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dimanche 3 mars 2013

De nombreuses dispenses


Je viens de retrouver, à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), l'acte de mariage du frère d'une ancêtre, Clément Nolin, avec Marie Scholastique Gandois (cette même Marie Scholastique qui fut marraine de François Bohémar Maitrau en 1776).

(source : Arbre familial, via Geneanet)


L'acte est intéressant en ce qu'il date du 2 décembre 1789. A Paris, la Révolution a déjà éclaté, mais en province, le cours des choses ne semble pas altéré. Les curés continuent de célébrer baptêmes, mariages et inhumation, et l'administration de l'évêché d'Orléans (avec à sa tête Louis-François-Alexandre de Sénas d'Orgeval de Jarente de La Bruyère) semble continuer de fonctionner.

Armes de la famille Jarente de la Bruyère (source : dessin personnel, licence CC BY 3.0)
J'en veux pour preuve les multiples dispenses que nécessite ce mariage. En effet, sous l'Ancien Régime, l'Église avait seul pouvoir d'unir les couples, et lorsqu'on était cousins jusqu'au 7ème degré, qu'on voulait se marier sans les annonces de trois bans ou que l'on voulait se marier durant une période interdite (Carême, Avent, etc...), il fallait demander une dispense soit au Pape (pour les familles les plus riches), soit à l'évêque, qui refilait généralement le travail à son vicaire général.

(source : Archives Départementales du Loir-et-Cher - 4 E 161/59 p. 14)
Voici ce que nous rapporte l'acte en question, où nos mariés ont eu besoin des trois dispenses dont je viens de parler :

"L'an mil sept cent quatre vingt neuf le deux de decembre aprés la publication dun Ban faite dans cette Eglise au prône de notre messe paroissiale sans qu'on ait decouvert aucun Empechement quelconque, les fianciailles faites la veille, je curé soussigné, ai pris le mutuel consentement de Clement Nolin fils majeur de pierre nolin, et de marie anne Beruer de cette paroisse d'une part, et de marie Scholastique gandois veuve En premiere noce de pierre le blanc aussi de cette paroisse dautre part, et vû la dispense des deux autres Bans, Ensemble la dispense du temps de L'avent, et celle de Consanguinité au quatrieme degré Entre les Epoux accordée par mr. Blain vicaire general en datte du premier decembre du courant, signé Blain vic. gen. et plus Bas par meunier Secretaire, les ai solemnellement conjoint En mariage par paroles de present, et leur ai donné la Benediction nuptiale En presence du coté de Lepoux de pierre nolin, et marie anne Berruer ses pere et mere, et du côté de Lepouse en presence de george nolin Beaufrere, de Louise gandois Soeur de Louis Sebastien georges nolin, Jean claude poulin martin chabré, hilaire desouches qui ont signé avec nous."
(source : Archives Départementales du Loir-et-Cher - 4 E 161/59 p. 14)
 Trois dispenses à la fois pour se marier ! Et vous, avez-vous déjà vu des cumuls de dispenses pour des mariages ? Après la Révolution, on pourra se marier entre cousins germains sans problème, mais on aura besoin de lettres patentes du président de la République pour épouser son beau-frère ou sa belle-soeur...

vendredi 22 février 2013

Pourquoi appeler son fils Bohémar ?


Du côté de mes aïeux, ce sont mes ancêtres maternels qui ont la palme de l'inventivité des prénoms. Entre Léocade, Julitte, Viâtre, Vrain, ou alors carrément des prénoms qui n'existent pas, comme Nesida ou ... Bohémar.

Nous sommes en 1776, les Etats-Unis viennent de déclarer leur indépendance, et dans le village de Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), Jacques Mêtreau, menuisier originaire de la Vienne et Thérèse Nolin, issue d'une famille assez aisée (aubergistes, chirurgiens, syndic fabriciens...) du village ont un nouvel enfant. Tandis que les premiers ont eu des prénoms assez classiques (Jacques, Pierre, Louis, Thérèse), pour une raison mystérieuse, ils décident de lui donner un prénom qui n'existe pas :

(source : Archives Départementales du Loir-et-Cher - 4 E 161/46 - p. 15)
"L'an mil-sept-cent-soixante-seize le trois novembre a été par moi Prêtre-vicaire soussigné Baptisé un Garçon né de la veille de ce jourd'hui du légitime Mariage de jacques Maitrau et de Thérése Nolin, qui a été nommé françois-Bohemar, et a eu pour Parein françois-Philippe Mauduison qui a signé avec nous et pour Mareine Marie-scholastique Gandois qui a déclarée ne le savoir de ce requise."
Les parrains sont oncle et tante de l'enfant, et aucun ne porte ce prénom (on attribuait traditionnellement le nom des parrains et marraine à l'enfant autrefois). En supposant que son prénom de François vienne de François Philippe, son oncle, d'où vient celui de Bohémar ?