dimanche 22 novembre 2015

De Damas à Paris

Comment écrire après ce qui s'est passé ? Comment s'extasier à nouveau devant des découvertes historiques ou généalogiques ? Peut-être en comprenant que l'Histoire est un éternel recommencement. Lorsque je lisais que tel ancêtre était décoré de la Croix de guerre pour avoir été à tel endroit sous un feu nourri pendant la Première guerre mondiale, je découvrais cette information comme un fait insolite, sans réaliser véritablement ce qui s'était passé. 

Le Petit Cambodge, Paris
(source : photo personnelle)
Et puis, nous avons vécu à Paris ces terribles tueries et on réalise alors ce que signifient des balles, ce que signifient des explosions. Et on se rend compte du traumatisme de tel arrière-grand-oncle qui a perdu ses deux jambes pendant la guerre à cause d'une bombe. Où de tel autre blessé à la bataille de Notre-Dame-de-Lorette. Et on réalise qu'ils ont vraiment connu ces horribles bruits de balles et leurs conséquences. Désormais, je ne lirais plus ces mentions "Mort pour la France" ou "Décoré de la Croix de guerre" de la même manière. Tout cela devient plus réel. 

(source : Collection personnelle)
Et puis, en fouillant dans les photographies que mon grand-père a archivé, je trouve cette mention étonnante : "1926 - Damas (Syrie)". Et je découvre qu'en effet, la France, au début du siècle, de 1920 à 1946 pour être précis, administrait la Syrie sous un mandat de la Société des Nations afin de lui permettre "d'accéder à la souveraineté". 

(source : Collection personnelle)
C'est ainsi que mon arrière-grand-père, Pierre PERLY, part de Tours (Indre-et-Loire) pour Damas (Syrie) probablement durant son service militaire. L'Histoire se répète. Moins d'un siècle plus tard, les militaires français sont à nouveau en Syrie. 

Agence Rol, Damas, colonnade cour de la Grande Mosquée : [photographie de presse], 1920
(source : Gallica/BnF)
Et puis je trouve ces photographies magnifiques de la Syrie au début du XXe siècle sur Gallica. Et je pense à cette culture superbe et ancienne qui se fait détruire à coup de bombes, à coup d'attentats, par ces barbares de Daesh qui veulent supprimer toute la culture de tous les pays. Et je pense à mon arrière-grand-père que je n'ai pas connu et qui a vu toutes ces merveilles. En parlait-il ? Qu'avait-il retenu de sa présence en Syrie à une époque où on ne voyageait pas autant et rarement si loin ?

En continuant à fouiller dans les photos, je trouve ces photographies de mon arrière-arrière-grand-père, Louis Victor BRANCHU, l'élégant photographe parisien et beau-père de Pierre PERLY. Il a fait son doctorat de pharmacie à la Sorbonne dans les années 1890, période où il a photographié le pont Alexandre III. 

Pont Alexandre III avant 1900.
(source : photographie de Louis Victor BRANCHU)
Alors, je me dis que notre culture perdure à travers l'Histoire. Que c'est peut-être la meilleure arme contre ces fous et qu'il faut continuer à apprendre, à découvrir et à transmettre pour éviter que d'autres terroristes ne naissent dans notre pays. 

Vers 1890 sous la Tour Eiffel
(source : photographie de Louis Victor BRANCHU)

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