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lundi 4 mars 2013

Traverser les registres révolutionnaires de Nouan-le-Fuzelier


Aujourd'hui, je prends mon courage à deux mains et j'affronte ce que j'ai longtemps eu peur d'affronter : les registres d'état civil sous le début de la république à Nouan-le-Fuzelier, terriblement mal orthographiés par un membre d'une famille alliée à la nôtre : Louis Maudhuizon, officier public. Les curés de cette ville avaient la mauvaise habitude de ne pas (ou peu) mentionner les métiers des habitants, si bien que l'avantage de cette période d'après 1793 est que je vais en apprendre plus sur mes ancêtres.

En voici un exemple :

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI161/R4 - p. 422)
"aujourdui vingt neuf avril a trois heure du soir, l'an deuxzième de la republique française est comparue devant nous louis maudhuizon officie publique nomè par le conseille general de la comune denoüan le fuzellier canton de salbry district de romorantin departement de loire et chair en la mezon comune de jean foltié aubergiste lequel assisté de gentien fleurÿ meunir et françoise dubois demeurant dan la paroisse à noüan tesmoins anexè par le dit jean foltié nous on presente une enfans feimelle lesquelle nous ont declarè estre ne dudit jour en son domicillè aindiqué cis dessus du mariage legitime de jean foltie et marie mistaine et les dits comparant ondonè le nom françoise foltie et les dit comparan on declare ne savoir signe avec nous sous nos registre double dans ledit jour avons acte"
Voilà le genre de charabia que je vais m'amuser à déchiffrer. Mais dans cet acte tout simple où Louis Maudhuizon confond encore le calendrier grégorien et le calendrier républicain, j'apprends que mon ancêtre Jean Foltier dont je connaissais précédemment les professions de charron (fabriquant de roues) et de cultivateur, a aussi été aubergiste (comme beaucoup d'autres de mes ancêtres au XIXe siècle). A-t-il profité du rachat d'un bien saisi par la république naissante ?

Sa fille Marie Marguerite Foltier épousera Louis Métrau, lui aussi charron. Et sa petite-fille Cécile Joséphine Métrau épousera Louis Noël Grelot, aubergiste. Solidarités de corporations ? En tout cas, même sous la république, on se marie toujours dans le même corps de métier.

vendredi 22 février 2013

Pourquoi appeler son fils Bohémar ?


Du côté de mes aïeux, ce sont mes ancêtres maternels qui ont la palme de l'inventivité des prénoms. Entre Léocade, Julitte, Viâtre, Vrain, ou alors carrément des prénoms qui n'existent pas, comme Nesida ou ... Bohémar.

Nous sommes en 1776, les Etats-Unis viennent de déclarer leur indépendance, et dans le village de Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), Jacques Mêtreau, menuisier originaire de la Vienne et Thérèse Nolin, issue d'une famille assez aisée (aubergistes, chirurgiens, syndic fabriciens...) du village ont un nouvel enfant. Tandis que les premiers ont eu des prénoms assez classiques (Jacques, Pierre, Louis, Thérèse), pour une raison mystérieuse, ils décident de lui donner un prénom qui n'existe pas :

(source : Archives Départementales du Loir-et-Cher - 4 E 161/46 - p. 15)
"L'an mil-sept-cent-soixante-seize le trois novembre a été par moi Prêtre-vicaire soussigné Baptisé un Garçon né de la veille de ce jourd'hui du légitime Mariage de jacques Maitrau et de Thérése Nolin, qui a été nommé françois-Bohemar, et a eu pour Parein françois-Philippe Mauduison qui a signé avec nous et pour Mareine Marie-scholastique Gandois qui a déclarée ne le savoir de ce requise."
Les parrains sont oncle et tante de l'enfant, et aucun ne porte ce prénom (on attribuait traditionnellement le nom des parrains et marraine à l'enfant autrefois). En supposant que son prénom de François vienne de François Philippe, son oncle, d'où vient celui de Bohémar ?