mercredi 3 février 2016

Quand la Révolution arrive dans les villages de Haute-Vienne

Jean GIRY + Jeanne DIJAU / DIJOUX
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François GIRY
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Marie GIRY
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Louise BESSE
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Alors que je recherche la descendance de mes ancêtres Jean GIRY et Jeanne DIJAU à Saint-Mathieu (Haute-Vienne), je suis tombé sur un petit témoignage historique dans le registre paroissial de 1791, indiquant que même dans les villages du Limousin, on a eu vent de la Révolution. 


(source : Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 168 / 2 - p. 138)
Le dimanche vingt trois Janvier 1791
a neuf heures du matin en Leglise de la commune
et psse de St. mathieu chef Lieu de canton a lissue
de La messe, & en presence du conseil général de 
La Commune & des fideles assemblés Martial
cruchaud curé deladte paroisse Cest presenté &, 
a dit qu'en Execution du decret de lassemblée nationale
du 27. 9bre. dt. Sanctioné par le Roy Le 26. Xbre. aussy
dernier et publié en cette municipalité Les 16. Jer.
1791. Il venoit avec empressement preter Le Serment
civique prescrit par ledt. decret, & de fait Ledt.
Sieur curé aprés un discour dans Lequel Il a 
Exprimé Ses Sentiments dattachement a 
La nouvelle institution a prononcé a haute, et 
intelligible voix, et La main Levée Le Serment
Solemnel de [...] avec Soin Sur les fideles de la 
paroisse confiée a Ses Soins d'Etre fidele a la nation
a La loi, et au Roy, et de mintenir de tout Son 
pouvoir La constitution decretée par Lassemblée
nationale et aceptée par le Roy

(source : Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 168 / 2 - p. 139)
Ensuite Cest Egalement presenté pierre damet
vicaire de cette paroisse qui en presence de 
Lassemblée nous a Rapelé que Le 30. 9bre
dt. Il avoit préte Le Serment Requis par le 
decret. Comme de fait Verification faitte
des Registres de la municipalité nous Lavons
trouvé conforme en La maniere qui Suit. Je
jure de Remplir avec Exactitude les fonction
de mon ministaire d'Etre fidele a La nation
a la loi, et au Roy. de mintenir de tout mon 
pouvoir La constittion decretée par
Lassablée nationale et acceptée par le Roy
de tout quoy nous maire et officier municipaux
Soussignés avons dressés Le present proces
Verbal Les Jour, moi, et an ci dessus

dimanche 17 janvier 2016

Marie CHÂTEAU, l'ancêtre insaisissable

Aubine dite Marie CHÂTEAU
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Marie Albine CHÂTEAU
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Catherine dite Marie ou Marguerite MAZAUE
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Françoise SAINT-YRIEIX
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Marie CHÂTEAU est une ancêtre que j'ai découvert il y a plusieurs années et je pensais qu'elle resterait à jamais un mystère. J'avais réussi à retrouver sa filiation grâce à son frère et son oncle, témoins à la naissance de ses enfants naturels. J'avais brièvement parlé d'elle dans cet article

(source : Geneanet)
Elle était donc née vers 1802, avait eu deux enfants naturels, et était décédée avant 1871. Peu d'indices donc. Et puis, en reprenant sa fiche et étant déterminé à fouiller davantage, je lui ai trouvé deux autres enfants naturels (confirmé par le lieu de naissance, les témoins, et les recensements qui la montrent avec ses enfants). C'est alors que je tombe sur l'acte de décès d'une Aubine CHÂTEAU donc les déclarants sont déclarés comme gendres de la défunte. Or, il s'agit des époux de ces deux "nouvelles" filles naturelles récemment retrouvées. Je retrouve alors son acte de mariage sur le tard, et son acte de naissance (à Sarrazac et non à Jumilhac), dans la foulée. Après des années de fouilles infructueuses, il aura suffit de quelques minutes pour résoudre le mystère, ce qui fera plaisir à de nombreux cousins sur Geneanet qui n'ont pas encore percé le mystère. Mais reprenons du début afin de découvrir la vie de cette ancêtre très étonnante. 

(source : Père Igor, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
C'est donc dans le bourg de Sarrazac, le 20 frimaire an VI (10 décembre 1797), que naît la petite Aubine CHÂTEAU, fille de Jean CHÂTEAU et de Catherine HABONNEAU. Pour ne rien simplifier, son père est nommé Pierre dans l'acte de naissance, et Aubine sera nommée Marie toute sa vie, sauf dans son acte de mariage et son acte de décès. En effet, mes ancêtres de Dordogne ont l'habitude de porter des surnoms ou d'autres prénoms que leur prénom de naissance ce qui n'est pas simple pour les retrouver. 

(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI12402_017 - p. 5)
Sarrazac est tout proche de Jumilhac où ses parents de sont mariés et où elle retourne vivre. 

(source : Heredis 2014)
Une chose m'étonne toujours concernant le destin de Marie CHÂTEAU (nous l'appellerons Marie car c'est ainsi qu'elle se nommait elle-même). Elle est la mère de quatre enfants naturels : quatre filles. C'est un fait assez peu commun. Un enfant naturel peut s'expliquer par plusieurs causes à l'époque : 
- une domestique qui a été abusée par le patron (le cas le plus fréquent)
- un viol
- une jeune femme aux moeurs légères ou qui se prostitue
- une personne naïve qui s'est fait promettre le mariage par un homme peu scrupuleux
- etc.

Mais avoir quatre enfants naturels et les élever seule de son travail (d'après les recensements, elle vit toujours seule avec ses enfants) de cultivatrice, cela relève du courage. Car Marie CHÂTEAU n'a pas abandonné ses filles comme il était fréquent de le faire à l'époque, mais les a élevées. Elles se sont toutes d'ailleurs mariées (l'une d'elle ayant même un enfant naturel entre deux mariages). Elle me laisse donc l'image d'une femme forte, assumant ce qui lui était arrivé, voire quelqu'un d'esprit assez indépendant pour vivre avec des enfants sans pères à une époque où cela pouvait être mal vu dans les villages. 

Elle a 22 ans, le 13 août 1820 quand naît sa fille Aubine. Malgré le fait qu'elle se fasse appeler Marie, elle donne à sa fille aînée son prénom "officiel". Aubine CHÂTEAU épousera Pierre DELAGE, puis Aubin CHAUSSE, tous deux cultivateurs et aura une fille naturelle (Jeanne CHÂTEAU) entre ses deux mariages, en plus de ses 7 enfants. Marie CHÂTEAU vivra avec les DELAGE pendant un long moment avant de se marier tardivement. 

Puis, le 20 août 1825, naît Marguerite CHÂTEAU, qui se mariera à Guillaume HABONNEAU (je ne sais pas encore s'il y a un lien de parenté avec la grand-mère de Marguerite : Catherine HABONNEAU) avec lequel elle aura une très nombreuse descendance entre Jumilhac et Sarrazac : 11 enfants, dont deux paires de jumeaux morts à la naissance. 

Le 26 février 1831, naît mon ancêtre Marie Albine CHÂTEAU, qui se mariera trois fois, avec Jean MAZEAU, sabotier, avec Jean AUDEBERT, plafonneur, et avec Geoffroy FAURE, charpentier. C'est la première de la famille qui épouse des hommes qui ne sont pas cultivateurs. De son mariage avec Jean MAZEAU naîtra mon ancêtre Catherine MAZEAU (qui signait "Marie Mazaue", avec donc une prédestination pour l'emploi de ce prénom de Marie malgré leur prénom de naissance dans la famille) et dont j'ai une très belle photo de 1912. 

(source : Collection personnelle)
Enfin, une petite dernière, Marie CHÂTEAU, qui naît le 1er septembre 1837. Pour cette dernière, les informations sont un peu différentes, car en 1846, Marie CHÂTEAU sa mère se marie avec Pierre VIDEAU. Et dans le recensement de 1851, elle est nommée comme leur enfant naturel avec le nom de famille VIDEAU. Comme d'autres cas déjà rencontrés, il semble que les parents n'aient jamais pris la peine de la reconnaître car elle portera toujours le nom de CHÂTEAU, même lors de son mariage avec Jean LAPOUYADE. C'est néanmoins la seule de la fratrie qui sait écrire et dont le mari sait également écrire. Leur fils s'est marié à Paris et j'attends avec impatience son acte de mariage. 

Marie CHÂTEAU meurt le 15 juin 1869 à Jumilhac, âgée de 71 ans. C'est justement Jean LAPOUYADE, son gendre, qui sera témoin de son décès. Avec ses autres gendres Pierre DELAGE et Guillaume HABONNEAU présents à son mariage, ce sont les trois hommes qui m'auront permis de retrouver enfin l'identité exacte de Aubine dite Marie CHÂTEAU. 

Conclusion, ne jamais négliger la généalogie descendante ni les recensements. Ce sont les combinaisons des deux qui m'auront permis de percer ce mystère. 

dimanche 22 novembre 2015

De Damas à Paris

Comment écrire après ce qui s'est passé ? Comment s'extasier à nouveau devant des découvertes historiques ou généalogiques ? Peut-être en comprenant que l'Histoire est un éternel recommencement. Lorsque je lisais que tel ancêtre était décoré de la Croix de guerre pour avoir été à tel endroit sous un feu nourri pendant la Première guerre mondiale, je découvrais cette information comme un fait insolite, sans réaliser véritablement ce qui s'était passé. 

Le Petit Cambodge, Paris
(source : photo personnelle)
Et puis, nous avons vécu à Paris ces terribles tueries et on réalise alors ce que signifient des balles, ce que signifient des explosions. Et on se rend compte du traumatisme de tel arrière-grand-oncle qui a perdu ses deux jambes pendant la guerre à cause d'une bombe. Où de tel autre blessé à la bataille de Notre-Dame-de-Lorette. Et on réalise qu'ils ont vraiment connu ces horribles bruits de balles et leurs conséquences. Désormais, je ne lirais plus ces mentions "Mort pour la France" ou "Décoré de la Croix de guerre" de la même manière. Tout cela devient plus réel. 

(source : Collection personnelle)
Et puis, en fouillant dans les photographies que mon grand-père a archivé, je trouve cette mention étonnante : "1926 - Damas (Syrie)". Et je découvre qu'en effet, la France, au début du siècle, de 1920 à 1946 pour être précis, administrait la Syrie sous un mandat de la Société des Nations afin de lui permettre "d'accéder à la souveraineté". 

(source : Collection personnelle)
C'est ainsi que mon arrière-grand-père, Pierre PERLY, part de Tours (Indre-et-Loire) pour Damas (Syrie) probablement durant son service militaire. L'Histoire se répète. Moins d'un siècle plus tard, les militaires français sont à nouveau en Syrie. 

Agence Rol, Damas, colonnade cour de la Grande Mosquée : [photographie de presse], 1920
(source : Gallica/BnF)
Et puis je trouve ces photographies magnifiques de la Syrie au début du XXe siècle sur Gallica. Et je pense à cette culture superbe et ancienne qui se fait détruire à coup de bombes, à coup d'attentats, par ces barbares de Daesh qui veulent supprimer toute la culture de tous les pays. Et je pense à mon arrière-grand-père que je n'ai pas connu et qui a vu toutes ces merveilles. En parlait-il ? Qu'avait-il retenu de sa présence en Syrie à une époque où on ne voyageait pas autant et rarement si loin ?

En continuant à fouiller dans les photos, je trouve ces photographies de mon arrière-arrière-grand-père, Louis Victor BRANCHU, l'élégant photographe parisien et beau-père de Pierre PERLY. Il a fait son doctorat de pharmacie à la Sorbonne dans les années 1890, période où il a photographié le pont Alexandre III. 

Pont Alexandre III avant 1900.
(source : photographie de Louis Victor BRANCHU)
Alors, je me dis que notre culture perdure à travers l'Histoire. Que c'est peut-être la meilleure arme contre ces fous et qu'il faut continuer à apprendre, à découvrir et à transmettre pour éviter que d'autres terroristes ne naissent dans notre pays. 

Vers 1890 sous la Tour Eiffel
(source : photographie de Louis Victor BRANCHU)

lundi 26 octobre 2015

Raymond CHAPELLE dit Monsieur de Masvaleix

Raymond CHAPELLE
"Monsieur de Masvaleix"
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Guillaume CHAPELLE
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Marguerite CHAPELLE
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Anne MICHELEIN
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Guillaume REBEYROL
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Isabeau REBEYROL
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Élie SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Nous descendons deux fois des CHAPELLE de JUMILHAC, par la branche principale jusqu'à ce que Madeleine CHAPELLE de JUMILHAC épouse Jacques ARLOT, Seigneur de Frugie, et par cette branche "de Masvaleix". Raymond CHAPELLE est souvent appelé dans les actes "Monsieur de Masvaleix" dont il est aussi parfois dit lieutenant. Gallica vient de m'offrir cette merveilleuse trouvaille sur la forge et le château de Masvaleix (les CHAPELLE sont maîtres de forges à leurs origines). 

Ministère de l'instruction publique, des cultes et des beaux arts, Revue des sociétés savantes, t. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1877, pp. 500-551
Raymond CHAPELLE vit au début du XVIIIe siècle et apparemment, le château de Masvaleix appartenait à sa famille dès le XVIe siècle. Par le jeu des alliances, il est possible dont qu'il y ait vécu pour une raison ou pour une autre. Je n'ai pas encore réussi à le relié à mon autre branche. La femme de Guillaume CHAPELLE, Marie SEGUY, se faisait nommer "Demoiselle de Chapelle". Malheureusement, il a dérogé à sa noblesse en exerçant la profession infamante (pour les nobles) de greffier et c'est ainsi que cette branche des CHAPELLE devint roturière. La marraine de mon ancêtre Marguerite CHAPELLE est néanmoins Marguerite PASSARIEUX, Demoiselle du Montet et Guillaume et Aubin MONTET, Seigneurs de Latrade sont parrains de ses frères et soeurs cadets. 


Léonard REBEYROL et la Légion de la Dordogne

Lien entre Léonard REBEYROL et mon grand-père
(source : Heredis 2014)
Léonard REBEYROL est le fils aîné de mes ancêtres Pierre RIBEYROL et Anne MICHELEIN, le frère de mon ancêtre Guillaume REBEYROL et dont la grand-mère était de la famille CHAPELLE de JUMILHAC.

(source : Heredis 2014)
En reconstituant la famille REBEYROL à Saint-Paul-la-Roche (Dordogne), je suis tombé sur cette courte transcription d'un acte de décès expédié depuis la ville de Nanthes [sic] en Loire-Inférieure.

(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI13003_010 - p. 13)
Le nom des parents et le lieu de naissance sont indiqués, probablement grâce à son matricule militaire, ce qui a permis l'expédition de l'acte. Il était en 1821 fusilier à la Légion de la Dordogne (22e régiment). Cette mention m'a intrigué car je n'avais jamais entendu parler de la Légion de la Dordogne. Un petit tour sur Wikipedia m'a appris qu'il s'agit des Légions Départementales créées sous Louis XVIII au moment de la Restauration. 

Hippolyte BELLANGÉ, Légions Départementales, Compagnies du Centre, de 1816 à 1820


Uniformes des légions départementales
(source : lecimier.fr)
Sur Gallica, on trouve l'ordonnance du roi de 1815 instituant ces légions départementales.

*, Ordonnance du roi sur l'organisation de l'armée, Brest, Michel, 1815, p. 1

*, Ordonnance du roi sur l'organisation de l'armée, Brest, Michel, 1815, p. 2
Il est intéressant de noter que le pouvoir monarchique, voulant reformer l'armée à sa manière, prend acte de l'existence des départements créés en 1792 et leur crée des légions correspondantes 23 ans plus tard. Une sorte de fusion entre la République et la Monarchie dans cette décision probablement très politique. 

jeudi 22 octobre 2015

Un horloger en trop et des POULINAT en moins

Pierre POULINAT
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Marie POULINAS
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Jean SUIVRE
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Élie SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Je suis actuellement à la recherche de la descendance de Pierre POULINAT et d'Antoinette COUSTY/COURTY/COURTEIX (le nom de famille n'est pas encore clairement établi). Cette famille est originaire de la Haute-Vienne et grâce aux archives nouvellement en ligne, j'ai pu remonter de deux générations l'ascendance POULINAT. 

(source : Heredis 2014)
J'ai retrouvé tous les enfants de ce couple : 
  • Pierre POULINAT, mort jeune
  • Michel POULINAT, marié à Jeanne JARRY, dont quatre enfants
  • François POULINAT, marié à Élisabeth DESON, dont deux enfants et à Louise BALAND dont un enfant
  • Marie POULINAS, mon ancêtre, mariée à Léonard SUIVRE, dont 6 enfants.
La famille a émigré du Chalard (Haute-Vienne) à la commune limitrophe de Jumilhac-le-Grand (Dordogne) entre l'an IV et l'an IX. En voulant redescendre les branches des frères de mon ancêtre Marie, j'ai trouvé les mariages, quelques enfants, puis ... plus rien. Ils semblent avoir quitté la commune vers les années 1820-1825 et je ne les retrouve ni dans les communes limitrophes de Dordogne, ni de Haute-Vienne.


(source : Heredis 2014)
Qu'il s'agisse de Michel, le cultivateur, ou de François, le charpentier, ils ont décidé tous deux de quitter Jumilhac. Seulement, ils ont quitté le bourg avec leur mère Antoinette dont je ne peux donc pas trouver l'acte de décès. C'est en cherchant les POULINAT dans le premier recensement de Jumilhac-le-Grand en 1836, que j'ai réalisé que la veuve Antoinette ne vivait pas avec sa fille mais avec ses fils. 

(source : Archives départementales de la Dordogne - FRAD024_6MI9_0181 - p. 190)
Sur ce recensement, la seule POULINAT de tout le bourg est mon ancêtre Marie, elle a déjà ses trois premiers enfants, Jean (mon ancêtre), Marie et Marguerite (dont les prénoms sont inversés dans le recensement) et ... un horloger. Pierre VACHER, 28 ans vit également avec cette famille. Pourquoi ? Probablement une chambre en trop à louer par la famille SUIVRE pour arrondir les fins de mois. Léonard SUIVRE était alors marchand mercier. 

Toujours est-il que je lance une petite bouteille à la mer aux généalogistes cherchant autour de ces communes de Dordogne et Haute-Vienne. Si jamais vous trouvez des POULINAT (nom pas très commun), faites-moi signe !

dimanche 11 octobre 2015

Reconstituer la vie de Léonard VIAUD

Léonard VIAUD
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Marguerite VIAUD
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Léonard BESSE
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Louise BESSE
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Il n'est pas aisé de remonter mes branches de Haute-Vienne car je découvre chaque information au fur et à mesure, les archives venant d'être mises récemment en ligne. C'est encore plus difficile autour de cette période révolutionnaire que je déteste avec un calendrier particulier et des registres mal tenus. 

Il m'a fallu de la patience pour retrouver son mariage avec Anne SOURY à Rochechouart (Haute-Vienne) le 10 pluviôse an VII. Il faut savoir que tous les mariages de France en l'an VII ont lieu au chef-lieu du canton. 

Il se trouve que Léonard VIAUD était veuf de Madeleine DELAGE et qu'Anne SOURY était veuve de Pierre PLANCOULAINE

(source : Heredis 2014)
J'ai rapidement retrouvé le premier mariage d'Anne SOURY, ce qui m'a permis d'obtenir le nom de ses parents. Je me suis dit que cela serait aussi facile pour Léonard VIAUD. Il semble qu'il habitait le village de La Buzatière à Chéronnac où est né sa fille unique mon ancêtre Marguerite VIAUD

Malheureusement, en ratissant les registres de Chéronnac, aucune mention du décès d'une Madeleine DELAGE avant l'an VII, ni d'un mariage entre Léonard VIAUD et Madeleine DELAGE. Comme il semble n'avoir eu qu'une fille unique avec sa seconde épouse Anne SOURY, peu de cousins existent apparemment, car aucun arbre sur Geneanet ne traite de ces couples. 

C'est alors que je me suis dit que j'allais traquer les VIAUD de Chéronnac à la recherche d'un indice. Je savais que Léonard VIAUD, par son acte de décès, était le fils de Martial VIAUD et de Laurence MOREAU

Et c'est alors que je suis tombé sur l'acte de mariage de la soeur de Léonard, Marie VIAUD, avec Jean MAFERAUX le 2 ventôse an V. Et dans la liste des témoins, un détail intéressant. 

(source : Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 44 / 4 - p. 35)
"present jean Maferaux age de 
soixante ans Laboureur Leonard viaud Laboureur du village de vallette
Commune de pressignat pierre viaud agé de quarante trois ans & jea[n]
viaud age de trente six ans frere a La pro parlé du village de La 
buzatiere presente commune"

Léonard VIAUD aurait vécu à Pressignac (Charente) l'an V. Il est vrai que Chéronnac est à la frontière de la Haute-Vienne et de la Charente et que j'ai remarqué beaucoup de passage d'un département à l'autre. Par ailleurs, les signatures des trois frères VIAUD correspondent à celles que je connaissait, ainsi que leurs âges. 

(source : Archives départementales de la Haute-Vienne - 3 E 44 / 4 - p. 35)
Je vais donc jeter un oeil dans les archives de Pressignac à partir de l'an VI et je trouve quasi immédiatement l'acte de décès de Madeleine DELAGE.

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 292/3 - p. 58)
"de madelene delage en son vivante epouse de leonard viaud, age de vingt un 
ans demeurant au lieu de vallete avec son pere"

Le lieu et l'époux correspondent, et c'est même Pierre VIAUD, le beau-frère ayant la même signature que sur l'acte de mariage de l'an V qui déclare le décès et qui est dit habiter à La Buzatière à Chéronnac en Haute-Vienne.

Malheureusement, je n'ai pas pu retrouver leur acte de mariage car il y a une lacune entre 1792 et 1795 et les actes ne reprennent que l'an V. Ils ne semblent en tout cas pas avoir eu d'enfants entre l'an V et l'an VI. Reste maintenant à retrouver les actes de baptême de Léonard VIAUD et d'Anne SOURY et l'acte de décès d'Anne SOURY. L'enquête continue !