fille, Marguerite Alphonsine Henriette. En 1899 naît Henri Antoine Benjamin et en 1905 mon ancêtre Pierre Joseph Émile Ernest. Je ne connais pas vraiment les destins de ses trois premiers enfants, si ce n'est que ses deux filles étaient couturière et que son fils aîné fut fourreur à Paris. 

Je peux continuer la suite de l'histoire de cette famille grâce aux photographies que nous possédons. Les PERLY sont catholiques (bien que j'aie trouvé une branche collatérale protestante, le protestantisme semblant assez bien implanté à Romorantin) car Pierre Joseph Émile Ernest PERLY fait sa communion vers 1917. 

Communion de Pierre Joseph Émile Ernest PERLY vers 1917
(source : Archives personnelles)

En 1921, Pierre est placé en apprentissage de prothésiste dentaire à Tours. Il est étonnant de voir qu'aucun de ses deux fils n'a souhaité effectuer la même profession. Je pense que, contrairement aux PÉROLAT qui tenaient leur propre boulangerie à Romorantin (Loir-et-Cher), en déménageant à Tours (Indre-et-Loire), Joseph PERLY ne travaille plus que comme porteur de pain au service d'une boulangerie qui n'est pas la sienne. Il a donc dû orienter ses fils vers d'autres métiers. C'est ainsi que ses deux fils seront l'un fourreur et l'autre prothésiste dentaire. 

Pierre Joseph Émile Ernest PERLY (à droite) vers 1921
(source : Archives personnelles)
En 1928, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, son fils cadet fait la rencontre de Madeleine Marie Victorine BRANCHU, divorcée de Maurice André LUTZ après un très éphémère mariage de deux ans. Elle est la fille d'un photographe et pharmacien. Ils se réunissent tous à Tours (Indre-et-Loire) cette année là dans la maison de la famille PERLY, rue du Cluzel, soit pour les fiançailles, soit après le mariage qui a lieu au Mans (Sarthe). 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT rue du Cluzel à Tours en 1928
(source : Archives personnelles)
Joseph PERLY aura peut-être été informé de la naissance de ma grand-mère en mai 1929 au Mans (Sarthe) et peut-être aura-t-il rencontré sa première petite-fille. Il décède quelques mois plus tard, le 14 décembre 1929, à Tours (Indre-et-Loire) âgé de 66 ans.

mardi 6 décembre 2016

Les actes introuvables enfin trouvés !

Louis Noël GRÉLOT + Cécile Joséphine MÉTRAU
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Étienne dit Henri GRELOT
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Il y a parfois en généalogie ce que l'on nomme des "épines généalogiques" : des endroits sur lesquels on butte et où on se dit que jamais on ne trouvera la solution. C'était le cas pour moi le cas de la famille Grelot. Je dis bien c'était. Le site internet Genealogie.com s'est récemment transformé en Filae.com. Et l'une des grandes nouveautés est l'indexation de la totalité de l'État-Civil du XIXe siècle. J'ai donc tenté le tout pour le tout. Louis Noël GRÉLOT, né en 1824 à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) a quitté son bourg natal pour l'aventure du chemin-de-fer en passant par l'Essonne, la Sarthe, l'Indre-et-Loire, la Creuse, et quantité d'autres régions où sa famille a essaimé. La dernière trace que j'avais de lui et de sa femme Cécile Joséphine MÉTRAU était à Clisson (Loire-Atlantique) dans les années 1880 et plus rien ensuite. Aucune idée de leur domicile. 

(source : Filae.com)
J'ai donc naïvement tapé son nom et son année de naissance dans le moteur de recherche et j'ai immédiatement eu comme résultats son acte de naissance et ... son acte de décès que je désespérais de trouver ! On peut directement cliquer sur l'acte et on est emmené à la bonne page du registre d'état-civil avec l'acte surligné pour bien voir où il se trouve. 

(source : Filae.com)
C'est donc avec une grande émotion que j'ai pu consulter l'acte de décès de mon ancêtre direct, pas si éloigné, mais que je ne trouvais pas, et que je n'aurais jamais trouvé à Chambon-sur-Voueize (Creuse). 

(source : Archives départementales de la Creuse - 4E52/21 - p. 191-
Louis Noël GRÉLOT, rentier de 78 ans, est donc mort dans cette commune alors qu'il habitait Montluçon (Allier). Je viens également de trouver le décès de sa femme, mon ancêtre Cécile Joséphine MÉTRAU à Château-la-Vallière (Indre-et-Loire) en 1901 à l'âge de 76 ans ! 

(source : Archives départementales d'Indre-et-Loire - 6NUM8/062/040 - p. 105)

Mais grâce à ce nouveau site, je trouve également les émigrés comme Pierre DEBANNE, huissier à Romorantin (Loir-et-Cher), né à Issoudun (Indre) et marié à Montmorency (Val-d'Oise), ou encore deux mariages GRELOT à Paris en 1882 et 1883. Ce site va être vraiment utile pour les frères ou cousins ayant émigré dans les grandes villes et dont on a perdu la trace. Ainsi que pour pouvoir retrouver facilement les actes dans les grandes villes comme Paris. En tout cas, c'est émouvant de découvrir de nouveaux actes 5 ans après avoir démarré sa généalogie sur des ancêtre si proches ! 

jeudi 10 mars 2016

Émile SOUCHAY, profession de ploqueur

Toussaint Silvain SOUCHAY + Madeleine Rosalie GAVEAU
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Émile SOUCHAY          Alphonsine Florestine SOUCHAY
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                                                Eugénie Camille PÉROLAT
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                                                             Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
                                                          |
                                                        Ma grand-mère
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                                                         Mon père
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                                                           Moi

En parcourant les recensements de Romorantin (Loir-et-Cher), je suis tombé sur une profession que je n'avais jamais rencontrée auparavant (probablement parce qu'il s'agit d'un métier qu'on réservait aux enfants ou adolescents) : ploqueur.

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 2 MILN R214 - p. 517)
En cherchant sur Gallica, je ne trouve qu'une seule mention de cette profession, dans une note de bas de page sur la maltraitance des enfants apprentis (il faut noter qu'Émile SOUCHAY a 14 ans au moment où il est dit être ploqueur). 

Villermé, L. R. (1840). Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie. Tome 2. Paris : Jules Renouard et compagnie, p. 116.
(source : Gallica/BnF)
Le titre de l'ouvrage ne me surprend pas car les SOUCHAY sont depuis longtemps fabricants de draps et travaillent donc dans le tissu ou la laine. Le père d'Émile, Toussaint Silvain SOUCHAY, est à l'époque (en 1856) apprêteur de draps. C'est finalement Google Livres qui m'a donné la réponse : 

Tarbé, P. (1851). Recherche sur l'histoire du langage et des patois de Champagne. Tome 2. Reims, P. Regnier, p. 169.
(source : Google Livres)
On voit bien qu'il s'agit d'un acte très simple (renouer les boudins de laine les uns aux autres) qui est en effet bien adaptée aux jeunes enfants. J'ai en tout cas réussi à découvrir ce nouveau métier. Et vous, avez-vous rencontré des ploqueurs dans votre généalogie ? 

jeudi 3 mars 2016

Jean Pierre PINON héberge une orpheline

Jean Pierre PINON
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Agathe Adélaïde PINON
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Joseph PERLY
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Jean Pierre PINON n'a pas particulièrement été chanceux dans sa vie concernant ses enfants. À vrai dire, il s'agit des ancêtres grâce auxquels notre existence ne tient qu'à un fil. En 1840, il épouse mon ancêtre Agathe VILPOU, fille d'un charretier de Romorantin. Ils ont deux enfants, Agathe Adélaïde (mon ancêtre) et Désiré Florent (dont je n'ai pas trouvé l'acte de décès, mais qui ne survivra pas si j'en crois les recensements). Sa femme meurt prématurément à l'âge de 28 ans. Il épouse alors sa cousine Adélaïde DEBOUT en 1843 avec laquelle il n'aura qu'une fille en 1847, Pauline, qui meurt au bout de six jours. 

Nous avons donc une cellule familiale constituée de Jean Pierre PINON, sa femme Adélaïde DEBOUT, et sa seule fille survivante issue de son premier mariage Agathe Adélaïde PINON. Sentaient-ils l'envie d'avoir d'autres enfants ? Toujours est-il que dans le recensement de 1856, un nouveau membre vient s'ajouter à la famille. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 2 MILN R124 - p. 118)
Ils élèvent Pauline DUON, qui est indiquée être élève de l'hospice de Blois et avoir alors 9 ans. Mis à part le fait qu'elle porte le prénom de leur défunte fille (et qu'elle est également née en 1847 comme cette dernière), il n'y a aucun lien entre notre famille et une famille DUON. L'hospice de Blois aurait-il pu être un orphelinat ? Est-ce une jeune orpheline qu'ils auraient recueillie ? Elle semble être trop jeune pour être domestique et d'ailleurs il n'est pas indiqué qu'elle soit leur domestique. Ils semblent l'avoir adoptée car en 1861, elle est toujours dans la famille et est indiquée comme "orpheline hospice de Blois".

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 1 MIEC 194 R2 - p. 85)

Elle n'a pas été adoptée, mais bien élevée par Jean Pierre PINON. Lors de son mariage avec Noël Lucien JOLLY, mon ancêtre qui l'a élevée est témoin en tant "qu'ami de l'épouse" ainsi que mon autre ancêtre Louis Benjamin PERLY (le mari d'Agathe Adélaïde PINON avec laquelle elle a été élevée, son "beau-frère" en quelque sorte) sous la même qualification.


(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI18/R97 - p. 373)

L’an mil huit cent quarante sept, le neuvième jour du Mois
de Mars à neuf heures du Matin, pardevant nous Auguste Dominique
Lemaignon, Adjoint, faisant par délégation du Maire, les 
fonctions d’officier de l’état civil de la commune de Blois, 
canton de Blois, département de Loir-et-cher, Acte de naissance
de Pauline Duom, exposée le huit de ce mois à quatre heures
du matin, à la porte de l’hospice civil de cette ville, d’après la 
déclaration à nous faite par le sieur Léopold Chevallier, receveur
dudit hospice, de laquelle déclaration il a été par nous dressè le 
procès verbal dont la teneur suit : 
Aujourd’hui neuf Mars mil huit cent quarante sept à 
neuf heures du matin, pardevant nous Auguste-Dominique
Lemaignon, Adjoint, faisant, par délégation du Maire, les fonctions
d’officier de l’état civil de la commune de Blois, canton de Blois, 
département de Loir-et-Cher, est comparu en la maison commune
le sieur Léopold Chevallier, receveur de l’hospice civil de cette
ville, lequel nous a déclaré que le huit mars à quatre heures du 
matin, la portiere entendit sonner à la porte dudit hospice, qu’elle
ne vit personne ; mais trouva dans le tour placé contre la dite
porte un enfant qu’elle porta de suite à la supérieure.
L’enfant à nous représenté dans les mêmes vêtements de son 
exposition, avons reconnu qu’il était naissant, du sexe féminin, n’ayant
sur l’habitude du corps aucune marque distinctive et vêtu ainsi
qu’il suit : D’un bonnet d’indienne brune, d’un lange d’étoffe
brune, d’un mouchoir de coton rouge, d’une brassière d’étoffe
et d’une chemise de toile.
Avons demandé au sieur Chevallier si les auteurs de cette
exposition étaient connus, nous a répondu négativement ; il a donné
à cet enfant le prénom de Pauline et le nom de Duom ; l’avons
renvoyé à l’hospice, et avons dressé le présent que le dit
sieur Chevallier a signé avec nous après lecture faite

vendredi 11 juillet 2014

Déplacements et découvertes chez les PÉROLAT

Jean François PEROLAT + Madeleine dite Catherine Eugénie COUSIN
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François Eugène PÉROLAT           Lucien PÉROLAT
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Eugénie Camille PÉROLAT          Léon Marie PÉROLAT
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY   Louis Marie Alphonse PÉROLAT
|                                                   
Ma grand-mère                                              
|                                                   
Mon père                                                  
|                                                   
Moi                                                    

Une chose qu'il ne faut jamais oublier de faire, lorsqu'on fait des recherches généalogiques, c'est de taper les noms de famille dans le moteur de recherche de Geneanet, qui trouve pour nous des résultats intéressants sur Gallica.

Jean François PÉROLAT est vigneron et cultivateur originaire de Varennes-sur-Fouzon (Indre). Il se marie avec Madeleine COUSIN (qui se fera appeler toute sa vie durant Catherine Eugénie) qui est originaire de Valençay (Indre) où ils vont s'installer.

Vue depuis le château, Valençay, Indre, France
(source : Croquant, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
C'est à Valençay que nait Lucien. Son frère (et mon ancêtre), François Eugène, est boulanger à Paris avant de venir vivre à Romorantin (Loir-et-Cher). C'est aussi là que Lucien va venir s'installer et exercer son métier de cordonnier toute sa vie durant. Il faut dire que c'est la grosse ville la plus proche de Valençay. 

Déplacements de Lucien PÉROLAT
(source : Heredis 2014)
Il y épouse Louise Julie LEMOINE, fille d'un cordonnier et surveillant d'octroi. Contrairement à son frère qui aura 7 enfants, Lucien et Louise Julie n'ont qu'un fils unique, Léon Marie PÉROLAT.

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 2 MI 48/R48 - p. 1174)
Léon Marie est châtain aux yeux gris bleu et mesure 1 mètre 60, d'après son livret militaire. En tapant son nom sur Geneanet, je suis tombé sur ce document amusant.

(source : *, Bulletin de la société de protection des apprentis et des enfants employés dans les manufactures, t. XXV, Paris, A. Chaix, 1892, p. 420)
Petit détail amusant, lorsqu'il avant 17 ans, Léon Marie était en troisième année d'apprentissage chez Monsieur CARRO, imprimeur à Romorantin et avait gagné un livret de caisse d'épargne de dix francs. Ce sont ces petits détails qui rendent nos ancêtre un peu plus vivants. Ce document coïncide avec son livret militaire qui m'apprend qu'à l'âge de 20 ans, il est typographe à Paris.

Mais c'est à Xertigny (Vosges) que je retrouve Léon Marie, alors employé aux chemins de fer de l'Est, et qui s'installe dans cette région où nous n'avons aucune attache familiale.

Déplacements de Léon Marie PÉROLAT
(source : Heredis 2014)
Il y épouse Marie Thérèse CHATEL, sage-femme, fille d'un meunier et d'une herboriste. Je leur ai trouvé un fils né en 1901 à Xertigny, Louis Marie Alphonse PÉROLAT. Dans la mention marginale de son acte de naissance, j'apprends qu'il se marie à Alger (Algérie) en 1930 et qu'il décède à Montpellier (Hérault). Mais en tapant son nom dans Geneanet, je suis tombé sur un extrait du Journal Officiel.


(source : *, Journal officiel de la république française, n° 187, 10 août 1939, pp. 10118-10146)
En 1939, Louis Marie Alphonse vit à Djidjelli (nom sous la colonisation de la ville de Jilel) en Algérie et est nommé Chevalier du Mérite agricole. 

Chevalier de l'Ordre du Mérite Agricole
(source : Fdutil, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Je pense qu'il devait être administrateur adjoint d'une exploitation agricole ou quelque chose comme ça.

Le Grand Phare, Jilel (Algérie)
(source : Mouh2jilel, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
D'après les photos de j'en trouve sur internet, cette ville à l'Est de l'Algérie semble superbe. Une famille berrichonne qui finit au bord de la méditerranée, c'est pas mal, non ?

Déplacements de Louis Marie Alphonse PÉROLAT
(source : Heredis 2014)

jeudi 21 novembre 2013

La boulangerie des PERLY

En relisant le contrat de mariage de Joseph PERLY et d'Eugénie Camille PÉROLAT, j'ai réalisé que j'avais des informations très précises sur mes mariés. 

Joseph PERLY + Eugénie Camille PÉROLAT
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Les signatures de leur contrat de mariage
(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Le futur époux est dit habiter aussi bien au 1 rue des Jouannettes qu'au 20 rue de Beauvais, à Romorantin. La rue de Beauvais ne semble plus exister de nos jours, mais en cherchant la rue des Jouannettes sur Google Maps, je suis tombé sur une boulangerie.

(source : Google Maps)
Car Joseph PERLY, tout comme les PÉROLAT parents de sa future épouse, était boulanger. Et puisque la boulangerie de mes arrière-grands-parents est toujours une boulangerie en 2013 à Châteauneuf-sur-Cher, je suis tenté de penser que cette maison de Romorantin était déjà une boulangerie en 1890.

Ne pouvant trouver l'actuelle rue de Beauvais sur Google Maps, je suis allé voir du côté des archives départementales en ligne pour chercher des images de cette rue, et peut-être d'une boulangerie située au numéro 20.

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/65)
Voici à quoi pouvait ressembler la rue de Beauvais, semblable à toute la ville de Romorantin telle que je l'ai découverte cet été : toute de pierres blanches. Sur une autre photo, on voit une boutique sur laquelle est écrit "Pâtisserie". Serait-ce la résidence des PÉROLAT ?

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/168)
En tout cas, si je ne peux pas être sûr de l'existence de cette boulangerie de la rue des Jouannettes en 1890 (il n'y a pas de cartes postales anciennes de cette rue sur le site des archives), je sais que les Joseph PERLY et son épouse ont résidé précisément dans cette maison au moment de leur mariage. Ils sont ensuite partis à Tours où est né leur fils Pierre, mon arrière-grand-père. 

mercredi 2 octobre 2013

Descendance de Jean François PEROLAT et de Catherine Eugénie COUSIN

La famille Pérolat est originaire de Varennes-sur-Fouzon, dans l'Indre. Le couple Perolat-Cousin dont il est question ici s'est installé à Valençay où se trouve le célèbre château de Talleyrand. L'orthographe du nom Perolat évolue beaucoup, écrite autrefois Perola, le nombre de "r" et de "l" évolue, ainsi que les accents, pour se fixer globalement sur l'orthographe "Pérolat". Pour une raison mystérieuse, Madeleine COUSIN se fait appeler Catherine Eugénie tout le long de sa vie, ce qui m'a posé pas mal de recherche lorsque j'ai voulu reconstituer ce couple au départ. 

Pour la petite histoire, Madeleine COUSIN est la cousine issue de germaine de Jean François PEROLAT puisqu'ils partagent les mêmes arrières-grands-parents : André PEROLA et Marie COUTAN. Les membres de cette famille ont relativement beaucoup voyagé au XIXème siècle à travers la France, comme vous pourrez le voir.

Château de Valençay
(source : Frank Wouters, licence CC BY 2.0, via Flickr)
I. Jean François PEROLAT, journalier, domestique, vigneron, cultivateur, rentier. Né le 23 août 1813 au Village du Bois Gachet, Varennes-sur-Fouzon (Indre), décédé le 1er juin 1895 à Jumeaux, Valençay (Indre).

Marié le 20 novembre 1842 à Varennes-sur-Fouzon (Indre) avec Madeleine dite Catherine Eugénie COUSIN, journalière, née le 4 juillet 1826 à Valençay (Indre), fille de Claude COUSIN, domestique, journalier, vigneron et de Marie Madeleine SAUVÊTRE, propriétaire.
  • François Eugène PÉROLAT, qui suit.
  • Victorine PEROLAT, née le 7 octobre 1846 à Jumeaux, Valençay (Indre), décédée le 17 novembre 1865 à Jumeaux, Valençay (Indre).
  • Lucien PEROLAT, qui suit en II bis.
  • Alexandrine dite Angeline PEROLAT. Née le 26 novembre 1851 à Jumeaux, Valençay (Indre), mariée le 19 juin 1872 à Valençay (Indre) avec Silvain LANBRIOUX, domestique, journalier, né le 20 mars 1848 à Jumeaux, Valençay (Indre), fils de Silvain LAMBERIOUX, cultivateur, fermier et de Madeleine CHAUVIN dont : 
    • Sylvain LAMBERIOUX, épicier, né le 10 décembre 1873 à Lucioux, Fontguenand (Indre).
  • Marie Adrien PERROLLAT, né le 4 septembre 1866 à Jumeaux, Valençay (Indre), marié le 18 juillet 1898 à Tours (Indre-et-Loire) avec Mathilde GIRARD.
II. François Eugène PÉROLAT, boulanger. Né le 6 novembre 1844 à Jumeaux, Valençay (Indre).

Marié le 27 février 1873 à Paris (2ème arrondissement) avec Alphonsine Florestine SOUCHAY, couturière, boulangère, née le 2 mars 1849 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), fille de Toussaint Silvain SOUCHAY, journalier, foulon, tondeur de draps, foulonnier, apprêteur de draps, fabricant de draps, et de Madeleine Rosalie GAVEAU, journalière, ouvrière en draps, cabaretière.
  • Eugénie Camille PÉROLAT, née le 14 janvier 1871 72 avenue des Ternes, Paris (17ème arrondissement), décédée le 11 novembre 1943. Mariée le 19 avril 1890 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) avec Joseph PERLY, boulanger, posteur de pain, né le 17 mai 1863 aux Étangs, Lanthenay (Loir-et-Cher), décédé le 14 décembre 1929 à Tours (Indre-et-Loire), fils de Louis Benjamin PERLY, vigneron, jardinier, et d'Agathe Adélaïde PINON, vigneronne, ménagère.
    • Madeleine Eugénie PERLY, née le 5 octobre 1890 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher).
    • Pierre Joseph Emile Ernest PERLY, prothésiste dentaire, employé aux Mutuelles du Mans Assurances, né le 3 avril 1905 15 bis rue Jacob Bunel, Tours (Indre-et-Loire), décédé le 22 janvier 1984 à Parigné-l'Évêque (Sarthe). Marié le 27 avril 1928 avec Madeleine Marie Victorine BRANCHU, née le 1er janvier 1902 au 123 boulevard Port-Royal, Paris, décédée le 7 octobre 1990 au Mans (Sarthe), fille de Louis Victor BRANCHU, pharmacien, rentier, et de Joséphine Marie BENOIST, ménagère, dont descendance.
  • Alphonsine PÉROLAT, née le 5 mai 1873 à Jumeaux, Valençay (Indre), décédée le 29 février 1956 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher). Mariée le 5 juin 1897 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) avec François LAFLAQUIÈRE, mécanicien, né le 20 mai 1869 à Thomas, Saint-André-d'Allas (Dordogne), fils de Jean LAFLAQUIÈRE, maçon, cultivateur, et de Marie ROLAND, cultivatrice.
    • Eugène Lucien François Jacques Oscar LAFLAQUIÈRE, né le 8 octobre 1899 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), décédé le 19 décembre 1986 au Bourget (Seine-Saint-Denis), marié le 12 mars 1927 à Paris (18ème arrondissement) avec Adrienne PÉCHAUD, marié le 30 décembre 1938 au Havre (Seine-Maritime) avec Marie Françoise LE MARCHANDOUX.
  • Victorine Adrienne PÉROLAT, née le 7 février 1882 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher).
  • Eugène Alphonse Désiré PÉROLAT, né le 3 novembre 1883 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher).
  • Françoise Marie Antoinette PÉROLAT, née le 29 février 1888 à Romorantin-Lanthenay, décédée le 18 juin 1952 à Lapugnoy (Pas-de-Calais), mariée le 15 octobre 1917 à Paris (18ème arrondissement) avec André Charles VALEMBOIS.
  • Aimée Agathe Léa Sabine PÉROLAT, née le 5 février 1890 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), décédée le 31 juillet 1890 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher).
  • Benjamin Pascal Anatole Eugène PÉROLAT, né le 17 avril 1892 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher).
II bis. Lucien PEROLAT, cordonnier. Né le 1er février 1849 à Jumeaux, Valençay (Indre). 

Marié le 27 septembre 1873 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) avec Louise Julie LEMOINE, couturière, née le 8 août 1848 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), décédée le 10 août 1895 Rue du Four à Chaux, Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), fille de Jean Pierre LEMOINE, cordonnier, surveillant d'octroi et de Marie Julie VILLIARD, couturière.
  • Léon Marie PÉROLAT, apprenti imprimeur, employé aux chemins de fer. Né le 13 août 1874 à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), décédé le 6 décembre 1954 à Xertigny (Vosges). Marié le 25 décembre 1900 à Xertigny (Vosges) avec Marie Thérèse CHATEL, sage-femme, née le 3 avril 1875 à La Rue, Xertigny (Vosges), décédée le 7 mai 1975 à Xertigny (Vosges), fille de Chrysostome Anatole CHATEL, meunier et de Philomène Adèle Claire CARETTE, herboriste.
    • Louis Marie Alphonse PÉROLAT, né le 29 octobre 1901 à Xertigny (Vosges), décédé le 24 août 1964 à Montpellier (Hérault), marié le 8 septembre 1930 à Alger (Algérie) avec Henriette BROC.

mardi 1 octobre 2013

Les enfants d'Armantine PERLY

Lors de mon voyage généalogique berrichon de cet été, je suis passé par Romorantin (ville où vécurent tous mes ancêtres du côté Perly pendant plusieurs siècles) et la première église que j'aperçus fut la chapelle Saint-Roch.

Chapelle Saint-Roch, Romorantin
(source : photo personnelle)
D'après la petite plaque explicative apposée sur l'église, depuis l'épidémie de peste de 1585, les habitants de Romorantin allaient en pèlerinage jusqu'à Saint-Cécile en Berry. En 1626, cette chapelle fut construite pour invoquer Saint-Roch contre les épidémies. 

Au XVIIème siècle, Romorantin est un lieu d'affrontements violents entre Catholiques et Huguenots. En effet, la ville compte une forte communauté protestante. Au regard de cette information, j'ai maintenant l'hypothèse que mes ancêtres Claude BOURDERIOU et Anne Marguerite DORÉ se seraient mariés dans une église protestante entre 1774 et 1780, ce qui expliquerait l'absence d'acte de mariage dans les registres paroissiaux (je n'ai malheureusement pas connaissance de registres protestants en ligne concernant Romorantin). Auraient-ils ensuite changé à nouveau de religion pour faire baptiser leurs enfants dans l'église catholique ? (voir mon article sur leur mariage) En tout cas, cette église se situe très près d'un temple protestant détruit en 1669.

L'intérêt d'avoir visité Romorantin et appris l'existence d'une forte communauté protestante m'a été d'une grande utilité pour comprendre une découverte récente concernant une cousine : Armantine PERLY, couturière et rempailleuse de chaises.

Liens de parenté avec Armantine PERLY
(source : Arbre familial, via Geneanet)
Armantine est la fille de Jean Etienne Médard PERLI, vigneron, maçon et aubergiste, et de Madeleine Rosalie PERLY, aubergiste. Pour l'anecdote, ses deux parents sont cousins germains, ce qui donne à notre pauvre Armantine un pourcentage de consanguinité de 6,25% !

Toujours est-il que le 2 juillet 1855, Armantine épouse François Eugène LEROY, un tourneur en bois originaire de Mur-de-Sologne.

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI194/R43 - p. 318)
Jusque là, rien de très original, notre heureux époux est le fils de François LEROY, cultivateur, et de Marie HARAULT. Il a un parrain nommé dans son acte de naissance. Tout me laisse à penser qu'il est né catholique. Cette information est importante, car j'ai été extrêmement surpris en découvrant au fil des registres les prénoms de ses huit enfants :

  • Isaac Thimoléon François (1856)
  • Rebecca Blanche (1857)
  • Esaü Jacob (1859)
  • Ève (1861)
  • Lia (1863)
  • Rachel Sara (1865)
  • Jenny Irène (1867)
  • Adam Eugène (1869)
J'ai d'abord pensé au judaïsme. Mais cela voudrait dire qu'ayant été baptisé, notre François Eugène aurait fait de longues et fastidieuses démarches pour se convertir dans une religion dont les membres subissaient à l'époque un antisémitisme important. Puis je me suis rappelé de cette plaque lue sur la Chapelle Saint-Roch rappelant une forte présence protestante à Romorantin. Et je me suis souvenu que les protestants aussi donnaient des prénoms tirés de l'Ancien Testament à leurs enfants. Qu'il ait été baptisé catholique ou protestant, notre Eugène François LEROY était bel et bien protestant (du moins, tous les indices tendent à le prouver). Reste à découvrir ce que sont devenus mes cousins protestants...


lundi 27 mai 2013

Mère à 54 ans ?

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI194/R27 - p. 504)
Dans mon dernier billet, je parlais d'une mère âgée de 51 ans à la naissance de son enfant Jean Michel. Cette mère, c'est mon ancêtre Marie Jeanne MEIGNAN. Alors de deux choses l'une : soit cette femme est en train de battre le record de la grossesse la plus tardive possible, soit il y a anguille sous roche. Je sais qu'il y a quelques généablogueurs médecins, peut-être pourront-ils m'éclairer.

Le 21 nivôse an VII (10 janvier 1799), Jean PINON se rend à la mairie accompagné de son fils Georges Modeste PINON et de sa belle-fille Madeleine SALMON pour déclarer la naissance de son onzième enfant : Michel Benjamin.

Seulement, il y a un hic : Marie Jeanne MEIGNAN, la mère de l'enfant, a alors 54 ans ! Est-il seulement possible d'être enceinte à cette âge ?

Faubourg d'Orléans à Romorantin où vécurent les Pinon à la fin du XVIIIème siècle
(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/242)
Une autre hypothèse vient de germer dans mon esprit : Jean et Marie Jeanne déclareraient cet enfant (et peut-être le précédent) comme le leur, comptant sur la difficulté pour l'officier d'état-civil de comprendre les dates du calendrier républicain, pour cacher la grossesse illégitime d'une de leur fille. Examinons les filles de cette famille :


  • Jeanne Magdeleine est morte à l'âge de 3 ans en 1782.
  • Jeanne Madeleine, sa soeur, née en 1783, ne semble toujours pas mariée à cette époque. Il pourrait s'agir de la mère de cet enfant.
  • Marie Solange se marie en 1809 et donne naissance en 1819 à Adélaïde DEBOUT, qui épousera son cousin germain (et mon ancêtre) en deuxièmes noces Jean Pierre PINON (on reste en famille dans le Loir-et-Cher)
Conclusion, soit Michel Benjamin est le fils illégitime de Jeanne Madeleine PINON, déclaré au nom de ses grands-parents. Soit Marie Jeanne MEIGNAN a vraiment vécu une ultime (?) grossesse à l'âge de 54 ans ...

dimanche 26 mai 2013

Jean Michel PINON, l'enfant de la dernière chance


En ce jour de Fête des Mères, j'ai trouvé une mère bien tardive. Tout est parti de cet acte :

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI194/R27 - p. 17)
"aujourd'huy quatre pluviose de l'an quatre de la république française une et indivisible à quatre heures du soir par devant moi nicolas Gabriel Anselin membre de l'administration municipale de la commune de romorantin département de loir et cher est comparu jean pinon vigneron assisté de paul philippe Galicher agé de cinquante cinq ans et jean champenois agé de cinquante ans tous deux proprietaires et domiciliés de cette commune, lequel m'a declaré que jeanne meignan son épouse en legitime mariage est accouchée d'hier à neuf heures du soir d'un fils au quel il a donné les prénoms de jean michel, d'après cette declaration et la representation qui m'a été faite de l'enfant denommé j'ai redigé le présent acte, que les comparant et témoins ont signés avec moi. fait en la maison commune les jour et an susdits"
Jusque-là, un acte de naissance tout ce qu'il y a de plus banal. Pour ceux qui ne sont pas familiers du calendrier révolutionnaire, le 4 pluviôse an IV correspond au 24 janvier 1796. Quand j'ai rentré cet acte dans mon logiciel Heredis, il a immédiatement déclenché une alerte dont je m'étais douté en voyant que le premier enfant de ce couple est né en 1769, soit 27 ans plus tôt !

Marie Jeanne MEIGNAN est à nouveau mère à l'âge de 51 ans après avoir donné naissance (d'après mes recherches qui ne sont pas encore complètes pour cette famille) à neuf enfants : Jean, Sébastien, Georges Modeste, Jeanne Magdeleine, Claude, Jeanne Madeleine, Marie Solange, Jean Pierre et Etienne.

Parenté de Marie Jeanne Meignan à mon arrière-grand-père
(source : Arbre familial, via Geneanet)

J'ai toujours (sûrement à tort) imaginé qu'avec ces grossesses répétées et la quasi absence de médecine à l'époque, que les femmes n'avaient pas de grossesses si tardives, sauf à risquer leur vie et celle de leur bébé. Je trouve quand même relativement exceptionnel d'avoir à nouveau un enfant à cet âge extrêmement avancé. L'enfant était-il viable ou avait-il un problème génétique (type trisomie) ? Dans ce dernier cas, l'officier d'état civil l'aurait-il indiqué sur l'acte ? J'imaginais surtout que la plupart des femmes étaient ménopausées à cet âge et j'avoue n'avoir jamais cherché d'enfants au delà d'environ 45 ans pour reconstituer mes fratries.

J'ai un autre exemple dans mes ancêtres d'enfant de la dernière chance. Nous descendons de Pierre François GRELOT dont les parents François GRELOT et Anne GAUDRY se sont mariés tous deux à 48 ans. Il fut leur seul enfant en 1760. Connaissant la mortalité infantile extrêmement élevée à l'époque, nous avons une chance incroyable d'être sur Terre aujourd'hui,

Cet enfant unique rattrapera son retard en deuxièmes noces (sa première épouse fut assassinée sous la Terreur) en ayant lui-même 13 enfants ! Et vous, avez-vous des enfants extrêmement tardifs parmi vos ancêtres ?

lundi 20 mai 2013

De garçon meunier à blanchisseur de toile


Continuant de rechercher les enfants du couple BOURDERIOU / DORÉ à Romorantin, je me suis retrouvé au début de l'an II de la République française et je suis tombé sur un acte de mariage entre Etienne SABART et Marie Madeleine MAUCHIEN.

Je ne sais pas pourquoi, mais ce nom d'Etienne SABART me disait quelque chose. Peut-être parce que j'avais encore en tête la seconde épouse de Pierre Firmin DELAHAYE, de mes mystérieux ancêtres d'Orléans.

(source : Arbre familial, via Geneanet)
Toujours est-il que je regarde de plus près qui sont les parents du marié.

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI194/R26 - p. 231)
"... sont comparus en la Salle publique delamaison Commune dudit Romorantin Etienne Sabart voiturier parterre agè de cinquante deux ans fils de défunt Etienne Sabart et de Margueritte Audouin et Marie Madelaine Mauchien agée de quarante un ans ..."
Audouin, voilà un nom qui me dit également quelque chose, surtout associé à Sabart. Je descends bien d'une Anne AUDOUIN, femme au XVème siècle d'un François JOURDAIN, chevalier, seigneur d'Ambleville et de Virsay, dans la Charente, mais il ne peut pas s'agir de cette famille...  Je tape le nom sur ma base généanet et soudain tout s'éclaire.

(source : Arbre familial, via Geneanet)
François AUDOUIN, journalier à Romorantin (mon sosa 1378) a eu au moins deux filles d'après mes recherches actuelles.

  • Hélène, mon ancêtre, mariée à Jean SOUCHAY, blanchisseur de toile. 
  • Marguerite, sa soeur, mariée à Etienne SABART, journalier.
Ce second couple est bien celui des parents de notre Etienne SABART époux de Marie Madeleine MAUCHIEN. Comme je souhaite à terme réaliser toute la généalogie descendante de notre famille, je rentre cet acte de mariage trouvé absolument par hasard. Comme il s'agit d'un acte post-révolutionnaire, les dates de naissance des mariés sont indiquées. Et comme je trouve important de toujours tout vérifier, je vais rajouter ces deux actes aux fiches de ce couple. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 4 E 194/9 - p. 74)
"L'an Etjour que dessus a Este par moy vicaire soussigné baptise un fils né hier du Legitime mariage d'Estienne Sabar journallier et de margueritte audoin de cette paroisse il a Este nomme Estienne il a Eu pour parrain jean Souchay garcon meusnier et pour maraine helaine audoin Sa tante qui ont declare ne scavoir signe de ce Enquis Le perre absent. Robin vicaire de Romtin"
Comme souvent après le premier enfant où les grands-parents sont parrain et marraine, ce sont les oncles et tantes qui se retrouvent dans ce rôle. Et ces oncle et tante ne sont autres que le couple SOUCHAY-AUDOUIN de mes ancêtres que nous avons vu plus haut et qui sont fraîchement mariés depuis quelques mois.

Avoir été curieux concernant une branche cousine de ma famille m'a apporté beaucoup. En effet, les registres de Romorantin ne sont pas très généreux en terme de métiers et ils sont rarement précisés. Je ne connais les métiers de certains ancêtres que parce que sur un seul des actes de baptême ou de sépulture d'un de leur dix enfants est donné un métier pour les parents. J'avais donc établi que Jean SOUCHAY était blanchisseur de toile. Pour ceux qui seraient curieux de connaître ce métier, voici la définition donnée dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.

(source : Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, tome second, p. 275 par
Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert, via Gallica/BnF)
Grâce à cet acte de baptême, j'apprends que Jean SOUCHAY, alors âgé de vingt-cinq ans, s'était lancé dans un apprentissage pour devenir meunier avant de devenir blanchisseur de toile. Ce qu'il serait intéressant d'apprendre maintenant, c'est à quel moment de sa vie Jean SOUCHAY a décidé de changer totalement de métier...