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lundi 4 mai 2020

Biographie : Joséphine Marie BENOIST

Joséphine Marie BENOIST
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère


Sophie Boudarel, sur son site : La Gazette des ancêtres propose un défi Généalogie 30 pour mieux connaître ses ancêtres au travers de 30 questions. Je pense que c'est une bonne manière de continuer les biographies que j'avais démarré il y a un bout de temps et d'aborder la généalogie autrement. Je suis content de démarrer cette formule par une femme pour lesquels nous possédons traditionnellement moins de sources en généalogie et de voir si je vais pouvoir compléter un peu le profil de cette ancêtre. 

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ?


(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 216_16-18 - vues 121-122/330)
Je sais que Joséphine Marie BENOIST est née aux Louveries à Montbizot (Sarthe) le 13 mai 1882, fille de Gustave BENOIST, mécanicien, qui déclare la naissance, et de Marie Louise FEAU. Les témoins sont Arsène Casimir VEGEAS, instituteur, et Louis ETOC, garde-champêtre. Elle a probablement été baptisée car c'était une famille catholique, comme le prouve cette image pieuse offerte par Marie Louise FEAU (la mère de Joséphine) a sa petite-fille, Madeleine Marie Victorine BRANCHU. 


Image pieuse offerte par Marie Louise FEAU à Madeleine Marie Victorine BRANCHU, sa petite fille : "Image donnée a M. Branchu par sa grand'mère Vve Benoist", entre 1906 et 1911
(source : Archives familiales)
Je n'ai pas pu savoir qui sont ses parrain et marraine, mais elle a probablement été baptisée à Montbizot (Sarthe). 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Elle se marie avec Louis Victor BRANCHU le 8 novembre 1901 à 20h à Montbizot (Sarthe). Le mariage est célébré par Lucien HOUSSIER, adjoint au maire de la commune. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2E 216/20 vue 106/120)
Les témoins du mariage sont : 
  • Joseph CHAMPROUX, garde-magasin, beau-frère de l'épouse
  • Alphonse GERET, charron, 
  • Almire LEGEAY, boulanger, 
  • Louis PARIS, instituteur, 
tous les quatre habitant à Montbizot (Sarthe). À part le premier témoin, je n'ai pas d'information sur les trois autres qui sont peut-être des amis. 

3. Comment s'est déroulé son mariage ?


Le mariage est désapprouvé par la famille du mari, riches industriels sarthois, car Joséphine était la domestique de Louis Victor BRANCHU à Paris, et elle est enceinte au moment du mariage. La mère de son mari, Adèle CHOPLIN, n'est donc pas présente au mariage. Les parents de Joséphine sont présents, quant à eux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Qui a déclaré ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 

Joséphine est décédée le 18 octobre 1942 à 13h à son domicile au 22 rue Mazagran (Le Mans). C'est Pierre PERLY, employé d'assurances, son gendre avec lequel elle vit qui déclare le décès. Elle est inhumée au cimetière Saint-Pavin du Mans. 

(source : photo personnelle)
5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ? 

Les femmes à cette époque ne rejoignaient pas l'armée. 

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur elle dans la presse ?

(source : L'Ouest Éclair, n°12649, 25 juin 1931)
La seule mention que je trouve d'elle dans la presse est dans L'Ouest Éclair du 25 juin 1931. Elle y est nommée "Mme Victor Branchu" et il s'agit du faire-part de décès de son mari. 

7. Quels évènements historique a-t-elle connus ? 

Elle a connu les deux guerres mondiales. Je ne sais pas comment elle a traversé la Première Guerre mondiale, mais je sais qu'elle a été se réfugier à la campagne en 1940 avec sa fille et sa petite-fille lors de l'invasion de la France par les Allemands. 

Joséphine Marie BENOIST, sa petite-fille (ma grand-mère), et le couple de paysans chez qui elles se sont réfugiées en juin 1940
(source : Archives familiales)
8. Quelle était son instruction ? 

Joséphine savait lire et écrire, mais je ne sais pas si elle a obtenu le certificat d'études. Elle n'a probablement pas fait beaucoup d'études, venant d'une famille modeste (son père était mécanicien). 

Paroles de chanson écrites par Joséphine BENOIST
(source : Archives familiales)

9. Dans quel environnement géographique évoluait-elle ? 

Joséphine a vécu à Montbizot, probablement aux Louveries où elle est née. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - PC\207\004)

Elle vit ensuite au 11 rue Radziwill à Paris avec son époux, photographe, et sa fille. 

Joséphine Marie BENOIST et Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives familiales)
Ils reviendront vivre au Mans (Sarthe) avant 1921. 

10. S'est-elle beaucoup déplacée dans sa vie ? 

Originaire de Montbizot (Sarthe), elle a vécu Rue Radziwill à Paris (2e arrondissement) avec son mari et sa fille pendant près de 10 ans avant d'aller vivre au Mans (Sarthe). J'ai de nombreuses photos qui attestent de ses déplacements, notamment au bord de la mer qu'elle et son mari semblaient affectionner particulièrement. 

De gauche à droite : Joséphine Marie BENOIST, ma grand-mère, Eugénie Camille PÉROLAT et derrière Madeleine Marie Victorine BRANCHU
(source : Archives familiales)
Ici, en 1932, elle est avec sa fille et sa petite-fille chez la belle-mère de sa fille, Eugénie Camille PÉROLAT à Tours, rue du Cluzel.

Les mêmes personnes
(source : Archives familiales)
Ici, dans la maison où elle vivait avec sa fille, son gendre et sa petite-fille (rue d'Hauteville au Mans) pour Noël 1936. 

De gauche à droite : Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Madeleine Marie Victorine BRANCHU, ma grand-mère au premier plan
(source : Archives familiales)
Sur cette photo, elle est avec son gendre, sa fille et sa petite-fille à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) en vacances en 1938. 

De gauche à droite : Monsieur PIVET, Madeleine Marie Victorine BRANCHU, ma grand-mère, Joséphine Marie BENOIST
(source : Archives familiales)

Sur cette autre photographie, prise en 1931, elle est à Saint-Brévin-l'Océan (Loire-Atlantique) avec sa fille et sa petite-fille et un certain Monsieur PIVET. 

11. Comment se déplaçait-elle ? 

Probablement en automobile et grâce au chemin de fer qui avait relié Paris à la province depuis les années 1870. 

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-elle ? 

Le seul métier que je lui connaisse est celui de domestique chez son futur époux à Paris. Son mari étant photographe et pharmacien, elle a cessé de travailler après son mariage. 

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-elle ? 

Elle est mère au foyer, indiquée "ménagère" dans les actes.

14. Comment apparaît-elle dans les recensements ?

(Source : Archives départementales de la Sarthe - 1 Mi 1180_15 - vue 168/600)
 Les archives départementales de la Sarthe n'étant pas très fournies sur les recensements du XIXe siècle, elle n'apparaît pas dans les recensements de Montbizot (Sarthe), ni dans ceux de Paris qui commencent en 1936. Le premier recensement où elle apparaît est celui du Mans (Sarthe) en 1921 où elle demeure 18 rue Froger avec son mari et sa fille. Elle est indiquée "sans profession" ainsi que son mari. 

15. Quel était le parler de sa région ? 

À l'époque de ses parents, on devait parler le patois sarthois, mais je n'ai pas entendu dire qu'elle parlait patois, d'autant qu'elle a vécu à Paris et que son mari, dont j'ai beaucoup d'écrits, parle un français très soutenu car il avait fait des études jusqu'au doctorat. 

16. Comment s'habillait-elle ? 

Toujours en robes ou jupes longues. Au début du XXe siècle, on la voit avec des chapeaux, qu'elle ne porte plus ensuite sur les photographies à partir des années 1930. 

17. Combien a-t-elle eu d'enfants ? 

Une fille unique, Madeleine Marie Victorine, née le 1er janvier 1902 à l'Hôpital Cochin à Paris (14e arrondissement). 

18. A-t-elle assisté au mariage de ses enfants ? 

Elle est déclarée "présente et consentante" dans le premier acte de mariage de sa fille avec Maurice André LUTZ le 19 avril 1924 au Mans (Sarthe). Elle n'est pas déclarée présente ou absente dans le second acte de mariage de sa fille avec Pierre Joseph Émile Ernest PERLY le 27 avril 1928 au Mans (Sarthe), mais rien ne laisse penser qu'elle n'y fut pas présente puisque j'ai une photo des deux familles prise à Tours (Indre-et-Loire) en 1928. 

De gauche à droite : 2e rang Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, 1er rang, Josephine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT à Tours en 1928
(source : Archives familiales)

19. Que signifie son nom de famille ? Comment a-t-il été transmis ? 

Voici l'explication de l'origine du nom qu'on trouve sur Geneanet : Du latin Benedictus (= béni), ce nom a été popularisé par deux saints, Benoît de Nursie (fondateur de l'ordre des bénédictins) et Benoît d'Aniane (réformateur du même ordre). Il fait partie des cent noms de famille les plus répandus en France. 

Pour notre famille BENOIST, le nom s'est toujours écrit avec le S depuis son ancêtre sergent royal dans le Maine-et-Loire qui savait signer et orthographiait déjà son nom de cette manière. 

20. Qui était son père ?

Le père de Joséphine s'appelait Gustave BENOIST, il était mécanicien et ouvrier ajusteur. 

21. Qui était sa mère ? 

La mère de Joséphine s'appelait Marie Louise FEAU, elle était cuisinière avant son mariage. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Joséphine avait de nombreux frères et soeurs, son père s'étant marié trois fois, mais je ne pense pas qu'elle les ait tous connus. Certains sont décédés avant sa naissance. Elle a connu Lucie Augustine BENOIST (née en 1875) que sa fille nomme Tante Lucie, son frère Raoul Gustave BENOIST (1884-1956) qui lui avait offert des cuivres représentant les saisons que ma grand-mère possédait encore chez elle, et Madeleine Marie BENOIST (née en 1891) qui est la seule dont je possède une photographie.

23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ?

Joséphine Marie BENOIST, Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Madeleine Marie BENOIST en 1907 à Bécon-les-Bruyères
(source : Archives familiales)
Oui, elle était liée à ses frères et soeurs plus qu'avec la famille de son époux qui avait coupé les ponts suite à cette mésalliance. Ici, sur cette photo, elle est en Île-de-France avec sa soeur de 15 ans et sa fille de 5 ans.

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ?


(source : Heredis 2018)
Oui, ses ancêtres sont principalement originaires de la Sarthe et de Montbizot pour la famille maternelle. Son arrière-grand-mère Jeanne EDET était baptisée à Montbizot (Sarthe) en 1787. Ses arrières-grands-parents Jean Baptiste BENOIST et Marie PELTIER sont ses seuls ancêtres originaires d'un autre département (Maine-et-Loire).

25. Quelle était sa religion ?

Joséphine était catholique, comme en atteste la centaine d'images pieuses adressées à sa fille.

26. Votre ancêtre chez le notaire.

Je lui connais un contrat de mariage passé le 6 novembre 1901 chez Louis Joseph BLANCHARD, notaire au Mans.

Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales de la Sarthe)
Son futur mari, Louis Victor BRANCHU, apporte en dot : une obligation de 400 F au porteur de la Ville de Paris, un quart d'obligation de 400 F au porteur de la Ville de Paris, une somme de 700 F en deniers comptants, les droits de successions de son père dont sa mère a pour l'instant l'usufruit (évalués à 30 000 F, soit un tiers de la succession totale).

Joséphine apporte en dot : une somme de 400 F en deniers comptants

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?


(source : Archives familiales)
J'aime bien cette photo où elle a l'air effrayée ou surprise d'être prise en photo. On peut lui voir une petite bague à la main droite et une médaille autour du cou (médaille de baptême ?).

28. Quels étaient ses repas ?

D'après le récit que fait sa fille de leur exode à la campagne en juin 1940, elle semblait toujours s'enquérir de fruits et légumes frais (asperges, fraises, etc.) cueillis dans un potager familial pour nourrir sa famille.

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ?

On raconte qu'elle était la domestique de Louis Victor BRANCHU alors étudiant en pharmacie à la Sorbonne. Il l'a mise enceinte et a voulu faire la chose honorable en l'épousant, ce qui n'était pas du goût de la famille car il venait d'une famille de riches industriels et elle venait d'une famille très modeste. Cette légende est vraie, car nous avons un courrier envoyé par huissier par les frères de Louis Victor BRANCHU lui interdisant le caveau familial au prétexte de cette mésalliance. Les membres de sa famille ne semblent pas avoir assisté au mariage.

30. Comment a-t-elle participé à la vie de la communauté (membre du Conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme, ...) ? 

Je n'ai pas d'informations à ce sujet. Elle semble avoir vécu avec sa fille et sa petite-fille après être devenue veuve (elle avait 12 ans de moins que son mari). 

lundi 11 septembre 2017

Les recensements de Pierre Marie Joseph FRÉMEAU

Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Dans mon dernier article, je vous parlais de la saisie par matricule d'Heredis 2018 et je prenais l'exemple de mon arrière-grand-père, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU. Grâce aux renseignements exploités avec attention de son matricule militaire, j'ai pu retrouver ses recensements de 1901 et de 1906 que je n'avais pas cherché auparavant, l'imaginant parti au service militaire et introuvable. 

(source : Archives départementales d'Indre-et-Loire - 6NUM5/261/053 vue 130/263)
En 1901, il habite au 34 rue Deslandes à Tours (Indre-et-Loire). Il est célibataire et est employé à la compagnie de chemin de fer de Paris à Orléans (PO). 

s.a. (1937). Ligne d'Orléans à Tours. Gare de Tours. [Carte]. Lieu : Bibliothèque nationale de France
(source : Gallica/BnF)
En 1905, il se marie à la mairie du 17e arrondissement de Paris, et en 1906, il habite (comme précédemment à son mariage) au 23 rue Hoche à Versailles.

(source : Google Maps)
Il a alors 30 ans, son épouse, Berthe Louise Stéphanie GRELOT est âgée de 23 ans, et ils ont à leur charge le jeune frère de Berthe, Georges GRELOT, âgé de 7 ans.

(source : Archives départementales des Yvelines - 9 M 955/36 vue 52/61)
C'est aussi la seule fois où le grand-père Joseph est noté comme employé aux grands-magasins Dufayel (les plus grands magasins du monde à l'époque). Nous avions cette information par les mémoires de mon grand-père, mais je n'en avais auparavant jamais trouvé trace dans un acte officiel. Son épouse ne travaillait alors pas.

Bonnel, N. (s.d.). 1856 - Les Galeries Dufayel [Billet de blog]. Repéré à http://www.paris-unplugged.fr/1856-les-galeries-dufayel/
Contrairement à ce que je pensais, et même s'ils ont vécu, de mémoire familiale, la vie parisienne du début du siècle avec le théâtre et les promenades sur les boulevards, mes arrière-grands-parents ne vivaient pas à Paris même mais à Versailles, et semblent avoir élevé (du moins pendant un temps), mon arrière-grand-oncle Georges GRELOT. Voici deux renseignements que je n'aurais pas pu avoir si je n'avais pas analysé attentivement son matricule militaire. Comme quoi, chaque document nous apporte des précisions nouvelles si on prend le temps de l'observer attentivement.

dimanche 10 septembre 2017

Les matricules militaires dans Heredis 2018

La nouveauté majeure du logiciel de généalogie Heredis 2018 est la saisie par acte des matricules militaires. C'est notamment cette nouveauté qui m'a convaincu de reprendre à zéro mon arbre généalogique, tant elle permet d'exploiter un nombre phénoménal de renseignements à côté desquels j'étais parfois passé. Je vais prendre l'exemple du matricule de mon arrière-grand-père, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU. 

Source : Heredis 2018
Je commence donc par me rendre sur le site des Archives départementales du Cher pour retrouver le matricule de mon arrière-grand-père. J'ai ici effectué la capture en quatre images différentes afin d'avoir une bonne qualité de zoom et donc une plus grande facilité de lecture. Je coche ensuite la case "Fiche matricule". 

Source : Heredis 2018
Je commence donc par rentrer l'état-civil de mon ancêtre en fonction des renseignements apparaissant sur son matricule. Pour rappel, tous les hommes de 20 ans faisaient leur service militaire. Pierre Marie Joseph FRÉMEAU est né en 1875 à Châteauneuf-sur-Cher (Cher), il apparaît donc dans les matricules militaires de Bourges (Cher) en 1895. 

Source : Heredis 2018
Tous les renseignements saisis apparaissent dans un résumé à droite de l'écran. C'est ce résumé qui sera exporté avec l'arbre généalogique s'il est mis en ligne sur Geneanet par exemple. 

Source : Heredis 2018
Je rentre ensuite le nom des parents et leur domicile. C'est peut-être anecdotique, mais quand l'un des parents est décédé au moment du recrutement militaire de son fils, cela nous donne une première fourchette de période dans laquelle rechercher ce décès, ce qui peut permettre de gagner du temps. Par ailleurs, le domicile des parents peut avoir changé (ce n'est pas le cas ici) une fois les enfants devenus adultes ce qui peut permettre de les retrouver. 

Source : Heredis 2018
Vient ensuite la partie la plus importante, et qui a donné lieu à un grand débat synthétisé par Clément Bècle dans son article "Les sources dans ma pratique généalogique". Pour ma part, j'ai toujours le même code pour nommer mes actes : NOM_Prénom(s)_typed'acte_Ville_date. Par ailleurs, je considère que chaque acte est individuellement une source (et non pas le registre qui contient l'acte) ce qui me convient bien et me permet d'être le plus précis pour retrouver rapidement une information. J'ajoute, lorsqu'il y a lieu, l'auteur de l'acte (le maire, l'auteur d'un ouvrage, etc.) et le lien permanent (identifié par "ark") qui permet de revenir vers l'acte original numérisé par le site d'archive départementale. 

Source : Heredis 2018
Nous passons donc au signalement qui nous donne la description de l'individu. J'apprécie particulièrement que le logiciel nous indique au côté du numéro du degré d'instruction (de 0 à 5) ce que signifie ce dit numéro. Ainsi, mon arrière-grand-père avait l'équivalent d'un certificat d'études et était blond au yeux bleus. 

Source : Heredis 2018
Ces renseignements sont ensuite exportés dans la fiche de l'individu en question. En un coup d'oeil, on peut voir son niveau d'instruction, et si on clique sur la note de "Description physique" on a un résumé des renseignements qu'on a saisis. 

Source : Heredis 2018
Ces renseignements apparaissent aussi dans le résumé de l'individu sur Geneanet, ce qui est une belle manière de donner corps à nos ancêtres (l'exemple ci-dessous concerne mon autre arrière-grand-père Baptiste DESVEAUX). 

Source : Geneanet
Source : Heredis 2018
Mais revenons à Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, la saisie de matricule nous invite à rentrer les différentes localités habitées par notre ancêtre (d'ailleurs, si quelqu'un connaît la différence entre Domicile et Résidence sur le matricule, j'avoue que la nuance m'échappe). J'ai ainsi découvert que mon ancêtre avait vécu à Tours (Indre-et-Loire), dans une petite maison au 31 rue Deslandes.

Source : Heredis 2018
Pour chaque lieu, je m'efforce de géolocaliser précisément l'adresse et d'y ajouter une image provenant d'un site d'archives ou de Google Maps quand les bâtiments existent toujours. Je ne regardais jamais la case "Résidences" du matricule militaire alors que c'est une véritable mine d'informations. Pour moi qui aime chercher les recensements, je vais pouvoir suivre les déplacements de mes ancêtres à une période où on est beaucoup plus mobile du fait du chemin-de-fer. 

Source : Heredis 2018
En rentrant le grand nombre d'informations contenues dans le matricule, on peut avoir une vue assez précise de la carrière militaire de notre aïeul. Le logiciel les remet ensuite dans l'ordre et crée un événement (avec date et lieu s'ils sont renseignés) pour chaque cas. 

Source : Heredis 2018
Dans le cas de Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, je vois que de Reims à Grenoble en passant par Tours, il a finalement pas mal voyagé ! Cet ajout m'a permis en tout cas de regarder plus attentivement les matricules militaires qui ont été numérisés en masse à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre. L'occasion de revivre l'Histoire de France et les parcours de nos ancêtres dans cette terrible période. 

Le seul défaut de ce mode de saisie sur le logiciel (qui espérons sera corrigé), si notre ancêtre a une autre profession durant son service militaire que durant son mariage par exemple, rentrer cette profession sur le matricule efface la précédente, et si on corrige cette profession au moment de valider, elle disparaît alors du résumé, ce qui n'est plus cohérent. 

Que pensez-vous de la saisie des matricules ? L'utilisez-vous ? Y voyez-vous des avantages ou des inconvénients ?

vendredi 13 janvier 2017

Biographie : Joseph PERLY

Joseph PERLY
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : remonterletemps.ign.fr)
Joseph PERLY voit le jour le 17 mai 1863 aux Étangs dans la commune de Lanthenay (Loir-et-Cher) située dans la banlieue nord de Romorantin. C'est le fils aîné de Louis Benjamin PERLY, vigneron, et d'Agathe Adélaïde PINON, vigneronne. La famille va demeurer aux Étangs jusqu'à ses 5 ans environ. C'est là que naîtront ses frères Armand en 1865 et Ernest en 1868. 

Lorsqu'il a 8 ans, il est placé dans la maison de ses grands-parents, Benjamin PERLY et Étiennette THEILLAY aux Arches à Lanthenay. Il y vit avec son oncle Alexis PERLY et Silvine FRAUDET, leur domestique, qui finira par épouser Alexis PERLY. Pour quelle raison a-t-il été mis chez ses grand-parents alors que ses parents vivaient avec leurs deux autres fils et leur fille Ernestine née en 1873 ? J'ai remarqué une légère fréquence dans ces régions du centre de la France à placer les aînés chez les grands-parents. Peut-être servait-il d'aide à la vigne, mais ses grands-parents avaient toujours leur fils cadet Alexis qui vivait avec eux ...

(source : Heredis 2017)

Toujours est-il qu'à ses douze ans, il vit toujours chez ses grands-parents avec son oncle et sa tante Alexis PERLY et Silvine FRAUDET qui, n'ayant pas eu d'enfants, l'élèveront peut-être comme s'il était leur enfant. Joseph PERLY n'a donc pas grandi avec ses véritables parents et frères et soeur.

En 1881, alors âgé de 17 ans, il retourne vivre chez ses parents, avec ses frères et soeur à la Malicorne, lieu-dit situé juste sous Les Étangs, toujours à Lanthenay (Loir-et-Cher). Son livret militaire, établi deux ans plus tard, ne nous apprend pas grand chose, si ce n'est que Joseph PERLY n'est pas très grand (1m61) et qu'il est blond aux yeux gris. 

Joseph PERLY
(source : Archives personnelles)
Voici une des rares photographies que je possède où on peut le voir, probablement vers la cinquantaine, poser chez un photographe. Il avait les cheveux courts et une grande moustache, il est de petite taille, mais assez fin. 

Lorsqu'il envisage de se marier, en 1890, c'est la fille d'un boulanger de Romorantin (Loir-et-Cher) qui rencontre ses faveurs : Eugénie Camille PÉROLAT. C'est chez les parents de la future épouse qu'est passé le contrat de mariage la veille du mariage, le 18 avril 1890 devant maître Georges Gustave Clovis GABILLON. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Alors qu'il était précédemment journalier ou vigneron, il est dit ouvrier boulanger dans son contrat de mariage. Il est fort probable qu'il avait été recruté comme mitron à la boulangerie des PÉROLAT et que c'est là qu'il a rencontré la fille du boulanger dont il est tombé amoureux. Les PÉROLAT tenaient une boulangerie située rue de Beauvais à Romorantin (Loir-et-Cher), peut-être cette boutique où il est écrit "Pâtisserie" sur cette photographie. Dans tous les cas, il a déjà consommé ce mariage car Eugénie Camille PÉROLAT est enceinte de trois mois au moment de passer le contrat de mariage, ce qui peut avoir précipité l'engagement. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/168)
Joseph PERLY apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes bijoux et objets à son usage personnelle et composant sa garde robe" :
  • "un livret de la Caisse d'Epargne de Romorantin" pourvu de 415, 25 francs
  • une somme de 151,90 francs "a lui due par les époux Ernest Pineau et dame Irène Lemoine sa femme"
Eugénie Camille PÉROLAT apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes, bijoux, joyeux et objets à son usage personnel composant sa garde robe" : 
  • "un lit complet et garni, une commode, une table en guéridon et quatre chaises, le tout en noyer et huit draps" estimés à 1 000 francs
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Le mariage a lieu le lendemain. La mariée étant déjà enceinte, six mois plus tard naît à Romorantin (Loir-et-Cher) sa fille aînée Madeleine Eugénie PERLY. 

En 1893, le couple a décidé de déménager à Tours (Indre-et-Loire) où naît leur deuxième fille, Marguerite Alphonsine Henriette. En 1899 naît Henri Antoine Benjamin et en 1905 mon ancêtre Pierre Joseph Émile Ernest. Je ne connais pas vraiment les destins de ses trois premiers enfants, si ce n'est que ses deux filles étaient couturière et que son fils aîné fut fourreur à Paris. 

Je peux continuer la suite de l'histoire de cette famille grâce aux photographies que nous possédons. Les PERLY sont catholiques (bien que j'aie trouvé une branche collatérale protestante, le protestantisme semblant assez bien implanté à Romorantin) car Pierre Joseph Émile Ernest PERLY fait sa communion vers 1917. 

Communion de Pierre Joseph Émile Ernest PERLY vers 1917
(source : Archives personnelles)

En 1921, Pierre est placé en apprentissage de prothésiste dentaire à Tours. Il est étonnant de voir qu'aucun de ses deux fils n'a souhaité effectuer la même profession. Je pense que, contrairement aux PÉROLAT qui tenaient leur propre boulangerie à Romorantin (Loir-et-Cher), en déménageant à Tours (Indre-et-Loire), Joseph PERLY ne travaille plus que comme porteur de pain au service d'une boulangerie qui n'est pas la sienne. Il a donc dû orienter ses fils vers d'autres métiers. C'est ainsi que ses deux fils seront l'un fourreur et l'autre prothésiste dentaire. 

Pierre Joseph Émile Ernest PERLY (à droite) vers 1921
(source : Archives personnelles)
En 1928, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, son fils cadet fait la rencontre de Madeleine Marie Victorine BRANCHU, divorcée de Maurice André LUTZ après un très éphémère mariage de deux ans. Elle est la fille d'un photographe et pharmacien. Ils se réunissent tous à Tours (Indre-et-Loire) cette année là dans la maison de la famille PERLY, rue du Cluzel, soit pour les fiançailles, soit après le mariage qui a lieu au Mans (Sarthe). 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT rue du Cluzel à Tours en 1928
(source : Archives personnelles)
Joseph PERLY aura peut-être été informé de la naissance de ma grand-mère en mai 1929 au Mans (Sarthe) et peut-être aura-t-il rencontré sa première petite-fille. Il décède quelques mois plus tard, le 14 décembre 1929, à Tours (Indre-et-Loire) âgé de 66 ans.

vendredi 19 février 2016

Des sources secondaires

En ce moment, je reprends mon tableau de renseignements sur mes ancêtres pour vérifier s'il ne manque rien. Et j'en profite pour chercher des renseignements sur Geneanet, Gallica et Google (les trois G de la généalogie). C'est ainsi que j'ai retrouvé ma grand-mère sur le site du CSA (ne jamais négliger de chercher les femmes avec le nom de leur mari). 

(source : Site internet du CSA)
Ou bien, dans un recensement, que j'ai retrouvé mon arrière-arrière-grand-mère, Eugénie Camille PÉROLAT, qui vivait au 15 bis rue Jacob Bunel à Tours (Indre-et-Loire) en 1906, et où j'ai découvert qu'elle était nourrice. Ce métier n'apparaissait jamais dans les actes, et pourtant, elle a deux enfants en nourrice dans sa maison en 1906. 

Eugénie Camille PÉROLAT
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : Archives départementales d'Indre-et-Loire - 6NUM5/261/010 - p. 46)
Eugénie Camille PÉROLAT en 1928
(source : Archives personnelles)
Mon arrière-grand-père, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY a donc été élevé avec deux frère et soeur de lait : Marcel ENJALBERT et Lucienne VILANE. Il ne faut donc jamais négliger les sources secondaires qui peuvent nous apporter de précieuses informations, notamment sur les femmes, sur lesquelles nous possédons généralement moins de renseignements.