mardi 24 janvier 2017

Papiers militaires de François LAUBIER

François LAUBIER
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Hélène Louise LAUBIER
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Juliette Berthe LECAS
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Ma grand-mère
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Ma mère
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Moi

Vieux papiers de famille
Hier, mon oncle m'a prêté de vieux documents familiaux qui nous viennent de notre maison de Châteauneuf-sur-Cher (Cher) pour que je les numérise et que je les utilise pour notre généalogie. C'est une véritable mine d'or, allant de vieux documents napoléoniens au livret militaire de mon grand-père durant la Seconde Guerre mondiale. Des dizaines d'actes notariés expliquant les ventes de maisons et les contrats de mariage. Tous ces documents vont me donner l'occasion de nombreux articles sur ce blog. J'ai décidé de commencer avec les documents les plus anciens, des documents militaires de François LAUBIER, l'arrière-grand-père de ma grand-mère. 

Le premier document est une lettre rédigée par Étienne CHANGEUX, médecin vétérinaire, Pierre BARRE, perruquier et Jean Baptiste ROBERT, postillon, qui demandent l'exemption de François LAUBIER comme seul fils subsistant de sa mère veuve, Solange LAGELINE


(source : Archives personnelles)
"Département du Cher.
Certificat à produire pour un jeune
homme qui réclame l’exemption comme
fils aîné d’une femme actuellement veuve
Nous soussignés, Changeux Etienne Mcin Véterinaire, Barre, pierre
perruquier et Robert jean Baptiste postillon tous trois pères de famille, domiciliés
dans le Canton, ayant des fils inscrits sur les régistres matricules de l’armée
de terre ou de mer, ou désignés par le sort pour Concourir à la formation du 
contingent de la Classe actuellement appelée, 
Certifions, sous notre responsabilité personnelle que le nommé Laubier
françois, né le Cinq juin 1829 à Châteauneuf Canton de Châteauneuf
Dépt du Cher fils de feu Laubier, jean, inscrit sur la liste Cantonnale
et désigné pour concourir à la formation du Contingent comme ayant eu le 
n°31, est l’aîné de Solange, Lageline veuve de Laubier jean père
du réclamant et que la dite Lageline solange est actuellement veuve, et 
malade, dans l’impossibilité de se suffire à elle même, et qu’en conséquence
ledit Laubier françois, a droit à l’exemption, d’après l’art. 13, n°4
de la loi du 21 mars 1832. 
fait à Châteauneuf sur Cher le 15 juillet 1852."

Cette requête, pour une raison que j'ignore, semble ne pas avoir été acceptée par l'administration militaire de l'époque. Le second papier date du 15 mai 1856 à Libourne (Gironde). 

Châteauneuf-sur-Cher (Cher) en 1, Libourne (Gironde) en 4, Bourges (Cher) en 5
(source : Heredis 2017)
C'est bien loin de chez lui que François LAUBIER se retrouve hussard de 1e classe au 3e régiment des hussards. Voici l'uniforme des hussards au début du siècle : 
René LOUIS, "1809 - Trompette du 3me Hussards" in Uniformes des régiments de hussards français
(source : Gallica/BnF
Il obtient donc à Libourne (Gironde) un certificat de bonne conduite. J'y apprends des détails physiques le concernant. Il est brun aux yeux roux et mesure 1m71.

(source : Archives personnelles)
"3e Régiment de hussards. 
Certificat de Bonne Conduite. 
Nous, soussignés, membres composant le conseil d’administration du 
3e Régiment de hussards. Certifions que le sieur Laubier françois
hussard de 1re classe né le 5 Juin 1829 à Châteauneuf, canton du dit, 
Département du Cher, Cheveux et sourcils Bruns, yeux Roux, front
ordinaire, nez gros, Bouche moyenne, menton ordinaire, Visage ovale, 
marques particulières : _____ ; Taille de un mètre 710 millimètres, a tenu
une bonne Conduite pendant tout le temps qu’il est resté sous les
Drapeaux, et qu’il y a Constamment servi avec honneur et fidélité. 
La présente attestation est donnée sur la proposition du Capitaine de
L’Escadron et du Chef d’Escadrons auxquels appartient Le sieur
Laubier françois après examen du registre des punitions en ce qui le Concerne, 
Certifions en outre 1° qu’il n’a aucune infirmité apparente ou 
Cachée qui puisse L’empêcher de reprendre son service ; 2° qu’il n’est pas
marié.
Fait à Libourne le 15 Mai 1856. 
Les Membre du Conseil d’Administration"

Enfin, un magnifique diplôme à en-tête "Empire Français" et le blason de Napoléon (aigle d'or sur fond d'azur) lui signifie son congé de libération de l'armée. 

(source : Archives personnelles)
EMPIRE FRANÇAIS.
DÉPÔT DE RECRUTEMENT ET DE RÉSERVE
du département du Cher
CONGÉ DE LIBÉRATION.
NOUS, soussigné, Commandant du dépôt de recrutement et de réserve du département du Cher, DÉLIVRONS
le présent Congé de libération au Sr Laubier (François), hussard de 1re Classe au 3e Régiment, fils de Jean 
et de Solange Lageline, domiciliés à Chateauneuf, canton du dit, département du Cher, né le 5 Juin 1829
à Chateauneuf, canton dudit, département du Cher, cheveux et, sourcils Bruns, yeux Roux, front ordinaire
nez gros, bouche moyenne, menton ordinaire, visage ovale, taille d’un mètre 710.
miilimètres, profession de Vigneron, dernier domicile à Chateauneuf, canton du dit, département du Cher, marié
 , à De, domiciliée à , lequel est
inscrit comme Jeune soldat de la Classe de 1849 au registre matricule du corps sous le n°1126 (le 1er Janvier 1851), et a terminé
le temps de service exigé par la loi le Trente un décembre Mil huit Cent Cinquante six. 
Fait à Bourges le trente un décembre 1856. 

C'est très émouvant de posséder de tels documents si anciens (j'ai aussi une grande correspondance) que je n'aurais jamais pu trouver dans un centre d'archives. Cela va à nouveau permettre de donner corps à toute une partie de la famille à travers des dizaines d'anecdotes et d'histoires qui contiennent une partie de leurs vies. 

samedi 21 janvier 2017

Biographie : Pierre FRÉMEAU

Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

(source : Archives départementales du Cher - 6 Fi Venesmes 2)
Pierre FRÉMEAU naît à Venesmes le 26 mai 1846 sous le règne de Louis-Philippe Ier. Son père, Jean FRÉMEAU est journalier vigneron et sa mère, Marie PÉQUIOT la fille d'un marchand épicier. Au moment de sa naissance, il a déjà un frère aîné nommé Gilbert. La famille s'agrandit avec la naissance de Jean alors que Pierre a 2 ans puis d'Henri lorsqu'il a 4 ans. 

(source : Heredis 2017)
Les deux parents vivent donc à Venesmes (Cher) avec leurs quatre enfants et Marie BONDONNEAU, la mère de Marie PÉQUIOT et la grand-mère de Pierre FRÉMEAU. Je ne possède pas son matricule militaire, mais je sais qu'il a été dispensé du service à cause d'une large cicatrice à la jambe gauche. 

Le 9 mars 1868, il est le premier témoin du mariage de son frère Gilbert, vigneron, avec Marguerite Rosalie PERRIOT, également fille de vignerons de Venesmes (Cher). Il est alors nommé Pierre FROMEAU et exerce la profession de journalier. Il semble également ne pas encore savoir écrire à l'époque puisque personne ne signe l'acte de mariage. 

(source : Archives départementales du Cher - 3E 3829 - p. 79)
En 1872, il apparaît sur le recensement de Châteauneuf-sur-Cher (Cher), commune limitrophe de Venesmes. Il est ouvrier boulanger chez Henri Nicolas BOUZIQUE, boulanger, et sa femme Hermance BOUZIQUE au 69 rue de la Chaussée. Il est nommé par erreur Pierre FROMET dans cet acte. 

(source : Archives départementales du Cher - 6M 0065 - p. 18)
En 1872, il se marie avec Virginie MONORY, fille d'un riche meunier de Saint-Loup-des-Chaumes (Cher) qui vit chez ses grands-parents boulangers à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). Le contrat de mariage est justement passé rue de Tivoli, chez les époux ROBERT-DOUARD (les grands-parents maternels de Virginie MONORY) le 16 septembre 1872, par-devant maître Paul Abel GIRARD, notaire. 

Virginie MONORY
(source : Archives personnelles)
Pierre FRÉMEAU a alors 26 ans et "déclare être propriétaire du fond de commerce de boulangerie qu'il exploite en y comprenant le matériel, les marchandises et les créances" d'une valeur de 2 000 F. Son père est alors propriétaire vigneron et lui apporte une dot de 1 500 F. 

Les parents de Virginie MONORY lui apportent en dot : 
  • "un lit de plumes"
  • "six draps et six serviettes" d'une valeur de 200 F
  • une somme de 1 000 F
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Cher)
Le mariage a lieu quelques heures plus tard le jour-même en présence des deux familles et avec pour témoin Jean et Henri FRÉMEAU, propriétaires, frères de l'époux, Joseph Pierre Marie GARDIEN, vétérinaire, oncle de l'épouse et Pierre Frédéric MONORY, meunier, frère de l'épouse. 

Pierre FRÉMEAU
(source : Archives personnelles)
Cet heureux événement est malheureusement rapidement du décès de Jean FRÉMEAU, le frère de Pierre, à l'hospice de Limoges (Haute-Vienne) où il était en garnison en tant que caporal. Le 3 août 1873 naît la première fille de Pierre FRÉMEAU et Virginie MONORY qui tiennent alors la Boulangerie Frémeau rue de la Halle : Blanche Marie Louise. Cette naissance est suivie deux ans plus tard par celle de Pierre Marie Joseph, mon arrière-grand-père. Leur dernier fils, Pierre Louis, naîtra quelques années plus tard en 1883. 

Pierre FRÉMEAU semble être un personnage central de la famille, très souvent sollicité pour être témoin de naissances, mariages et décès : 
  • en 1876 il déclare le décès du grand-père de sa femme, Pierre Claude ROBERT
  • en 1878 il est témoin du mariage de sa cousine Clémence BERNARD avec Charles ALLARD, marchand épicier
  • en 1881 il est témoin du mariage de son frère Henri FRÉMEAU avec Mathilde JUGAND, fille d'un armurier d'Issoudun (Indre)
  • en 1884 il déclare la mort de son père Jean FRÉMEAU 
  • en 1886 il est témoin du mariage d'une cousine de sa femme Marie Hortense Adrienne GARDIEN avec François Eugène MOREUX, percepteur
  • en 1888 il déclare la naissance de leur fille Marcelle Yvonne Alice Marie Joseph MOREUX
  • en 1891 il déclare le décès de Marie Célestine dite Maria MOREL épouse d'un cousin boulanger de sa femme
  • en 1901 il déclare le décès de Marie Victoire dite Louise ROBERT, la tante de sa femme
  • en 1915 il déclare la naissance de son petit-fils Pierre Louis FRÉMEAU
  • en 1921 il déclare le décès de son frère Gilbert FRÉMEAU
Boulangerie Frémeau pendant la Première guerre mondiale
(source : Archives personnelles)
La Boulangerie Frémeau était apparemment réputée pour ses brioches. D'après les recensements, il y a souvent eu un mitron employé par la famille. En 1891, c'est Jules MARÉCHAL et en 1906, Clément VERDIER. Sa fille, Blanche Marie Louise, que l'on appelle "la Tante Blanche" dans la famille, est devenue religieuse, puis institutrice libre à l'Asile Saint-Joseph de Lignières (Cher). 

Un mot de la main de Blanche FRÉMEAU
(source : Romain PERSONNAT)
Son fils aîné, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU habite alors Versailles (Yvelines) et est comptable dans les Grands Magasins Dufayel à Paris qui sont à l'époque les plus grand magasins du monde. 

Les grands magasins Dufayel en 1904
(source : domaine public, via Wikimedia Commons)
Il rencontre Berthe Louise Stéphanie GRELOT qui est alors femme de chambre à Paris. Le mariage a lieu en 1905 dans cette ville et Pierre FRÉMEAU, alors âgé de 58 ans, ne s'y rend pas. 

Au premier rang : Marie Hortense Adrienne GARDIEN, Eugène Isidore GRELOT, Joséphine GRELOT, Pierre Marie Joseph FRÉMEAU, Berthe Louise Stéphanie GRELOT, Étienne dit Henri GRELOT, Victorine Ernestine BOURSIER et ?
Au deuxième rang : ?, Marcelle Yvonne Alice Marie Joseph MOREUX, Pierre Louis FRÉMEAU, Marguerite Léa Joséphine GRELOT, Léa Ernestine GUILLEMET, ? et Reine Madeleine GRELOT
(source : Archives de Françoise H.)

Pierre FRÉMEAU est néanmoins présent en 1910 (ainsi que son fils aîné parisien qui est témoin) au mariage de son fils cadet Pierre Louis FRÉMEAU, gendarme à cheval, avec Marie Louise BRUNET, fille de vignerons de Châteauneuf-sur-Cher (Cher). 

Pierre Louis FRÉMEAU et Marie Louise BRUNET
(source : Archives personnelles)
Son épouse Virginie MONORY décède à Bourges (Cher) alors qu'il est âgé de 71 ans. Durant la Première guerre mondiale, son fils aîné sera boulanger pour les troupes à Nevers, tandis que son fils cadet, militaire de carrière, sera grièvement blessé au front (il perd ses deux jambes) et décoré de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille militaire, ainsi que des deux médailles commémoratives. Pierre FRÉMEAU meurt à Châteauneuf-sur-Cher le 19 mai 1932 à l'âge avancé de 85 ans. Il est enterré dans le cimetière de cette commune où il repose aux côtés de sa femme et de sa fille Blanche

Tombe Frémeau-Monory au cimetière de Châteauneuf-sur-Cher
(source : Archives personnelles)

Biographie : Joséphine Marie BENOIST

Joséphine Marie BENOIST
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi05293)
Joséphine Marie BENOIST naît le 13 mai 1882 à Montbizot (Sarthe). À sa naissance, elle a trois soeurs encore en vie des précédents mariages de son père : Augustine Marie âgée de 13 ans, Marie Victorine âgée de 10 ans et Lucie Augustine âgée de 7 ans. Son père, Gustave BENOIST est mécanicien ajusteur et sa mère, Marie Louise FEAU, sa troisième femme, est cuisinière. Après avoir relativement voyagé dans la Sarthe, son père s'installe définitivement à Montbizot (Sarthe) d'où est originaire sa femme et où Joséphine Marie va grandir. 

Lorsqu'elle n'a que 22 mois, son frère Raoul Gustave voit le jour. Bien plus tard naîtra sa dernière soeur Madeleine Marie, alors que Joséphine a 9 ans. C'est sa seule soeur dont je possède quelques photos.

Joséphine Marie BENOIST, Madeleine Marie Victorine BRANCHU et Madeleine Marie BENOIST à Bécon les Bruyères en 1907
(source : Archives personnelles)
Joséphine devient domestique à Paris où elle travaille pour un étudiant en pharmacie, Louis Victor BRANCHU. Elle tombe enceinte de lui et alors que sa grossesse est déjà bien avancée (7 mois), il décide de l'épouser. Elle ne possède pas grand chose (400 F d'économies) quand son mari est héritier d'un tiers de l'entreprise de serrurerie de son père (30 000 F). 

Joséphine Marie BENOIST et Louis Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives personnelles)
Le mariage a lieu à Montbizot (Sarthe) le 8 novembre 1901 en compagnie de la famille de Joséphine : ses deux parents sont présents ainsi que Joseph Alphonse CHAMPROUX, son beau-frère (qui a épousé Lucie Augustine en 1894). La famille de son mari n'approuve pas le mariage et n'est pas présente. Le couple retourne vivre à Paris où Louis Victor BRANCHU exerce la profession de photographe dans son atelier rue Radziwill dans le 2e arrondissement. Ils sont les parents d'une fille unique : Madeleine Marie Victorine née le 1er janvier 1902 à l'Hôpital Cochin à Paris. 

Joséphine a 49 ans seulement lorsque son mari décède. Elle lui survivra jusqu'au 18 octobre 1942 où elle s'éteint au Mans (Sarthe) âgée de 60 ans. Le couple y résidait depuis les années 1920 environ et c'est là que leur fille se maria deux fois : en 1924 avec Maurice André LUTZ, inspecteur d'assurances, et en 1928 avec Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, prothésiste dentaire. C'est avec ce dernier qu'elle aura deux enfants, dont ma grand-mère.  


jeudi 19 janvier 2017

L'inventaire d'Anne BERGER en 1784

Julien BOURCIER
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Julien LE BOURCIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Je me suis enfin décidé à analyser et transcrire une multitudes d'actes notariés du XVIIIe siècles pris en photo aux archives départementales de la Sarthe en août 2015. Nous sommes ici dans la Sarthe, dans le petit bourg de Marigné-Laillé où vivaient les ancêtres sarthois du côté de ma mère. Julien BOURCIER s'est marié à trois reprises. Premièrement avec Catherine LE CLERC, notre ancêtre, puis avec Anne FROMAGER et enfin avec Anne BERGER. Lors de ce troisième mariage, les deux époux sont respectivement âgés de 51 et 52 ans. Bien sûr, il est très rare que les professions des femmes soient indiquées à cette époque, mais à la lecture du présent acte, nous comprendrons qu'Anne BERGER était plus ou moins fileuse. Julien BOURCIER étant tailleur d'habits, on peut comprendre comment ils se sont connus, les deux professions étant très liées, le tailleur ayant régulièrement besoin de fil. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)
"Aujourd’huy vingt six juillet
mil Sept Cent quatre vingt quatre apres midy
Devant nous joseph augustin pasteau notaire
Royal au Chateau du loir demeurant a marigné
Soussigné
fut presente anne Berger veuve de deffunt
andré Brard demeurante au bourg dud. marigné
Laquelle nous a declaré quelle Etoit Sur Le point
de Convoller en Second noce avec julien Le bourcier
tailleur d’habit presentement Son fiancé ; Et
auparavant de Ce faire pour Scavoir Ce quelle
porteroit En Communauté, Elle auroit désiré
faire faire inventaire Estimatif de tous Ses
meubles Et Effets a Elle appartenant Ensembles
Ses dettes actives Et passives, en Conseuqence
de quoy elle auroit Requis notre transport a Sa
demeure Chez La ve Bougard ou Elle Se 
Retenoit, En Ce Bourg de marigné. Ce que nous
Luy avons octroyé Et ou Etant, Elle nous a fait
Comparoir du Consentement dud Le bourcier
Son dit fiancé Cy present Et acceptant
La personne de Réné pottier Marchand
demeurant aud. marigné Cy present Et 
acceptant quy a offert d apressier tous Lesd. 
Effets [#Suivant Sa Connoissance], Expert ordinaire, Et Etant majeur
nous avons de luy En tel Cas Requis pris, Et 
Reçu Le Serment de Se Bien et fidelement
Comporter a Lad. Estimation Et appressiation
desd. Effets mobiliers Ce qu’il nous a juré faire
En Son ame Et Consiance dont nous Lavons
jugé Et procedant aud. Inventaire En presence
Et assistance de pierre Berger Marchand.
demeurant au lieu de la Grandiniere au dit
marigné neveux de lad. ve Brard Comme
Suit" 

Afin d'abréger les sommes, je vais écrire Livres Tournois en LT, Sols en S et Deniers en D comme il est d'ailleurs abrégé dans l'acte notarié. Pour se rendre compte des sommes et de la différence énorme existant alors entre la Cour et le peuple en cette période précédant tout juste la Révolution (nous sommes en 1784), voici une petite citation d'un maître de l'hôtel du Roi à l'époque où celui-ci est ramené aux Tuileries à Paris : "il est constant que la dépense de la Bouche dépasse 6 000 livres par jour" (Charles-Éloi VIAL, Les derniers feux de la monarchie : La cour au siècle des révolutions 1789-1870, Paris, Perrin, 2016, p. 46).

André JORDAN,  Chenets et crémaillère, cheminée de Monsieur Gabriel à la Bate, 1908
(source : Images d'art)
  • une crémaillère, son crémellon, une marmite de fonte de peu de valeur et une cuillère de pot (2 LT 4 S)
Coffre au XVIIIe siècle
(source : Expertissim)
  • un coffre de bois de chêne fermant à clef (4 LT) à l'intérieur duquel se trouve : 
    • les hardes et linges à l'usage de la dite veuve Brard
    • une couette la taie de couetty remplie de plume mêlée pesant 35 livres (15 LT)
    • deux traversins les taies de toile remplies de plume d'oie (17 LT)
    • deux draps de chanvre, trois aunes de toile de commun et une couverture de laine blanche au trois quarts usée (10 LT)
    • un tour de lit de tourangelle verte usée (8 LT)
    • un bois de lit de peu de valeur (3 LT)
    • une écuelle à oreille et quatre cuillères le tout d'étain pesant le tout une livre et demie et un chandelier de potin jaune (2 LT)
  • une armoire de bois de chêne à deux battants fermant à clef (4 LT)
  • un rouet à filer garni de sa broche, un travoit et un petit coffre de peu de valeur (3 LT)
  • une chaise (8 S)
  • la somme de 78 livres en espèces
Du point de vue des dettes, BEUVIER, bordager, lui devait 30 sols pour filage de fil et Anne BERGER devait à la veuve BOUGARD qui l'hébergeait la somme de 4 livres 13 sols 4 deniers pour son loyer. Cela nous donne une idée de ce que pouvait posséder une veuve exerçant le métier de fileuse à la fin du XVIIIe siècle : un total fort modeste de 152 livres tournois. 

L'acte est signé par le notaire Joseph Augustin PASTEAU avec Julien BOURCIER et les deux témoins, François LE MERCIER, sacriste et Georges François LE MERCIER, tourneur. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)

mardi 17 janvier 2017

Raymond Georges Raphaël Marie Joseph MOREUX mort noyé dans la Seine

Pierre Claude ROBERT + Jeanne Virginie DOUARD
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Marie Victoire dite Louise ROBERT         Victorine dite Victoire ROBERT
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Marie Hortense Adrienne GARDIEN          Virginie MONORY
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Raymond Georges Raphaël Marie Joseph MOREUX       Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
                                               |
                                                 Mon grand-père
                                               |
                                                Ma mère
                                               |
                                               Moi

Tout a commencé avec une tombe que j'ai prise en photo lors de ma visite du cimetière de Châteauneuf-sur-Cher l'an dernier. 

(source : Archives personnelles)
Sur la tombe en pierre très abîmée, j'ai pu, grâce à la photographie, identifier le nom d'un Raymond MOREUX qui serait né en 1891 et décédé en 1898. J'ai rapidement, grâce à Filae, retrouvé sa naissance dans la commune de Jars (Cher). J'ai retrouvé son acte de décès dans la commune de La Mailleraye-sur-Seine (Seine-Maritime). Son père, François Eugène MOREUX, ayant été percepteur, semble avoir beaucoup voyagé dans sa vie. La lecture de son acte de décès s'est avérée originale et montre une fin bien triste pour un petit garçon de six ans. 

(source : Archives départementales de la Seine-Maritime - 4E 06879 - p. 23)
C'est l'instituteur du bourg, Jean Baptiste BAZIN, qui semble avoir retrouvé le corps du petit garçon disparu trente minutes plus tôt sur les berges de la Seine. Était-il alors en classe ou en récréation lorsque l'accident est survenu ? Toujours est-il que ce genre de précisions dans un acte de la fin du XIXe siècle est bien rare alors qu'on se demande souvent pourquoi tel ou tel ancêtre est mort si jeune. Il n'y avait pas que les maladies, les accidents pouvaient aussi être la cause de décès. 

(source : Bacs de la vallée de la Seine)

lundi 16 janvier 2017

Biographie : Louis Victor BRANCHU

Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Louis Victor BRANCHU est né le 8 novembre 1870 rue Saint-Charles au Mans (Sarthe). C'est le troisième fils de Victor Auguste BRANCHU et d'Adèle CHOPLAIN. Son père est entrepreneur de serrurerie et vit à côté de son entreprise rue Saint-Charles, près de la place de la République. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi07939)
Au moment de sa naissance, son frère Georges Victor Marie a 4 ans. Son autre frère aîné nommé Victor Auguste comme son père est mort en bas âge. Lorsqu'il est lui-même âgé de 4 ans, le dernier garçon de la fratrie, Émile Albert, voit le jour. Le train de vie de la famille restera simple, le foyer est constitué des parents, de leurs trois garçons et d'une domestique de vingt ans en 1886. 

En 1890, au moment d'effectuer son service militaire, Louis Victor se fait dispenser. Il est alors élève en pharmacie. Il part en réalité rapidement à Paris où il s'engage dans un doctorat de pharmacie à la Sorbonne qu'il obtiendra. J'ai la chance d'avoir une photographie de lui, alors étudiant en pharmacie et âgé d'une vingtaine d'années. 

Monsieur MEYER (ami de Louis Victor) et Louis Victor BRANCHU vers 1890
(source : Archives personnelles)
Connaissant bien les produits chimiques grâce à ses études, il se passionne par ailleurs de photographie. En effet, les photographies de l'époque nécessitent des produits chimiques pour les développer une à une en les trempant dans des liquides, et il maîtrise bien le procédé. Nous lui devons quelques photographies de Paris au XIXe siècle dont cette belle vue de la Tour Eiffel à l'époque où les gens se déplaçaient encore à cheval. On peut voir en arrière-plan le pavillon de l'électricité qui a été depuis détruit. 

Sous la Tour Eiffel vers 1890
(source : Archives personnelles)
Durant ses études, il tombe alors amoureux de sa domestique, Joséphine Marie BENOIST, qui finit par attendre son enfant. L'affaire fait scandale au moment où son frère aîné devient un industriel très important dans la Sarthe, président de banques, de syndicats et de groupements d'industriels. La serrurerie Branchu est en plein essor et cette aventure est considérée comme une mésalliance. Alors que Joséphine Marie BENOIST est enceinte de sept mois, Louis Victor BRANCHU semble néanmoins convaincu que la bonne chose à faire est de l'épouser.

Joséphine Marie BENOIST et Louis Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives personnelles)
Il est alors plus ou moins mis de côté par la famille, son frère lui envoyant notamment une lettre pour l'exclure du caveau familial en cas de décès. Il passe néanmoins un contrat de mariage avec sa future épouse très enceinte le 6 novembre 1901 au Mans (Sarthe) devant maître Louis Joseph BLANCHARD

Louis Victor BRANCHU apporte en dot : 
  • "les habits, linges, effets et bijoux à son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une obligation" de 400 F "de la Ville de Paris"
  • "un quart d'obligation" de 400 F "au porteur de la ville de Paris"
  • "une somme de sept cent francs qu'il possède en deniers comptants"
  • "les droits du futur dans la succession de son Père grèvés de l'usufruit de Mad. Branchu" évalués à 30 000 F
Joséphine Marie BENOIST apport en dot : 
  • "les habits, linges, effets, bijoux a son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une somme et valeur de quatre cent francs qu'elle possède en deniers comptants"
(source : Archives départementales de la Sarthe)
On voit dans les signatures du contrat de mariage que les parents de la future épouse ont une écriture bien plus maladroite, étant d'origine plus modeste. Gustave BENOIST, son père, est mécanicien et Marie Louise FEAU est couturière puis cuisinière. 

Le mariage a lieu deux jours plus tard à Montbizot (Sarthe), commune de résidence des parents de la future épouse. La mère de Louis Victor BRANCHU n'assiste pas au mariage, ni ses frères. Les témoins sont des amis du couple et le beau-frère de Joséphine Marie BENOIST. N'ayant pas eu de ses parents l'argent promis pour ouvrir son fond de commerce de pharmacie du fait de cette mésalliance, Louis Victor BRANCHU décide alors de vivre de sa passion et devient photographe. Il tient son commerce, la "Photographie de la Banque de France" en plein coeur de Paris, Rue Radziwill. 

(source : Archives personnelles)
Le 1er janvier 1902, à l'Hôpital Cochin à Paris, naît sa fille unique : Madeleine Marie Victorine BRANCHU. Ses parents habitent alors au 88 boulevard du Montparnasse, dans le 14e arrondissement de Paris. 

Eugène ATGET, Hôpital Cochin fondé en 1780 - F.b St Jacques 47, 1899-1927
(source : Gallica/BnF)
C'est une enfance parisienne pour mon arrière-grand-mère, la seule que j'ai connu. Elle y apprend le piano qu'elle jouait paraît-il très bien (c'est lorsque nous avons hérité de son piano après son décès que j'ai commencé à en jouer) et Louis Victor BRANCHU devait jouer du violon (car je possède encore un violon qui nous vient de ce côté de la famille) ou de la flûte (nous avions une vieille flûte au grenier de mes grands-parents). La famille BRANCHU compte beaucoup de musiciens (amateurs ou professionnels) comme en attestent les actes notariés qui parlent souvent dans cette branche de partitions de musique ou de pianos. En mai 1913, Madeleine Marie Victorine BRANCHU fait sa communion à Paris.

Louis Victor BRANCHU (tout à gauche au fond) et Madeleine Marie Victorine BRANCHU (à gauche au premier plan) à Paris en 1913
(source : Archives personnelles)
Je ne connais pas la date précise de retour au Mans (Sarthe) de la famille, mais dans les recensements de 1926, ils apparaissent dans cette ville où ils habitent au 23 rue d'Hauteville. En 1924, Madeleine Marie Victorine BRANCHU épouse Maurice André LUTZ, un inspecteur d'assurances originaire de Javron (Mayenne). Le mariage se passe très mal et ils divorcent deux ans plus tard, en 1926. En 1928, elle épouse Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, un prothésiste dentaire, mon arrière-grand-père. 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU et Pierre Joseph Émile Ernest PERLY en 1928
(source : Archives personnelles)
Louis Victor BRANCHU s'éteint le 24 juin 1931 dans sa maison au 23 rue d'Hauteville au Mans (Sarthe) âgé de 60 ans. Le faire-part de décès laisse penser qu'il s'était réconcilié avec les familles de ses frères. Il est inhumé au cimetière Saint-Pavin du Mans (Sarthe). 

L'Ouest Éclair, n° 12649, 25 juin 1931, p. 4

Louis Victor BRANCHU vers 1920
(source : Archives personnelles)

vendredi 13 janvier 2017

Biographie : Eugénie Camille PÉROLAT

Eugénie Camille PÉROLAT
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Charles LANSIAUX, Ternes - Point n°201 - vers Paris, 13 novembre 1919
(source : Archives de Paris - VO4 70/202)
Eugénie Camille PÉROLAT est née le 14 janvier 1871 des mains du docteur Paul Rémy LEDRESSEUR, docteur en médecine. Elle voit le jour dans l'appartement de ses père et mère du 72 avenue des Ternes dans le 17e arrondissement, en plein milieu du fameux siège de Paris. Le 18 janvier de cette même année, Victor HUGO note "J’émiette aux poules notre pain noir. Elles n’en veulent pas." (Victor HUGO, Choses vues 1849-1885, Paris, Gallimard, 1997, p. 605). Ce pain noir dont il vaut mieux ignorer la composition est fabriqué par les boulangers parisiens dont fait partie François Eugène PÉROLAT, le père d'Eugénie Camille qui vient de naître. Il vit en concubinage, sans être marié, avec Alphonsine Florestine SOUCHAY, couturière, et qui est la mère de l'enfant. Il est pourtant indiqué dans l'acte de naissance que c'est un "enfant légitime" et les deux parents sont nommés. L'officier de l'état-civil avait probablement d'autres chats à fouetter en pleine commune. Quelques semaines après la naissance d'Eugénie Camille, les Prussiens font leur entrée dans Paris. 

***, ...Triumphal entry into Paris., by the German army, ca. 1871
(source : Library of Congress, domaine public)
Les parents d'Eugénie Camille PÉROLAT vont néanmoins légitimer leur union deux ans plus tard, probablement le temps que les choses s'apaisent dans la commune de Paris. Ils se marient à la mairie du 2e arrondissement et on sent encore l'ambiance militaire qui règne dans la ville (deux gardes républicains et un sous-lieutenant sont témoins du mariage). Ils en profitent pour reconnaître officiellement leur fille. Ils vont vivre à Paris jusqu'à ce qu'Eugénie Camille atteigne l'âge de 7-8 ans. Elle a alors deux soeurs : Alphonsine et Marguerite Rosalie

Ils décident alors de revenir à Romorantin (Loir-et-Cher). En effet, la mère d'Eugénie Camille PÉROLAT est issue d'une famille d'industriels romorantinais : son père Toussaint Silvain SOUCHAY est fabricant de draps, ainsi que l'un de ses frères, un autre frère est fabricant de machines à coudre. Des entreprises qui ont mené toute la fratrie à vivre à Paris et certains à voyager en Égypte et en Angleterre. Sa mère, Madeleine Rosalie GAVEAU, est cousine avec l'inventeur des pianos du même nom également originaire de Romorantin (Loir-et-Cher). 

(source : Heredis 2017)
Les parents d'Eugénie Camille PÉROLAT tiennent alors une boulangerie rue de Beauvais à Romorantin (Loir-et-Cher) qui emploiera jusqu'à trois ouvriers boulangers. On peut donc imaginer que les affaires furent prospères. C'est aussi à cette époque que naissent ses autres frères et soeurs : 
  • Victorine Adrienne dite Jeanne en 1882
  • Eugène Alphonse Désiré en 1883
  • Françoise Marie Antoinette en 1888
  • Aimée Agathe Léa Sabine en 1890
  • Benjamin Pascal Anatole Eugène en 1892
En 1890, enceinte de trois mois d'un ouvrier boulanger nommé Joseph PERLY (peut-être employé par son père ?), elle l'épouse le 19 avril de cette même année. Ils seront les parents de quatre enfants, le premier né à Romorantin (Loir-et-Cher) et les autres à Tours (Indre-et-Loire) où ils déménagent. 
  • Madeleine Eugénie en 1890
  • Marguerite Alphonsine Henriette en 1893
  • Henri Antoine Benjamin en 1899
  • Pierre Joseph Émile Ernest en 1905
La plupart des frères et soeurs et des enfants d'Eugénie Camille PÉROLAT retourneront vivre à Paris où la famille finit par être bien implantée. Vers 1906, tandis qu'elle demeure à Tours (Indre-et-Loire) avec sa famille, elle va exercer la profession de nourrice et déclare deux enfants vivant à son domicile lors du recensement de cette même année : Marcel ENJALBERT et Lucienne VILANE. Sa belle-mère Agathe Adélaïde PINON vit également à leur domicile alors que son époux est toujours vivant et demeure toujours à Romorantin (Loir-et-Cher).

Je n'ai qu'une seule photographie d'elle en 1928 (elle a alors 57 ans) lors du mariage de son fils cadet avec Marie Madeleine Victorine BRANCHU. C'est une femme forte, à la peau mate et coiffée en chignon, qui ressemble beaucoup à ma grand-mère (qui est sa petite-fille). 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT rue du Cluzel à Tours en 1928
(source : Archives personnelles)
L'année d'après, elle traversera la mort de son mari. Après avoir vu le jour sous le siège de Paris et l'occupation par les Prussiens, elle s'éteint le 10 novembre 1943 à Tours (Indre-et-Loire) en pleine occupation de la France par l'Allemagne nazie. Elle est alors âgée de 72 ans et aura traversé bien des épisodes de l'Histoire de France.