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vendredi 16 février 2018

Jugement de rectification pour Marc Auguste, Rose Pauline et Henri de MONTGOLFIER

Jean Raymond de MONTGOLFIER
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Rose Pauline de MONTGOLFIER
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Marc AYNARD
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Hélène Zoé Marcelle AYNARD
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Ma grand-mère

(source : Archives départementales de la Côte-d'Or - FRAD021EC 388/002 vue 657/828)
Aujourd'hui, en observant la mention marginale de l'acte de naissance de Rose Pauline de MONTGOLFIER, je me suis dit que j'allais vérifier si la transcription du jugement de rectification rendu à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) n'était pas dans les registres de Marmagne (Côte-d'Or) en 1869 comme cela était habituel au XIXe siècle. Je l'ai en effet trouvé à cette date, et en voici le contenu (elle avait alors 24 ans) : 

(source : Archives départementales de la Côte-d'Or - FRAD021EC 388/003 vue 227/399)
"Extrait des minutes du Gref du tribunal civil
de premier instance séant à Semur.
Napoléon par la grâce de Dieu et la volonté nation[ale]
Empereur des Français à tous présents et à venir
salut.
Le Tribunal civil de première instance séant à Sem[ur]
Côte-d’Or, a rendu le sept avril mil huit cent soixan[te]
neuf, le jugement sur requête dont la teneur suit :
A Monsieur le Président du tribunal civil de
Semur - Premièrement. Monsieur Marc Auguste
de Montgolfier
, sans profession demeurant à Fontenay,
commune de Marmagne, canton de Montbard - Deuxi
èmement, Madame Rose Pauline de Montgolfier,
epouse de Monsieur Mathieu Aynard, propriétaire
et banquier, demeurant ensemble à Lyon, place
Bellecour, numéro Trente, et ce dernier comme assis[tant]
et autorisant la dame son épouse - Troisièmement,
Monsieur Henri de Montgolfier, sans profession,
demeurant audit Fontenay, commune de Marmagne,
Ayant maître Guenard pour avoué - ont l’honneur
de vous exposer, Monsieur le Président - qu’ils sont
issus de légitime mariage de Jean Raymond de
Montgolfier
et de dame Julie Seguin leur père et
mère, savoir - Monsieur Marc Auguste de Montgo[lfier] 
né à Fontenay, commune de Marmagne, le trois
Juin mil huit cent quarante-deux - Madame Rose
Pauline de Montgolfier
, épouse de Monsieur Mathieu
Aynard
, né audit Fontenay, le trois Janvier mil
huit cent quarante-cinq - Et Monsieur Henri
de Montgolfier
, né au même lieu le vingt-quatre
Octobre mil huit cent quarante-sept - Que dans l’acte
de naissance de Monsieur Jean Raymond de Montgolfier,
leur père, dressé à la Mairie de Saint-Marcel-les-
Annonay, le douze avril mil huit cent douze, la particule
De, qui précède le nom de Montgolfier, a été omise -
que la même omission s’est reproduite dans les actes
de naissance des exposants, dressés à la mairie de
Marmagne, les quatre juin mil huit cent quarante-
deux, trois Janvier mil huit cent quarante-cinq et
vingt-quatre Octobre mil huit cent quarante-sept.
Que le droit de faire précéder son nom patronymique de
la particule De appartient à la famille Montgolfier
depuis un temps immémorial, et antérieurement aux
lettres patentes du roi en date du mois de décembre
mil sept cent quatre-vingt-trois, portant annoblissement
de cette famille en la personne de Pierre de Montgolfier
son chef à cette époque. Qu’en effet on trouve cette
particule dans une foule de documents publics ou
privés, administratifs ou judiciaires, que cela résulte
encore de divers actes de l’état civil survenus dans
les différentes branches de la famille de Montgolfier
depuis plus de soixante ans - Que ce droit de porter
le nom de Montgolfier avec la particule De a
dernièrement été souverainement reconnu en faveur
de Monsieur Jean Raymond de Montgolfier et de
ses trois enfants exposants, par décret impérial en
date du vingt-quatre juin mil huit cent soixante-
huit - Que pour réparer cette omission, commise
dans son acte de naissance, Monsieur de Montgolfier
père a demandé la rectification dudit acte et obtenu
un jugement du tribunal civil de Tournon, à la
date du dix octobre mil huit cent soixante-huit,
lequel a ordonné l’adjonction de la particule De
au nom patronymique Montgolfier et l’insertion
dudit Jugement sur les registres de l’état civil de
la commune de Saint-Marcel. Qu’il importe
aux exposants de faire procéder à la même rectifi
cation pour leurs actes de naissance, respectifs, et
que leur droit à la demander est incontestable.
Qu’en effet, les enfants ne sauraient avoir un
nom différent de celui de leurs parents - Par ces
motifs les exposants concluent à ce qu’il vous […]
Monsieur le Président, vu les dits extraits, des actes de
naissance, de Messieurs Marc Auguste, Henri
de Mongolfier
et de Madame Aynard - Vu le
jugement du tribunal civil de Tournon, du di[x]
octobre mil huit cent soixante-huit - Vu l’erreur
ou omission commise dans lesdits actes de naissance,
- Ordonner la communication de la présente
requête à Monsieur le Procureur Impérial et
nommer un juge rapporteur, pour être, par le
jugement qui interviendra, ordonné que lesdits actes
de naissance seront rectifiés en ce sens que la particule
De sera ajoutée au nom patronymique Montgolfier
que ledit jugement sera transcrit sur les registres de
l’état civil de la commune de Marmagne, conformém[ent]
à la loi, et faire défense à tous dépositaires de
délivrer aucun extrait ou expédition desdits actes, sans
transcrire littéralement la dite mention et rectification
à peine de tous dépens et dommages intérêts. Semur
le trente Mars mil huit cent soixante-neuf - Signé
C. Guenard avoué.
Soit communiqué à Monsieur le Procureur
Impérial, pour, après ses conclusions, et sur le rapport
qui en sera fait par Monsieur Alexandre, juge que
nous commettons à cet effet, être statué ce qu’ils
appartiendra - Semur le trente-un Mars mil
huit cent soixante-neuf. Signé : Jacotot président,
Le procureur impérial près le tribunal de
Semur - Vu l’exposé en la requête ci-jointe et les
pièces à l’appui - Estime qu’il y a lieu d’y faire droit.
- Semur le cinq avril mil huit cent soixante-neuf,
signé Henri Miot Substitut.
Le Tribunal - Vu la requête ci-dessus et
les pièces à l’appui - Vu les conclusions écrites de
Monsieur le Procureur Impérial - Ouï Monsieur
Alexandre, juge commissaire, dans son rapport en la
chambre du conseil - Après en avoir délibéré, confor-
mément à la loi - Jugeant en la chambre du conseil
et en dernier ressort - Considerant que dans les actes de
naissance des demandeurs, inscrits sur les registres de
l’état civil de la commune de Marmagne, les
quatre Juin mil huit cent quarante-deux, trois
Janvier mil huit cent quarante-cinq et vingt-
quatre Octobre mil huit cent quarante-sept, leur
nom Montgolfier n’est pas précédé de la particule De -
Que cependant ils ont le droit d’ajouter cette
particule à leur nom, ainsi que l’a reconnu pour
leur père, le tribunal civil de Tournon, qui a ordonné
la rectification de l’acte de naissance de Monsieur
Jean Raymond de Montgolfier leur père, en disant
que ladite particule serait ajoutée au nom de Montg[olfier]
cette particule ayant toujours été jointe aux noms
des ancêtres dudit Jean Raymond et ayant été
omise par erreur - Qu’il y a lieu d’ordonner la même
rectification pour les actes de naissance des demandeurs
ceux-ci devant forcément porter le même nom que leur
père - Par ces motifs dit que les actes de naissance des
demandeurs seront rectifiés en ce sens que la particule
De sera ajoutée au nom patronymique Montgolfier
Dit que mention du présent jugement sera fait
en marges des actes réformés et sur les deux doubles,
tant sur celui resté aux archives de la commune que
sur celui déposé au gref du tribunal. Et que le
présent jugement sera inscrit en entier sur les deux
doubles des registres de l’état civil de la dite commune
année courante - Ainsi fait, jugé et prononcé
en la chambre du conseil du tribunal civil de
première instance séant à Semur, Côte-d’Or, le
sept avril mil huit cent soixante-neuf, où étaient
présents Messieurs Jacotot président, Alexandre
et Lestre Dusaussois juges, Miot substitut et
Fénéon-Berger greffier - Enregistré à Semur le
dix-sept avril mil huit cent soixante-neuf, folio
neuf, case sept, reçu cinq francs, décime et demi-déci[me]
soixante-quinze centimes, signé Lebouleur de
Courlon
.
Mandons et ordonnons à tous huissiers sur ce
requis de mettre le présent jugement sur requête à
exécution ; a nos procureurs généraux et à nos procureurs
près les tribunaux de première instance, d’y tenir la main ;
à tous commandants et officiers de la force publique de
prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi le présent jugement a été signé à la
forme de la loi."

mardi 15 mars 2016

Jules SEGUIN était une femme

Jules dite Julie SEGUIN
|
Rose Pauline de MONTGOLFIER
|
Marc AYNARD
|
Hélène Zoé Marcelle AYNARD
|
Ma grand-mère

Autrefois, il n'était pas systématique de féminiser les prénoms. Ainsi, j'ai plusieurs ancêtres femmes qui se nommaient Yves ou Philippe. Dans le cas qui nous occupe, j'ai tellement vu la signature Julie MONTGOLFIER, que je n'avais pas fait attention à un détail : l'arrière-arrière-grand-mère de ma grand-mère se nommait Jules. 

Signature de Jules SEGUIN
Jules est la fille de Marc SEGUIN, ingénieur, inventeur de la chaudière tubulaire et constructeur de ponts suspendus dont le nom figure parmi plusieurs savants sur la Tour Eiffel. 

Portrait de Marc SEGUIN
Dans son acte de naissance en 1819 à Annonay (Ardèche), il est déjà écrit le prénom de Jules.

(source : Archives départementales de l'Ardèche - Naissance 1819 - p. 13)
lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin
né le Dit Jour de lui, déclarant, et 
de Dame Rose Duret, son épouse, 
à six heures du Matin, et auquel il a 
déclaré vouloir donner les prénom de Jule

On aurait pu penser à une erreur de l'officier d'état civil de l'époque, car elle se fait toujours nommer Julie, notamment dans son acte de mariage avec Jean Raymond de MONTGOLFIER en 1840. Elle signe d'ailleurs toujours de ce prénom de Julie. Mais c'est son acte de décès qui m'a apporté la confirmation que le prénom Jules était bien le prénom officiel de cette femme. 


(source : Archives départementales de la Côte-d'Or - FRAD021EC 388/005 - p. 40)
L’An mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, 
le onze avril, à midi, heure légale, devant
nous Rousseau Pierre, Maire et Officier de 
l’état civil de la commune de Marmagne, 
canton de Montbard, département de la 
Côte-d’or, ont comparu en la Mairie
de Montgolfier Marc Auguste, âgé de cinquante-
quatre ans, Industriel, et Richard Antoine, 
âgé de cinquante-trois ans, comptable, tous
deux domiciliés à Fontenay, commune de 
Marmagne, le premier fils et le second
voisin de la défunte ci-après dénommée.
lesquels nous ont déclaré que Seguin Jules dite
Julie, âgée de soixante-dix-huit ans, sans 
profession, domiciliée à Fontenay, Commune de 
Marmagne, née à Annonay, Ardèche, le vingt-un
Janvier mil huit cent dix-neuf, de Seguin
Marc et de Duret Rose Augustine, décédés, 
veuve de de Montgolfier Jean Raymond, décédé
le vingt-un juillet mil huit cent soixante-
-treize audit Fontenay, est décédée dans son 
domicile hier dix avril, à neuf heures et 
demie du soir, et après nous être assuré de
ce décès, nous avons dressé le présent acte que
les déclarants ont signé avec nous après lecture.

Il est bien écrit dans l'acte et dans la mention marginale : Jules dite Julie SEGUIN. Étonnant quand même d'appeler sa fille avec un prénom pareil !

mardi 4 juin 2013

Mariage dans une abbaye en 1862

La blogueuse Sophie Boudarel nous propose d'écrire chaque mois sur un thème particulier. Le mois de juin est le mois des mariages, selon son projet : bloguez votre généalogie. Je vais donc vous faire part d'une mention insolite dans un acte de mariage trouvé dans la 3ème branche de généalogie que j'explore en ce moment.

Liens avec Mathieu dit Edouard Aynard
(source : Arbre familial, via Geneanet)
Il s'agit du mariage de Mathieu dit Edouard AYNARD et de Rose Pauline de MONTGOLFIER. Mathieu est alors négociant et deviendra bientôt banquier. Il n'est pas encore le député du Rhône, membre de l'Institut et président de la Banque de France. Sa future épouse, en revanche, appartient à la célèbre famille de Montgolfier. Son père, Jean Raymond de MONTGOLFIER est fabricant de papier. Sur leur acte de mariage, célébré à Marmagne (Côte-d'Or) en 1862, on peut lire ceci : 

(source : Archives départementales de la Côte-d'Or - 2 E 388/004 - p. 92)
"... après nous être transporté à Fontenay, section de la commune de Marmagne et être entré dans une chambre au rez-de chaussée les portes intérieures et extérieures de la maison restant ouvertes au public, sont comparus Monsieur Mathieu Aynard âgé de vingt-cinq ans négociant ..."
En effet, Rose Pauline ne se voyait sûrement pas se marier dans la petite mairie de Marmagne...

(source : Eponimm, licence CC BY 3.0, via Wikimedia Commons)
 ... quand son père était propriétaire de l'Abbaye de Fontenay ! Le maire Charles SARDIN fait donc une exception et se déplace dans ce lieu pour célébrer le mariage.

(source : Christophe.Finot, licence CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons)
Ce même Mathieu AYNARD rachète en 1906 cette abbaye et contribue à sa restauration pour lui rendre son aspect médiéval. L'abbaye est restée la propriété de la famille Aynard à ce jour.