jeudi 2 mai 2013

Revoir les lieux de nos ancêtres


Lors de mon dernier séjour en Mayenne, je suis passé par Vimarcé et j'ai pu faire quelques photos de l'église du village où vécurent un couple de mes ancêtres au XVIIIème siècle. A mon retour, j'ai créé une page Wikipedia concernant cette église afin que d'autres généalogistes puissent en profiter et voir cette église depuis leur ordinateur.

Lorsque j'ai commencé ma généalogie, je m'intéressais à remonter le plus vite possible, sans vraiment faire attention aux détails. Depuis, je fais des recherches sur internet concernant les lieux où ont vécu mes ancêtres et les métiers qu'ils ont exercés. Certains bâtiments existent encore aujourd'hui. Prenons l'exemple d'un de mes ancêtres de la Dordogne : Jean de Saint-Astier.

Les renseignements que je possède à son sujet sont tirés du Nobiliaire universel de France (Tome 17) par Nicolas Viton de Saint-Allais. En voici un extrait :

"Jean de Saint-Astier, damoiseau, seigneur du Lieudieu et de Verzinas, en Périgord, et de Ligne en Auvergne, maître d'hôtel de Jeanne de Bretagne, était le troisième fils de Forton de Saint-Astier, seigneur des Bories, et de Jacquette Cotet, sa troisième femme. [...] Enfin, il mourut au château du Lieudieu, le 22 avril 1518, et fut enterré à Boulazac."
Jean possède donc trois seigneuries, dont celle du Lieudieu où il semble vivre principalement puisque c'est l'endroit où il décède. Quelques recherches sur Wikipedia m'indiquent que le château du Lieu-Dieu est situé dans cette commune de Boulazac dont il est ici question.

(source : Père Igor, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Ce magnifique château de contes de fées se nommait originellement la Baconnie. Le nom du Lieu-Dieu lui aurait été donné après que les saint-sacrements des églises alentours furent mis au tabernacle de sa chapelle pour éviter toute profanation des hosties par les mercenaires anglais qui ravageaient le pays durant la guerre de Cent Ans.

Continuons la lecture du nobiliaire :

"Il avait épousé, par contrat passé au château de Hautefort, le dernier jour d'août 1488, demoiselle Gabrielle de Hautefort (Gontaut), fille de feu noble homme Antoine de Hautefort, seigneur des châteaux et châtellenies de Hautefort et de Thenon, et de dame Marguerite d'Abzac ; elle était alors sous la tutelle de sa mère, et de Jean de Royère, chevalier, seigneur de Lons, et fut assistée de nobles Jean d'Abzac, seigneur de la Douze, Jean de Saint-Astier, seigneur des Bories, Jean d'Abzac, seigneur de Bellegarde, etc., ses proches parents : sa dot fut réglée à quinze cents livres tournois."
Comme souvent en ces temps anciens, la future épouse est bien plus riche et d'une plus grande famille que le marié. Il suffit de voir la différence entre le petit château du Lieu-Dieu avec l'énorme château de Hautefort pour en juger.

(source : MOSSOT, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Je vais dans quelques jours repartir pour la Sarthe. J'espère prendre plusieurs photos de Marigné-Laillé et de Mayet où vécurent mes ancêtres Le Bourcier afin de reconstituer une partie de leur quotidien et de voir les bâtiments qu'ils ont vu, les églises où ils ont fait baptiser leurs enfants, etc.

Pour conclure, une belle histoire concernant le blason des Saint-Astier. Le blasonnement est le suivant : d'argent à trois aigles de sable posées en chef 2 & 1, et en pointe trois cloches du même émail, bataillées d'or, posées également 2 & 1.

(source : dessin personnel, licence CC BY-SA 3.0)
Les armes se contentaient autrefois de trois aigles. Mais, le 8 juillet 1275, les cloches de toutes les églises de Limoges se mirent à sonner miraculeusement à la mort de Pierre de Saint-Astier, évêque de Périgueux. Depuis, en mémoire de ce miracle, les trois cloches ont été ajoutées au blason de la famille.