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lundi 4 mai 2020

Biographie : Joséphine Marie BENOIST

Joséphine Marie BENOIST
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère


Sophie Boudarel, sur son site : La Gazette des ancêtres propose un défi Généalogie 30 pour mieux connaître ses ancêtres au travers de 30 questions. Je pense que c'est une bonne manière de continuer les biographies que j'avais démarré il y a un bout de temps et d'aborder la généalogie autrement. Je suis content de démarrer cette formule par une femme pour lesquels nous possédons traditionnellement moins de sources en généalogie et de voir si je vais pouvoir compléter un peu le profil de cette ancêtre. 

1. Est-ce que j'ai toutes les informations sur sa naissance ? Son baptême ? Qui étaient ses parrains/marraines ?


(source : Archives départementales de la Sarthe - 5Mi 216_16-18 - vues 121-122/330)
Je sais que Joséphine Marie BENOIST est née aux Louveries à Montbizot (Sarthe) le 13 mai 1882, fille de Gustave BENOIST, mécanicien, qui déclare la naissance, et de Marie Louise FEAU. Les témoins sont Arsène Casimir VEGEAS, instituteur, et Louis ETOC, garde-champêtre. Elle a probablement été baptisée car c'était une famille catholique, comme le prouve cette image pieuse offerte par Marie Louise FEAU (la mère de Joséphine) a sa petite-fille, Madeleine Marie Victorine BRANCHU


Image pieuse offerte par Marie Louise FEAU à Madeleine Marie Victorine BRANCHU, sa petite fille : "Image donnée a M. Branchu par sa grand'mère Vve Benoist", entre 1906 et 1911
(source : Archives familiales)
Je n'ai pas pu savoir qui sont ses parrain et marraine, mais elle a probablement été baptisée à Montbizot (Sarthe). 

2. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son mariage ? Qui était présent ? Liens de parenté ? 

Elle se marie avec Louis Victor BRANCHU le 8 novembre 1901 à 20h à Montbizot (Sarthe). Le mariage est célébré par Lucien HOUSSIER, adjoint au maire de la commune. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2E 216/20 vue 106/120)
Les témoins du mariage sont : 
  • Joseph CHAMPROUX, garde-magasin, beau-frère de l'épouse
  • Alphonse GERET, charron, 
  • Almire LEGEAY, boulanger, 
  • Louis PARIS, instituteur, 
tous les quatre habitant à Montbizot (Sarthe). À part le premier témoin, je n'ai pas d'information sur les trois autres qui sont peut-être des amis. 

3. Comment s'est déroulé son mariage ?


Le mariage est désapprouvé par la famille du mari, riches industriels sarthois, car Joséphine était la domestique de Louis Victor BRANCHU à Paris, et elle est enceinte au moment du mariage. La mère de son mari, Adèle CHOPLIN, n'est donc pas présente au mariage. Les parents de Joséphine sont présents, quant à eux. 

4. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Qui était présent ? Qui a déclaré ? Où a eu lieu l'enterrement / l'inhumation ? 

Joséphine est décédée le 18 octobre 1942 à 13h à son domicile au 22 rue Mazagran (Le Mans). C'est Pierre PERLY, employé d'assurances, son gendre avec lequel elle vit qui déclare le décès. Elle est inhumée au cimetière Saint-Pavin du Mans. 

(source : photo personnelle)
5. Est-ce que j'ai toutes les informations sur son passé militaire ? Fiche matricule ? Invalide ? Légion d'honneur ? 

Les femmes à cette époque ne rejoignaient pas l'armée. 

6. Est-ce que je peux trouver des informations sur elle dans la presse ?

(source : L'Ouest Éclair, n°12649, 25 juin 1931)
La seule mention que je trouve d'elle dans la presse est dans L'Ouest Éclair du 25 juin 1931. Elle y est nommée "Mme Victor Branchu" et il s'agit du faire-part de décès de son mari. 

7. Quels évènements historique a-t-elle connus ? 

Elle a connu les deux guerres mondiales. Je ne sais pas comment elle a traversé la Première Guerre mondiale, mais je sais qu'elle a été se réfugier à la campagne en 1940 avec sa fille et sa petite-fille lors de l'invasion de la France par les Allemands. 

Joséphine Marie BENOIST, sa petite-fille (ma grand-mère), et le couple de paysans chez qui elles se sont réfugiées en juin 1940
(source : Archives familiales)
8. Quelle était son instruction ? 

Joséphine savait lire et écrire, mais je ne sais pas si elle a obtenu le certificat d'études. Elle n'a probablement pas fait beaucoup d'études, venant d'une famille modeste (son père était mécanicien). 

Paroles de chanson écrites par Joséphine BENOIST
(source : Archives familiales)

9. Dans quel environnement géographique évoluait-elle ? 

Joséphine a vécu à Montbizot, probablement aux Louveries où elle est née. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - PC\207\004)

Elle vit ensuite au 11 rue Radziwill à Paris avec son époux, photographe, et sa fille. 

Joséphine Marie BENOIST et Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives familiales)
Ils reviendront vivre au Mans (Sarthe) avant 1921. 

10. S'est-elle beaucoup déplacée dans sa vie ? 

Originaire de Montbizot (Sarthe), elle a vécu Rue Radziwill à Paris (2e arrondissement) avec son mari et sa fille pendant près de 10 ans avant d'aller vivre au Mans (Sarthe). J'ai de nombreuses photos qui attestent de ses déplacements, notamment au bord de la mer qu'elle et son mari semblaient affectionner particulièrement. 

De gauche à droite : Joséphine Marie BENOIST, ma grand-mère, Eugénie Camille PÉROLAT et derrière Madeleine Marie Victorine BRANCHU
(source : Archives familiales)
Ici, en 1932, elle est avec sa fille et sa petite-fille chez la belle-mère de sa fille, Eugénie Camille PÉROLAT à Tours, rue du Cluzel.

Les mêmes personnes
(source : Archives familiales)
Ici, dans la maison où elle vivait avec sa fille, son gendre et sa petite-fille (rue d'Hauteville au Mans) pour Noël 1936. 

De gauche à droite : Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Madeleine Marie Victorine BRANCHU, ma grand-mère au premier plan
(source : Archives familiales)
Sur cette photo, elle est avec son gendre, sa fille et sa petite-fille à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) en vacances en 1938. 

De gauche à droite : Monsieur PIVET, Madeleine Marie Victorine BRANCHU, ma grand-mère, Joséphine Marie BENOIST
(source : Archives familiales)

Sur cette autre photographie, prise en 1931, elle est à Saint-Brévin-l'Océan (Loire-Atlantique) avec sa fille et sa petite-fille et un certain Monsieur PIVET

11. Comment se déplaçait-elle ? 

Probablement en automobile et grâce au chemin de fer qui avait relié Paris à la province depuis les années 1870. 

12. Quel était son premier métier ? Comment en vivait-elle ? 

Le seul métier que je lui connaisse est celui de domestique chez son futur époux à Paris. Son mari étant photographe et pharmacien, elle a cessé de travailler après son mariage. 

13. Quels étaient ses autres métiers recensés ? Comment en vivait-elle ? 

Elle est mère au foyer, indiquée "ménagère" dans les actes.

14. Comment apparaît-elle dans les recensements ?

(Source : Archives départementales de la Sarthe - 1 Mi 1180_15 - vue 168/600)
 Les archives départementales de la Sarthe n'étant pas très fournies sur les recensements du XIXe siècle, elle n'apparaît pas dans les recensements de Montbizot (Sarthe), ni dans ceux de Paris qui commencent en 1936. Le premier recensement où elle apparaît est celui du Mans (Sarthe) en 1921 où elle demeure 18 rue Froger avec son mari et sa fille. Elle est indiquée "sans profession" ainsi que son mari. 

15. Quel était le parler de sa région ? 

À l'époque de ses parents, on devait parler le patois sarthois, mais je n'ai pas entendu dire qu'elle parlait patois, d'autant qu'elle a vécu à Paris et que son mari, dont j'ai beaucoup d'écrits, parle un français très soutenu car il avait fait des études jusqu'au doctorat. 

16. Comment s'habillait-elle ? 

Toujours en robes ou jupes longues. Au début du XXe siècle, on la voit avec des chapeaux, qu'elle ne porte plus ensuite sur les photographies à partir des années 1930. 

17. Combien a-t-elle eu d'enfants ? 

Une fille unique, Madeleine Marie Victorine, née le 1er janvier 1902 à l'Hôpital Cochin à Paris (14e arrondissement). 

18. A-t-elle assisté au mariage de ses enfants ? 

Elle est déclarée "présente et consentante" dans le premier acte de mariage de sa fille avec Maurice André LUTZ le 19 avril 1924 au Mans (Sarthe). Elle n'est pas déclarée présente ou absente dans le second acte de mariage de sa fille avec Pierre Joseph Émile Ernest PERLY le 27 avril 1928 au Mans (Sarthe), mais rien ne laisse penser qu'elle n'y fut pas présente puisque j'ai une photo des deux familles prise à Tours (Indre-et-Loire) en 1928. 

De gauche à droite : 2e rang Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, 1er rang, Josephine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT à Tours en 1928
(source : Archives familiales)

19. Que signifie son nom de famille ? Comment a-t-il été transmis ? 

Voici l'explication de l'origine du nom qu'on trouve sur Geneanet : Du latin Benedictus (= béni), ce nom a été popularisé par deux saints, Benoît de Nursie (fondateur de l'ordre des bénédictins) et Benoît d'Aniane (réformateur du même ordre). Il fait partie des cent noms de famille les plus répandus en France. 

Pour notre famille BENOIST, le nom s'est toujours écrit avec le S depuis son ancêtre sergent royal dans le Maine-et-Loire qui savait signer et orthographiait déjà son nom de cette manière. 

20. Qui était son père ?

Le père de Joséphine s'appelait Gustave BENOIST, il était mécanicien et ouvrier ajusteur. 

21. Qui était sa mère ? 

La mère de Joséphine s'appelait Marie Louise FEAU, elle était cuisinière avant son mariage. 

22. Quelle était sa fratrie ? 

Joséphine avait de nombreux frères et soeurs, son père s'étant marié trois fois, mais je ne pense pas qu'elle les ait tous connus. Certains sont décédés avant sa naissance. Elle a connu Lucie Augustine BENOIST (née en 1875) que sa fille nomme Tante Lucie, son frère Raoul Gustave BENOIST (1884-1956) qui lui avait offert des cuivres représentant les saisons que ma grand-mère possédait encore chez elle, et Madeleine Marie BENOIST (née en 1891) qui est la seule dont je possède une photographie.

23. Avait-elle des relations avec les autres membres de sa famille ?

Joséphine Marie BENOIST, Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Madeleine Marie BENOIST en 1907 à Bécon-les-Bruyères
(source : Archives familiales)
Oui, elle était liée à ses frères et soeurs plus qu'avec la famille de son époux qui avait coupé les ponts suite à cette mésalliance. Ici, sur cette photo, elle est en Île-de-France avec sa soeur de 15 ans et sa fille de 5 ans.

24. Pouvez-vous retracer sa généalogie sur quatre générations ?


(source : Heredis 2018)
Oui, ses ancêtres sont principalement originaires de la Sarthe et de Montbizot pour la famille maternelle. Son arrière-grand-mère Jeanne EDET était baptisée à Montbizot (Sarthe) en 1787. Ses arrières-grands-parents Jean Baptiste BENOIST et Marie PELTIER sont ses seuls ancêtres originaires d'un autre département (Maine-et-Loire).

25. Quelle était sa religion ?

Joséphine était catholique, comme en atteste la centaine d'images pieuses adressées à sa fille.

26. Votre ancêtre chez le notaire.

Je lui connais un contrat de mariage passé le 6 novembre 1901 chez Louis Joseph BLANCHARD, notaire au Mans.

Signatures de son contrat de mariage
(source : Archives départementales de la Sarthe)
Son futur mari, Louis Victor BRANCHU, apporte en dot : une obligation de 400 F au porteur de la Ville de Paris, un quart d'obligation de 400 F au porteur de la Ville de Paris, une somme de 700 F en deniers comptants, les droits de successions de son père dont sa mère a pour l'instant l'usufruit (évalués à 30 000 F, soit un tiers de la succession totale).

Joséphine apporte en dot : une somme de 400 F en deniers comptants

27. Avez-vous des photos de votre ancêtre ? Pouvez-vous faire un trombinoscope ?


(source : Archives familiales)
J'aime bien cette photo où elle a l'air effrayée ou surprise d'être prise en photo. On peut lui voir une petite bague à la main droite et une médaille autour du cou (médaille de baptême ?).

28. Quels étaient ses repas ?

D'après le récit que fait sa fille de leur exode à la campagne en juin 1940, elle semblait toujours s'enquérir de fruits et légumes frais (asperges, fraises, etc.) cueillis dans un potager familial pour nourrir sa famille.

29. Y a-t-il une histoire qui se transmet sur cet ancêtre ? Est-elle vraie ?

On raconte qu'elle était la domestique de Louis Victor BRANCHU alors étudiant en pharmacie à la Sorbonne. Il l'a mise enceinte et a voulu faire la chose honorable en l'épousant, ce qui n'était pas du goût de la famille car il venait d'une famille de riches industriels et elle venait d'une famille très modeste. Cette légende est vraie, car nous avons un courrier envoyé par huissier par les frères de Louis Victor BRANCHU lui interdisant le caveau familial au prétexte de cette mésalliance. Les membres de sa famille ne semblent pas avoir assisté au mariage.

30. Comment a-t-elle participé à la vie de la communauté (membre du Conseil municipal, cahier de doléances, sage-femme, ...) ? 

Je n'ai pas d'informations à ce sujet. Elle semble avoir vécu avec sa fille et sa petite-fille après être devenue veuve (elle avait 12 ans de moins que son mari). 

lundi 13 février 2017

Madeleine Marie Victorine BRANCHU a vécu à Montbizot

Gustave BENOIST
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Joséphine Marie BENOIST
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Je commence à rechercher les recensements des frères et soeurs et descendants de mes ancêtres. Au début, je ne me donnais pas cette peine, mais ces documents sont de véritables pépites. Tout d'abord, j'y ai retrouvé de nombreux enfants qui m'avaient échappés car nés dans d'autres villes (les déplacements sont très fréquents aux XIXe et XXe siècle), mais aussi des ancêtres élevés ailleurs que chez leurs parents par exemple. 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU est la seule arrière-grand-mère que j'ai connue. Elle était née à Paris et y a grandi avec ses parents. Mais au moment du recensement de 1906 (souvent réalisés dans l'été, autour du mois de juin), elle était en séjour chez ses grand-parents. Je sais qu'elle était en lien avec le côté maternel de sa famille, mais c'est émouvant de la retrouver au lieu-dit des Louveries dans le petite commune de Montbizot (Sarthe) et de se dire qu'une personne que j'ai connue a côtoyé des ancêtres nés en 1842 ! Ses parents ne sont pas là, peut-être avaient-ils laissé leur fille de 4 ans chez ses grand-parents (Gustave BENOIST et Marie Louise FEAU) et sa tante Madeleine Marie BENOIST alors âgée de 14 ans. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2 Mi 289 _ 50 - p. 11)
Je suis surpris à quel point je continue de trouver des renseignements sur des ancêtres si proches au sujet desquels on pourrait penser avoir déjà tout trouvé.

samedi 21 janvier 2017

Biographie : Joséphine Marie BENOIST

Joséphine Marie BENOIST
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi05293)
Joséphine Marie BENOIST naît le 13 mai 1882 à Montbizot (Sarthe). À sa naissance, elle a trois soeurs encore en vie des précédents mariages de son père : Augustine Marie âgée de 13 ans, Marie Victorine âgée de 10 ans et Lucie Augustine âgée de 7 ans. Son père, Gustave BENOIST est mécanicien ajusteur et sa mère, Marie Louise FEAU, sa troisième femme, est cuisinière. Après avoir relativement voyagé dans la Sarthe, son père s'installe définitivement à Montbizot (Sarthe) d'où est originaire sa femme et où Joséphine Marie va grandir. 

Lorsqu'elle n'a que 22 mois, son frère Raoul Gustave voit le jour. Bien plus tard naîtra sa dernière soeur Madeleine Marie, alors que Joséphine a 9 ans. C'est sa seule soeur dont je possède quelques photos.

Joséphine Marie BENOIST, Madeleine Marie Victorine BRANCHU et Madeleine Marie BENOIST à Bécon les Bruyères en 1907
(source : Archives personnelles)
Joséphine devient domestique à Paris où elle travaille pour un étudiant en pharmacie, Louis Victor BRANCHU. Elle tombe enceinte de lui et alors que sa grossesse est déjà bien avancée (7 mois), il décide de l'épouser. Elle ne possède pas grand chose (400 F d'économies) quand son mari est héritier d'un tiers de l'entreprise de serrurerie de son père (30 000 F). 

Joséphine Marie BENOIST et Louis Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives personnelles)
Le mariage a lieu à Montbizot (Sarthe) le 8 novembre 1901 en compagnie de la famille de Joséphine : ses deux parents sont présents ainsi que Joseph Alphonse CHAMPROUX, son beau-frère (qui a épousé Lucie Augustine en 1894). La famille de son mari n'approuve pas le mariage et n'est pas présente. Le couple retourne vivre à Paris où Louis Victor BRANCHU exerce la profession de photographe dans son atelier rue Radziwill dans le 2e arrondissement. Ils sont les parents d'une fille unique : Madeleine Marie Victorine née le 1er janvier 1902 à l'Hôpital Cochin à Paris. 

Joséphine a 49 ans seulement lorsque son mari décède. Elle lui survivra jusqu'au 18 octobre 1942 où elle s'éteint au Mans (Sarthe) âgée de 60 ans. Le couple y résidait depuis les années 1920 environ et c'est là que leur fille se maria deux fois : en 1924 avec Maurice André LUTZ, inspecteur d'assurances, et en 1928 avec Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, prothésiste dentaire. C'est avec ce dernier qu'elle aura deux enfants, dont ma grand-mère.  


lundi 16 janvier 2017

Biographie : Louis Victor BRANCHU

Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Louis Victor BRANCHU est né le 8 novembre 1870 rue Saint-Charles au Mans (Sarthe). C'est le troisième fils de Victor Auguste BRANCHU et d'Adèle CHOPLAIN. Son père est entrepreneur de serrurerie et vit à côté de son entreprise rue Saint-Charles, près de la place de la République. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi07939)
Au moment de sa naissance, son frère Georges Victor Marie a 4 ans. Son autre frère aîné nommé Victor Auguste comme son père est mort en bas âge. Lorsqu'il est lui-même âgé de 4 ans, le dernier garçon de la fratrie, Émile Albert, voit le jour. Le train de vie de la famille restera simple, le foyer est constitué des parents, de leurs trois garçons et d'une domestique de vingt ans en 1886. 

En 1890, au moment d'effectuer son service militaire, Louis Victor se fait dispenser. Il est alors élève en pharmacie. Il part en réalité rapidement à Paris où il s'engage dans un doctorat de pharmacie à la Sorbonne qu'il obtiendra. J'ai la chance d'avoir une photographie de lui, alors étudiant en pharmacie et âgé d'une vingtaine d'années. 

Monsieur MEYER (ami de Louis Victor) et Louis Victor BRANCHU vers 1890
(source : Archives personnelles)
Connaissant bien les produits chimiques grâce à ses études, il se passionne par ailleurs de photographie. En effet, les photographies de l'époque nécessitent des produits chimiques pour les développer une à une en les trempant dans des liquides, et il maîtrise bien le procédé. Nous lui devons quelques photographies de Paris au XIXe siècle dont cette belle vue de la Tour Eiffel à l'époque où les gens se déplaçaient encore à cheval. On peut voir en arrière-plan le pavillon de l'électricité qui a été depuis détruit. 

Sous la Tour Eiffel vers 1890
(source : Archives personnelles)
Durant ses études, il tombe alors amoureux de sa domestique, Joséphine Marie BENOIST, qui finit par attendre son enfant. L'affaire fait scandale au moment où son frère aîné devient un industriel très important dans la Sarthe, président de banques, de syndicats et de groupements d'industriels. La serrurerie Branchu est en plein essor et cette aventure est considérée comme une mésalliance. Alors que Joséphine Marie BENOIST est enceinte de sept mois, Louis Victor BRANCHU semble néanmoins convaincu que la bonne chose à faire est de l'épouser.

Joséphine Marie BENOIST et Louis Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives personnelles)
Il est alors plus ou moins mis de côté par la famille, son frère lui envoyant notamment une lettre pour l'exclure du caveau familial en cas de décès. Il passe néanmoins un contrat de mariage avec sa future épouse très enceinte le 6 novembre 1901 au Mans (Sarthe) devant maître Louis Joseph BLANCHARD

Louis Victor BRANCHU apporte en dot : 
  • "les habits, linges, effets et bijoux à son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une obligation" de 400 F "de la Ville de Paris"
  • "un quart d'obligation" de 400 F "au porteur de la ville de Paris"
  • "une somme de sept cent francs qu'il possède en deniers comptants"
  • "les droits du futur dans la succession de son Père grèvés de l'usufruit de Mad. Branchu" évalués à 30 000 F
Joséphine Marie BENOIST apport en dot : 
  • "les habits, linges, effets, bijoux a son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une somme et valeur de quatre cent francs qu'elle possède en deniers comptants"
(source : Archives départementales de la Sarthe)
On voit dans les signatures du contrat de mariage que les parents de la future épouse ont une écriture bien plus maladroite, étant d'origine plus modeste. Gustave BENOIST, son père, est mécanicien et Marie Louise FEAU est couturière puis cuisinière. 

Le mariage a lieu deux jours plus tard à Montbizot (Sarthe), commune de résidence des parents de la future épouse. La mère de Louis Victor BRANCHU n'assiste pas au mariage, ni ses frères. Les témoins sont des amis du couple et le beau-frère de Joséphine Marie BENOIST. N'ayant pas eu de ses parents l'argent promis pour ouvrir son fond de commerce de pharmacie du fait de cette mésalliance, Louis Victor BRANCHU décide alors de vivre de sa passion et devient photographe. Il tient son commerce, la "Photographie de la Banque de France" en plein coeur de Paris, Rue Radziwill. 

(source : Archives personnelles)
Le 1er janvier 1902, à l'Hôpital Cochin à Paris, naît sa fille unique : Madeleine Marie Victorine BRANCHU. Ses parents habitent alors au 88 boulevard du Montparnasse, dans le 14e arrondissement de Paris. 

Eugène ATGET, Hôpital Cochin fondé en 1780 - F.b St Jacques 47, 1899-1927
(source : Gallica/BnF)
C'est une enfance parisienne pour mon arrière-grand-mère, la seule que j'ai connu. Elle y apprend le piano qu'elle jouait paraît-il très bien (c'est lorsque nous avons hérité de son piano après son décès que j'ai commencé à en jouer) et Louis Victor BRANCHU devait jouer du violon (car je possède encore un violon qui nous vient de ce côté de la famille) ou de la flûte (nous avions une vieille flûte au grenier de mes grands-parents). La famille BRANCHU compte beaucoup de musiciens (amateurs ou professionnels) comme en attestent les actes notariés qui parlent souvent dans cette branche de partitions de musique ou de pianos. En mai 1913, Madeleine Marie Victorine BRANCHU fait sa communion à Paris.

Louis Victor BRANCHU (tout à gauche au fond) et Madeleine Marie Victorine BRANCHU (à gauche au premier plan) à Paris en 1913
(source : Archives personnelles)
Je ne connais pas la date précise de retour au Mans (Sarthe) de la famille, mais dans les recensements de 1926, ils apparaissent dans cette ville où ils habitent au 23 rue d'Hauteville. En 1924, Madeleine Marie Victorine BRANCHU épouse Maurice André LUTZ, un inspecteur d'assurances originaire de Javron (Mayenne). Le mariage se passe très mal et ils divorcent deux ans plus tard, en 1926. En 1928, elle épouse Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, un prothésiste dentaire, mon arrière-grand-père. 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU et Pierre Joseph Émile Ernest PERLY en 1928
(source : Archives personnelles)
Louis Victor BRANCHU s'éteint le 24 juin 1931 dans sa maison au 23 rue d'Hauteville au Mans (Sarthe) âgé de 60 ans. Le faire-part de décès laisse penser qu'il s'était réconcilié avec les familles de ses frères. Il est inhumé au cimetière Saint-Pavin du Mans (Sarthe). 

L'Ouest Éclair, n° 12649, 25 juin 1931, p. 4

Louis Victor BRANCHU vers 1920
(source : Archives personnelles)

lundi 2 juin 2014

B comme Louis Victor BRANCHU

Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Pour cette lettre B, de qui parler d'autre que de celui à l'histoire romanesque, mon arrière-arrière-grand-père : Louis Victor BRANCHU. Son père, Victor Auguste BRANCHU, est serrurier au Mans (Sarthe). Il a fondé une entreprise qui marche à plein régime, située rue Saint-Charles, à côté de la Place de la République du Mans.

(source : Archives personnelles)
Le fils aîné, Georges Victor Marie (dont j'avais cherché le dossier de légion d'honneur) fait prospérer l'entreprise, devient président de la chambre de commerce, juge, bref, un notable du Mans. Pendant ce temps, Louis Victor, son frère cadet, va étudier la pharmacie à la Sorbonne à Paris.

Paris vers 1890 par Louis Victor BRANCHU
Il obtient son doctorat de pharmacie dont mes grands-parents possèdent encore le diplôme, ainsi que les très bonnes recommandations des pharmaciens chez qui il se forme. C'est là qu'arrive l'événement fatidique. Il tombe amoureux de sa domestique : Joséphine Marie BENOIST. Or, la famille BRANCHU est en pleine ascension sociale, il n'est pas pensable que Louis Victor épouse la fille d'un mécanicien.

La solution est toute trouvée : privé de fonds par la famille pour cause de mésalliance et ayant une grande connaissance des produits chimiques mais pas assez d'argent pour ouvrir une pharmacie, Louis Victor ouvre un atelier de photographie, rue Radziwill à Paris.

L'atelier photo de Louis Victor BRANCHU,
rue Radziwill à Paris en 1912
Il se marie donc avec sa domestique, Joséphine Marie BENOIST à Montbizot (Sarthe) en 1901. L'année d'après naît leur fille Madeleine, la seule de mes arrière-grand-mères que j'ai connu et dont je me souvienne. C'est d'ailleurs sur le piano de Madeleine (dont nous avions hérité) que j'ai commencé la musique.

Louis Victor était apparemment un très bon photographe car il finira deuxième à deux concours internationaux de photographie : l'Exposition Internationale de Photographie de Paris de 1892 et l'Exposition du Progrès de 1893.

(source : Archives personnelles)
On trouve encore de nombreuses photos sur les sites de vente sur internet portant cette inscription à leur dos. Pour situer à peu près l'époque (où il y avait encore plein de chevaux en plein Paris), Louis Victor est l'exact contemporain de Marcel Proust et vécut à Paris avec sa femme et sa fille au moment où se dernier publie son fameux roman en plusieurs tomes : À la recherche du temps perdu. Il aura marqué notre famille, puisque Victor est le prénom de mon cousin germain et le second prénom de mon petit frère.

lundi 4 février 2013

L'enfant caché de Louise Pottier


L'un des défauts que j'ai eu lorsque j'ai commencé ma généalogie, c'est que j'ai voulu, dans la soif de savoir jusqu'où on pouvait aller, remonter très vite. Avec parfois des énormes coquilles dont je ne m'étais pas rendu compte. Prenons l'exemple de Louise Pottier.

Louise est la fille de Marin Pottier, cultivateur et instituteur à Montbizot (Sarthe), et de Jeanne Edet. Elle se marie, enceinte jusqu'au cou, le 18 janvier 1846 avec Arsène François Feau et accouche le 27 février de la même année d'une petite Marie Louise, mon ancêtre. A la vue de ce mariage à huit mois de grossesse et de l'absence d'autres enfants avec Arsène François, j'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'un mariage pour sauver les apparences et qu'il y a de fortes chances pour que le pauvre Arsène François ne soit pas le père de Marie Louise. Nous verrons un peu plus bas comment mon intuition pourrait se confirmer.

Sur l'acte de décès de Louise Pottier en 1881, est mentionné un frère nommé Pierre âgé de 53 ans, donc né vers 1827.

(source : Archives Départementales de la Sarthe - 5Mi 216_16-18 p. 310)

Le problème est que Jeanne Edet (la mère de Louise) était décédée en 1824 ! Marin Pottier, le père, avait dû se remarier et je n'avais jamais remarqué avant aujourd'hui que Pierre ne pouvait pas être le fils de Jeanne Edet. J'ai donc compulsé les registres de Ballon (Sarthe) où vivaient les Pottier à l'époque et je trouve quatre enfants au couple Marin Pottier-Jeanne Edet :

  • Julien Etienne (1816)
  • Louis (1817)
  • Joséphine (1819)
  • Louise (1821)
En 1827, je trouve bien un Pierre Pottier, mais il est fils naturel d'une Julie Pottier, ce n'est donc vraisemblablement pas le bon. Puis je me rappelle que Marin Pottier et Jeanne Edet sont décédés à Montbizot, commune où s'est mariée Louise leur fille. Je me dis donc qu'il a dû se remarier à Montbizot. J'avance dans les actes de naissances et je trouve rapidement Pierre Victor Pottier en 1827, fils de Marin et de Rose Chopin

En fouillant dans les tables décennales des communes où vivaient ces familles, je trouve l'acte de mariage Pottier-Chopin à Souligné-sous-Ballon. Dans cet acte, Marin Pottier est mentionné instituteur. L'officier d'état civil a-t-il mal entendu cultivateur ? Marin Pottier savait écrire d'une belle écriture, il est possible qu'il serve durant l'hiver, par exemple, d'instituteur de village. Je considère donc comme probable l'hypothèse qu'il ait été cultivateur et instituteur.

Afin d'aller un peu plus vite, je consulte les tables décennales de Ballon afin de noter tous les actes concernant les Pottier.

(source : photo personnelle - licence CC BY-ND 3.0)
Je retrouve très rapidement l'acte de décès de Rose Chopin, et surtout de Marin Pottier que je ne possédais pas. Je trouve également de nombreuses naissances et décès que je note à tout hasard. C'est alors que j'ai fait une découverte concernant mon ancêtre Louise. En 1844, elle a un enfant naturel nommé Louise Thérèse ! Les enfants naturels semblent être un sport familial tant j'en trouve nombreux dans ma généalogie. 

(source : Archives Départementales de la Sarthe - 5Mi 216_10 p. 208)
La pauvre petite Louise Thérèse meurt en 1845 à l'âge de 4 mois. Quelques temps après, Louise Pottier tombe à nouveau enceinte (s'agit-il du même père) et se marie avec Arsène François Feau. Si elle avait déjà eu un enfant hors mariage, ma théorie sur la conduite légère de Louise et la peu probable paternité de son enfant est un peu plus confirmée. Mais il se peut aussi qu'Arsène François soit le père de ces deux filles (bien que j'ai des doutes concernant la première, auquel cas, il aurait épousé Louise et légitimé l'enfant). Mais alors, pourquoi n'auraient-ils jamais eu d'autres enfants ensemble ?

Tout cela nous rappelle que la généalogie nous fait remonter la filiation "officielle" et que, dans le lot, beaucoup d'enfants ne furent pas de leurs pères officiels. La seule généalogie dont nous pouvons être sûrs est celle qui remonte par les femmes.

Voici donc la seule ancêtre la plus éloignée dont je suis sûr à 100% de descendre en partant de mon arrière-grand-mère maternelle : 

(source : Geneanet)
Marie Dubouy, vivant dans le Cher au milieu du XVIIIème siècle est de manière absolument certaine mon ancêtre. Quant aux autres, je remonterai quand même l'ascendance d'Arsène François Feau pour la généalogie "officielle" bien que j'aie de sérieux doutes sur sa paternité de mon ancêtre Marie Louise.