mercredi 16 avril 2014

Métier de boisselier

Je commence à rencontrer à de multiples reprises le métier de boisselier chez nos ancêtres de l'ouest et comme de nombreux métiers aujourd'hui disparus, je n'avais pas la moindre idée de ce dont il pouvait s'agir.

(source : Arbre familial, Heredis 2014)
J'ai donc décidé de faire appel à mes amis les philosophes Diderot et d'Alembert et leur encyclopédie. Voyons ce qu'ils nous disent de ce métier.

Denis DIDEROT, Jean LE ROND d'ALEMBERT, Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, par une société de gens de lettres, t. V, Lausanne et Berne, Chez les Sociétés Typographiques, 1781, p. 229
Il semble donc que les boisseliers appartiennent à la communauté des tourneurs. En regardant à nouveau les statistiques de mon arbre, je me rends compte que j'ai de nombreux tourneurs, même si, contrairement aux boisseliers, il n'y en a pas parmi mes ancêtres.

(source : Arbre familial, Heredis 2014)
Les boisseliers fabriquaient donc des objets simples en bois. Pas étonnant que certains passent assez facilement de boisselier à tonnelier (fabriquant de tonneaux). Le résultat de leur artisanat est assez bien montré sur cette estampe du XVIIe siècle :

*, Habit de Boisselier, Paris, N. de L'Armessin, 17e siècle (source : Gallica/BnF)

vendredi 11 avril 2014

Louise CHAUVEAU aurait vécu 96 ans

Louise CHAUVEAU
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Louis CLEMOT
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Ludovic Raoul Joseph CLÉMOT
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Renée Clémentine Marcelle CLÉMOT
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La grand-mère de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

Louise CHAUVEAU est née peu de temps avant la Révolution, approximativement en 1785. Je connais peu de choses la concernant. Ses parents se sont mariés au Voide (Maine-et-Loire) en 1783. Son père, Urbain CHAUVEAU, est sabotier, fils de sabotier. Sa mère, Louise MARCHAND, est fille de laboureur. 

Les CHAUVEAU vivent à Chanteloup, les MARCHAND vivent au Voide, même si Louise MARCHAND vit avant son mariage à Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde. Toutes ces communes sont relativement proches. Je n'ai pour l'instant pas retrouvé les enfants de ce couple. En effet, un sabotier pouvait tout à fait être itinérant de ville en ville. 

Le Voisde sur une carte de Cassini
Je n'ai pas non plus retrouvé l'acte de mariage de Louise CHAUVEAU avec Jean Louis CLEMOT, tisserand, marchand aubergiste et fabricant. En Maine-et-Loire, pendant la guerre de Vendée, il ne fait pas bon se marier à la mairie. Leur mariage se trouve peut-être dans un poussiéreux registre paroissial en Maine-et-Loire. Ce que je sais, c'est qu'entre 1806 et 1821, ils auront 9 enfants au Voide : 
  1. Jean
  2. Louise
  3. Louis
  4. Louis Marie
  5. Jean Pierre
  6. Jeanne
  7. Marie
  8. Pierre Jean
  9. Henriette
Le seul acte que je connais concernant Louise CHAUVEAU est son acte de décès en 1881.

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1873-1882 Départementale - p. 148)
Si j'en crois cet acte (qui m'apprend le nom de ses parents), elle serait morte à l'âge vénérable de 96 ans et née au Voide, soit environ en 1785. C'est assez logique puisque ses parents se sont mariés en 1783. Malheureusement, de 1783 à 1791, aucune naissance CHAUVEAU au Voide, ni dans les communes nommées dans l'acte de mariage de ses parents. J'imagine que le sabotier Urbain CHAUVEAU devait se déplacer de village en village. Mais on ne sait jamais, avec cette bouteille à la mer, peut-être quelqu'un retrouvera-t-il son acte de baptême pour vérifier ce grand âge qu'il aurait été admirable d'atteindre après avoir eu neuf enfants !

vendredi 4 avril 2014

Quand musée et généalogie se croisent

Je suis allé ce soir au Louvre dans la galerie des Flamands et des Hollandais pour m'imprégner du milieu de vie et des pays dans lesquels vivaient les ancêtres de ma nièce et j'ai particulièrement flashé sur ce tableau : 

Salomon KONINCK, Philosophe au livre ouvert ou Le philosophe en méditation, vers 1640-1650
Ce tableau, très proche d'un tableau de Rembrandt, faisait partie de la collection du comte de Fraula en 1738. Or, qui était comte de Fraula en 1738 ? Un ancêtre direct de ma nièce ! Jean Baptiste Joseph FRAULA, conseiller d'état et président de la chambre des comptes en Flandre et à Bruxelles, Comte de Fraula.

Jean Baptiste Joseph FRAULA, Comte de Fraula
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Marie Alexandrine Suzanne Josèphe FRAULA, Baronne de Beyer, Comtesse de Fraula
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Jeanne Begge Josèphe de BEYER, Dame Dufaure de Sauvezie, Baronne de Beyer
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Jeanne Guillaumette du FAURE de SAUVEZIE de MEILHAC, Demoiselle
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Jeanne dite Jeanne Juliette COMBESCOT-DUREPAIRE
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Jeanne Guillaumette ORIGET-DUCLUZEAU
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André HULIN
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André Eugène Théodose HULIN
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

Armes des comtes de Fraula
C'est quand même fou ce genre de hasard, non ?

mardi 1 avril 2014

Pierre SEICHER au service de l'armée royale

Pierre SEICHER
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Louise SEICHER
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Marie Mathurine LEDUC
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Jeanne Marie Augustine Renée MARAIS
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

Toujours dans le Maine-et-Loire et ses chouans, je n'arrivais pas à trouver l'acte de mariage de Pierre SEICHER et de Louise BERTHELOT, des ancêtres de ma nièce. Encore une fois, peu d'enfants sous la période révolutionnaire, et les dossiers vendéens m'apprennent que Pierre SEICHER a d'abord émigré sous la Révolution avant de revenir combattre dans l'armée royaliste. Peu de chance de retrouver son acte de mariage si les noces ont eu lieu en Belgique, en Angleterre, ou partout ailleurs en France. Je vais quand même essayer de chercher dans les villes où il semble avoir résidé durant la Contre-Révolution.

Toujours est-il que dans son dossier vendéen se trouve une lettre écrite de sa main au Palais des Tuileries en présence du Roi Louis XVIII.

Joseph-Louis-Hippolyte BELLANGÉ, Adrien DAUZATS, Une revue militaire devant l'arc du Carrousel aux Tuileries sous l'Empire, 1862
Voici cette fameuse lettre numérisée aux Archives départementales du Maine-et-Loire : 







(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1 M 9 / 328 - pp. 8-10)
Du 10 janvier 1824
Pierre Seicher De la Brunetiere
De St Laurent de la Plaine a Monsieur le Segretaire
de letàt
Monsieur.
Je vous ExpoSe que Depuis. 1790 je me suy
toujour praîté a Rendre Service a Ceux
Qui onts Etez Percecuté pour la
Religion. Et la justice Et haine de sa
Majesté Louis 16 Et l’ors que la Eté
Sacrifiez en 1793 : - Dans le Courant
Du Mois de Mars suivant quon a
Vangéz le Crime Abominable Je me
Suy Expatriéz Ensuite me sui faite
Enregimanté volontairement En L’armée
De Mr; De Bauchand Dont Je
Marcher Sous Ces drapaux ; aux Mois
De Novembre que nous avons passé
La Loire ; Monsieur de Bauchand
Etans Mort a varade Je Repassez La
L’oire avec 14 homme et me Sui Reüni a 
Pierre Cathelineau du Côtez du pain En
Mauge et de Salais pour oposer les
Requissions Des grains des Republiquins
Pour detruire notre paye au Retour de 
Mon La Rocheclin et Mr Estofflet ausitot
quil ce Sonlt faits Connoitre Segretement
Je parti avec une Compagnie donlt nous les
avons trouvez au Milieu de la nuite En
Une Petite Chomiere A Côté Des lande
De Mauge. Commune de Salais. afin de
Relever nos Drapaux Royâliste donlt nous
avons perdu notre premier Chef Ensuite
Nous avons Marché a la Suite de 
Mr Stofflet et apres avoir purgez leS autre
De notre paye je Eté nommez par le dit Mr
Stofflet a sonlt quartiez a St aubin Bobiniez
Pour geré la place de CommiSsaire pour
fournir au BeSoinS de nos armée Royale
et pour tenir Lordre et la Corespondance
En notre Commune pandand que nous avons
Conservez L’othoritez Royal ; En 1799 Je
Marchay a la Tête Dune Compagnie
Qu’on a trétéz pour la Liberté des
Ministre de la Religion ; ma santé Etant
Beaucoupe Incomodée de ces Cource ; ne me 
Permeté past de pouvoir marché En 1815
Je Eté Nomez CommiSsaire par Lordre
De Mr Dautichamp En date du 24 mai
Pour pourvoir aux Besoins Des Armée et la
SupSiStance des Indigent Royalis et Sans
Jamais avoir Chancelé je me suis toujourt
Randus utile et mi Rand Encore En tous mon
Pouvoir quoi qua lage de 57 an je prouve 
une Maladi qui me met hor deta de pouvoir
Travaillez ; Je Recu Comme un
Gage de Bienveillance Royâle fait
Au Chatau des tuileries le 11
Juillet 1817, Delivrez le 17 Mars
1821 Signée de la main de Sa
Magestez ; Louis. 18. faite Ce Dit jour
& ans que Dessus
p  ; Sechér.
six Mots Reyir nul
nous Sousigne Jacque caillault
Et mathurin Secher touts
deux anciens capitaine de St
laurant de la plaine
Sertiffions que lexposé ci
dessus et de lautre part
Est Sincere et veritable
cest pour quoi nous
lavons approuve et 
signe pour lui
servir a valoir a ce
que de Raison
Ce qu'on comprends de cette lettre à l'orthographe approximative, ainsi que des autres pièces du dossier, c'est que Pierre SEICHER (qui met en tête "Pierre Seicher de la Brunetière" du nom de la ferme qu'il habite, cela fait sûrement mieux à Paris) a émigré, avant de s'enrôler dans l'armée d'udu Marquis de Bonchamps. Au décès de ce général, il retraverse la Loire avec 14 hommes, d'où il gardera un asthme apparemment fort (il crache même du sang au dire du médecin) et invalidant.

Thomas DEGEORGE, Mort de Bonchamps (détail), 1837
Il rejoint Pierre Cathelineau pour s'opposer aux saisies de grains par les Républicains.

Jean-Hubert SAUZEAU, Les Vendéens demandent à Cathelineau de prendre la tête de l'insurrection, 1900
Il part donc avec une petite compagnie, retrouver le Comte de la Rochejaquelin et M. Stofflet dans une petite chaumière, en pleine nuit, pour continuer le combat royaliste après la mort du Marquis de Bonchamps.

Pierre-Narcisse GUÉRIN, Portrait d'Henri du Vergier, comte de la Rochejaquelein, 1817
Il suit M. Stofflet à Saint-Aubin-Baubigné où il est nommé commissaire pour fournir aux besoins de l'armée royale et tenir l'ordre et la correspondance de la commune. En 1799, il marche à la tête d'une compagnie pour la liberté des ministres de la religion. 

En 1815, il est nommé commissaire pour fournir aux besoins de l'armée royale par le Marquis d'Autichamp qui le charge de s'occuper des indigents.

*, Charles Marie de Beaumont d'Autichamp, début XIXe siècle
Enfin, le 17 mars 1821, il reçoit de la main du Roi Louis XVIII un brevet d'honneur au Palais des Tuileries, à Paris.

*, Portrait de Louis XVIII de France portant le cordon bleu du Saint-Esprit, entre 1814 et 1824
Rare parcours reconstitué d'un commissaire de l'armée royale pendant la Révolution. On suit toute sa campagne relativement bien relatée par lui-même (ce qui est encore plus rare) durant tous les troubles révolutionnaires. Ma chère nièce compte donc un chouan de plus parmi ses ancêtres !

samedi 22 mars 2014

Premier acte en Belgique ... et en latin !

Jeanne Begge Josèphe de BEYER
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Jeanne Guillaumette du FAURE de SAUVEZIE de MEILHAC
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Jeanne dite Jeanne Juliette COMBESCOT-DUREPAIRE
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Jeanne Guillaumette ORIGET-DUCLUZEAU
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André HULIN
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André Eugène Théodose HULIN
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

Je l'avoue, j'étais impatient d'explorer ces pistes des Pays-Bas et de Belgique car je n'ai jamais eu à m'intéresser à ces pays dans ma généalogie. Pour réussir à franchir toutes les étapes, j'ai d'abord réussi à trouver l'acte de mariage de Jeanne Begge Josèphe de BEYER avec Guillaume DUFAURE de SAUVEZIE à Sainte-Féréole (Corrèze) le 14 août 1754. Après les dispenses de rigueur de l'évêque de Limoges et de l'archevêque-cardinal de Malines, je lis que la mère de la mariée vit dans la paroisse Saint-Michel-et-Sainte-Gudule à Bruxelles. Au delà du nom un peu ridicule de Gudule, j'ai l'âge approximatif de la mariée, et je me dis qu'avec un peu de chance, elle est née dans cette paroisse. 

Armes des barons de Beyer
Le Royaume de Belgique a eu la bonne idée de mettre ses archives en ligne il y a environ un an. Je suis donc allé compulser les actes de cette paroisse en 1733 et je suis tombé directement sur l'acte de baptême de l'ancêtre de ma nièce ... en latin !

(source : Archives de l'État en Belgique - 9998_998_00109_000_0_0001_r - p. 49)
Joanna Begga Josepha filia legitima prae nobilis Domini
Joannis frederici Baronis de Beÿer Consiliarii et
magiStri ordinarii camerae rationum Suae Sacra Ca-
Sareae ac Catholica Maiestatis in belgio austriaco
et Dominae Mariae Alexandrinae Susannae jose-
phae fraula coniugum : Suscep : Dominus Thomas
Augustinus fraula nomine Domini joannis Bap-
tistae Guilielmi fraula et Domina joanna
Emmanuel josepha de fraula matertera prolis
baptisatae
J'ai d'abord été surpris de l'excellente écriture du prêtre. Bon, il faut dire que notre enfant est baptisé dans une cathédrale et dans une capitale européenne, ce qui explique la bonne tenue des registres.

(source : Donaldytong, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
 Grâce à mes restes de cours de latin et un peu d'aide de Google, voici ce que donne approximativement la traduction de cet acte : 

"Jeanne Begge Josèphe fille légitime de noble seigneur Jean Frédéric baron de Beyer conseiller et maître ordinaire de la chambre de comptes de Sa Majesté Impériale et Catholique en Belgique Autrichienne et Dame Marie Alexandrine Suzanne Josèphe Fraula époux : reçu : seigneur Thomas Augustin Fraula nommé [je pense que cela signifie "a tenu pour lui"] Jean Baptiste Guillaume Fraula et Dame Jeanne Emmanuelle Josèphe de Fraula tante de la baptisée"

La mère de Jeanne Begge Josèphe, Marie Alexandrine Suzanne Josèphe FRAULA, a la particularité d'avoir quatre prénoms au début du XVIIIème siècle. C'est relativement rare dans notre pays, moins dans la noblesse du Saint-Empire. Il faut savoir que le grand-père de Jeanne Begge Josèphe est Comte de Fraula, ce qui explique ces débauches de prénoms. Ce ne sont pas des familles princières, mais c'est pas mal quand même niveau titre. Apparemment, Jean Frédéric de BEYER est un familier de l'Empereur Charles VI puisqu'il tient sa chambre des comptes et que c'est ce dernier qu'il l'a anobli Baron de Beyer.

Armes des comtes de Fraula
En tout cas, avec ces archives belges en ligne, c'est le début de nouvelles recherches dans de nouveaux pays. Je suis content d'apprendre que les actes sont en latin et non en flamand. J'aurais eu beaucoup plus de mal à comprendre les actes dans cette seconde langue. Et vous, avez-vous déjà utilisé les Archives de Belgique ?

vendredi 21 mars 2014

Jacques Nicolas MARAIS reçoit la Décoration du Lys

Jacques Nicolas MARAIS
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Jacques MARAIS
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Jacques Aimé MARAIS
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Jeanne Marie Augustine Renée MARAIS
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

Il y a un réflexe à avoir lorsqu'on a de la famille dans l'Ouest : vérifier les dossiers vendéens. En effet, Sarthe, Mayenne, Maine-et-Loire et Vendée sont des terres royalistes où les chouans ont combattus dans l'Armée Royale de l'Ouest contre la Révolution. 

Jacques Nicolas MARAIS est serger, propriétaire et adjoint au maire de La Jumellière (Maine-et-Loire). Il se marie en 1788 avec Mathurine PAPIN, fille d'un métayer. Je ne leur ai pas trouvé beaucoup d'enfants, mais ce sont des temps troublés dans la région. Une théorie que j'ai eu pour expliquer le petit nombre d'enfants (trois seulement) et leur espacement, était que Jacques Nicolas était parti combattre avec les chouans. Elle s'est avérée juste. Et un magnifique dossier de treize pages accessible en ligne sur les Archives départementales du Maine-et-Loire nous en apprend beaucoup.

Tout d'abord, une lettre au préfet du Maine-et-Loire pour exposer son cas qui nous dresse une parfaite histoire détaillée de sa vie durant les épisodes terribles de la Révolution.



(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1 M 9 / 252 - pp. 1-3)
"A Monsieur 
Le Prefet du departement
de Maine et Loire
Monsieur
A L'honeur de vous exposer
Le nomme Jacques Marais que Jusqu'à present lorsque sa
Majesté a daigné répendre ses
Bienfaits sur ses fideles serviteur
ou leur a demandé ou un certificat
d'indigenge ou au moins de grandes
charges de fammille à prouver
qu'il avait cru devoir s'abstenir 
d'exposer ses titres qui des le
Premier travail lui firent decerner
un brevet d'honneur
Il se croit fondé aujourd'hui
a Recliamer une pension
1er Vu une Blessure très grave reçu
A chalonnes en la campagne qu'il 
a fait dans toutes son étendue
outre loire
2° Vu les pertes qu'il a faites
par les fournitures faites à l'amée
qui Consistent
En neuf cent Soixante Six
francs de bons du général Stoflet
qu'il soumettra a Mrs les menbres
de la Commission S'il est nécessaire
les ayant conservee
quinze mille francs valeur en Mdisse
et maisons qui lui furent incendiees
qu'il a perdu durant la Revolution
4° Sur ce qu'ayant exercé les fonctions 
Municipales presque depuis la 
Pacification ; il n'a Jamais dévié
des principes du Pays : s'est dévoué
tout entier et dans des tens de fuite
au maintien de l'ordre tout en conservant
cest mêmes principes ce qui lui a valu
d'exercer ces mêmes fonctions sous le
Gouvernement Légitime qu'ayant été
destitué à l'épocte des cent jours
il repris ses fonctions Sitot que la 
Vendée eut relevé la banière Royale
Comme il avait fait en 99 Joignit
Ses efforts a la Cause commune et
dirigea tout ceux que fit la 
Commune de la Jumellière pour
Seconder son Maire àlors employé
à l'armée, ont Sait que ces éfforts furent
Considérables en hommes et en 
Munitions de Bouches
D'Après une Conduite Si
Soutenue et il ose le dire si
honnorable Le Reclamant espère
que Mrs les menbres de la 
Commission le voudront bien 
Considérer comme Suceptible
d'obtenir une Pension
jacques
marais"
L'orthographe est assez approximative, mais on voit que Jacques Nicolas MARAIS (je suis sûr qu'il s'agit bien du bon car une transcription de son acte de baptême se trouve dans le dossier) a beaucoup perdu durant la Révolution où sa maison et ses biens ont été incendiés.

Suivent quelques documents de Frédéric Joseph de CAQUERAY, maire de La Jumellière, exposant l'honorabilité de Jacques Nicolas MARAIS ainsi que la véracité des bons de la somme de 750 livres donnée au général Stofflet non pour en demander remboursement, mais pour prouver son dévouement à la cause royale.

Thomas DRAKE, Jean-Nicolas Stofflet (1753-1796) général vendéen
(source : domaine public, via Wikimedia Commons)
S'ensuit un certificat médical traitant de ses blessures de guerres.

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1 M 9 / 252 - p. 6)
"Je Soussigné Chirurgien exerçant à la
Jumellière 4e arrondissement du département de
maine Et Loire, Certifie que Monsieur
Marais (Jacques) agé de 61 ans ou environ
fabriquant Demeurant Commune de la Jumellière
porte à la partie moyenne interne antérieure
de la cuisse droite une cicatrice de forme a peu près
Ronde Renfermée et adhérente à la pouivrose fascialatre
une autre Cicatrice de même forme et semblable
de tout à la précédente à la partie postérieure
et moyenne de la même Cuisse, qui m'a parru être
comme il me l'a dit le suites d'une Blessure faite
par une Balle qui aurait travresé la cuisse dans
cet endroit, et eut laissé beaucoup de Roideur dans
cette partie. Telle est la pure verité en faveur de laquelle
J'ai Signé à la Jumellière le 26 mai 1825"
Puis, un mot fort sympathique de ses anciens officiers supérieurs.

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1 M 9 / 252 - p. 7)
"Nous offers Vendéens Soussignés
certifions que Mr. Jacques Marais adjoint
de La Jumelliere n'a exposé que la 
Verité dans Son Etat de services et que soit
comme Militaire soit comme Magistrat il 
S'est toujours comporté en Brave et fidéle
Vendéen et que Les blessures qu'il porte en sont
La preuve"

Enfin, en 1814, Jacques Nicolas MARAIS reçoit de la part du Duc d'Angoulême la Décoration du Lys.

François Joseph KINSON, Louis-Antoine d'Artois, duc d'Angoulème (1775-1844), Grand-Amiral de France
(source : domaine public, via Wikimedia Commons)
La Décoration du Lys était accordée aux hommes ayant été fidèles au Roi et ayant soutenue la cause royale pendant la Révolution. Lorsqu'ils recevaient cette décoration, les destinataires prononçaient cette phrase : « Je jure fidélité à Dieu et au Roi pour toujours ». Le magnifique diplôme de décoration de Jacques Nicolas MARAIS est numérisé dans son dossier.

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1 M 9 / 252 - p. 11)
"TITRE POUR PORTER LA DÉCORATION DU LIS.
Au Nom du Roi.
D'après les Ordres de Son AlteSse Royale Monseigneur le Duc d'Angoulême, 
Grand-Amiral de France, avons autorisé et autorisons par cette présente Monsieur
Marais, Adjoint au Maire de la Jumellière, à porter la Décoration du Lis, 
en témoignage de son amour et de sa fidélité envers la personne sacrée du Roi.
Donné à Angers ; le 15 8bre de l'an de grâce 1814.
Par ordre de Son Altesse Royale, 
Le Préfet de Maine et Loire"
Enfin, un dossier relatant ses états de service où il "Demande que S. M. daigne Lui accorder Les recompenses dont il sera jugé Susceptible, et s'il est Possible soit en cet instant soit dans un temps Plus favorable de Prendre Ses pertes et Les fournitures qu'il a faites aux armées de S. M. en considération". On y apprend qu'il fut "Soldat commissaire aux vivres" de 1792 à 1798, qu'il a "passé La Loire et a été à toutes Les affaires jusqu'à Savenay inclusivement - répassa la Loire quatre Mois après ayant eu Le Bonheur de se cacher pendant ce temps Si périlleux" et qu'"il S'est trouvé au comBat de Chalonnes et à dautres". Que pendant la République, il "avoit refusé La place de Maire et donné sa demission aprés Le 20 mars reprit ses fonctions et seconda Le parti de tous ses envoyeur avant et après Le 6 de Mai". Enfin, il est précisé que "ses pertes ont ete Grandes Sa maison Brulée Pendant La guerre avec Beaucoup de Marchandises, enfin Perdit tout ce qu'il Possédoit. (il est fabricant ensuite il fournit pour La Compagnie Des Chasseurs, de Chemillé (armée de Stofflet) pour 960 lt d'étoffes. il en a en été payé en Bons imprimés du Gal Stofflet.".

Ces renseignements sont incroyables et nous plongent complètement au milieu de la Révolution et des vies bouleversées par cet événement (particulièrement dans l'Ouest de la France). En tout cas, j'ai ainsi découvert l'existence de la Décoration du Lys.


dimanche 16 mars 2014

Les ancêtres Luxembourgeois de ma nièce

Guillaume DUFAURE de SAUVEZIE + Jeanne Josèphe de BEYER
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Jeanne Guillaumette du FAURE de SAUVEZIE de MEILHAC
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Jeanne Juliette COMBESCOT-DUREPAIRE
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Jeanne Guillaumette ORIGET-DUCLUZEAU
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André HULIN
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André Eugène Théodose HULIN
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

La piste n'a pas été simple à reconstituer car elle passe par de nombreux obstacles : noblesse, protestantisme, Révolution. J'étais en train de reconstituer la famille ORIGET, originaire du Limousin et après de nombreuses recherches, j'ai trouvé l'acte de mariage d'André ORIGET et Jeanne Juliette COMBESCOT-DUREPAIRE. Il se sont mariés en Dordogne en compagnie de la mère de la mariée et de trois métayers. Il faut être discrets, c'est l'an IV et la nouvelle République coupe des têtes. 

Les armes "parlantes" de la famille Origet :
d'azur au chevron d'or, accompagné de 3 branches
d'oranger de sinople, ayant chacune un fruit d'or.
Nos deux époux vont voyager, d'abord dans le Tarn, avant de s'installer à Tours (Indre-et-Loire). La difficulté a été de retrouver les parents de Jeanne Juliette. Lors de son mariage, son père est nommé Jean Baptiste COMBESCOT DUREPAYRE et sa mère Jeanne Guillaumette SAUVEZIE MEILLAC. N'oublions pas que les particules ont été supprimées à la Révolution et que les nobles n'ont pas vraiment de nom de famille. Ils peuvent rajouter le nom de leurs terres au patronyme d'origine pour différencier les branches.

En cherchant bien, j'ai fini par trouver le mariage des parents de Jeanne Juliette à Voutezac en Corrèze. Je suis très intrigué par cette branche car elle est originaire du Limousin, de Dordogne et de Corrèze, tout comme les ancêtres maternels de ma nièce. Par ailleurs, j'apprends que la famille de COMBESCOT vient de Juillac (Corrèze), village d'où sont originaire nos ancêtres SUIVRE !

Voyons ce que nous apprenons des deux mariés et de leur famille. Nous sommes en 1777, avant la Révolution, les noms de familles n'ont pas été amputés et les titres n'ont pas été supprimés comme on peut le voir sur les signatures de l'acte de mariage.

(source : Archives départementales de la Corrèze - E_DEP288GG 9 - p. 185)
Le marié est nommé Messire Jean Baptiste de COMBESCOT, seigneur du Repaire, de Charaux et autres lieux, officier au régiment de Piémont Infanterie, veuf de Dame Suzanne Marie de JOYET.

On voit que la Révolution l'a dépouillé de ses seigneuries et transformé son nom en COMBESCOT-DUREPAIRE. Il signe lui même "Combescot de Durepaire" en haut de l'image. On voit à quel point les noms de famille de la noblesse sont mouvants. 

La mariée est nommée Jeanne Guillaumette DUFAURE de MEILHAT, demoiselle. Ce prénom de Jeanne Guillaumette sera transmis à sa petite-fille.

Elle est dite fille de Messire Guillaume DUFAURE de SAUVEZIE, écuyer, seigneur de Meilhat et autres lieux et de Jeanne de BEYER, baronne de Beyer, dame Dufaure de Sauvezie.

Quelques clics sur Geneanet m'ont permis d'apprendre que cette Jeanne de BEYER est la fille de Jean-Frédéric de BEYER, baron de Beyer, conseiller receveur des aides et subsides du duché de Luxembourg, conseiller et maître de la chambre des comptes à Bruxelles.

Il est anobli baron du Saint-Empire par l'Empereur Charles VI, ce qui explique pourquoi sa fille porte le titre de baronne alors qu'elle est la quatrième d'une famille de sept filles. 


Martin ven MEYTENS, Portrait de l'Empereur Charles VI
En effet, la noblesse du Saint-Empire a ceci de particulier que tous les enfants sont titrés comme leurs parents, sauf les enfants de Ducs qui portent le titre de prince et de princesse. On voit également que l'héraldique du Saint-Empire est bien plus chargée et complexe que l'héraldique française. Quand les DUFAURE ne portent qu'un lion (je n'ai pas trouvé d'indications sûres des émaux et métaux pour l'instant), les BEYER portent ces armes : 

Armes de la famille de Beyer

Les quatre témoins de nos mariés sont : 


  • Messire Jacques Joseph DUFAURE de MEILHAT, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, capitaine en premier du régiment de Royal Étranger Cavalerie avec brevet de major
  • Messire Pierre DUFAURE de MURAT, maître particulier des Eaux et Forêts du Limousin
  • Messire Antoine JOYET de LAGUERENNE
  • Messire Léonard de LA MORELIE de MAVIEU, chevau léger de la garde ordinaire du Roi

Ma chère petite nièce a donc des ancêtres Luxembourgeois. Enfin un peu d'étrangers dans notre généalogie ! La piste va être passionnante à explorer...