mercredi 27 février 2019

Le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER enfin retrouvé !

Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père

Il y a quelques jours, une personne me contacte sur Geneanet pour m'informer que sur les relevés de l'Association Généalogique de l'Anjou se trouve le décès d'une Modeste Anne BOURCIER, veuve GUILMET, à Baugé (Maine-et-Loire). Après avoir contacté les archives départementales du Maine-et-Loire et celles de la commune de Baugé-en-Anjou, j'ai reçu aujourd'hui l'acte de décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER que je n'avais jamais trouvé jusqu'à présent et il s'agit bien de mon ancêtre. 

(source : Archives municipales de Baugé-en-Anjou)
Ce sont Lézin PROTERNAC et Auguste BERTRON, ses voisins, qui déclarent le décès de Modeste Anne Madeleine BOURCIER, sans profession, âgée de 79 ans, à la Communauté du Sacré-Coeur de Marie où elle demeurait. 

(source : Le blog de quercus49)
Ce lieu, qui était à l'époque l'hospice des incurables, existe toujours et est une maison de retraite. Un petit article y est consacré sur ce blog. Ce lieu fut fondé dans les années 1780 par Anne de LA GIROUARDIÈRE et semble avoir toujours la même vocation en 2019. 

Modeste Anne Madeleine BOURCIER était née au lieu dit de L'Hommeau à Marigné-Laillé (Sarthe), fille de Marie Madeleine BOURCIER et d'un père inconnu. Elle a eu deux filles, Victorine Ernestine BOURSIER (selon l'histoire familiale, son père était un médecin de Mayet), et Léa Ernestine GUILMET, de son mariage avec Charles Hippolyte GUILMET. Elle vivra à Mayet (Sarthe), et décède donc à Baugé (Maine-et-Loire), qui n'est pas si éloigné lorsqu'on regarde sur une carte.

(source : Heredis 2018)
Ses deux filles vivront en Île-de-France : l'aînée à Versailles (Yvelines), et la cadette à Paris. En tout cas, voici un mystère de plus de résolu pour cette ancêtre peu éloignée de la sixième génération. 

lundi 25 février 2019

Le portrait de Jeanne Héloïse BRETONNET

Pierre DEVOS + Radegonde JUGE
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Jean DEVAUD                      Léonard DEVAUD
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Marie DEVAUD                         Pierre DESVEAUX
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Marie ARLIX                              Jean DESVEAUX
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Jean DEPRÉCIGOUT                  Pierre DESVEAUX
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Marie dite Maria DEPRÉCIGOUT         Baptiste DESVEAUX
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Jeanne Héloïse dite Jane BRETONNET           Mon grand-père

L'avantage des sites internets sur lesquels nous partageons nos arbres généalogie, c'est qu'ils permettent aux gens qui pourraient posséder des renseignements sur notre famille de nous contacter. C'est une passionnée de généalogie, Françoise RENIEVILLE, qui m'a contactée au sujet d'une tombe à Saint-Sulpice-de-Cognac (Charente), près de la tombe de ses aïeux, et qui l'avait toujours interpellée car une photo figurait sur la pierre tombale. Elle a donc nettoyé la plaque et entrepris des recherches pour retrouver qui était cette personne morte à l'âge de 29 ans. Il s'agit de notre cousine, Jeanne Héloïse BRETONNET, fille de Jean dit Jean Éloi ou Catholique BRETONNET, qui était matelot puis employé de chemin de fer et de Marie dite Maria DEPRÉCIGOUT, cultivatrice. 

(source : Heredis 2018)
Grâce au travail de cette personne qui m'a gentiment envoyé des photographies de la pierre tombale et de la photographie y figurant, je peux mettre un visage sur une cousine et la tirer peut-être de l'oubli, car d'après les dire de cette généalogiste, la tombe semblait abandonnée. 


(source : Françoise RENIEVILLE)

lundi 11 février 2019

Le mystérieux compagnon de la tante Léa

Lien entre Léa Ernestine GUILLEMET et mon grand-père
(source : Heredis 2018)

Celle qu'on appelle en famille "La Tante Léa" a toujours été pour moi un personnage mystérieux dans notre généalogie. Sa mère, Modeste Anne Madeleine BOURCIER, a eu mon arrière-arrière-grand-mère, Victorine Ernestine BOURSIER avec un médecin (probablement Joseph CHOTARD), puis s'est mariée avec Charles Hippolyte GUILMET, un tailleur d'habits de Mayet (Sarthe) avec lequel elle a eu Léa Ernestine GUILLEMET seize ans après la naissance de sa première fille. 

La Tante Léa
(source : Archives familiales)
La tante Léa a toujours été décrite dans la famille comme une personne aux moeurs libres, qui vivait "à la colle" avec un homme sans jamais s'être mariée. Elle est témoin du mariage de mes arrières-grand-parents en 1905 à Paris et elle habite alors 29 rue Boissière à Paris. En 1913, lors du mariage de sa nièce Reine Madeleine GRELOT, elle habite au 11 cité Popincourt à Paris et est dite par erreur épouse PARREAU. Je connais donc le nom de son compagnon de l'époque. Lors de son décès, en 1953, elle réside au 35 avenue de Wagram, toujours à Paris. 

J'ai donc tenté de trouver les recensements de Léa à ces adresses car ils ont été récemment mis en ligne sur le site des Archives de Paris. Je l'ai finalement retrouvée à cette adresse du 35 avenue de Wagram en 1926, 1931 et 1936, toujours vivant avec un Lucien ou Augustin GILLY

(source : Archives de Paris - D2M8 434 vue 449/466)
Sur chacun des recensement, cet "ami" est déclaré être né en 1874 dans les Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence). Grâce à Filae, je trouve un seul Augustin Lucien GILLY né en 1874 à Méolans-Revel. C'est le seul portant ce prénom né dans cette décennie, et les deux prénoms mentionnés alternativement dans les recensements prouvent qu'il s'agit bien de lui. 

Je suis d'abord content d'avoir retrouvé le compagnon de vie (pendant au moins 10 ans) de mon arrière-arrière-grand-tante, mais le nombre important de mentions marginales autour de son acte de naissance pousse ma curiosité. Par ailleurs, je voulais connaître ses professions successives, car il est dit "boursier" dans le recensement de 1936 et dans les autres, aucune profession n'est mentionnée. 

(source : Heredis 2018)
Et je découvre un homme qui a eu une vie relativement libre. Fils d'un garde forestier et d'une cultivatrice, Augustin Lucien GILLY épouse d'abord une suissesse originaire de Genève à Lyon : Eugénie KURZ, fille d'un couple de fourreurs. Je ne sais pas s'il en divorce ou si elle décède car son acte de mariage en 1901 à Barcelonnette avec Louise Appolonie PONS n'est pas disponible en ligne. De cette deuxième femme, il divorce pour épouser en 1911 à Lyon, Joséphine Claire PHARISIEN, fille naturelle originaire de Saint-Étienne (Loire). Il exerce alors la profession de banquier, ce qui est cohérent avec celle de boursier indiquée dans les recensements. 

Il divorce à nouveau pour épouser en 1928 Irma Vilhelmine Elise SCHUBE ALIAS SCHUBIT, fille d'un couple de commerçant vivant à Riga (Lettonie) où elle réside elle-même. Dans l'acte de mariage, il est précisé qu'il habite au 22 rue de l'Arcade à Paris (8e arrondissement). Pourtant, dans le recensement de 1926 et celui de 1931, il habite au 35 avenue de Wagram à Paris (17e arrondissement) et je ne le trouve pas à l'adresse déclarée lors de son mariage. Il divorce de cette quatrième femme en 1937 et pendant tout le temps de son mariage, il vit avec Léa Ernestine GUILLEMET

Plusieurs questions et hypothèses émergent : 
  • a-t-il payé l'appartement de l'avenue de Wagram pour sa maîtresse avec laquelle il réside ?
  • pourquoi se marie-t-il avec une lettonne alors qu'il vit déjà (non-maritalement) avec une autre femme ?
  • mène-t-il une double vie avec deux femmes en même temps et sont-elles au courant ?
  • pourquoi épouser une femme de 30 ans et avoir une maîtresse de 50 ans ?
  • s'agit-il d'un mariage blanc ?
Si La Tante Léa était décrite comme une personne assez ouverte au niveau des moeurs, il semble que son compagnon de la deuxième partie de sa vie l'ait été également ! Et moi qui m'attendait à trouver ce monsieur PARREAU, j'ai finalement trouvé un second compagnon dont nous ignorions tout. 

mardi 8 janvier 2019

Jeanne BRUNET, morte à 3 mois et mariée à 34 ans

Lien entre Jeanne BRUNET et mon grand-père
(source : Heredis 2018)
Je suis face à un mystère généalogique. Ou bien un curé en 1788 s'est trompé sur le décès d'un enfant. Ou bien une femme en 1822 usurpe l'identité de Jeanne BRUNET qui serait morte âgée de trois mois en 1788. Reprenons depuis le début : Jeanne BRUNET naît le 2 août 1788 à Montlouis (Cher). Elle est le quatrième enfant de François BRUNET et de Marie BARACHET, la soeur d'une de mes ancêtres. 

(source : Heredis 2018)
Le 29 octobre 1788, le père DELAPLANCHE, curé de Montlouis, rédige un acte de sépulture pour une petite Jeanne BRUNET, âgée de trois mois, fille de François BRUNET, journalier aux Charmusseaux à Montlouis et de Marie BARACHET

(source : Archives départementales du Cher - EDEPOT2000 vue 58/66)
L'acte de sépulture se trouve une page après l'acte de baptême, l'âge, le nom des parents, la profession et lieu de vie du père correspondent, ainsi qu'Antoine CHENILLE, qui est témoin de plusieurs actes de la famille BARACHET à cette époque. Pourtant, le 13 août 1822 à Venesmes (Cher), une Jeanne BRUNET, née le 2 août 1788 à Montlouis, fille de François BRUNET et de Marie BARACHET (ce même enfant prétendument mort) se marie avec Jean DEMARÇAI

(source : Archives départementales du Cher - 3E 1925 vue 42/267)
Alors, qui croire ? Cette Jeanne BRUNET est-elle la même personne ? Je n'ai trouvé aucune autre fille née à quelques années d'intervalle qui aurait pu être confondue avec cette Jeanne. Que dois-je rentrer dans mon arbre généalogique ? Qu'une jeune fille morte en 1788 se marie en 1822 ? Ou dois-je rajouter une Jeanne BRUNET qui serait soit une jumelle non déclarée de la première (peu probable), soit née à une autre date, dont l'acte de baptême n'est pas trouvé et dont l'officier d'état-civil de Venesmes en 1822 aurait confondu la date ? Le mystère demeure ...

EDIT : Grâce au commentaire de Rivet sous cet article, j'ai donc découvert qu'il y a une autre Jeanne BRUNET née en 1785 dont l'acte de baptême a dû être confondu avec celui de sa défunte petite soeur lors du mariage. Je considère donc que c'est elle qui s'est mariée avec Jean DEMARCAI et que sa soeur est bien décédée à trois mois (en supposant que le prêtre n'a pas confondu "trois mois" et "trois ans", auquel cas ce serait cette première Jeanne qui serait décédée en 1788).

(source : Heredis 2018)

mardi 20 novembre 2018

Rechercher les invisibles

Claude BARACHET + Jeanne RICHARD
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Catherine BARACHET            Marie BARACHET
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Marie MERLIN                         Claude FROMOT
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Jean AUBRUN                            Marc FROMEAU
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Marguerite AUBRUN                      Jean FRÉMEAU
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Martial GÉRY                            Pierre FRÉMEAU
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                                                            Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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                                                    Mon grand-père

Depuis quelques années, j'ai adopté une méthode de recherche qui me convient tout à fait pour la généalogie. Je recherche le plus vieil ancêtre d'une branche, puis je cherche le plus grand nombre possible de ses descendants jusqu'à nos jours, pour voir ce que devient chaque branche de cousins en terme de professions et de mobilité géographique. J'ai ainsi remonté la famille FRÉMEAU jusqu'à André FREMEAU (la 10e génération au-dessus de moi) et sa femme Marie RONFET sur lesquels je ne peux pas avoir plus de renseignements tant que les registres anciens de leurs communes n'ont pas été numérisés aux archives départementales du Cher. 

(source : Heredis 2018)
Les informations sont parcellaires pour ces modestes paysans du XVIIIe siècle. Puisque je ne peux pas disposer de davantage de renseignements sur Marie RONFET, je me suis donc attaché à découvrir la famille BARACHET en partant de Marie BARACHET (ma sosa 385). Pour cette famille, j'ai été un peu plus chanceux, et j'ai réussi à remonter jusqu'à la 12e génération avec Toussaint BARACHET et Marie FANIER

(source : Heredis 2018)
Et, repartant de ce "couple originel", j'ai entrepris de retrouver leur descendance, et notamment celle de mes ancêtres Claude BARACHET et Jeanne RICHARD. De cette famille, j'ai retrouvé pour l'instant huit enfants. La première est née à Venesmes (Cher), où ils se marient, et le dernier naît vingt ans plus tard à Villecelin (Cher). Pour mon ancêtre Marie (probablement leur deuxième enfant), je n'arrive pas à trouver sa naissance, ainsi que les autres enfants qui suivent. J'ai eu beau chercher à Villecelin, Saint-Baudel, Montlouis et Venesmes, impossible pour l'instant de les trouver, sachant que le couple vivait au lieu dit de Corteuil, exactement situé à la frontière de ces quatre communes.

(source : Heredis 2018)
Nous sommes chez une population extrêmement pauvre dont la plupart sont journaliers. Catherine BARACHET, la fille aînée du couple, épouse François MERLIN, le fils d'un mendiant. 

(source : Archives départementales du Cher - 3E 856 - vue 144/271)
"L'an mil Sept cent soixante Cinq Le dix huit feuvrier apres La publication
des bans du futur mariage Entre francois marlin domestique fils majeur
de thomas marlin pauvre mandiant sans domicile et de deffunte marie
devoilé de cette paroisse d'une part et Catherine baracher fille mineure 
de deffunt Claude Baracher et de Jeanne Richard touts de cette paroisse ..."

J'aime beaucoup reconstituer les familles de ces "invisibles", le plus petit peuple des campagnes au tournant de la Révolution, qui ne sont pas souvent recherchés dans les arbres généalogiques sur internet, au détriment des familles nobles ou prestigieuses. Il y a de petites surprises, quand on voit apparaître les premières signatures maladroites dans une famille majoritairement illettrée. 

(source : Heredis 2018)
Dans cette quête des petits de leur époque, le site Filae est d'une grande aide. En effet, contrairement à ce qu'on pensait, la mobilité était possible autrefois (surtout après l'arrivée du chemin de fer) et on n'hésitait pas à changer de commune dans l'optique d'aller chercher du travail. Ainsi, Martial dit Émile GÉRY, notre cousin, charpentier et scieur de long (le premier de sa famille à savoir signer et à ne pas être journalier), natif de Saint-Baudel (Cher), va partir travailler à Mur-de-Sologne (Loir-et-Cher), où il épousera Henriette Célina LEROY, fille naturelle d'une couturière née à Paris. 

(source : Heredis 2018)
J'aime beaucoup redonner vie à ces modestes cousins qui n'ont pas vraiment dû marquer l'Histoire, bien qu'ils l'aient traversée. C'est une manière de leur rendre hommage et j'ai l'impression d'être un explorateur dans des terres inconnues de mon arbre généalogique quand personne d'autre sur internet n'a pris la peine de retrouver ces familles. Nos ancêtres étant partagés entre toutes les classes sociales, du roi au journalier, c'est toujours une mine d'or d'informations sociologiques que de chercher à reconstituer chaque branche dans sa propre histoire. 

samedi 3 novembre 2018

Le chevalier de Dursus à la campagne d'indépendance de l'Amérique

Lien de parenté entre Jacques Philippe Auguste DURSUE et mon grand-père
(source : Heredis 2018)
Je suis en train de faire la généalogie descendante de la famille Gaultier (devenue ensuite de Beaurepaire) et je m'amuse à découvrir ce que chaque membre est devenu. Ce matin, c'est Jacques Philippe Auguste DURSUE qui a attiré mon attention.

(source : Heredis 2018)
Je ne savais que peu de choses à son sujet, mis à part qu'il était né à Émondeville (Manche) et décédé à Valognes (Manche) sans s'être marié. Qu'il était chevalier de l'ordre de Saint-Louis et avait la profession (frustrante et donnant peu d'information au XIXe siècle) de "propriétaire". Sachant qu'il venait d'une famille relativement connue en Normandie, j'ai tenté de taper son nom sur internet et je suis tombé sur l'Inventaire du chartier Dursus de Courcy mis en ligne par les archives départementales de la Manche. 

(source : Archives départementales de la Manche - 126 J - p. 3)

Ce formidable document me permet de donner encore plus de corps à ces cousins et à découvrir un peu plus d'éléments sur leur vie. Comme beaucoup d'aristocrates de son époque, Jacques Philippe Auguste DURSUE a émigré à la Révolution et est partié à Saint-Petersburg (Russie). Mais avant cela, à la fin du règne de Louis XVI, il participe à la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique et notamment au siège de l'actuelle New York City (USA). 

CHAPPEL (Alonzo). 1858. Lord Stirling leading an attack against the British in order to buy time for other troops to retreat at the Battle of Long Island, 1776.(source : Wikimedia Commons)
Encore un exemple qui montre que les gens voyageaient plus qu'on pourrait le croire, même à la fin du XVIIIe siècle, et surtout une mine de renseignements sur un cousin n'ayant pas eu de descendance et duquel je n'aurais pas eu beaucoup de renseignements autrement. 

(source : Heredis 2018)


dimanche 21 octobre 2018

Un mariage prussien en 1758

Joseph JOUET + Françoise BRETON
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Joseph JOUET                Rose Louise JOUET
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                                                          Joseph Jean Jacques MESLAY
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                                                Joseph MESLAY
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                                                  Henri MESLAY
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                                                           Henri Charles Joseph MESLAY
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                                                          Robert Eugène Henri MESLAY
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                                           Ma grand-mère

Le 17 avril 1758, dans l'église de la Trinité (aujourd'hui cathédrale) de Laval, notre "oncle" éloigné Joseph JOUET, maître coutelier décide d'épouser une jeune femme originaire de Prusse et de la religion luthérienne. 

1. Laval / 2. Freiberg
(source : Heredis 2018)
Éléonore AILFEN est originaire de l'électorat de Saxe. Avait-elle de la famille qui commerçait en Touraine ? Ou Joseph JOUET allait-il exercer son activité de marchand jusqu'en Saxe ? Ce n'est pas impossible, nous avons des ancêtres marchands berrichons au XVIe siècle qui se rendaient jusqu'à Venise pour leur commerce. Toujours est-il que l'acte laisse apparaître des renseignements intéressants et originaux pour cette époque.

(source : Archives départementales de la Mayenne - 4 E 148/29 vue 128/164)
"Aujourd huy Dix Sept avril mil Sept Cent Cinquante
huit Veu La dispense De trois bans acordée par une
lettre manuscritte De Monseigneur Levesque Du Mans
En datte Du quinze mars dernier Signée froulay Ev du mans
En Reponse de Celle que nous aurions Eu lhonneur De luy 
Ecrire pour le Consulter Sur quelques Empeschement Dérimant [?]
qui nous faisoient Douter de la validité du mariage Contracte
dans le Royaume de pruce Entre les parties
nous Cure de Cette parroisse Soussig. Avons De lavis de 
Sa grandeur pour Reabiliter le Mariage abjuration
préalablement faitte par L Epouse De leresie luterienne
donné la benediction nuptialle Joseph Jouet me Coutellier
aage de trente trois ans fils de Joseph Jouet md et de 
françoise le breton ses pere et mere De Cette pa. d'une
part Et a Elleonnore ailfen aagée de vingt Cinq ans
ou Environ fille de deffeunts jean ailfen et de Cristine ...
de la ville de freiberg dans Lelectorat de Saxe Dautre
part"

On ne rigolait pas à l'époque avec la différence de religion, Éléonore AILFEN ayant dû abjurer "l'hérésie luthérienne" pour que ce mariage catholique soit valable aux yeux de la loi du royaume de France de cette époque. Avez-vous déjà rencontré des mariages entre des époux de pays différents au XVIIIe siècle ?

(source : Archives départementales de la Mayenne - 4 E 148/29 vue 128/164)
En tout cas, Jean MESLAY, époux de Rose Louise JOUET et beau-frère de l'époux (l'ancêtre de ma grand-mère), est présent à ce mariage et il signe, contrairement à l'épouse qui ne sait pas signer, ce qui nous empêche de connaître la véritable orthographe de son nom de famille (en effet, AILFEN correspond à ce que le curé de l'époque aura compris de son nom prononcé en allemand). 
(source : Heredis 2018)