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lundi 11 février 2019

Le mystérieux compagnon de la tante Léa

Lien entre Léa Ernestine GUILLEMET et mon grand-père
(source : Heredis 2018)

Celle qu'on appelle en famille "La Tante Léa" a toujours été pour moi un personnage mystérieux dans notre généalogie. Sa mère, Modeste Anne Madeleine BOURCIER, a eu mon arrière-arrière-grand-mère, Victorine Ernestine BOURSIER avec un médecin (probablement Joseph CHOTARD), puis s'est mariée avec Charles Hippolyte GUILMET, un tailleur d'habits de Mayet (Sarthe) avec lequel elle a eu Léa Ernestine GUILLEMET seize ans après la naissance de sa première fille. 

La Tante Léa
(source : Archives familiales)
La tante Léa a toujours été décrite dans la famille comme une personne aux moeurs libres, qui vivait "à la colle" avec un homme sans jamais s'être mariée. Elle est témoin du mariage de mes arrières-grand-parents en 1905 à Paris et elle habite alors 29 rue Boissière à Paris. En 1913, lors du mariage de sa nièce Reine Madeleine GRELOT, elle habite au 11 cité Popincourt à Paris et est dite par erreur épouse PARREAU. Je connais donc le nom de son compagnon de l'époque. Lors de son décès, en 1953, elle réside au 35 avenue de Wagram, toujours à Paris. 

J'ai donc tenté de trouver les recensements de Léa à ces adresses car ils ont été récemment mis en ligne sur le site des Archives de Paris. Je l'ai finalement retrouvée à cette adresse du 35 avenue de Wagram en 1926, 1931 et 1936, toujours vivant avec un Lucien ou Augustin GILLY

(source : Archives de Paris - D2M8 434 vue 449/466)
Sur chacun des recensement, cet "ami" est déclaré être né en 1874 dans les Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence). Grâce à Filae, je trouve un seul Augustin Lucien GILLY né en 1874 à Méolans-Revel. C'est le seul portant ce prénom né dans cette décennie, et les deux prénoms mentionnés alternativement dans les recensements prouvent qu'il s'agit bien de lui. 

Je suis d'abord content d'avoir retrouvé le compagnon de vie (pendant au moins 10 ans) de mon arrière-arrière-grand-tante, mais le nombre important de mentions marginales autour de son acte de naissance pousse ma curiosité. Par ailleurs, je voulais connaître ses professions successives, car il est dit "boursier" dans le recensement de 1936 et dans les autres, aucune profession n'est mentionnée. 

(source : Heredis 2018)
Et je découvre un homme qui a eu une vie relativement libre. Fils d'un garde forestier et d'une cultivatrice, Augustin Lucien GILLY épouse d'abord une suissesse originaire de Genève à Lyon : Eugénie KURZ, fille d'un couple de fourreurs. Je ne sais pas s'il en divorce ou si elle décède car son acte de mariage en 1901 à Barcelonnette avec Louise Appolonie PONS n'est pas disponible en ligne. De cette deuxième femme, il divorce pour épouser en 1911 à Lyon, Joséphine Claire PHARISIEN, fille naturelle originaire de Saint-Étienne (Loire). Il exerce alors la profession de banquier, ce qui est cohérent avec celle de boursier indiquée dans les recensements. 

Il divorce à nouveau pour épouser en 1928 Irma Vilhelmine Elise SCHUBE ALIAS SCHUBIT, fille d'un couple de commerçant vivant à Riga (Lettonie) où elle réside elle-même. Dans l'acte de mariage, il est précisé qu'il habite au 22 rue de l'Arcade à Paris (8e arrondissement). Pourtant, dans le recensement de 1926 et celui de 1931, il habite au 35 avenue de Wagram à Paris (17e arrondissement) et je ne le trouve pas à l'adresse déclarée lors de son mariage. Il divorce de cette quatrième femme en 1937 et pendant tout le temps de son mariage, il vit avec Léa Ernestine GUILLEMET

Plusieurs questions et hypothèses émergent : 
  • a-t-il payé l'appartement de l'avenue de Wagram pour sa maîtresse avec laquelle il réside ?
  • pourquoi se marie-t-il avec une lettonne alors qu'il vit déjà (non-maritalement) avec une autre femme ?
  • mène-t-il une double vie avec deux femmes en même temps et sont-elles au courant ?
  • pourquoi épouser une femme de 30 ans et avoir une maîtresse de 50 ans ?
  • s'agit-il d'un mariage blanc ?
Si La Tante Léa était décrite comme une personne assez ouverte au niveau des moeurs, il semble que son compagnon de la deuxième partie de sa vie l'ait été également ! Et moi qui m'attendait à trouver ce monsieur PARREAU, j'ai finalement trouvé un second compagnon dont nous ignorions tout. 

vendredi 3 novembre 2017

Un voyage à Versailles et un nouveau mystère

Étienne GRELOT + Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

À partir de 1911, la famille GRELOT (mes ancêtres à la 4e génération) se sont installés à Versailles (Yvelines) à la Villa des Roses au 12 rue Albert Joly.

(source : photo personnelle)
J'ai donc décidé de profiter des vacances pour faire un petit voyage à Versailles et découvrir certaines choses sur cette famille (dont quelques tombes au cimetière Notre-Dame indiquées par une cousine descendante de Marguerite Léa Joséphine GRELOT). 

Fratrie Grelot
(source : Heredis 2018)

Arrivé à la gare de Versailles-Rive Droite, j'ai trouvé la rue Albert Joly au bout de quelques dizaines de mètres. Ce n'est vraiment pas pareil de voir une image sur Google Maps et de sentir l'ambiance d'un quartier. En passant au milieu de ces immeubles en pierre blanche dans cette ville qui semble vraiment loin de la région parisienne par son ambiance, j'imaginais mon grand-père enfant qui y visitait ses tantes. Le cimetière Notre-Dame de Versailles, situé rue des Missionnaires, n'est pas très loin non plus. 

(source : photo personnelle)
J'y ai d'abord trouvé la tombe de Laurent Eugène ABRIL et Marguerite Léa Joséphine GRELOT, les grands-parents de ma cousine Françoise. 

(source : photo personnelle)
J'ai ensuite trouvé la tombe de mon arrière-arrière-grand-mère, décédée à Versailles en 1933, Victorine Ernestine BOURSIER, qui est enterrée avec sa fille et son gendre qui sont morts sans descendance : Reine Madeleine GRELOT et Albert Jules MARÉCHAL

(source : photo personnelle)
C'est fou de se dire que mon ancêtre était enterrée si près de Paris et que je n'étais jamais venu visiter sa tombe jusqu'à présent. Ayant passé beaucoup de temps à la localiser et voulant aller aux archives communales de Versailles (dans la Grande Écurie en face du château), je suis parti sans trouver la tombe de mon oncle Georges Henri Victor GRELOT, mais je reviendrai dans ce cimetière à l'occasion. 

C'est justement en consultant l'acte de mariage de la tante Reine et d'Albert MARÉCHAL que je suis tombé sur une surprise de taille. Parmi les témoins, outre mon arrière-grand-père Pierre Marie Joseph FRÉMEAU qui est venu de Châteauneuf-sur-Cher pour l'occasion, se trouve la tante de Reine : Léa Ernestine GUILLEMET. La tante Léa est la demi-soeur de Victorine Ernestine BOURSIER

(source : Geneanet)
Dans la famille, il se disait toujours qu'elle avait vécu "à la colle" avec un homme qu'elle n'avait jamais épousé. Dans son acte de décès, elle est en effet indiquée comme célibataire. 

(source : Archives de Paris - 17D 292 - vue 18)
Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis dans l'acte de mariage de Reine GRELOT et Albert MARÉCHAL que la tante Léa est dite "épouse Parreau" ! Il est probable que, l'officier d'état-civil la voyant au bras d'un homme au mariage, ait présumé qu'il était son mari. Ou qu'elle l'ait désigné comme tel pour aller plus vite. En tout cas, c'est le premier indice pour découvrir qui était cette personne que je ne pensais jamais retrouver dans les radars de l'état-civil. 

(source : Archives communales de Versailles - 4E124)
Il ne me reste plus qu'à tenter de consulter les recensements de Paris : celui de 1926 en espérant que 13 ans après le mariage de sa nièce, elle vive toujours au 11 cité Popincourt à Paris. Ou celui étant proche de son décès en espérant quelle vive toujours avenue de Wagram avec ce mystérieux monsieur PARREAU. Je peux également appeler la ville de Paris pour savoir où serait enterrée la tante Léa et voir s'ils ne partagent pas la même tombe. Toujours est-il que j'aimerais retrouver le prénom de cet homme ainsi que sa profession. Décidément, il est toujours utile de venir sur les lieux où ont vécu nos ancêtres.