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lundi 16 janvier 2017

Biographie : Louis Victor BRANCHU

Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Louis Victor BRANCHU est né le 8 novembre 1870 rue Saint-Charles au Mans (Sarthe). C'est le troisième fils de Victor Auguste BRANCHU et d'Adèle CHOPLAIN. Son père est entrepreneur de serrurerie et vit à côté de son entreprise rue Saint-Charles, près de la place de la République. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi07939)
Au moment de sa naissance, son frère Georges Victor Marie a 4 ans. Son autre frère aîné nommé Victor Auguste comme son père est mort en bas âge. Lorsqu'il est lui-même âgé de 4 ans, le dernier garçon de la fratrie, Émile Albert, voit le jour. Le train de vie de la famille restera simple, le foyer est constitué des parents, de leurs trois garçons et d'une domestique de vingt ans en 1886. 

En 1890, au moment d'effectuer son service militaire, Louis Victor se fait dispenser. Il est alors élève en pharmacie. Il part en réalité rapidement à Paris où il s'engage dans un doctorat de pharmacie à la Sorbonne qu'il obtiendra. J'ai la chance d'avoir une photographie de lui, alors étudiant en pharmacie et âgé d'une vingtaine d'années. 

Monsieur MEYER (ami de Louis Victor) et Louis Victor BRANCHU vers 1890
(source : Archives personnelles)
Connaissant bien les produits chimiques grâce à ses études, il se passionne par ailleurs de photographie. En effet, les photographies de l'époque nécessitent des produits chimiques pour les développer une à une en les trempant dans des liquides, et il maîtrise bien le procédé. Nous lui devons quelques photographies de Paris au XIXe siècle dont cette belle vue de la Tour Eiffel à l'époque où les gens se déplaçaient encore à cheval. On peut voir en arrière-plan le pavillon de l'électricité qui a été depuis détruit. 

Sous la Tour Eiffel vers 1890
(source : Archives personnelles)
Durant ses études, il tombe alors amoureux de sa domestique, Joséphine Marie BENOIST, qui finit par attendre son enfant. L'affaire fait scandale au moment où son frère aîné devient un industriel très important dans la Sarthe, président de banques, de syndicats et de groupements d'industriels. La serrurerie Branchu est en plein essor et cette aventure est considérée comme une mésalliance. Alors que Joséphine Marie BENOIST est enceinte de sept mois, Louis Victor BRANCHU semble néanmoins convaincu que la bonne chose à faire est de l'épouser.

Joséphine Marie BENOIST et Louis Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives personnelles)
Il est alors plus ou moins mis de côté par la famille, son frère lui envoyant notamment une lettre pour l'exclure du caveau familial en cas de décès. Il passe néanmoins un contrat de mariage avec sa future épouse très enceinte le 6 novembre 1901 au Mans (Sarthe) devant maître Louis Joseph BLANCHARD. 

Louis Victor BRANCHU apporte en dot : 
  • "les habits, linges, effets et bijoux à son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une obligation" de 400 F "de la Ville de Paris"
  • "un quart d'obligation" de 400 F "au porteur de la ville de Paris"
  • "une somme de sept cent francs qu'il possède en deniers comptants"
  • "les droits du futur dans la succession de son Père grèvés de l'usufruit de Mad. Branchu" évalués à 30 000 F
Joséphine Marie BENOIST apport en dot : 
  • "les habits, linges, effets, bijoux a son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une somme et valeur de quatre cent francs qu'elle possède en deniers comptants"
(source : Archives départementales de la Sarthe)
On voit dans les signatures du contrat de mariage que les parents de la future épouse ont une écriture bien plus maladroite, étant d'origine plus modeste. Gustave BENOIST, son père, est mécanicien et Marie Louise FEAU est couturière puis cuisinière. 

Le mariage a lieu deux jours plus tard à Montbizot (Sarthe), commune de résidence des parents de la future épouse. La mère de Louis Victor BRANCHU n'assiste pas au mariage, ni ses frères. Les témoins sont des amis du couple et le beau-frère de Joséphine Marie BENOIST. N'ayant pas eu de ses parents l'argent promis pour ouvrir son fond de commerce de pharmacie du fait de cette mésalliance, Louis Victor BRANCHU décide alors de vivre de sa passion et devient photographe. Il tient son commerce, la "Photographie de la Banque de France" en plein coeur de Paris, Rue Radziwill. 

(source : Archives personnelles)
Le 1er janvier 1902, à l'Hôpital Cochin à Paris, naît sa fille unique : Madeleine Marie Victorine BRANCHU. Ses parents habitent alors au 88 boulevard du Montparnasse, dans le 14e arrondissement de Paris. 

Eugène ATGET, Hôpital Cochin fondé en 1780 - F.b St Jacques 47, 1899-1927
(source : Gallica/BnF)
C'est une enfance parisienne pour mon arrière-grand-mère, la seule que j'ai connu. Elle y apprend le piano qu'elle jouait paraît-il très bien (c'est lorsque nous avons hérité de son piano après son décès que j'ai commencé à en jouer) et Louis Victor BRANCHU devait jouer du violon (car je possède encore un violon qui nous vient de ce côté de la famille) ou de la flûte (nous avions une vieille flûte au grenier de mes grands-parents). La famille BRANCHU compte beaucoup de musiciens (amateurs ou professionnels) comme en attestent les actes notariés qui parlent souvent dans cette branche de partitions de musique ou de pianos. En mai 1913, Madeleine Marie Victorine BRANCHU fait sa communion à Paris.

Louis Victor BRANCHU (tout à gauche au fond) et Madeleine Marie Victorine BRANCHU (à gauche au premier plan) à Paris en 1913
(source : Archives personnelles)
Je ne connais pas la date précise de retour au Mans (Sarthe) de la famille, mais dans les recensements de 1926, ils apparaissent dans cette ville où ils habitent au 23 rue d'Hauteville. En 1924, Madeleine Marie Victorine BRANCHU épouse Maurice André LUTZ, un inspecteur d'assurances originaire de Javron (Mayenne). Le mariage se passe très mal et ils divorcent deux ans plus tard, en 1926. En 1928, elle épouse Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, un prothésiste dentaire, mon arrière-grand-père. 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU et Pierre Joseph Émile Ernest PERLY en 1928
(source : Archives personnelles)
Louis Victor BRANCHU s'éteint le 24 juin 1931 dans sa maison au 23 rue d'Hauteville au Mans (Sarthe) âgé de 60 ans. Le faire-part de décès laisse penser qu'il s'était réconcilié avec les familles de ses frères. Il est inhumé au cimetière Saint-Pavin du Mans (Sarthe). 

L'Ouest Éclair, n° 12649, 25 juin 1931, p. 4

Louis Victor BRANCHU vers 1920
(source : Archives personnelles)

mardi 3 juin 2014

C comme Louis Joseph CHOPLIN et Éléonore Renée BIGNON

Louis Joseph CHOPLIN + Éléonore Renée BIGNON
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Adèle CHOPLAIN
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Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Louis Joseph CHOPLIN et Éléonore Renée BIGNON sont respectivement mes sosas 90 et 91. Ils ont vécu au Mans (Sarthe) et je n'ai pas encore reconstitué toute leur famille. Louis Joseph a été successivement chaufournier, marchand fruitier, charcutier, épicier. Bref, c'était un marchand. Sa famille, depuis le début du XVIIIème siècle au moins, est originaire de Piacé dans la Sarthe. La famille de sa femme est originaire de Loué. 

Ils sont tous deux nés en 1808 et ce sont les ancêtres les plus lointains dont je possède une photographie. Louis Joseph a les favoris en vogue en ce début de XIXe siècle, son épouse semble en revanche presque effrayée par la photographie. Ce sont en tout cas, les arrières-grand-parents de mon arrière-grand-mère.

(source : Archives personnelles)
Il est donc possible de posséder des photographies d'ancêtres nés sous Napoléon Ier ! Et vous, possédez-vous des photos aussi anciennes de vos aïeuls ?

dimanche 16 juin 2013

Trouver le mariage grâce à l'acte de sépulture

On ne le dira jamais assez, les archives départementales de la Sarthe sont d'exception : tout d'abord parce qu'elles sont extrêmement bien tenues, mais encore parce que les curés indiquaient une grande quantité de détails dans les actes paroissiaux. Parlons aujourd'hui de Michel CHOPLIN.

Parenté entre Michel Choplin et mon arrière-grand-mère
(source : Arbre familial, via Geneanet)
Michel est journalier, c'est à dire qu'il vend ses bras à la journée pour cultiver les champs. Son fils Charles, notre ancêtre, a réussi à grimper les échelons de l'échelle sociale puisque contrairement à son père, il sait lire et écrire. Il est tisserand et occuper la fonction de sacriste de l'église de Piacé (dans la Sarthe).

C'est en cherchant les enfants de Charles et de sa première épouse que je suis tombé sur l'acte de décès de Michel CHOPLIN que voici :

(source : Archives départementales de la Sarthe - 1 MI 1191 R2 - p. 109)
"le premier fevrier mil sept cent soixante et seize aeté inhumé par nous curé sous signé dans le cimetiere de cette paroisse le corps de michel choplin journallier originaire de moitron decedé d hier agè de soixante quinze ans ou environ marié en cette paroisse l an mil sept cent vingt sept. la ditte inhumation faitte en presence de michel françois jacques pierre charles les choplins ses fils d urbain davoust et jeanne choplin son gendre et sa fille de pierre michel jean et louis les brebions ses neveux et de plusieurs autres parents et amis qui ont declarés ne scavoir signer fort les sous signès de ce enquis C: Choplainu davoust M Brebion L brebion touchard curé"

Fait amusant, je retrouve systématiquement les noms de famille de mon enfance dans les registres de la Sarthe. Mme Touchard était ma professeur d'histoire-géographie, j'étais au collège avec une Brebion et je retrouve aussi dans mes ancêtres des Bellanger ou Jarossay avec qui j'allais à l'école enfant...

Ce qui est extrêmement intéressant chez cet abbé Touchard, c'est qu'il indique la paroisse d'origine de Michel CHOPLIN (Moitron-sur-Sarthe), et la date de son mariage. Pour avoir traversé quelques actes dressés par ce curé, je sais que les dates qu'il fournit sont approximatives ou carrément inventées, mais je ne risquais rien à aller me balader dans les registres de Piacé vers 1727 pour y trouver l'acte de mariage de Michel CHOPLIN avec Marguerite TROCHERIE. C'est deux ans après la date indiquée, en 1729, que j'ai trouvé le fameux acte parfaitement bien écrit, même si le rédacteur semble avoir changé en cours de route car la fin de l'acte est rédigée d'une écriture plus "antique" (plus XVIème siècle).

(source : Archives départementales de la Sarthe - 1 MI 1191 R1- p. 174)
"Le 3e fevrier 1729 apres les publicaons de bans faites par trois dimanches consecutifs aux prônes de nos messes parroissiales sans qu'il se soit trouvé aucun empechement ont esté canoniquement epousés par nous curé ssigné michel fils de jacques choplin et de deffunte marie fouqué d'une part et marguerite trocherie fille de deffunt françois trocherie et de deffunte marguerite Le boul tous deux cette parroisse dautre part, Lesquels ont esté assisté scavoir Ledit michel choplin de son dit pere de Jacques et Marïe les chopelin ses frere et soeur Et lad. Margueritte trocherie aussy Ete assistée de françois Et marie les trocherie ses frere Et soeur Et de plusieurs autres de leurs parents Et amis qui ne signent enquis M Launay f Lehault"
En conclusion, il ne faut jamais négliger les actes de décès ou de sépulture, ils m'ont ici permis de retrouver l'acte de mariage. Bien sûr, tout dépend des régions, en Dordogne, j'aurai eu droit à : "Le 1er février 1776, Michel Choplin a été enterré par moi curé." Heureusement que j'ai quelques ancêtres en Sarthe !