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vendredi 13 janvier 2017

Biographie : Joseph PERLY

Joseph PERLY
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : remonterletemps.ign.fr)
Joseph PERLY voit le jour le 17 mai 1863 aux Étangs dans la commune de Lanthenay (Loir-et-Cher) située dans la banlieue nord de Romorantin. C'est le fils aîné de Louis Benjamin PERLY, vigneron, et d'Agathe Adélaïde PINON, vigneronne. La famille va demeurer aux Étangs jusqu'à ses 5 ans environ. C'est là que naîtront ses frères Armand en 1865 et Ernest en 1868. 

Lorsqu'il a 8 ans, il est placé dans la maison de ses grands-parents, Benjamin PERLY et Étiennette THEILLAY aux Arches à Lanthenay. Il y vit avec son oncle Alexis PERLY et Silvine FRAUDET, leur domestique, qui finira par épouser Alexis PERLY. Pour quelle raison a-t-il été mis chez ses grand-parents alors que ses parents vivaient avec leurs deux autres fils et leur fille Ernestine née en 1873 ? J'ai remarqué une légère fréquence dans ces régions du centre de la France à placer les aînés chez les grands-parents. Peut-être servait-il d'aide à la vigne, mais ses grands-parents avaient toujours leur fils cadet Alexis qui vivait avec eux ...

(source : Heredis 2017)

Toujours est-il qu'à ses douze ans, il vit toujours chez ses grands-parents avec son oncle et sa tante Alexis PERLY et Silvine FRAUDET qui, n'ayant pas eu d'enfants, l'élèveront peut-être comme s'il était leur enfant. Joseph PERLY n'a donc pas grandi avec ses véritables parents et frères et soeur.

En 1881, alors âgé de 17 ans, il retourne vivre chez ses parents, avec ses frères et soeur à la Malicorne, lieu-dit situé juste sous Les Étangs, toujours à Lanthenay (Loir-et-Cher). Son livret militaire, établi deux ans plus tard, ne nous apprend pas grand chose, si ce n'est que Joseph PERLY n'est pas très grand (1m61) et qu'il est blond aux yeux gris. 

Joseph PERLY
(source : Archives personnelles)
Voici une des rares photographies que je possède où on peut le voir, probablement vers la cinquantaine, poser chez un photographe. Il avait les cheveux courts et une grande moustache, il est de petite taille, mais assez fin. 

Lorsqu'il envisage de se marier, en 1890, c'est la fille d'un boulanger de Romorantin (Loir-et-Cher) qui rencontre ses faveurs : Eugénie Camille PÉROLAT. C'est chez les parents de la future épouse qu'est passé le contrat de mariage la veille du mariage, le 18 avril 1890 devant maître Georges Gustave Clovis GABILLON. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Alors qu'il était précédemment journalier ou vigneron, il est dit ouvrier boulanger dans son contrat de mariage. Il est fort probable qu'il avait été recruté comme mitron à la boulangerie des PÉROLAT et que c'est là qu'il a rencontré la fille du boulanger dont il est tombé amoureux. Les PÉROLAT tenaient une boulangerie située rue de Beauvais à Romorantin (Loir-et-Cher), peut-être cette boutique où il est écrit "Pâtisserie" sur cette photographie. Dans tous les cas, il a déjà consommé ce mariage car Eugénie Camille PÉROLAT est enceinte de trois mois au moment de passer le contrat de mariage, ce qui peut avoir précipité l'engagement. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/168)
Joseph PERLY apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes bijoux et objets à son usage personnelle et composant sa garde robe" :
  • "un livret de la Caisse d'Epargne de Romorantin" pourvu de 415, 25 francs
  • une somme de 151,90 francs "a lui due par les époux Ernest Pineau et dame Irène Lemoine sa femme"
Eugénie Camille PÉROLAT apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes, bijoux, joyeux et objets à son usage personnel composant sa garde robe" : 
  • "un lit complet et garni, une commode, une table en guéridon et quatre chaises, le tout en noyer et huit draps" estimés à 1 000 francs
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Le mariage a lieu le lendemain. La mariée étant déjà enceinte, six mois plus tard naît à Romorantin (Loir-et-Cher) sa fille aînée Madeleine Eugénie PERLY. 

En 1893, le couple a décidé de déménager à Tours (Indre-et-Loire) où naît leur deuxième fille, Marguerite Alphonsine Henriette. En 1899 naît Henri Antoine Benjamin et en 1905 mon ancêtre Pierre Joseph Émile Ernest. Je ne connais pas vraiment les destins de ses trois premiers enfants, si ce n'est que ses deux filles étaient couturière et que son fils aîné fut fourreur à Paris. 

Je peux continuer la suite de l'histoire de cette famille grâce aux photographies que nous possédons. Les PERLY sont catholiques (bien que j'aie trouvé une branche collatérale protestante, le protestantisme semblant assez bien implanté à Romorantin) car Pierre Joseph Émile Ernest PERLY fait sa communion vers 1917. 

Communion de Pierre Joseph Émile Ernest PERLY vers 1917
(source : Archives personnelles)

En 1921, Pierre est placé en apprentissage de prothésiste dentaire à Tours. Il est étonnant de voir qu'aucun de ses deux fils n'a souhaité effectuer la même profession. Je pense que, contrairement aux PÉROLAT qui tenaient leur propre boulangerie à Romorantin (Loir-et-Cher), en déménageant à Tours (Indre-et-Loire), Joseph PERLY ne travaille plus que comme porteur de pain au service d'une boulangerie qui n'est pas la sienne. Il a donc dû orienter ses fils vers d'autres métiers. C'est ainsi que ses deux fils seront l'un fourreur et l'autre prothésiste dentaire. 

Pierre Joseph Émile Ernest PERLY (à droite) vers 1921
(source : Archives personnelles)
En 1928, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, son fils cadet fait la rencontre de Madeleine Marie Victorine BRANCHU, divorcée de Maurice André LUTZ après un très éphémère mariage de deux ans. Elle est la fille d'un photographe et pharmacien. Ils se réunissent tous à Tours (Indre-et-Loire) cette année là dans la maison de la famille PERLY, rue du Cluzel, soit pour les fiançailles, soit après le mariage qui a lieu au Mans (Sarthe). 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT rue du Cluzel à Tours en 1928
(source : Archives personnelles)
Joseph PERLY aura peut-être été informé de la naissance de ma grand-mère en mai 1929 au Mans (Sarthe) et peut-être aura-t-il rencontré sa première petite-fille. Il décède quelques mois plus tard, le 14 décembre 1929, à Tours (Indre-et-Loire) âgé de 66 ans.

vendredi 1 février 2013

Contrat de mariage Perly-Pérolat


Aujourd'hui, une membre de l'association Le Fil d'Ariane m'a très gentiment envoyé le contrat de mariage du grand-père de ma grand-mère paternelle, Joseph Perly, avec Eugénie Camille Pérolat. Pour situer le décor, nous sommes en 1890, Joseph est boulanger à Romorantin et Eugénie Camille est la fille d'un boulanger originaire de l'Indre.

Pour les curieux qui pourraient se demander à quoi ressemble un contrat de mariage, en voici la transcription.

(source : Archives Départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Pardevant M° Georges Gustave Clovis Gabillon et son collègue, notaires à Romorantin (Loir-et-Cher) soussignés.
Ont Comparu :
1er. M. Joseph Perly ouvrier boulanger, demeurant à Romorantin, rue des Jouannettes n°1 et rue de Beauvais numéro 20
Fils majeur de M. Benjamin Louis Perly vigneron et Mad. Adélaïde Pinon, son épouse, demeurant ensemble aux Crevets, commune de Romorantin.
Stipulant pour lui et en son nom personnel.
D'Une Part.
2eme. Mademoiselle Eugénie Camille Pérolat, sans profession demeurant à Romorantin avec ses père et mère ci-après nommés.
Fille mineure âgée de dix-neuf ans comme étant née à Paris, le quatorze janvier mil huit cent soixante-onze du mariage de M. François Eugène Pérolat, boulanger, et Mad. Alphonsine Florestine Souchay, son épouse, demeurant ensemble à Romorantin.
Stipulant pour elle et en son nom personnel avec l'assistance et l'autorisation de M. et Mad. Pérolat ses père et mère sus-nommés.
D'Autre Part.
3eme. M. François Eugène Pérolat boulanger et Mad. Alphonsine Florestine Souchay son épouse, qu'il autorise, demeurant ensemble à Romorantin, rue de Beauvais.
Agissant aux présentes pour assister et autoriser Madelle Pérolat, future épouse, leur fille mineure.
Aussi d'autre Part
Lesquels dans la vue du mariage projeté entre M. Perly et Madelle Pérolat, mariage dont la célebration  doit avoir lieu incessamment devant l'officier de l'Etat Civil de la Ville de Romorantin, ont préalablement à cette union arrêté les clauses et conventions civils du dit futur mariage de la manière suivante :
Article Premier.
Régime
Les futurs époux adoptent pour base de leur union le régime de la communauté tel qu'il est établi par le Code Civil, sauf les modifications et exceptions ci-après exprimées.
Article Deuxième.
Exclusion des Dettes.
Ils ne seront pas tenus des dettes et hypothèques l'un de l'autre anterieures à la célébration du mariage, ni de celles dont seraient grèvés les biens et droits qui pourront leur avoir ou advenir par la suite, par successions, donations, legs ou autrement ; ces dettes s'il en existe ou survient seront acquittées et supportées par celui des époux qui les aura contractées en son chef duquel elles proviendront ; sans que l'autre époux, ses biens, ni sa part dans la communauté en puissant être autrement tenus ni chargés.
Article Troisième.
Réserve de Propres.
Les futurs époux se réservent propres et excluent de leur communauté tous les biens meubles et immeubles qui leur appartiennent actuellement ou pourront leur appartenir par la suite, par successions, donations, legs ou autrement, de telle sorte que la communauté se trouvera réduite aux acquêts et ne se composera que des acquisitions et bénéfices faits pendant le mariage.
Article Quatrième.
Apport du futur Epoux.
Le futur époux déclare apporter en mariage et se constituer personnellement en dot.
1° Les habits, linges, hardes bijoux et objets à son usage personnel et composant sa garde robe ; estimés ici pour l'enregistrement seulement à Ordre
2° Un livret de la Caisse d'Epargne de Romorantin n° 21774 au nom de Joseph Perly ouvrier boulanger à Romorantin, montant en principal et intérêts à ce jour à la somme de quatre cent quinze francs vingt-cinq centimes ci ... 411,f 25
3° Et la somme de cent cinquante-un francs quatre-vingt-dix centimes a lui due par les époux Ernest Pincau et dame Irène Lemoine sa femme, demeurant ensemble à Romorantin, pour argent prêté 151,f 90
La dite somme se composant de cent cinquante francs de principal avec intérêts au taux de cinq pour cent l'an, payable à partir du vingt janvier dernier
Totale de l'apport en mariage du futur époux, cinq cent soixante-sept francs quinze centimes, ci ... 567,f 15
Article Cinquième
Apport de la future épouse.
Madelle. Pérolat future épouse apporte en mariage et constitue personnellement en dot.
1° Ses habits, linges, hardes, bijoux, joyaux et objets à son usage personnel composant sa garde-robe, estimés ici pour l'Enregistrement à la somme de Ordre
2° Un lit complet et garni, une commode, une table en guéridon et quatre chaises chaises, le tout en noyer et [...] draps ; le tout estimé Mille francs, ci 1000 f. auquel apport la future épouse a donné connaissance à sa au futur époux qui en demeure chargé par la célébration du mariage qui ceci en rendre quittance à la future et aux siens.
Article Sixième
Deuil.
Le deuil accordé par la Loi à la future épouse en cas de survie à son mari, est fixé ici dès maintenant, le cas échéant à la somme de Deux Cents francs.
Article Septième.
Remploi.
Les futurs époux ne seront astreints envers les tiers a la justification d'aucun emploi, ni d'aucun remploi, pour raison de biens meubles et immeubles recouvrés ou aliènés pendant le mariage.
Article Huitième.
Renonciation a la Communauté
M. et Mad. Perly-Pinon père et mère du futur époux sus-nommé
M. Alexis Perly vigneron et Mad. Silvine Fraudet, sa femme, demeurant ensemble aux Arches, commune de Lanthenay ; oncle et tante du futur.
Du coté de la future épouse.
Mad. Madeleine Emélie Souchay sans profession, veuve de M. Marc Bezance Besançon; demeurant à Romorantin, rue des Jouannettes ; tante de la future
Dont acte :
Fait et passé à Romorantin.
En la demeure de M. et Mad. Pérolat
L'an mil huit cent quatre-vingt-dix.
Le dix-huit avril.
Devant le clêrc et conformément à la Loi, M° Gabillon soussigné a donné lecture aux parties des articles 1391 et 1394 du Code Civil et leur a remis le certificat prescrit par ce dernier article pour être remis à l'officier de l'Etat Civil avant la célebration de mariage.
Et après lecture faite. M. et Madame Perly-Thellay et Mad. Alexis Perly requis séparément de signer par M° Gabillon soussigné ; ayant déclaré séparément ne savoir écrire ni signer ; les comparants ont signés avec les autres parents présents et le notaire./.
Voilà à quoi pouvait ressembler un contrat de mariage. Je pense que les articles sur les dettes et les biens viennent du fait que les parents de la mariée devaient posséder la boulangerie. L'histoire de ce couple est assez amusante.

François Eugène Pérolat est boulanger à Paris et originaire de l'Indre. Il a une relation avec Alphonsine Florestine Souchay avec qui il n'est pas marié, mais est déclaré père d'Eugénie Camille sur l'acte de naissance. Ils se marient deux ans plus tard, légitimant l'enfant. Durant toute leur période à Paris, ils n'auront pas d'autres enfants, les logements devant être trop petits et/ou trop chers (ils vivaient dans le 17ème arrondissement). Ils viennent ensuite à Romorantin, lieu d'où Alphonsine Florestine Souchay est originaire et c'est à ce moment là que la famille s'agrandit avec : Victorine Adrienne, Eugène Alphonse Désiré, Françoise Marie-Antoinette, Aimé Agathe Léa Sabine et Benjamin Pascal Anatole Eugène.

Eugénie Camille est née à Paris et ignore probablement tout de ses liens de parents avec son futur époux Joseph Perly. Pourtant, en plus d'être cousins au 6ème degré, ils sont cousins issus d'issus de germain, c'est à dire qu'ils ont les mêmes arrière-arrière-grands-parents : Jean Gaveau (de la famille qui créa les pianos Gaveau) et Marie Gigot.
(source : Geneanet) 
Mon arrière-grand-père, Pierre Joseph Emile Ernest Perly, boulanger à Tours, avait donc 0,42% de consanguinité. C'est amusant qu'avec des origines de Valençay (Indre), Paris et Romorantin (Loir-et-Cher), ces deux mariés se soient retrouvés avec tellement de liens familiaux en commun.